mardi, janvier 25, 2011

On reparle de l'euthanasie

L'euthanasie ne résout pas un problème pratique : si l'on veut soulager les souffrances, on peut augmenter les soins palliatifs.

C'est un problème philosophique. Légaliser l'euthanasie, c'est imposer une vision de l'homme, de ses rapports à la société et à la vie.

Ces textes de Jean Dutourd de 1983 n'ont pas pris une ride :

La société des lemmings et des bobacks

Les premières pages sont hors sujet, mais comme elles ont un écho contemporain, je les ai laissées.

Vous trouverez aussi chez mon camarade Fromage Plus un texte d'analyse pratique de l'euthanasie.

L'abolition de la peine de mort, le mariage et l'adoption homosexuels, l'avortement et l'euthanasie légalisés ont ceci en commun de poser qu'il n'y a rien de supérieur à l'individu et à ses désirs, et surtout pas la société, et donc que le sacré n'existe pas (1).

C'est une assez bonne définition du nihilisme.

Mais les nihilistes modernes ont au moins cette qualité d'être cohérents : ils ne font pas assez d'enfants pour se perpétuer.

Il se peut, du fait de ce nihilisme, que le tiers ou la moitié de la population européenne (2) disparaisse, comme pendant la peste noire. Des enfants non-nés, c'est moins catastrophique que des morts, même si il ne faut pas s'imaginer que cela se passera sans douleur : la nature a horreur du vide et les populations qui ne sont pas atteintes de notre nihilisme tenteront de nous remplacer et, peut-être, y parviendront.

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(1) : j'ai été frappé par la confidence désabusée d'un de mes vieux professeurs de la génération de 68 : «Nous avons considéré que la loi Veil était un progrès. Il se se pourrait bien que, dans un siècle ou deux, nous soyons décrits dans les livres d'histoire comme des criminels».

(2) : évidemment, je parle de la véritable population européenne, pas les envahisseurs qu'on nous présente comme tels.

6 commentaires:

Phoebastria a dit…

F. Boizard a écrit :
"L'abolition de la peine de mort, le mariage et l'adoption homosexuels, l'avortement et l'euthanasie légalisés ont ceci en commun de poser qu'il n'y a rien de supérieur à l'individu et à ses désirs, et surtout pas la société, et donc que le sacré n'existe pas (1)."

Mais l'un de ses zélés contributeur a écrit :
"Pourquoi financer l'éducation des enfants des autres quand on en n'a pas soi-même"

Cherchez l'erreur - on touche ici du doigt l'imposture et l'hypocrisie du libéral-conservatisme.

hotelalpha a dit…

@Phoebastria
Vous pouvez développer ?

Pour ma part la réflexion me semble juste à ceci près que le sacré existe toujours : c'est le désir de l'individu qui l'est devenu tout simplement.

Par ailleurs, la notion de sacré évolue avec le temps et se pose la question de ce qui doit l'être.

Cette notion a aussi, parfois, des relents religieux assez dérangeants.

fboizard a dit…

Phoebastria,

Comme d'habitude, vous confondez tout.

Vous ne pourriez pas circuler, allez voir sur d'autres blogs si j'y suis ? Ca me ferait des vacances et, jusqu'à preuve du contraire, je suis chez moi ici.

Ariane Page a dit…

Comme je l'ai dit chez Fromage Plus, à mon avis, l'euthanasie est indéfendable tout simplement à cause du risque de défaut de consentement, ou de consentement vicié.
Autant, dans le cas de la peine de mort, on peut peut-être estimer qu'il vaut mieux tuer un innocent plutôt que de mettre un coupable en liberté (c'est un autre débat), autant en matière d'euthanasie c'est indéfendable.

Votre citation sur la loi Veil me fait penser à une affaire récente devant la Cour européenne des droits de l'homme : un gynécologue ayant par erreur tué l'enfant à naître d'une femme. Le droit français considère que dans ce cas, le médecin est inattaquable pour homicide involontaire, puisqu'il n'a tué personne.

Phoebastria a dit…

En quoi je confonds tout ? Je ne confonds rien du tout et vous êtes bien incapable de le démontrer !

Vous voulez rester dans votre secte ? Parler entre gogos ? Certes.

Dimitri a dit…

"L'abolition de la peine de mort, le mariage et l'adoption homosexuels, l'avortement et l'euthanasie légalisés ont ceci en commun de poser qu'il n'y a rien de supérieur à l'individu et à ses désirs, et surtout pas la société, et donc que le sacré n'existe pas"

Depuis quand un libéral soutient qu'il y a qq chose de supérieure à l'individu ??
Et que ce qq chose puisse être la société ... les bras m'en tombent !!


M'enfin... vous disiez vous même récemment être finalement plus conservateur ou réactionnaire, que libéral.

Au moins vous l'acceptez, sans considérer que l'on vous insulte.