vendredi, avril 11, 2014

1965 : dernière victoire de Ferrari au Mans

Puisque certains apprécient mes histoires de Ferrari ...

J'aime bien l'histoire de la course du Mans 1965 parce qu'elle est pleine de mal-aimés et d'outsiders.

Ford est de plus en plus menaçant mais Ferrari fait son complexe de supériorité habituel. Au lieu de concevoir un nouveau modèle, il engage des 275 LM et des 330 P de l'année précédente un peu améliorées.

La 250 LM est née de magouilles typiquement ferraristes : la Scuderia a tenté de refaire le coup de la 250 GTO, promettre aux autorités une production de série sans aucune intention de tenir, juste pour la faire homologuer dans la catégorie adéquate. Mais le coup ne passe pas deux fois : la 250 LM est classée proto. La 250 LM court donc contre des prototypes beaucoup plus puissants.

Rien ne se déroule comme prévu.

Les Ford GT40 tournent beaucoup plus vite que les Ferrari mais elles explosent leurs joints de culasse et leurs boites de vitesses les unes après les autres. A 22 heures, exit Ford.

Pendant ce temps, Rindt et Gregory, sur la «vieille» 250 LM privée du North American Racing Team, ne s'entendent pas et ont décidé de casser la voiture pour se débarrasser de la corvée au plus vite. Ils roulent à un train d'enfer.

Ford dehors, bref bonheur dans le camp des Ferrari officielles. Mais la préparation a été précipitée et improvisée, entre deux coups de théâtres à l'italienne. La Scuderia part en couille (si vous me permettez) les disques de frein, les embrayages, tout lâche. C'est la noire déroute.

Et Rindt et Gregory tournent encore. A tel point que le directeur de la Scuderia se déplace pour demander au NART de lever le pied, histoire que les «officielles» ne soient pas humiliées par les «privées». Vous imaginez l'accueil glacial réservé à cette demande.

Les Belges de l'écurie Francorchamps, aussi sur 250 LM privée, passent devant suite à un problème d'allumage chez les Ricains. Mais Rindt et Gregory, stupéfaits d'être à pareille fête, profite d'un déchapage de leader pour reprendre la tête et gagner.



Enfin, parlons de sous, une 250 LM  a été vendue en 2013 à 14 M$. Maintenant, vous pouvez essayer de pronostiquer le prix de la n° 21 de Rindt et Gregory, qu'on peut voir aux Etats-Unis dans des expos automobiles (gloire à son propriétaire !).

Enfin, puisqu'on en est à parler de Ferrari d'endurance, voici la 330 P4, peut-être la plus belle Ferrari de tous les temps, route et course confondues :



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