lundi, juin 27, 2016

Coût de l'information et Brexit

Enfin, le type d'articles que je cherchais depuis longtemps :

The Optimality of Brexit: The Federalist Model Is Doomed and the Democratic Deficit Is Growing

Puisque c'est en anglais, je résume.

Il y a deux systèmes d'échange d'informations. Le marché et la structure hiérarchique. La structure hiérarchique est lourde et peu réactive mais elle permet de s'affranchir des coûts de transaction, l'inverse pour le marché.

Le marché est donc favorisé quand le coût de transaction est faible et la structure hiérarchique quand il est élevé.

Or, que se passe-t-il depuis trente ans ? Le coût de transaction s'effondre.

Les structures hiérarchiques héritées de l'après-guerre sont obsolètes et les plus grosses d'entre elles sont les Etats. Alors, les structures supra-nationales type UE, ce n'est même pas la peine d'en parler.

Cela confirme que l'UE est une idée du XIXème siècle portée par des hommes nés au XIXème siècle.

Cette analyse théorique a des conséquences concrètes. Ce sont elles que les électeurs voient (il faut trois minutes pour acheter une maison en kit sur Amazon et trois mois pour avoir un permis de construire).

Le fameux déficit démocratique peut être expliqué de cette façon. Les maîtres du monde sont toujours au sommet de structures hiérarchiques rigides aux mouvements lents (le diplodocus était si gros qu'il ne s'entendait même pas péter) tandis que les grouillots sont informés, parfois fort mal il est vrai, en permanence et jugent instantanément.

L'intéressant, c'est qu'on peut passer notre quotidien à travers cette grille d'analyse : mon pays, mon entreprise, ont-ils une taille optimale ? Sont-ils des dinosaures ?

Google, Apple, Facebook ne sont pas de gros employeurs. Et la robotisation qui vient donne à penser que les gros employeurs, c'est du passé.

Seuls deux des  dix pays les plus riches du monde par tête de pipe ont une population supérieure à cinq millions.

Dans cette vision, l'indépendance de la Catalogne et de l'Ecosse apparaît naturelle. La France a un problème de ce point de vue : à part la Corse, la Bretagne et l'Alsace, il n'y a pas de régions suffisamment fortes pour prendre une indépendance, même relative. On ne va pas reconstituer les duchés de Normandie et de Bourgogne.

La seule exception que je voyais à cette tendance à la réduction, c'était le domaine militaire. Je me demande si je ne me suis pas trompé.

L'arme atomique égalise les conditions. La Suisse ou Singapour dotés de l'arme atomique auraient-ils besoin de la protection de plus gros qu'eux ? Et à quoi sert l'OTAN, ce diplodocus ? On remarquera qu'il n'y a pas de vraie structure européenne de défense, cela empêche-t-il la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne de coopérer (avec des hauts et des bas, il est vrai ) ?

Venise, du temps de sa splendeur, avait un PIB par habitant (pour autant qu'on peut l'évaluer) dix fois (pas deux ou trois fois, dix fois) supérieur à la France. Cette richesse lui permettait d'entretenir une diplomatie, un arsenal, des postes et des mercenaires tout autour de la Méditerranée, qui la mettait à l'abri d'Etats beaucoup plus gros. Alors, Venise avec la bombe atomique ...

On a aujourd'hui Israël, même si l'aide américaine fausse le raisonnement.

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Addendum :

Il me semble qu'il y a  une autre explication que celle de Jean-Jacques Rosa, et qui ne lui est pas contradictoire : la vertu de l'expérience.

On a essayé les mastodontes bureaucratiques, les commissions bruxelloises et autres « machins » et, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ne donnent pas satisfaction. On veut donc essayer autre chose, c'est-à-dire plus petit.

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