lundi, septembre 05, 2011

La lie : ils sont cons et pétants mais pas compétents

Mon camarade h16 dézingue nos politocards. Je plussoie. Encore faut-il s'entendre sur la compétence d'un politicien.

La compétence politique n'est pas une sous-espèce de la compétence technicienne. Contrairement au fantasme technocratique porté en bandoulière par nos imbéciles d'énarques, la politique ne se réduit pas à l'administration des choses. Le ministre n'est pas un super haut fonctionnaire. La technique, il y a des tâcherons et des scribouillards pour cela. La politique, c'est le gouvernement des rapports conflictuels.

Prenons l'exemple de Charles De Gaulle. Il n'était pas économiste, il a pourtant pris la bonne décision avec le plan Pinay-Rueff. Il n'était pas savant atomiste mais il a bien dirigé la politique nucléaire. Inversement, il n'était pas universitaire et a laissé prendre des décisions désastreuses en matière scolaire. Autrement dit, la qualité de sa politique n'était pas liée à sa compétence technicienne.

Nous avons d'ailleurs connu de bons techniciens piètres ministres.

Il est donc mal venu de reprocher à un politicien son manque de compétence technicienne, sauf à ce que cette incompétence révèle la paresse, un défaut d'organisation et une absence de curiosité. La norme a été définie par Margaret Thatcher : un ministre doit connaitre suffisamment ses dossiers pour ne pas être le jouet de ses conseillers, qui ont leurs propres objectifs politiques.

En revanche, nous sommes parfaitement fondés à juger nos politiciens à travers leurs choix politiques. Une politique de jugeant à ses fruits, le bilan est vite fait : c'est un désastre. Sur tous les plans, nos politiciens depuis Giscard ont provoqué le déclin ou s'en sont accomodés. Pas un n'a été capable de porter une politique. Agitation, soumission à la mode, esprit brouillon, courte vue, dogmatisme, incantation stérile, corruption, copinage, croire qu'un bon mot est un acte, voilà toutes les habitudes qui gouvernent leurs jours.

La politique est l'art des possibles. Ils ont toujours choisi de suivre la pente de la facilité. Il n'y a qu'un domaine qui fait exception, c'est la politique européenne, où ils ont fait de vrais choix. Hélas, ils furent des plus funestes.

Les "jeunes" générations reprennent ces mauvaises habitudes qu'il faudrait corriger à coups de trique.

Bref, ils vivent en parasites du pays tout en échouant sans rémission dans la haute mission qui leur est confiée. Ils tombent d'autant plus bas qu'ils visent plus haut. Ils sont pourris de vices à la mesure des honneurs immérités qu'ils exigent.

C'est en vertu de ces considérations que je tiens la classe politique et son alliée la classe journaleuse pour la lie de notre société. Nous serions mieux comme les Belges : sans gouvernement.

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