mardi, février 16, 2016

Pêle-mêle : petites et grandes querelles

Réforme de l'orthographe : c'est un religieux qui vous le dit, n'obéissez pas !

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Le plus sidérant est l'esprit d'obéissance qui nous saisit. Nous obtempérons avec frénésie, pour ne sembler ni en retard ni afortiori réactionnaires. Les magazines rivalisent avec les documents officiels pour s'adapter les premiers. C'est donc un religieux, qui a fait voeu d'obéissance (voeu honni de notre culture laïcarde), qui vous le dit: nous obéissons trop. Nous obéissons quoi qu'il arrive, honteux de penser, de compromissions en micro-reniements, jusqu'à la bassesse. Un religieux obéit à son supérieur si celui-ci se conforme lui-même à la règle et celle-ci à la vérité divine. L'obéissance n'est pas à elle-même sa fin dernière. Au contraire, l'Histoire a montré combien l'attraction des lieux de pouvoir sécrétait un esprit de servilité.
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Serge Aurier au PSG, Emmanuelle Cosse au gouvernement : le triomphe de l'immoralité

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Pourquoi les joueurs de football ont-ils été placés sur un pareil piédestal ? Auprès des adolescents contemporains les vignettes Panini jouent le rôle des images pieuses glissées dans les missels des enfants et des adolescents d'il y a quelques décennies. La réponse fuse: ces vedettes sportives font figure non de saints laïques, certes, mais de saints de l'intégration, de saints du vivre-ensemble et de la consommation. Bref, ces joueurs de football sont à la fois des saints républicains et publicitaires, des porte-étendards de l'idéologie officielle, cette étrange religion civique qui refuse toute interrogation sur l'identité nationale, et des hommes-sandwichs au service du culte des marques, de la consommation illimitée et du bling-bling aussi vulgaire que tapageur. Ils sont, à leur insu, les fers le de lance du grand mouvement de corruption des valeurs et de destruction de la culture qui caractérise l'Europe de la modernité tardive. D'autres époques avaient Cervantès et Goya, Chateaubriand et Proust, la nôtre a Messi et Ronaldo, Benzema et Aurier.
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Quand François rencontre Cyrille

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La vision de Huntington a prévalu tout au long de la guerre froide où le monde orthodoxe s’identifiait au communisme, qui s’attachait pourtant à détruire christianisme. Dans ce contexte, pour faire bref, Wall Street ménageait Rome, même si les catholiques pouvaient se sentir au sein du bloc occidental comme des cousins de province. Depuis la chute du rideau de fer, la tournure de plus en plus libertaire du libéralisme anglo-saxon , au travers de la question du mariage homosexuel notamment, ne peut qu’aiguiser son hostilité au catholicisme que rien ne l’oblige plus à ménager.

Les intéressés le savent : l’hostilité à l’orthodoxie existe en Europe occidentale mais elle est circonscrite au milieux sous forte influence anglo-saxonne, toujours prêts à durcir les divergences théologiques entre Rome et Moscou ou à en trouver de nouvelles (on allègue par exemple l’imprégnation gnostique des grands théologies russes, comme Soloviev ou Berdiaev) . Il n’est pas exclu non plus que les Américains ou des milieux hostiles au christianisme tout court aient pénétré, dès 1990, l’église orthodoxe pour en durcir les positions anti-romaines.

Il n’est pas non plus certain qu’une grande puissance comme la Russie, en plein retour sur la scène mondiale, accepte de placer son Église sous la tutelle d’une puissance étrangère, même si le Vatican, comme le disait Staline compte bien peu de divisions. Pourtant l’Empire byzantin au faîte de sa puissance, de 395 à 1054, avec de brèves parenthèses de crise (un empereur byzantin envoya un pape aux mines de sel !), avait accepté la prééminence de Rome, il est vrai très affaiblie politiquement.

Nul ne peut dire ce que seront les suites de la rencontre de la Havane. Cela n’enlève rien à son importance spirituelle et géopolitique.
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