samedi, février 10, 2018

Connerie féministe : attendre que ça passe ?

L’affaire Hulot à l’ère de la grande confusion du #BalanceTonPorc : qui sait encore donner du sens au moloch politico-médiatique ?

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Je ne crois pas qu’on puisse pousser très loin l’opposition des situations françaises et américaines, dans la mesure où les phénomènes de mode idéologique et d’emballement médiatique sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique – l’Amérique donnant d’ailleurs le ton en matière de « politiquement correct ». La « confusion », en matière de politisation et de médiatisation de l’intime, est structurelle : on s’efforce de produire de la transparence et un discours simple dans un domaine opaque et ambigu par essence. Au sein de la zone grise que l’on entreprend d’explorer, et qui s’étend du viol au rapport de séduction heureux et harmonieux, tous les cas de figure et toutes les interprétations sont possibles. En matière de harcèlement sexuel, la confusion est du reste d’ores et déjà inscrite dans la loi française depuis 2002 - la réécriture de la loi ayant délibérément omis de donner de la notion une définition précise et rigoureuse.

Nous sommes donc je pense, pour le meilleur et pour le pire, durablement voués à la confusion des problèmes, de l’information et de la discussion. Pour le meilleur, parce cette confusion permet en effet de débattre de questions dont on ne débattait pas auparavant, et de mettre au jour quelques injustices. Pour le pire, on le voit tous les jours, parce que l’objectivité, la mesure et l’honnêteté intellectuelle ne sont pas les points forts des médias et des idéologues qui, sur ce sujet, travaillent main dans la main.

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A propos des ennuis des ministres, on peut noter que les politiques creusent leur propre tombe en se plaçant sous l’emprise du populisme médiatique. Chaque gouvernement rajoute une couche de « moralisation de la vie publique » et se prend ensuite le boomerang sur le front. L’argent et le sexe sont désormais les deux thèmes du débat démocratique « grand public ». Le gain est que les hommes qui aiment trop les femmes ou les costumes de luxe ne peuvent plus faire de politique. La perte est qu’on ne plus parler ailleurs que dans de petits cercles élitistes du gouvernement et de l’avenir de la France. Chacun jugera s’il convient de voir dans cette évolution un progrès de notre démocratie.

La cause profonde des emballements médiatiques absurdes auxquels nous assistons en matière de pseudoaffaires de moeurs est à mon sens à situer dans le tournant pris par le féminisme à l’occasion du débat sur la parité, durant la période de la cohabitation Chirac/Jospin. Auparavant, toutes les conquêtes féministes étaient parfaitement en phase avec l’humanisme libéral. Le féminisme avait alors pour adversaire une pensée conservatrice différencialiste, qui justifiait la différence des droits et/ou des devoirs de l’homme et de la femme par la différence de nature. Comme en matière d’antiracisme, le progressisme féministe était anti-essentialiste : l’objectif était de faire de la femme « un homme comme les autres ». On a oublié que nombre de féministes, sur la base de cette conception humaniste et universaliste du féminisme, se sont à l’époque opposées à la parité.

La notion même de parité suppose en effet la distinction de deux humanités définies par la nature : l’humanité mâle et l’humanité femelle.

Le féminisme qui s’est imposé lors du débat sur la parité se conçoit donc comme un progressisme différencialiste. De même que le néo-antiracisme est un antiracisme essentialiste et différencialiste, un racisme inversé en réalité, le nouveau féminisme est un sexisme inversé, qui reconduit les stéréotypes sexistes – la femme est faible, pure et innocente, l’homme, violent et dominateur – tout en inversant les signes. Ce néo-féminisme est particulièrement adapté à la politisation de l’intime, dans la mesure où en matière de sexualité et de séduction, la différence des sexes paraît insurmontable. La stratégie argumentative et politique consiste donc à construire l’image d’une femme faible et souffreteuse, incapable de se défendre par elle-même face aux « prédateurs » qui la « sidèrent » avant de l’agresser, et qu’il importe de protéger au moyen d’une législation prohibitive. Le complément indispensable de ce dispositif est la confiance aveugle en la parole de la femme - pure et innocente par nature -, afin que cette parole puisse avoir valeur de preuve. On n’en pas encore là, fort heureusement, sur le plan du droit, mais cet imaginaire domine désormais l’espace médiatique, installant en France comme aux Etats-Unis une culture de la délation.

