mercredi, mars 09, 2016

Merkel, tête de Turc

La Turquie, ça suffit !

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« Si l’on doit s’excuser pour avoir présenté un visage agréable à des gens dans la détresse, ce n’est plus mon pays ». Cette phrase [d'Angela Merkel] résume l’énormité de la méprise. Le mot « excuse » n’appartient pas au langage politique. Son emploi de plus en plus fréquent dans les démocraties occidentales confond la politique avec la morale, voire avec la politesse. Il place les relations personnelles en surplomb des rapports entre les Etats. La surprenante image du « visage agréable » renforce cette confusion. Celui ou celle qui conduit la politique d’un Etat doit viser l’intérêt supérieur de celui-ci. Dans ce but, il doit se mettre en situation de force. On croyait que la rigueur budgétaire allemande avait participé à cette démarche. L’espèce de culpabilité spontanée de Mme Merkel en efface le bénéfice.
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Un autre clown, le pape François zéro, confond morale privée et morale politique. Ce n'est pas la première fois que j'attire votre attention sur cette funeste confusion.

Saint Louis et Saint Thomas d'Aquin considéraient, avec beaucoup d'autres, que le dirigeant qui renonce à une bonne action collective pour conserver sa pureté à titre personnel fautait gravement et devenait indigne de ses fonctions.

Mais bon, Saint Louis, Saint Thomas d'Aquin, il y a peu de chances que ces noms évoquent quoi que ce soit à Hollande, Merkel, Tusk et Juncker.


Conseil européen extraordinaire: peut-on faire confiance à la Turquie ?

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Ces deux options avancées par Mme Merkel ne paraissent guère à la hauteur de la tragédie en cours. Il ne faut pas compter sur la bonne foi de la Turquie, dans ce dossier, pour sauver l'Europe, ni sur la Grèce dans le rôle d'une victime émissaire se sacrifiant pour le compte des errements collectifs de notre continent. Il existe une seule issue au drame qui se joue en ce moment: l'Europe, à travers les gouvernements de ses cinq ou six plus grands Etats, sur un pied d'égalité, doit reprendre en main son destin en imposant une volonté de puissance. Il est de son devoir historique de s'en prendre militairement, dans le cadre d'une coalition, aux passeurs esclavagistes qui accumulent des fortunes en jetant des millions de malheureux à la mer. Il est de son devoir historique de faire respecter le droit international et les frontières, en prenant le contrôle des rives d'où les criminels lancent les embarcations chargées de migrants, et en raccompagnant sans faiblesse dans leur pays les migrants en situation illégale. Mais l'Europe, à travers les dirigeants de ses grands Etats, est-elle capable de sortir de sa torpeur suicidaire et de renouer avec la volonté politique, le respect du droit? Elle ne semble pas en prendre le chemin. La France pourrait avoir un rôle d'impulsion à jouer dans une autre configuration politique. Hélas, au vu de la gravité et la rapidité des événements en cours, mai/juin 2017 semble à des années-lumière ...
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Crise des migrants : l'Europe impuissante face au chantage turc

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En souhaitant à n'importe quel prix résoudre avec Ankara la crise des migrants, les dirigeants européens semblent oublier que celle-ci sera largement résolue le jour où l'on verra pointer la fin du conflit en Syrie et en Irak. Or, le pis dans la position de dépendance de l'Europe vis-à-vis de la Turquie est d'encourager Ankara à continuer de souffler sur les braises du Levant en entretenant un jeu trouble avec les terroristes islamistes du Front al-Nosra et de l'Etat islamique et en bombardant les positions des Kurdes syriens, ce qui menace de faire se rompre le fragile cessez-le-feu actuellement en vigueur sur le sol syrien.

Le pari de la chancelière Angela Merkel de transformer le président Recep Erodgan en premier partenaire de l'Europe pour régler la crise migratoire risque de voir se répéter les erreurs stratégiques commises en Syrie lorsque l'Occident a forgé une dangereuse alliance avec les puissances sunnites que sont la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. Loin de pacifier et de démocratiser le Levant, Ankara, Riyad et Doha souhaitaient d'abord déstabiliser un régime baasiste pris dans l'arc chiite. L'intervention extérieure de ces pays en Syrie, loin de sauver les Printemps arabes, ont contribué à les enterrer définitivement dans une guerre civile fratricide. La question demeure ouverte si un accord est passé entre Bruxelles et Ankara: la Turquie a-t-elle vraiment intérêt à ce que la crise migratoire en Europe soit résolue? Recep Erdogan semble en effet apprécier cette nouvelle arme géopolitique que la politique migratoire européenne et particulièrement allemande a contribué de forger. Les migrants en sont les premières victimes.
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