mercredi, novembre 04, 2015

Tabous et tabous

Derrière "mamie Lucette" et les questions que François Hollande ne voulait pas entendre, les angles morts de la gauche… et ceux de la droite


Chantal Delsol :

Ce qui est étonnant, ce n’est pas que des tabous existent – cela existe partout-, mais qu’ils se développent au milieu d’un discours qui prétend avoir supprimé tous les tabous… Et ce qui ensuite est étonnant et bien sûr inquiétant, c’est que les impertinents, qui enfreignent les tabous, sont punis d’ostracisme et sans ménagement. Regardez Nadine Morano qui a osé employer le mot race et dire que l’Europe avait au début été habitée par des blancs judéo-chrétiens : même la droite l’a exclue, par peur de la gauche. Et plus intéressant encore : on lui a demandé de se repentir ! Autrement dit, on lui propose le rachat contre son honneur. Je suis en train de relire Vie et destin de Vassili Grossman. C’est exactement ce qui arrive au héros, le pauvre Strum. On lui demande de se repentir (il a osé dire la vérité) et de demander pardon. Naturellement Strum risque la Loubianka ou le goulag, ce qui est autre chose, et c’est pourquoi dans son cas on parle de totalitarisme. Mais le processus est le même des deux côtés.

Je ne pense pas du tout qu’il y ait une idéologie à droite en ce moment (c’était différent à d’autres époques). La droite obéit à l’idéologie de la gauche en tremblant de tous ses membres, voilà l’histoire. Elle-même n’a pas de pensée propre. Elle aime le pouvoir et l’argent, et elle croit juste qu’il faut des experts pour gouverner, ce qui indique bien qu’elle n’a pas de convictions.


David Mascré :

Nombre d’hommes de droite continuent de penser qu’en cas de crise grave, l’article 16 pourrait être d’un secours utile. C’est oublier que la gauche a, quarante années durant, patiemment conquis l’un après l’autre les différents appareils idéologiques d’Etat (télévision, presse, cinéma, édition, centres culturels…) au point de disposer aujourd’hui du monopole de nomination des choses et par suite de définition des crises.

C’est elle qui, à n’en pas douter, en cas de crise grave, pourrait être amenée à promulguer l’article 16.

Simple hypothèse d’école : que se passerait-il si, par exemple, des heurts éclataient entre Français de souche et immigrants venus en masse et que les premiers succombaient à la tentation de s’armer pour se défendre ou se faire justice ?

François Mitterrand, auteur du Coup d ‘Etat permanent – son seul bon livre si l’on en croit Jean-Edern Hallier – aurait eu là son ultime paradoxale victoire.

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