mardi, août 20, 2013

François Hollande m'épate

François Hollande m'épate. Je ne fais pas d'ironie : la façon dont il persiste dans son être a quelque chose d'impressionnant.

En tant que chef de l'Etat, en tant que chef tout court, François Hollande est un parfait incapable. Si on prend au premier degré Napoléon, «Il n'y a qu'un crime en politique : avoir des ambitions supérieures à ses capacités», c'est un criminel et il faut le fusiller d'urgence.

Mais qui, à part quelques imbéciles, naïfs ou égarés, pouvait croire qu'il en serait autrement ? Tout dans sa personnalité, sa formation, son parcours, son expérience, permettait de prédire sa nullité comme président de la république.

En revanche, il a toujours été un politicard de conseil général, un enfumeur de banquet républicain, un finasseur de bas étage et, dans ce domaine, il excelle. Et il continue à exceller, ce qui m'épate : certains hommes sont touchés par la grâce d'état. Lui pas, tout ça lui passe au-dessus de la tête. Comme il était avant l'élection, il est après.

Cet homme a un but : être réélu. La France, les Français, leur destin, pas son problème.

Pour atteindre ce but, il a une philosophie : la politique c'est faire croire. Les résultas ne comptent pas, d'ailleurs on peut débattre de cette notion même de résultats en politique : qui est responsable des causes ? Qui est responsable des effets ? Et puis, c'est fatigant d'essayer d'avoir des résultats. Mieux vaut continuer dans le train-train paisible où sa compétence ne fait aucun doute : la politicaillerie.

Il a une stratégie : l'élection, c'est relatif. Peu importe que la campagne soit médiocre, la participation médiocre, les scores médiocres. Pour l'emporter il suffit de faire un meilleur score que son adversaire.  Donc, il faut tenir bien en mains son électorat tout en faisant en sorte que l'opposition n'arrive pas à se mobiliser.

De plus, il a la presse et la justice dans sa poche.

La tactique en découle naturellement : arroser ceux qui votent pour moi (fonctionnaires, assistés, Français de fraiche date et d'outre méditerranée, etc.) et financer tout cela en tapant sur ceux qui, de toute façon, ne votent pas pour moi.  C'est le volet «mobilisation de mon électorat» : je fais en sorte qu'il ait des trucs à perdre si la droite passe.

Le volet «démobilisation de l'opposition» est plus complexe : c'est la confusion érigée en méthode de gouvernement («vive l'entreprise», puis un bon matraquage fiscal, suivi d'un petit recul) et la diversion permanente sur le «sociétal», qui empêchent le discours de l'opposition d'accrocher sur des points précis et clairs, susceptibles de mobiliser tout son électorat potentiel.

Au pire, il restera toujours la dissolution de l'assemblée en 2014 avec victoire de la droite : rien que les chamailleries de l'UMP pour désigner son premier ministre, puis leurs querelles puériles et narcissiques une fois au gouvernement, suffiront amplement à démoraliser l'électorat de droite.

Enfin, carte ultime, si tout le reste foire, on pourra toujours pourrir la situation (ça, Hollande sait faire) au point que Marine Le Pen soit au deuxième tour, assurant ainsi une confortable ré-élection à François Hollande.

Autrement dit, vu comment il s'y prend, cyniquement et sans scrupules, mais avec constance, François Hollande a de bonnes chances d'être réélu en 2017.

Il ne court que deux véritables risques :

> le retour de Sarkozy, adversaire qu'il redoute. Ses complices de la presse et de la magistrature arriveront probablement à y faire barrage.

> son éviction dès le premier tour. Mais il peut compter sur les divisions de la droite et l'incapacité de Marine Le Pen à rassembler au-delà de 20 %. Le plus probable est qu'il affrontera le candidat UMP et qu'il gagnera.

Il y a un autre risque : une catastrophe telle que même un âne fasse l'unanimité contre François Hollande, mais on entre là dans le domaine de la boule de cristal.


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