vendredi, août 28, 2015

Comment les 35 heures arnaquent la classe moyenne

Comment les 35 heures arnaquent la classe moyenne

On remarquera que, comme d'habitude, les enculés de la fausse droite ont bien soutenu les enculés de la vraie gauche en faisant perdre toute crédibilité à l'idée d'abolir les 35h. A force d'en parler et de ne jamais le faire.

Elle est tout à fait dans son rôle ordinaire : faire perdre tout espoir au peuple français qu'une alternative au socialisme existe. Les Giscard, Juppé, Chirac, Raffarin, Sarkozy et compagnie ont été de grands passeurs des idées socialistes. Ils ont bien mérité du PS, je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas une plaque commémorative en leur honneur rue de Solferino. Probablement parce que les socialistes sont, par nature, des jaloux et des ingrats.


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La bobocratie et le nivellement par le bas

Que les 35 heures aient concouru activement au blocage de l'ascenseur social constitue bien entendu un tabou que la gauche ne pourra jamais reconnaître, mais dont elle se félicite chaque jour. Le Parti socialiste est en effet devenu le fief de ces bobos, de cette petite bourgeoisie le plus souvent fonctionnaire qui craint en permanence d'être débordée par les talents incontrôlables venus des milieux populaires.

Pour que l'on puisse faire du Vélib calmement à Paris, il faut empêcher les banlieusards de passer le périphérique, et l'on construit un tram dans l'Est parisien pour limiter les entrées. Pour bien rappeler aux racailles musulmanes qu'elles sont à peine tolérées hors de leurs ghettos, on fait un Tel-Aviv-sur-Seine avec éloge de l'homosexualité qui se trémousse près de la place Dizengoff. Et pour empêcher les familles laborieuses de financer des études prestigieuses pour leurs enfants, on institue les 35 heures qui sont un limitateur automatique de niveau de vie et d'espérance sociale.

Appauvrissez-les tous, et Dieu reconnaîtra les siens! Car la vision implicite du monde portée par ceux qui ont fait les 35 heures est bien celle-là: il existe une masse informe de prolétaires à qui il faut rendre la vie plus supportable en leur donnant plus de loisirs. De cette façon, ils n'auront plus la tentation de s'élever. Et moins ils auront les moyens de le faire, mieux les vaches seront gardées.

Les 35 heures et le retour à la logique de classe

D'un côté les prolétaires qui restent prolétaires. De l'autre, les bobos et l'oligarchie qui ont désormais les mains libres pour diriger la société. Le Parti socialiste reste discret sur le sujet, mais, bien évidemment, aucun des hiérarques qui, à La Rochelle, flétrira Emmanuel Macron pour ses propos sur les 35 heures, n'aurait

l'idée de se ranger lui-même dans la catégorie sociale qui les applique. Les 35 heures, c'est pour les prolos, pas pour les décideurs (il faudrait d'ailleurs faire une étude sociologique sur la stigmatisation qu'emportent les 35 heures aujourd'hui). Dans la pratique, les 35 heures ont profondément renforcé la logique oligarchique qui fragilise la France depuis 30 ans. Elles ont notamment favorisé la sédimentation des différences entre ceux qui travaillent 35 heures parce qu'ils sont «simples salariés» ou «cadres» et ceux qui sont soumis aux forfaits-jours, les «cadres supérieurs» qui travaillent sans limite. On peut même se demander dans quelle mesure l'invention des 35 heures ne s'est pas d'abord justifiée par la nécessité de rétablir des signes extérieurs de classification sociale dans un monde post-Trente Glorieuses qui les avait bouleversés.

Les 35 heures et le jeu de l'oligarchie

Le grand génie des 35 heures a consisté à donner l'illusion d'un cadeau au prolétariat offert par le capitalisme quand il était essentiellement financé par les classes moyennes, qui sont les grandes perdantes du système.

[…]

Seule l'oligarchie a, au fond, tiré ses marrons du feu dans l'affaire. Elle seule ne paie pas pour les 35 heures, elle seule a préservé sa part de profit en imposant la modération salariale, et elle a même pu augmenter de façon colossale la productivité des cadres.

De là à penser que les bobos sont aujourd'hui les meilleurs alliés de l'oligarchie, il n'y a plus qu'un petit pas à avancer.
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