dimanche, juin 01, 2014

François Hollande, bouc-émissaire de l'aboulie des Français

Pour la deuxième fois en quelques jours, Maxime Tandonnet me coupe l'herbe sous le pied en écrivant un article que j'avais en tête :

Les non-dits d’une descente aux enfers

Ce n'est pas la première fois que j'évoque Hollande-bouc émissaire (voir François Hollande n'est pas une erreur de "casting"). Un an et demi après le billet en lien, je ne peux qu'accentuer mon propos.

Ceux qui ont voté Hollande ou appelé à voter Hollande et font mine d'avoir été trompés, d'être déçus, sont des hypocrites (pour ne pas dire des cons ou des salauds) :

♘ : il n'y avait pas de doute raisonnable possible sur la personnalité de François Hollande.

Ses «amis »socialistes, y compris son ex-compagne, s'étaient chargés de nous informer sur la question. Un scrupuleux nourrissant des doutes sur ces avis partisans pouvait consulter la carrière de petit arrangeur (dixit DSK) de François Hollande pour lever l'incertitude.♘

♘ : il n'y avait pas de doute raisonnable possible sur le programme de François Hollande.

François Hollande était le candidat de la fonction publique et, donc, de l'immobilisme. Tout le monde avait compris que son slogan «Le changement, c'est maintenant» était une forme d'humour hollandiste.♘

Pas de doute raisonnable, ni sur la personnalité ni sur le programme : les électeurs de François Hollande sont soit des cons (ils n'ont pas compris ce que dix minutes de surf sur internet suffisaient à comprendre), soit des salauds (ils ont voté Hollande en connaissance de cause, ils ont choisi l'immobilisme et la mollesse).

De plus, il n'y a aucune raison de penser que le politique de François Hollande est vraiment différente de celle qu'auraient menée un Sarkozy, un DSK ou un Valls : technocratique, paramétrique, européiste, progressiste, suivant la pente de remise en cause minimale, préférant les ajustements aux réformes profondes et radicales. Il est outrancier de lui mettre tous nos malheurs sur le dos alors que les autres auraient fait comme lui.

C'est là que nous en venons à Hollande bouc-émissaire.

Il paraît que 3 % des Français ont une bonne opinion de François Hollande. C'est un peu exagéré, non ? Les Français devraient se regarder en face.

Car François Hollande n'est pas un perdreau de l'année. Il a une longue carrière derrière lui. Il n'est pas arrivé à l'Elysée par surprise, avec un coup d'Etat, mais en gravissant les marches de la politique une à une pendant trente ans. A chaque marche, il a trouvé des partisans, des journalistes, des alliés, des électeurs, pour l'aider à grimper la marche suivante. Alors, tout lui reprocher aujourd'hui, c'est gonflé. Avant d'engueuler le roi, il faudrait se rappeler qui l'a fait roi.

On charge le bouc-émissaire de tous les péchés de la tribu et on l'expédie dans le désert. C'est bien pratique, mais c'est encore et toujours un mensonge. Les Français en veulent à François Hollande d'avoir fait exactement ce qu'ils attendaient de lui : ne rien bousculer.

Si les Français pouvaient cesser de se mentir ... Mais non, ce n'est pas comme cela que ça va se passer.

Avec la complicité active des journalistes, on (les mêmes salopards qui ont joué les groupies de Hollande) va nous sortir un nouvel homme providentiel (je parie pour Valls ou pour Juppé, voire les deux), qui, tout aussi technocrate, européiste, progressiste et immobile que Hollande, fera à son tour, après son échec prévisible, un excellent bouc-émissaire.

(Nota : pour mes puces, je voulais mettre un fou du jeu d'échecs ♗, qui me paraissait bien correspondre à François Hollande, tout de biais, j'ai finalement choisi un cavalier ♘, par antiphrase, car la noblesse du cheval relève ce billet plein de désespoir.)

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