mercredi, juin 20, 2012

Hollandisme et effets de seuil


Les socialistes n'ont jamais été des cracks en économie (sinon ils ne seraient pas socialistes) mais je crois que nous atteignons un des plus bas étiages en matière de connaissances économiques (en vraies connaissances économiques, pas en pseudo-théories foutraques genre keynésiennes). Nous sommes chez François Hollande au même niveau d'incompétence économique crasse que chez Léon Blum, qui stupéfiait Alfred Sauvy, et chez François Mitterrand, qui stupéfiait Jean-François Revel.

Une notion simplissime que les socialistes n'ont visiblement pas intégrée : l'économie se fait à la marge. Les choix économiques sont faits à la marge, d'où des effets de seuils dévastateurs. Les choses n'évoluent pas linéairement.

Dans notre situation où 80 % des PMEs ne font pas de bénéfices (!), augmenter les charges de 1 % ne diminue pas leurs bénéfices de 1 %, cela les fait passer de la survie à la faillite et diminue leur chiffre d'affaires et leur masse salariale de 100 %.

Quand on charge trop la mule, elle ralentit. Mais il ya un moment où elle ne ralentit plus, elle s'écroule.

Or, en notre monde où les capitaux et les informations sont très mobiles, ces effets de seuils peuvent survenir très vite et avec une grande ampleur. Les Grecs ont cumulé les conneries pendant des années mais, une fois l'effet de seuil déclenché, il n'a fallu que quelques semaines à la Grèce pour sombrer dans la dépression.

JL Mullenbach cite un chiffre : en deux ans, on avait économisé 10 jours de crédit fournisseurs (les fournisseurs étaient payés 10 jours plus tôt par leurs clients qu'il y a deux ans). Ces 10 jours péniblement gagnés ont été perdus ces deux derniers mois.

Alors que nous sommes au bord du précipice, le gouvernement Hollande fait un grand pas en avant. Je suis terrifié.

Mettons à part le discours robespierriste «nous n'avons pas besoin de savants, de riches, d'entrepeneurs et de patrons». Comme dirait la Méluche «Qu'ils partent tous». Non pas que cette vision soit absente -je pense au contraire qu'un minus comme François Hollande accédant à la présidence est pétri de rancoeurs et de haines (et ses copains sont du même calibre)- mais on sort du domaine du rationnel, on est clairement dans la pathologie politique. Il y aurait alors dans notre naufrage économique une joie mauvaise où la haine réchaufferait les coeurs «Certes nous coulons, mais les riches sont punis, soit exilés, soit spoliés". Je ne veux pas en discuter, nous sommes là dans le nihilisme et la bêtise qui ne méritent pas discussion (c'est pourtant déjà un peu notre situation actuelle).

Ecoutez toute l'émission :

Les Experts BFM 20/06/2012

La bonne nouvelle, mais hélas totalement hors du scope de la politique française, droite comprise, est que les effets de seuils fonctionnent aussi à la hausse : les profits accumulés font l'investissement de demain et les emplois d'après-demain. C'est l'essence même du capitalisme : en deux cents ans, d'accumulations de capital en ruptures technologiques et commerciales, nous avons fait des bonds prodigieux en bien-être.

Mais on ne va pas demander aux socialistes de comprendre le capitalisme. Hélas, ce sont eux qui sont au pouvoir.

Pauvres de nous, pauvre France.

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