dimanche, février 07, 2016

Misère sentimentale et sexuelle du monde moderne

Thérèse Hargot : « La libération sexuelle a asservit les femmes »

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Si la norme a changé, notre rapport à la norme lui est le même: nous restons dans un rapport de devoir. Nous sommes simplement passés du devoir de procréer à celui de jouir. Du «il ne faut pas avoir de relations sexuelles avant le mariage» à «il faut avoir des relations sexuelles le plus tôt possible». Autrefois, la norme était donnée par une institution, principalement religieuse, aujourd'hui, elle est donnée par l'industrie pornographique. La pornographie est le nouveau vecteur des normes en matière de vie sexuelle.

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La promesse « mon corps m'appartient » s'est transformé en « mon corps est disponible » : disponible pour la pulsion sexuelle masculine qui n'est en rien entravée. La contraception, l'avortement, la «maitrise» de la procréation, ne pèsent que sur la femme. La libération sexuelle n'a modifié que le corps de la femme, pas celui de l'homme. Soit disant pour la libérer. Le féminisme égalitariste, qui traque les machos, veut imposer un respect désincarné des femmes dans l'espace public. Mais c'est dans l'intimité et notamment l'intimité sexuelle que vont se rejouer les rapports de violence. Dans la sphère publique, on affiche un respect des femmes, dans le privé, on regarde des films porno où les femmes sont traitées comme des objets. En instaurant la guerre des sexes, où les femmes se sont mis en concurrence directe avec les hommes, le féminisme a déstabilisé les hommes, qui rejouent la domination dans l'intimité sexuelle. Le succès de la pornographie, qui représente souvent des actes violents à l'égard des femmes, du revenge-porn, et de Cinquante nuances de Grey, roman sadomasochiste, sont là pour en témoigner.

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Il ne faut pas apprendre aux adolescents à s'épanouir sexuellement. Il faut apprendre aux jeunes à devenir des hommes et des femmes, les aider à épanouir leur personnalité. La sexualité est secondaire par rapport à la personnalité. Plutôt de parler de capotes, de contraception et d'avortement aux enfants, il faut les aider à se construire, à développer une estime de soi. Il faut créer des hommes et des femmes qui puissent être capables d'être en relation les uns avec les autres. Il ne faut pas des cours d'éducation sexuelle, mais des cours de philosophie !
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La misère sentimentale et sexuelle (les deux aspects sont liés) me désespère, particulièrement chez les jeunes (il y a peut-être le même problème chez les vieux, mais je m'en fous).

Les témoignages et l'expérience que j'en ai n'incitent pas à l'optimisme.

Il y a bien des facteurs. L'école a plus que sa part : les jeunes sont submergés de cours sur la tuyauterie touche-pipi, en revanche, ils ignorent tout de la culture amoureuse. Je m'étais amusé (amusement qui a vite tourné au désespoir) à soumettre à des lycéens des couples célèbres (Roméo et Juliette, Héloïse et Abélard, Tristan et Iseult, Perceval et Blanchefleur etc ...). J'ai eu droit au regard vide du bovin en présence d'une horloge atomique. Et, avant l'école, il y avait les fabliaux, les contes, les histoires populaires, les récits de veillée. Aujourd'hui, nous serions bien en peine de trouver un équivalent.

Il ne faut pas se voiler la face. La frustration sexuelle dans une société inondée de pornographie est un moteur de l'islamisme. Quant à la dénatalité, inutile non plus d'épiloguer.

Il y avait déjà ce billet : La mère célibataire, étalon de la morale contemporaine

Je pourrais un faire un billet très long sur le sujet, parce qu'il y va de l'avenir de notre société : des relations hommes-femmes cabossées, moins d'enfants, mort de notre société. Mais je suis de plus en plus convaincu que notre société est vouée à la mort à court terme et que l'avenir est aux sanctuaires où se regrouperont les hommes de même culture et de même religion, obéissants aux mêmes principes.

Alors pourquoi épiloguer sur une société déjà morte ? Ca me fait de la peine pour ceux qui sont broyés par ce naufrage mais qu'y puis-je, à part faire ce que je fais ici, écrire qu'il y a une autre vie, une autre philosophie, d'autres principes et d'autres valeurs ?



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