vendredi, février 28, 2014

L'URSS a échoué. Quelqu'un pourrait-il en informer Arnaud Montebourg ?

L'URSS a échoué. Vous le savez, mais, à l'évidence, Arnaud Montebourg et l'ensemble du gouvernement Hollande l'ignorent.

L'économie administrée, ça ne marche pas (1).

L'histoire est bien connue : l'en-haut décrète ceci ou cela en vue d'un résultat. Comme les humains ne sont pas des robots, ils s'adaptent  d'une manière imprévue et l'on n'obtient pas le résultat escompté. On écrit des décrets plus précis pour réduire les possibilités d'adaptation et on renforce l'administration pour controler tout cela. Ces couillons d'humains s'adaptent encore, quelquefois dans l'illégalité. On réprime, on renforce l'administration et on écrit encore plus de décrets. Et ainsi de suite.

A la fin, l'économie est parfaitement contrôlée (sauf le travail au noir) : elle est morte (sauf le travail au noir). Et il n'y a plus de sous pour payer les bureaucrates et tout le pays s'enfonce dans la misère.

On a vu ce scénario du désastre dix fois, cent fois.

Il y a trois raisons pour qu'en France, on agite encore sérieusement ces débilités :

1) Il y a une vieille racine socialiste en France. Il ne faut pas l'exagérer : la France est aussi le pays de Say, Bastiat et Tocqueville.

2) La classe jacassante est socialiste. Dans son fantasme de tout contrôler, le socialisme laisse espérer qu'il va pouvoir figer une situation où la classe jacassante domine. On peut inclure dans ce raisonnemnt l'ensemble des stato-dépendants. Le libéralisme, avec ses surprises et ses innovations, est beaucoup plus perturbant.

3) Ce fantasme de tout figer est aussi celui d'un peuple qui voit son pays perdre sa place dominante. C'est un espoir vain.

Enfin, il y a une quatrième raison, que Jean-François Revel appelait la connaissance inutile, et qui n'est qu'une des formes de la connerie. On sait ce qu'il faut faire, on sait comment le faire (les armoires sont pleines de rapports sur le sujet, les expériences étrangères sont partout), mais on fait comme si on ne le savait pas.

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(1) : certains abrutis nous ressortent, au choix, le colbertisme ou les Trente Glorieuses.

C'est faire bon compte du fait que le colbertisme a échoué. Quant aux Trente Glorieuses, se faire bouffer toute l'épargne par l'inflation en pleine période de rattrapage, cela n'est pas très ... glorieux.


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J'en profite pour rappeler mon analyse économique : la France souffre d'un double problème. Un problème monétaire, l'Euro, et un problème structurel, la dépense publique excessive.

Traiter un des problèmes sans traiter l'autre conduit à la catastrophe. Sortir de l'Euro sans serrer la dépense publique, voire pour éviter de serrer la dépense publique (Le Pen, Montebourg) : catastrophe. Serrer la dépense publique sans sortir de l'Euro (UMP, aile droite du PS) : catastrophe.

Or, à ma connaissance, aucun parti politique ne propose ce qui, à mon avis, est la seule solution économique positive: sortie de l'Euro et serrage des dépenses publiques. La Suède des années 90.

En revanche, des solutions économiques négatives, nous ne sommes pas en manque.

Je suis pessimiste. Etonnant, non ?

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