mercredi, novembre 14, 2012

L'imposture Hollande

«L'imposture Hollande», cette expression de Philippe Tesson me plaît bien.

L'imposture est à deux niveaux :

> imposture politique : François Hollande a laissé entendre (c'est un tel faux-jeton qu'il ne dit jamais les choses en face) durant la campagne électorale que la source unique des maux de la France était Nicolas Sarkozy. Cette explication est tellement simpliste et absurde que, bien entendu, François Hollande ne pouvait l'exposer de but en blanc, sous peine d'en révéler le ridicule à la lumière.

Il a donc habilement, avec l'aide effarante de la presse, joué sur l'irrationnel, le sous-entendu, l'association d'idées, le sentiment.

Et il a gagné.

Il est donc arrivé au pouvoir avec une analyse publique de la situation française absolument grotesque et n'ouvrant aucune piste de solution.

> imposture personnelle : François Hollande est un apparatchik louvoyeur et fuyant, possédant au plus au point l'esprit de finasserie, hargneux, jaloux, sectaire et indécis, incompétent à diriger. Momentanément, il a réussi, toujours avec la complicité de la presse (avoir mis la presse dans sa poche, par les moyens que l'on sait, est sa seule véritable réussite, mais combien importante), à faire croire qu'il dissimulait de grandes qualités d'homme d'Etat, que personne n'avait détectées en trente ans de vie politique.

Imposture politique. Imposture personnelle. Nous en sommes là.

Comme à chaque escroquerie, la victime est un peu responsable : si elle avait été un peu plus intelligente et plus prudente, elle ne serait pas tombée dans le panneau.

D'ailleurs, une campagne électorale a des traits communs avec une escroquerie : il ne faut pas laisser à la victime le temps de souffler, de réfléchir, il faut chaque jour la bombarder, la forcer à choisir tout de suite, à ne pas suspendre son jugement, à ne pas prendre de recul.

Croyez vous que si on avait pris les Français par surprise, si on leur avait dit «la présidentielle, c'est demain», sans préparation, sans campagne, ils auraient voté Hollande ?

On dit souvent que la campagne électorale est un révélateur. Je me demande si ce n'est pas l'inverse, si la campagne électorale ne vise pas à dissimuler. Talleyrand disait : «Méfiez vous de la première impression, c'est souvent la bonne». J'en viens à penser que l'objet de la campagne électorale est de faire oublier cette première impression trop juste, de bâtir un personnage qui n'existe pas, une imposture. La durée de la campagne électorale est nécessaire pour transformer chez l'électeur, à force de répétition, des mensonges accueillis avec scepticisme en vérités soutenues avec conviction.

Cette remarque est valable pour toutes les campagnes : comment a-t-on pu croire en 2007 que Nicolas Sarkozy, enfant du système, serait l'homme de la rupture ?

Mais, dans le cas Hollande, l'imposture est particulièrement flagrante. Comment a-t-on pu croire qu'un politicien de troisième classe, un mauvais président du conseil général de Corrèze, ferait un bon président de la république française ?

Croire en cette transformation, c'était croire aux miracles. Et il n'y a pas de miracles en politique.



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