jeudi, juin 09, 2016

Le problème de la (fausse) droite soumise

La jouer “plus libéral que moi tu meurs” ne peut suffire

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Pour exiger des gens des sacrifices courageux, il faut soi-même donné le sentiment de faire preuve de courage. Quoiqu’ ils n’en soient pas toujours conscients, les Français sentent bien que les réformes libérales, même si certaines sont nécessaires, visent à satisfaire des donneurs d’ordres étrangers (Bruxelles, Berlin ou d’autres), que ces ordres sont répercutés par des « princes esclaves » selon l’expression de Gaston Fessard. Piètre posture pour exiger « du sang et des larmes ».

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La convergence des propositions des candidats Les Républicains ne tient pas seulement au conformisme technocratique : ne remettant évidement pas en cause l’euro, ils n’envisagent pas non plus des solutions alternatives comme un vigoureux transfert des charges sociales sur la TVA dite « TVA sociale » (assortie d’une hausse des salaires à due proportion, sinon la mesure apparaîtra elle aussi pénitentielle). A l’intérieur des contraintes dans lesquelles ils inscrivent leur projet, la seule solution qu’ils voient pour relancer la croissance est la politique dite de l’offre : faciliter l’initiative des chefs d’entreprise en améliorant leur situation financière et réglementaire vis-à-vis du reste de la population.

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Le plus probable à ce jour est que le prochain président soit issu des rangs des Républicains. La règle à suivre par ceux qui conseillent les candidats à la primaire de ce parti ne devrait pas être seulement « plus libéral que moi tu meurs », mais : « Comment éviter que la nouvelle majorité ne soit carbonisée en trois mois ? » Autrement dit, comment ne pas réitérer les mésaventures de 1986 et 1995 : toute la population dans la rue aux premières réformes ? Mais qui s’en souvient ? C’est alors en effet qu’aurait lieu l’explosion que tout le monde attend depuis des mois, voire des années. Les réformes en seraient définitivement discréditées et la gauche, malgré son épuisement idéologique, se trouverait une fois de plus, remise en selle.
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Je trouve que Roland Hureaux n'est pas si clair que d'habitude. La solution au problème qu'il expose  est simple et connue puisqu'elle est donnée par le discours économique de De Gaulle en 1958 :

1) des réformes amples, qui font des mécontents partout mais la colère étant également répartie, pas de sentiment d'injustice.

2) Un but clair. Des perspectives. Ne pas rester sur le traumatisme du moment. Se projeter dans l'avenir.

3) Faire dans l'intérêt de notre pays. Pas dans l'intérêt de « l'Europe », de l'Amérique, de l'Allemagne, du Balouchistan,  du Volapuk (intégré ou non) de la gauche ou de la droite, mais dans l'intérêt de la France, et elle seule.

Seulement voilà : contrairement à notre fausse droite, qui a peur de tout et est une chienne soumise à tous les maîtres, la gauche, l'islam, l'UE, l'Amérique, ... (tous, sauf le seul maître qu'elle devrait accepter, la France), De Gaulle n'avait pas honte d'être un patriote français et de parler comme tel.

S'il se trouvait au pouvoir un authentique patriote, nous pourrions de nouveau entendre :

« J’ai décidé de remettre nos affaires en ordre réellement et profondément. [...] Notre pays va se trouver à l’épreuve [mais] le rétablissement visé est tel qu’il peut nous payer de tout [...] Sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité. »








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