mardi, mars 22, 2016

Islamisme : la Belgique, c'est la France avec dix ans d'avance

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Je ne vois aucune des causes de l'islamisme en Belgique qui ne soient à l'oeuvre en France.

Encore récemment, une loi scélérate a été votée le 18 février pour faciliter le Grand Remplacement. On dirait qu'il ne s'est produit aucun attentat islamiste en France en 2015. Et ce n'est pas un accident puisque les ministres français, le président, un candidat bien placé pour la présidentielle, ont fait allégeance à l'Algérie il y a peu.

La course à l'abime, la ruée vers la servitude ... Comme disent les jeunes, c'est hallucinant !

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TRIBUNE - Le sénateur belge Alain Destexhe* dénonce l'aveuglement et l'excès de tolérance des autorités et des médias vis-à-vis de la montée de l'islamisme outre-Quiévrain.

La Belgique est frappée à son tour par le terrorisme. Les Belges sont abattus, tristes et en colère mais pas surpris. Ce qui étonne, c'est plutôt que le pays ait si longtemps été épargné, à l'exception notable de l'attentat au Musée juif de Bruxelles.

En effet, des réseaux belges ont été impliqués dans les grands attentats terroristes des vingt dernières années. Parmi les plus connus, citons l'assassinat du commandant Massoud en Afghanistan deux jours avant le 11 septembre 2001, les attentats de Madrid en 2004 et, plus récemment, la cellule de Verviers, l'attaque du Thalys et, bien sûr, les attentats de Paris. C'est une Belge convertie qui fut la première Européenne à commettre un attentat kamikaze en Irak en 2005. À Anvers s'est tenu l'année dernière le procès de quarante-six (!) membres de Sharia4Belgium, une organisation appelant à transformer la Belgique en un État islamique sous le régime de la charia. Rien que depuis le début de 2016, soixante nouveaux dossiers de terrorisme ont été mis à l'instruction ! C'est dire l'ampleur du problème auquel les autorités sont désormais confrontées à cause, en partie, d'un aveuglement et d'une tolérance stupéfiante. Pendant vingt ans, la Belgique a (presque) eu tout faux.

D'abord, à partir de l'an 2000, les vannes de l'immigration et du regroupement familial ont été largement ouvertes, bien davantage qu'en France ou qu'au Royaume-Uni, sans trop regarder qui rejoignait le territoire national. Des quartiers ghettos se sont constitués. À peu près tous les courants de l'islam se sont installés à Bruxelles, et la capitale de l'Europe est ainsi devenue, avec Londres, la capitale de l'islamisme européen. Des dizaines de mosquées non reconnues opèrent sans aucun contrôle. L'asile a été accordé à de dangereux islamistes.

Pendant des années, les incidents se sont multipliés… sans réponse des autorités ou, lorsque réaction il y avait, avec des sanctions symboliques. Des prêches radicaux dans des mosquées, des enseignants portant atteinte aux droits des femmes, des jeunes non musulmans ostracisés dans des écoles publiques devenues quasiment 100 % musulmanes, des refus de suivre le programme scolaire, un antisémitisme terrifiant… Les incidents, dérives, atteintes aux libertés et aux droits ont été niés, minimisés, relativisés, toujours mis sur le compte d'égarements individuels sans voir qu'il s'agissait d'une véritable lame de fond.

À partir d'un certain degré d'immigration, le communautarisme devient inévitable. Et ce dernier constitue le terreau du radicalisme et du terrorisme. Car oui, les terroristes sont presque tous désormais des enfants du pays. La nationalité belge a été bradée, accordée sur un simple constat de trois ans de résidence. Une classe d'élus redevables à leur communauté d'origine s'est ainsi créée. En région bruxelloise, le vote des Belges d'origine étrangère constitue désormais un enjeu électoral majeur. Certains élus font le grand écart permanent entre les valeurs européennes et les mœurs ou la politique de leur pays d'origine.

Cet ensemble de facteurs a créé un climat favorable au développement de courants toujours plus radicaux et, dans sa réaction, l'État (de droit) a toujours eu une longueur de retard. D'autant plus que les débats de fond ont été étouffés. À commencer par la plupart des médias belges, qui, du haut de leur tour de guet, préféraient chasser le «dérapage» ou mettre davantage l'accent sur le risque d'amalgame ou de stigmatisation plutôt que sur l'atteinte insupportable à nos valeurs et libertés que constituait l'incident lui-même.

Le gouvernement de Charles Michel tente courageusement de redresser la barre, mais il est bien tard et, dans un pays fédéral où des compétences importantes sont aux mains des régions (l'enseignement, l'intégration, les cultes, pour n'en citer que quelques-unes en lien avec la radicalisation), il est loin de disposer de tous les leviers pour agir. Certes, le défi terroriste concerne toute l'Europe, mais chacun le voit, en Belgique, qualifiée par CNN de capitale logistique de l'État islamique, le problème est plus profond qu'ailleurs. Après le temps du deuil, l'enjeu sera désormais de savoir si, collectivement, la Belgique va, enfin, ouvrir les yeux et réagir.

*Ancien secrétaire général de Médecins sans frontières et ex-président de l'International Crisis Group.
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