mercredi, avril 02, 2014

Jacques Sapir et la religion européiste de Hollande

Jacques Sapir : Manuel Valls, erreur de casting et faute politique

Je suis d'accord avec Jacques Sapir sur deux points essentiels :

1) Sortir de l'Euro ou rester dans l'Euro est la question centrale de la politique française.

2) Les beaux parleurs de la classe jacassante, François Hollande en particulier,  ne sont pas rationnels sur cette question.

La question de l'Euro est au coeur de la crise démocratique et identitaire française (1).

Il ne faut pas oublier que c'est sur cette question que la classe jacassante a signifié, de la manière la plus explicite, au peuple français qu'il n'était plus souverain, avec le «re-vote» du traité de Lisbonne, sans ambiguïté contraire au référendum de 2005. Ce n'est évidemment pas un hasard si la manifestation la plus éclatante d'anti-démocratie se fait au sujet de l'Europe.

La classe jacassante essaie de nous faire croire que «le débat est clos» en refusant de le poser publiquement. Il n'empêche : le débat existe, la question travaille toute la société française. D'ailleurs, c'est vrai d'un certain point de vue que le débat est clos : le référendum de 2005 a tranché. C'est la classe jacassante qui joue les prolongations.

Eric Zemmour dit souvent que, pour les européistes, l'appartenance à l'Euro n'est pas susceptible de débat parce qu'elle a pris la force d'un dogme religieux.

Rémi Brague tient que «l'Europe» est une perversion de la chrétienté. Il raconte l'histoire suivante.

Un ami lui parle d'un président de la république qu'il a connu : «C'est un salaud : il ne croit en rien». Cet ami ajoute, pensant atténuer son jugement : «Il croit en l'Europe». Rémi Brague se demande si cela atténue vraiment le jugement, si croire en une Europe anhistorique, anti-démocratique et déculturée n'est pas au contraire la forme ultime du nihilisme politique.

Il est sur la même ligne que Zemmour : «l'Europe» est l'ultime croyance de ceux qui ne croient plus en rien. C'est pourquoi ils s'y accrochent si fort, au rebours de toute rationalité.

Bien sûr, je diverge avec Jacques Sapir sur la suite à donner à la sortie de l'Euro : il est étatiste, je suis libéral. Mais sur le fait qu'il faut que la France sorte le plus vite possible de l'Euro, nous sommes d'accord.

Je vais même un cran plus loin : je pense que l'Euro est une construction tellement monstrueuse qu'il finira par éclater. La question est de savoir si la France subira passivement cet éclatement, en victime ou, au contraire, l'organisera pour s'en tirer au mieux.

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(1) : avec la colonisation migratoire. Mais ces questions sont liées : croyance en «l'Europe» et négation des vieux peuples européens, c'est la même crèmerie intellectuelle.


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