samedi, décembre 22, 2018

Douze hommes en colère

Je viens de revoir ce film.

C'est un excellent film que je déteste, justement parce qu'il est excellent.

Comme Le dernier jour d'un condamné à mort de Victor Hugo, c'est une bonne oeuvre au service d'une très mauvaise cause. C'est que qu'on peut faire de pire.

Dans ce film, Henry Fonda retourne un à un les jurés et transforme un coupable (c'est, suivant la formule des cours d'assise françaises, mon intime conviction) en acquitté.

Sidney Lumet montre, comme Péguy le dit d'Hugo, qu'il aime les assassins.

Car le mécanisme en jeu est très pervers : Fonda arrive à faire douter tout le monde et, comme le doute doit profiter à l'accusé, celui-ci est acquitté Mais il faut que le doute reste raisonnable. Avec un acharné comme Fonda, il est possible de vous faire douter que Napoléon ait existé. D'ailleurs, il y a bien des gens qui croient que l'attentat du 11 septembre est un coup du Mossad ou de la CIA. C'est un doute déraisonnable.

Au fond, ce que ce film nous dit c'est qu'aucune certitude n'est absolue, qu'il y a toujours un doute et qu'en conséquence les assassins présumés doivent tous être acquittés.

Cet excellent film est donc une belle saloperie. Mais il illustre parfaitement les réflexions de Serge Galam et de NN Taleb sur la capacité des minorités fanatiques à l'emporter sur la majorité, même si je ne crois pas que ce message était dans l'intention du réalisateur.




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