dimanche, avril 22, 2012

La démocratie malade ... de la démocratie

On se plaint souvent du malaise de la démocratie, mais sans aller au fond de l'analyse.

Le système majoritaire au suffrage universel induit un mécanisme simple : le politicien qui cherche à être élu doit acheter les votes des groupes influents avec l'argent extorqué par le fisc aux groupes moins influents.

L'apothéose de cette technique consiste à faire payer aux contribuables qui n'existent pas encore les cadeaux aux électeurs qui existent déjà. Cela s'appelle le déficit public. Autrement dit, l'endettement public, la banqueroute qui s'en suit et la misère qui va avec sont l'apothéose de la démocratie majoritaire à suffrage universel.

Vous me direz que, jusqu'à ces ces quatre dernières décennies, l'achat d'électeurs par l'endettement public n'était pas l'alpha et l'oméga de la politique. C'est une excellente remarque !

Pour que ce système maléfique fonctionne, il faut trois choses :

> des politiciens qui achètent les électeurs

> des électeurs qui se laissent acheter

> des créanciers généreux

Examinons ces trois composantes :

> les politiciens d'antan n'étaient pas des professionnels, ils avaient de ce fait un comportement «naïf». Ils amenaient avec eux en politique des valeurs et des comportements extérieurs à la logique du suffrage universel majoritaire : honneur, responsabilité. C'est De Gaulle répondant à un ministre qui s'inquiétait «Les Français vont crier» : «Et alors ?»

Aujourd'hui, au contraire, nous avons à faire à de véritables sociopathes. Les partis politiques sont des machines à sélectionner le plus vicieux, le plus menteur, le plus hypocrite, le plus dénué de scrupules.

François Mitterrand jugeait que les Jeunes Socialistes était l'école du vice (il savait de quoi il parlait) et j'ai des témoignages sur les Jeunes UMP qui ne laissent aucun doute sur le fait que ce vice est de tous les bords.

> pour ne pas se laisser acheter, les électeurs doivent penser, au-delà d'eux-mêmes, au bien de leur pays. Ils doivent constituer un peuple.

Or, le peuple français (1) a été dissous en pensée et en faits.

En pensée : le patriotisme a été discrédité par deux guerres mondiales et d'intenses propagandes soviétoïde et libertaire, pour une fois d'accord. Quels Français sont aujourd'hui prêts à mourir pour la France (sacrifice qui a toujours été la pierre de touche du patriotisme) ? Une infime minorité.

En faits : l'immigration de remplacement, aboutissant à une colonisation à rebours, a dissous le peuple français en un sordide brouet de communautés juxtaposées sur le territoire français.

> quant aux créanciers, il est facile de comprendre pourquoi ils étaient là : de l'argent à placer dans des Etats en bonne santé. Seulement, ces Etats ne sont plus en bonne santé.

Et maintenant ?

Le système est très stable, par en haut et par en bas.

Les sociopathes qui nous gouvernent sont à cent mille lieues de l'altruisme et de laisser la place, c'est contraire à leur être. Ils s'accrocheront jusqu'au bout, par tous les moyens.

Quant à l'électeur dressé à ne penser qu'à lui, ce n'est pas demain la veille qu'il reviendra d'un tel dressage.

Donc, nous ne sommes qu'au début du naufrage, qui va être long et douloureux (pas pour tout le monde).

Ensuite ?

Anarchie, dictature, suffrage censitaire ? Je ne sais pas.

(merci aux commentateurs pour les liens).

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(1) : cette analyse est transposable à d'autres pays occidentaux.

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