dimanche, octobre 16, 2016

La nécessité du silence

Je dédie ce message à tous les consommateurs, occasionnels ou habituels, de France Info, BFM TV et autres, télévision, radio, etc. Je les plains de tout mon coeur. Vraiment. Je n'exagère pas.

Commençons par Soljenitsyne (Le déclin du courage, 1978, Harvard) :

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De la sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des secrets d'Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l'intimité de personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de tout savoir ». Mais c'est un slogan faux, fruit d'une époque fausse ; d'une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène une vie pleine de travail et de sens n'a absolument pas besoin de ce flot pesant et incessant d'information.
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Continuons avec le cardinal Sarah :

Cardinal Robert Sarah: « L'Occident a renié ses racines chrétiennes »

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Cardinal Robert SARAH. - Nous sommes noyés dans le bruit, constamment tirés hors de nous-mêmes. Ce bruit éloigne de celui qui est le silencieux par excellence, Dieu. C'est pourquoi nous avons besoin d'un certain silence. Dans l'Antiquité, l'Ancien Testament ou le Nouveau Testament, tous ceux qui cherchent Dieu vont dans le désert. Mais le désert n'est pas seulement une notion géographique. Le désert est en nous. Il faut retrouver une nudité intérieure, une pauvreté intérieure, afin de découvrir cette intériorité qui est habitée par Dieu.
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Comme d'habitude, je suis encore plus inquiet pour les jeunes parce qu'ils sont l'avenir. Je me souviens d'une conversation avec une adolescente qui rentre de l'école avec un casque sur les oreilles. J'en garde de l'amertume, car j'ai été incapable de la convaincre d'écouter les bruits de la ville.

Ecouter les bruits de la vie, ce n'est pas le silence, mais c'est mieux que de s'isoler avec des bruits artificiels, en conserve. C'est une insulte à la musique de l'utiliser comme dans une salle d'attente de dentiste ou dans un hall de gare. Il m'arrive de le faire par nécessité professionnelle, mais je n'en suis ni fier ni satisfait.

Notre époque est si mortifère qu'il n'est pas rare de rencontrer des jeunes terrifiés par le silence physique et, encore plus, le silence intérieur.

On pense évidemment à Bernanos : « La modernité est une conspiration universelle contre toute forme de vie intérieure ».

On peut aussi songer à Pascal :

« Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre. »

C'est d'autant plus navrant qu'il est facile d'apprendre aux enfants le silence. Il suffit de leur apprendre à observer les animaux sauvages (les oiseaux du jardin, par exemple). Vous pouvez aussi leur apprendre à apprécier et à juger la cuisine, cela demande aussi un effort de concentration et de méditation. Ou les emmener au Louvre réfléchir devant un tableau. Ou encore, leur apprendre à prier.

Bref, mille techniques sont disponibles.

Que cette aptitude apprise à faire silence et à méditer se transforme en vie intérieure dépend de chacun, mais, au moins, vous leur aurez donné une chance.

Mais, non. Notre époque préfère fabriquer des abrutis sur-excités qu'on calme à la Ritaline.

Un homme qui est incapable de fermer souverainement les yeux (et les oreilles) est-il encore un homme ?

N'oublions pas une chose, que nos maîtres ont bien comprise : un homme capable de faire silence, de réfléchir et de méditer est très dangereux. Il se pose des questions, il doute. Malheur de malheur : il pense. Il remet en cause.

Alors, on comprend que nos maitres préfèrent la combinaison téléphone portable, jeux videos et Ritaline. Mais sommes obligés d'accepter cette condition d'esclave ?




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