jeudi, novembre 03, 2011

Nous liquidons les séquelles de la seconde guerre mondiale

L'idéologie européiste, dont nous voyons le naufrage se dérouler sous nos yeux, est issue de la seconde guerre mondiale, du fait d'une mauvaise interprétation de ses causes. Les idées à la Monnet qui ont présidé à cette construction vicieuse sont les suivantes :

> les nations, c'est la guerre.

> la fédération, c'est la paix.

> la taille fait la force. Big is beautiful.

> il ne faut pas écouter les peuples, les élites doivent agir en leur âme et conscience. Sinon, on court le risque du populisme, qui mène au fascisme et au nazisme.

Ces idées sont fausses et cette erreur entraine la débâcle actuelle :

> la guerre est un fait humain. Il peut y avoir des guerres dues au nationalisme, mais il n'y a pas automaticité, le lien est très lâche. On fait très bien la guerre (civile) dans une fédération, comme le prouve l'histoire des USA, ou même à l'intérieur d'une nation, comme le prouve la soixantaine de guerres civiles en cours en 2011.

> L'Union Européenne n'est pas une condition de la paix, c'est l'inverse : la paix est une condition de l'Union Européenne. Ce n'est pas l'Union Européenne qui a amené la paix. C'est la paix, forcée par le cataclysme qui a dévasté l'Europe et par la présence de troupes d'occupation américaines et russes, qui a permis l'Union Européenne. Aujourd'hui, bien loin d'être un facteur de paix, l'Union Européenne est une cause de tensions entre Etats et peuples européens.

> la taille fait la force en cas de guerre. Mais l'Union Européenne est une union économique et, en économie, la taille d'un pays n'est pas pertinente : ce ne sont pas les plus grands pays qui sont les plus prospères. Nous n'avons aucune union militaire, alors que c'est la seule qui a un sens.

> les élites ont autant trempé que les peuples dans les folies du fascisme et du nazisme. Elles n'ont aucune légitimité à contrarier les peuples. Elles ne sont pas plus intelligentes ni plus raisonnables. Elles sont juste plus instruites et plus habiles à manier les mots. La seule élite qui vaille, celle du sacrifice, nous ne l'avons pas.

La liquidation, bienvenue, de l'idéologie européiste va laisser des traces : défiance des peuples envers leurs élites, répugnance aux abandons de souveraineté, méfiance des voisins ... Néanmoins, la place sera libre pour une union, plus circonstancielle et plus souple, de nations.

Depuis 1989, beaucoup de conséquences de la seconde guerre mondiale ont été liquidées, pour le meilleur et pour le pire. Il en reste encore quelques unes : des frontières contestables en Europe, l'équilibre des puissances nucléaires, les places de permanents au Conseil de Sécurité de l'ONU ...

Addendum : une des plus grosses conséquences de la seconde guerre mondiale pour notre crise est que les Allemands sont privés par leur constitution de référendum. Sans quoi la question de l'Euro serait vite réglée.

Aucun commentaire: