mercredi, janvier 30, 2013

Le monde qui vient : la parenthèse chrétienne


Le monde qui vient n'est pas un mystère philosophique.

Il repose sur une philosophie d'avant le christianisme et qui a toujours cours dans de lointaines (ou pas si lointaines) contrées. Une philosophie que nous connaissons bien, celle d'avant l'invention de la dignité de la personne humaine par les chrétiens. Les modalités en sont différentes mais le fond est le même que par le passé :

> confusion du politique et du religieux, voire religion de la politique (l'écologisme et le progressisme sont des religions qui s'ignorent).

>  l'homme, d'une manière générale, est un objet soumis au désir des autres hommes ou aux impératifs de la société. L'enfant est un objet pour ses parents, puis pour sa famille, puis pour le groupe. Les Romains tuaient sans remords les premier-nés filles. Cela se fait toujours en Inde et en Chine par exemple. Demain, on choisira la couleur des yeux de son enfant comme on choisit la couleur de sa voiture. Le "mariage homosexuel" avec adoption et mère-porteuse tombe pile-poil dans cette philosophie de l'enfant objet de consommation. Le vieux aussi est un objet, à jeter après la date de péremption : l'euthanasie est aussi banale que l'infanticide.

> les hommes sont soumis au groupe. L'attitude de notre gouvernement socialiste est très intéressante sur le sujet : il encourage une licence des moeurs qui est dégradante (l'homme est grand par ses devoirs, pas par ses droits), mais la rebellion est interdite (voir l'affaire Depardieu) : non seulement on doit se soumettre au groupe, mais, en plus, avec le sourire et en disant merci.

Le monde qui vient n'est pas invivable pour tous, puisque des hommes vivent ou ont vécu sous une philosophie proche.

En revanche, il peut être invivable pour les "vieux Occidentaux", c'est-à-dire pour des occidentaux ayant gardé la culture et les valeurs de naguère.

Enfin, la culture occidentale, et elle seule, a permis depuis le quatorzième siècle, avec une accélération au dix-huitième, des découvertes scientifiques et techniques sans équivalent depuis le néolithique, et dont profite aujourd'hui l'humanité. Tout ce que vous utilisez aujourd'hui a été inventé en Occident par des Occidentaux. Les exceptions sont rarissimes. Si la parenthèse chrétienne se referme, il se pourrait que le progrès technique connaissent un ralentissement. Est-ce grave ? Je ne sais pas.

En tout cas, cette évolution est nihiliste, puisqu'elle repose sur le postulat que toute institution critiquable doit être détruite et, comme toutes les institutions, qui se trouvent être héritées de près ou de loin du christinanisme, sont critiquables, toutes doivent être détruites.

Bien sûr, les hommes ne peuvent vivre sans institutions, ils s'en créent donc de nouvelles, mais très dangereuses car reposant sur des idées folles et n'ayant reçu aucune validation empirique.

La philosophie est ancienne, mais les institutions sont neuves et nous ne savons pas où elles mènent. Nous retournons vers la philosophie antique, mais sans les institutions antiques. Je ne suis pas très enthousiasmé par le monde qui vient.

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