Concernant l’avenir, je suis optimiste pour le long terme mais plutôt pessimiste à court terme. Je pense qu’il va falloir faire avec le délire néo féministe un bon moment. Un retour de balancier se produira, mais aucun intellectuel ni aucun politique n’est en mesure de le provoquer. On pourrait comparer ce qui se passe aujourd’hui avec l’emballement politico-médiatique qui s’est produit il y a quelques années autour de la pédophilie. La dérive fut stoppée net par l’affaire d’Outreau. Il est possible qu’une affaire du même genre conduise l’opinion à basculer sur ces questions de harcèlement sexuel.

La limite de la comparaison réside toutefois dans le fait que l’emballement médiatique autour de la pédophilie n’était pas alimenté par l’idéologie comme l’est le mouvement de délation des pratiques masculines « inappropriées » à l’égard des femmes. Une autre comparaison peut sur ce plan être faite avec la domination du marxisme en France, des années 50 aux années 70 du vingtième siècle. Le néo féminisme est un nouvel opium idéologique - opium des intellectuels mais aussi, dans le cas présent, opium des médias et des réseaux sociaux.

Une telle mode idéologique peut durer plusieurs décennies. Il est en tout cas difficile de prévoir son terme.

Tant que durera l’emprise du néo féminisme, quiconque aura une position équilibrée et raisonnable passera pour un « conservateur » ou un « réactionnaire » et restera quasi-inaudible. On continuera à mettre en place des Hauts conseils ou des ministres dont la fonction sera de donner un caractère officiel au délire idéologique commun. Dans l’attente que cela cesse – et cela cessera, comme a fini par cesser l’emprise du marxisme –, il faut faire de la résistance, en anticipant notamment les dérives juridiques possibles, car c’est à ce niveau que se situe le véritable danger, comme le voit en Suède, où se prépare une loi instituant le viol « par négligence ». Il importe de ne pas fuir le problème ni la discussion, en adoptant la posture qui fut celle de Raymond Aron en son temps : injurié, méprisé, isolé, il tenait stoïquement le langage de la raison, entreprenant de discuter calmement les arguments des plus délirants, et persévérant dans la volonté de convaincre ceux qui préféraient avoir tort avec Sartre.
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Je suis loin de partager ce relatif optimisme à long terme.

Acceptons le parallèle avec le marxisme.

On voit bien alors que les dégâts provoqués lors de la période où l'idéologie est la plus virulente sont considérables, que leurs effets sont irréversibles et que l'idéologie, même atténuée, ne disparait jamais complètement et sa nocivité continue en sourdine.

Je pense que le problème du néo-féminisme hystérique « des pétasses bitophobes du MLF de Kensington City en Californie » comme dit Desproges, va être résolu autrement : par l'islamisation. Je ne le souhaite pas et je ne m'en réjouis pas, mais c'est ce qui nous pend au nez.

Et les pétasses bitophobes du (etc.) seront contentes car c'est au fond ce qu'elles cherchent : la séparation des hommes et des femmes et je soupçonne que beaucoup d'entre elles sont des névrosées qui se plieraient très bien à une remise à leur place par un « vrai mâle » tel qu'elles l'imaginent dans leurs cerveaux grillés par la connerie.

En fait, ce sont de pauvres connes incapables d'assumer avec raison et mesure la liberté qui leur est donnée, elles en font trop et ne se calmeront que le jour où on les remettra à leur place. Ce sont des enfants de dix ans qui jouent avec une mitrailleuse : il faut leur retirer la mitrailleuse et les mettre au coin après une paire de gifles.

Mais tout cela n'est pas que de la faute des femmes : je suis navré de la lâcheté des hommes publics sur ces questions. A part un Zemmour qui ne lâche rien, combien sont-ils à s'opposer aux délires néo-féministes non pas dans quelques circonstances particulières « elles ont raison mais elles s'y prennent mal » mais au fond « elles ont tort, complètement tort, et voici pourquoi » ?

Considérer que les hommes n'ont plus le droit de parler des femmes et du féminisme, ou seulement pour approuver servilement, c'est écoeurant de connerie.



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