mercredi, octobre 28, 2015

Mein Kampf et la Catalogne

La réédition de Mein Kampf par Fayard donne lieu à une polémique idiote et d'arrière-garde : on trouve Mein Kampf gratuitement sur internet (et c'est un grand succès dans les pays arabes, rappelons le).

J'associe cette évocation de Mein Kampf à ce qui se passe en Catalogne.

Je ne me sens pas d'affinités avec la Catalogne et avec les Catalans, ce n'est pas un pays selon mon coeur (et ce n'est pas le pseudo-Français pseudo-Catalan Manuel Valls qui me fera changer d'avis). Mais je ne traite pas les Catalans de Nazis.

Avant que je m'explique, voici un article sur le sujet :

Indépendantistes catalans : le coup de force contre la démocratie

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Une fois encore la politique catalane a cessé d'être rationnelle. Le plus grave est l'appel à la désobéissance que contient ce projet de déclaration rédigé par les indépendantistes. Dans son sixième article, elle signale que le “processus de déconnexion démocratique ne sera pas suspendu aux décisions de l'État espagnol, en particulier celles du Tribunal constitutionnel”. Si cette déclaration prospérait, il ne faudrait pas hésiter à parler de coup d'État.

Nous assistons tout simplement à un délitement de la démocratie, à son détournement et à terme, à sa confiscation. La déclaration signée par la CUP et Junts Pel Si travestit les faits en estimant qu'existe une majorité en voix: justement, au soir des élections du 27 septembre, les indépendantistes n'obtenaient que 48% du total des voix. Ce premier mensonge en annonce d'autres qui seront tous énoncés au nom de la démocratie. Les sécessionnistes veulent attirer l'attention du monde entier sur la situation en Catalogne où, selon eux, leurs libertés fondamentales, et d'abord celle du “droit à décider” seraient menacées. Personne n'est dupe… sauf le Venezuela de Nicolas Maduro, un exemple de démocratie en effet !

Au-delà des agissements d'une classe politique véritablement possédée par ce songe indépendantiste qui lui brouille la raison et la sagesse, il y a une société catalane qui est désormais en souffrance. La mobilisation idéologique des institutions catalanes au seul profit de l'indépendantisme crée un climat social et culturel insupportable. Ceux qui ne sont pas d'accord sont obligés de se taire ou de partir. Les nationalistes catalans ont largement mis en place un “nettoyage idéologique” qui devrait nous inquiéter.

En pleine Europe, aujourd'hui, se joue un drame politique dont nous connaissons hélas les troubles ressorts. Comparaison n'est pas raison, mais comment un regard d'historien ne pourrait-il pas s'effrayer de voir se mettre en place les mécanismes politiques et discursifs par lesquels on discrédite les institutions démocratiques et on intimide les oppositions ? Comment ne pas s'inquiéter de voir au cœur d'une démocratie solide s'effondrer le pacte de coexistence entre les citoyens ?
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Comment peut-on définir le nazisme ?

Il est la conjonction de deux phénomènes :

1) une utopie à grand contenu fantasmatique. Le nazisme, comme le communisme, élabore un monde nouveau idéal sans grand rapport avec la réalité prosaïque. Pour que cela prenne, il faut une forte proportion d'intellectuels et de demi-intellectuels pour lesquels les idées et les représentations du monde sont plus importants que le monde lui-même.

2) un chef ayant une aptitude extraordinaire à la manipulation. Hitler trompe son monde en permanence.

Or, je suis de plus en plus mal à l'aise avec la politique moderne parce que j'y retrouve ces deux éléments  à doses de plus en plus fortes : une abstraction de plus en plus délirante (ah, la fameuse «inversion de le courbe du chômage») et une manipulation de plus en plus omniprésente.

La raison raisonnante et l'affrontement légitime d'opinion et d'intérêts opposés sont exclus de la place publique, maintenant occupée par l'effusion sentimentale, par la fusion grégaire et par le chantage aux sentiments.

Le mouvement indépendantiste catalan n'en est qu'un exemple.

Dire que je suis mal à l'aise avec ce monde politique est un euphémisme.





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