dimanche, décembre 30, 2012

Sur une phrase de Simon Leys

Un lecteur du Figaro vite Simon Leys :

«Quiconque se range dans le camp de la vérité et de la lutte contre le mensonge souffre d'emblée d'un lourd handicap : la vérité est banale et monotone, tandis que le mensonge est séduisant, neuf, varié, inventif et possède une infinie garde-robe d'accoutrements à la mode.»

Vous connaissez mon admiration pour Leys. Cette citation me fait donc bien plaisir. La politique française (et occidentale, sauf exceptions) vit sous le règne du mensonge.

Par exemple, la crise n'est pas due aux subprimes, qui ne sont qu'un symptôme (d'origine étatique : une loi faisait obligation d'accorder ces crédits).

La crise est due à la volonté de populations occidentales vieillissantes de conserver leur niveau de vie relatif en travaillant moins, d'où l'endettement encouragé par les Etats socio-clientélistes.

On n'en finirait pas d'aligner les mensonges.

Un des plus beaux car d'une simplicité artistique est «Un Etat ne peut pas faire faillite». C'était la réponse des étatistes aux imbéciles dans mon genre qui s'inquiétaient des dettes publiques incontrôlables.

Certes, il est un peu passé de mode, mais tout de même : à l'époque où il était proféré sans vergogne, on comptait déjà plusieurs centaines de banqueroutes étatiques dans l'histoire et plusieurs dizaines à l'ère moderne. Le mensonge socialiste nécessite un toupet à toute épreuve.

Un que j'aime beaucoup, toujours d'actualité : «Mon ennemi, c'est la finance sans visage», de François Hollande, candidat et futur président. Au contraire, un des problèmes du monde occidental est la finance de connivence, la collusion entre Etats et banques : les Etats sauvent les banques qui fiancent les Etats sur-endettés.

La «financiarisation» de l'économie n'est en rien une «dérive» du capitalisme mais doit tout à la nécessité de financer des Etats sur-endettés. Les barrières à la «financiarisation» sont tombés en France en 1983, sous Laurent Fabius, ce n'est pas un hasard. Et tout le monde connaît les allers-retours des hommes de l'Etat entre la direction des banques et la haute administration.

Les libéraux ont démontré depuis longtemps que les banques gigantesques «too big to fail» sont dues à l'alea moral introduit par les Etats.

Si, en bons libéraux, nous avions laissé tomber les banques faillies au lieu de les sauver aux dépens des moutontribuables, nous irions mieux, comme l'Islande et, partiellement, les USA. Au contraire, les hommes de l'Etat eurolandais ont choisi, de connivence avec les banquiers, de soutenir les banques zombies donc ils ont choisi la longue stagnation à la japonaise pour sauver les banquiers aux dépens des peuples. Alors, l'ennemi sans visage ...


Bref, on patauge dans les mensonges. Et on n'est pas près d'en sortir.



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