dimanche, décembre 21, 2014

Onfray et le totalitarisme mou

Dans le Figaro, à propos de la enième affaire Zemmour, Michel Onfray débite les poncifs anti-libéraux (je suis tout de même étonné que de prétendus penseurs sortent encore ces platitudes, le concept de capitalisme de connivence n'est tout de même pas aussi complexe que la théorie de la relativité), mais il a deux réponses de bon sens :

Que révèle cette polémique sur l'Etat du débat en France ?

Qu'il est mort… En France, on ne polémique plus : on assassine, on méprise, on tue, on détruit, on calomnie, on attaque, on souille, on insinue… C'est la méthode que je dirai du Raoul ! Rappelez vous Raoul/ Blier dans Les Tontons Flingueurs : «Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais lui faire une ordonnance, et une sévère… Je vais lui montrer qui c'est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus: je dynamite, je disperse, je ventile!». Eric Zemmour se trouve donc éparpillé façon puzzle aux quatre coins de Paris. Mais Paris n'est pas la France.

Certains ont été jusqu'à parler de «dictature».Sommes-nous en train de basculer vers une forme de totalitarisme intellectuel ?

Nous y sommes, c'est évident ! Plus question de craindre le basculement, nous avons déjà basculé.

Seules les idées politiquement correctes sont admises dans ce qui se présente comme un débat mais qui n'est qu'un salon mondain où l'on invite le marginal qui ne pense pas comme soi pour montrer sa grandeur d'âme, sa libéralité, sa tolérance. Mais dès que l'invité prend plus de place que prévu, qu'on ne parle plus que de lui, comme avec Zemmour, alors on disperse façon puzzle : on montre sa véritable nature.

Inviter en bout de table, pour le dîner de con, oui, mais pas question que l'invité retourne la situation et montre à toute la tablée que le con, ça n'est pas lui… Or rien n'est plus violent qu'un con démasqué après qu'il eût échoué à présenter l'autre comme ce qu'il finit par incarner dans sa superbe !


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