mercredi, avril 01, 2015

Les Kurdes au secours des Chrétiens d'Orient

Par Ivan Rioufol le 1 avril 2015 13h02

Les Kurdes sont, de tous les acteurs du Moyen-Orient, les alliés les plus loyaux de l’Occident. Bernard-Henry Lévy, en dépit de ses lourdes erreurs en Libye, a raison de rappeler (Le Figaro) qu’ "il n’y a qu’eux (les Kurdes) qui peuvent concrètement venir en aide aux Chrétiens d’Orient". Ces derniers subissent un authentiquegénocide culturel, sur les terres mêmes qui ont vu naître notre civilisation il y a 2000 ans. L’Occident se couvrirait de honte s’il devait rester passif devant cette épuration menée par le réveil de l’islam radical. C’est à l’initiative de l’écrivain qu’aura lieu, ce mercredi après-midi à l’Elysée, la rencontre entre des chefs militaires peshmergas irakiens et François Hollande. Ces combattants, qui partagent avec la France les valeurs de laïcité et d’égalité homme-femme (là-bas, les femmes-soldats prennent les armes contre les fanatiques machistes) sont les meilleurs obstacles à l’Etat islamique. Selon Le Parisien de ce jour, Les militaires kurdes devraient notamment demander la livraison de missiles Milan (missiles antichars transportables) et le renforcement du contingent de forces spéciales françaises qui opère déjà au Kurdistan. "A tort ou à raison, les peshmergas font davantage confiance à l’aviation française qu’à l’aviation américaine pour mener des frappes aériennes sur Daesh", explique une source proche du dossier. Arrivée mardi soir, la délégation déposera une gerbe devant les locaux de Charlie Hebdo et de l’Hyper-Cacher, cibles des attentats islamistes de janvier. C’est en effet la même idéologie totalitaire, obscurantiste et antioccidentale, qui assassine des journalistes, des juifs et des policiers à Paris, et qui égorge, crucifie et viole en Irak ou en Syrie. Lui résister est l’honneur du monde libre.

Ce soutien aux Kurdes d’Irak, auquel invite BHL, est d’autant plus nécessaire que l’ambiguïté est la norme s’agissant des autres acteurs du Moyen-Orient, zone déchirée désormais par une guerre interne entre chiites et sunnites, dont le Yemen est actuellement le champ de bataille. Le renversement d’alliance des Etats-Unis,qui s’apprêteraient à lâcher l’Arabie Saoudite sunnite au profit de l’Iran chiite depuis que les Américains ont acquis leur autonomie énergétique grâce au gaz de schiste, n’est guère convaincant pour l’instant. La possible réhabilitation diplomatique de l’Iran, en discussion serrée actuellement à Lausanne, ne fait pas de ce pays, en guerre contre l’Etat islamique sunnite, un allié si sûr pour les Occidentaux, en dépit des convictions apparentes de Barack H. Obama. Les Israéliens ont encore de bonnes raisons de croire que le régime des mollahs n’a pas renoncé à sa bombe atomique ni à la destruction de son petit voisin. De surcroît, la France a déjà donné par le passé dans son angélisme face à l’intégrisme iranien, elle qui a accueilli l’iman Khomeiny dont l’arrivée au pouvoir en Iran en 1979 a annoncé le réveil du monde musulman. Ne pas oublier non plus que la première fatwa fut lancée par ce même Khomeiny contre Salman Rushdie, parallèlement à de nombreux attentats terroristes chiites. Bref, l’Occident maladroit ferait mieux de se tenir à l’écart de ces complexes conflits inter-islamiques, dans lesquels l’allié d’un jour peut toujours faire volte-face et se coaliser contre le "mécréant". Les Kurdes n’ont pas ces doubles discours. Oui, il faut les aider.   



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