mercredi, avril 25, 2012

L'erreur de calcul de Marine Le Pen

La stratégie de Marine Le Pen est limpide.

Elle favorise François Hollande en poussant au vote blanc des lepénistes. Par ce biais, elle espère provoquer un éclatement de l'UMP et devenir, pour 2017, le nouveau pôle ou, du moins, un des deux pôles, de la droite française.

C'est en quelque sorte la stratégie Carter.

Ce calcul me semble complètement erroné.

Marine Le Pen se trompe sur son propre électorat : la frayeur d'avoir provoqué l'élection de François Hollande poussera bon nombre d'électeurs du FN à «voter utile» aux législatives, c'est-à-dire UMP.

Le FN a un ancrage local très restreint. Les législatives ne sont donc pas une élection pour lui, le passé le prouve. Ce que Marine Le Pen aura gagné comme influence aux présidentielles, elle le perdra aux législatives. Mettre un socialiste pour cinq ans à la présidence pour une satisfaction d'un mois, c'est cher payé les petits plaisirs de Mme Le Pen.

Elle se trompe sur l'UMP : elle emploie jusqu'à plus soif l'expression UMPS mais n'en tire pas toutes les conséquences. Si elle croit qu'une défaite suffira à sortir l'UMP de l'orbite socialiste, elle se fourvoie ; les défaites face à François Mitterrand sont là pour le montrer. La défaite n'est pas un argument assez fort pour rapprocher du FN la droite soumise à la gauche.

Au mieux, elle obtiendra quelques ralliements individuels vite oubliés.

Et enfin, il y a l'intérêt de la France : installer pour cinq ans une hégémonie socialiste dans la perspective fumeuse de droitiser la politique me paraît totalement con. Mais l'intérêt de la France, qui s'en soucie ?

Elle prend le risque de se bayrouiser : en faisant passer d'abord ses rancoeurs, ses aigreurs et ses manoeuvres politicardes, elle perdra sa crédibilité.

Il arrive aux électeurs d'avoir la mémoire longue : elle pourrait bien payer en 2017 d'avoir fait élire Hollande. Quand on proclame si fort son attachement à la France et que, dans l'action, on se consacre exclusivement les petits calculs crapuleux de son parti, on prend le risque d'un retour de bâton.

Que devrait faire Marine Le Pen ?

Simplissime : favoriser l'élection de Nicolas Sarkozy en ne laissant aucun doute sur son rôle de faiseuse de roi et en profiter pour négocier cette implantation locale qui manque tant au FN.

Il ne reste plus qu'à espérer que les électeurs du FN seront plus intelligents que leur présidente.

Un dernier mot : Jacques Chirac est le politicien le plus calamiteux de la Vème République, même devant François Mitterrand. Avec son funeste quinquennat, il aura réussi à rétablir le règne des partis que la constitution faisait tout pour éviter.

Addendum du 26/04 : preuve que je ne suis pas encore mûr pour faire de la politique, j'ai oublié un point élémentaire. Le financement. Quitter l'UMP pour le FN, c'est quitter un  parti riche pour un parti pauvre. Encore un argument contre la stratégie Marine.

Comme les 500 signatures, les lois sur le financement des partis sont un instrument qui fige le paysage politique.




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