vendredi, février 22, 2019

Macron : le vieux jeune, l'ennemi de la réalité

Pour Macron, peuple et progrès sont forcément opposés

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Il y a eu la catastrophe du communisme ; il y a aussi des catastrophes à plus petite échelle comme l’effondrement de l’enseignement en France après cinquante ans de pédagogies prétendues scientifiques.

Après de tels échecs, qui peut encore invoquer sérieusement le progressisme ? Surtout aujourd’hui, à l’heure où Trump, Poutine, Xi, Modi, mais aussi Orban ou Salvini disqualifient les utopies transnationales. Si être progressiste, c’est aller dans le sens de l’histoire, Macron s’est trompé d’époque.

Prendre en compte le réel

Toute idéologie invoque le progrès. La référence au progressisme, nous le savons depuis Hannah Arendt, est le marqueur infaillible d’un mode de pensée idéologique : l’idéologie part d’une idée simple censée améliorer le monde : suppression de la propriété privée, des Etats, des frontières, etc. Elle se caractérise à la fois par sa simplicité, voire son simplisme, mais aussi par un projet eschatologique : cette idée simple, à laquelle personne n’avait jamais pensé jusque-là, est tenue par les idéologues pour la clef du bonheur du monde

Le contraire de l’idéologie, c’est la prise en compte du réel et, par-là, de la complexité, c’est l’acceptation d’une certaine permanence des réalités humaines (la propriété, les nations, les passions humaines) et donc le refus de projets utopiques se présentant comme une marche irrésistible vers la fin de l’histoire.

La véritable opposition n’est donc pas celle des progressistes contre les populistes, elle est celle des utopistes ou des idéologues contre les gens qui conservent le sens des réalités, une vertu plus répandue dans le peuple que chez la plupart des élites que la facilité de la vie et l’entre-soi coupent facilement du réel. A un moment où la croyance au progrès n’a conduit qu’à des déconvenues, Emmanuel Macron, en se proclamant progressiste, montre qu’il n’est qu’un idéologue complètement déphasé.

Le contraire de l’idéologie, c’est la prise en compte du réel et, par-là, de la complexité, c’est l’acceptation d’une certaine permanence des réalités humaines (la propriété, les nations, les passions humaines) et donc le refus de projets utopiques se présentant comme une marche irrésistible vers la fin de l’histoire. La véritable opposition n’est donc pas celle des progressistes contre les populistes, elle est celle des utopistes ou des idéologues contre les gens qui conservent le sens des réalités, une vertu plus répandue dans le peuple que chez la plupart des élites que la facilité de la vie et l’entre-soi coupent facilement du réel. A un moment où la croyance au progrès n’a conduit qu’à des déconvenues, Emmanuel Macron, en se proclamant progressiste, montre qu’il n’est qu’un idéologue complètement déphasé.
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Emmanuel Macron est né en 1977, ses idées datent de cette année-là puisqu'il les a apprises dans les années 90 à l'ENA, école dont le retard intellectuel et la pauvreté des programmes sont notoires (la satyre des idées et des programmes de l'ENA est même un genre littéraire en soi, qui remplit un bon rayon de bibliothèque. Quand on prend un peu de recul sur les idées reçues, on peine à comprendre pourquoi cette école à l'enseignement simplet et absurde - on y apprenait le plan quinquennal soviétique en 1990 !- bénéficie d'une telle réputation).

Etant cerné par des ingénieurs pas toujours très habiles à saisir la complexité des choses politiques (j'ai entendu récemment que 300 000 immigrés par an, ce n'était pas grave car ça ne représentait que 0,5 % des 60 millions de Français ! Celui-là aurait été parfait dans le rôle de commissaire du plan quinquennal), je sais l'attraction que peut représenter la pensée idéologique à la Macron.

La dérive tyrannique macroniste était inscrite dans cette tournure d'esprit idéologique dès le départ (elle était déjà très présente chez Hollande, avec plus de rondeur. Voir les réactions à la Manif Pour Tous. Et comme Macron, c'est un Hollande « en mieux » ...).

Je n'ai donc aucun mérite à avoir prévu ce qui se passe. Je ne regrette pas d'avoir voté Le Pen au second tour, malgré tout le mal que je pense d'elle et de son parti : si elle avait été élue, elle aurait aussi foutu le bordel, mais un bordel sain, normal, si je puis dire, le bordel du à l'impréparation et à l'incompétence, pas le bordel du à la dérive tyrannique d'un Narcisse-Jupiter pet-au-casque.

Pourtant, maintenant qu'on est dans la merde jusqu'au cou, que nos libertés politiques sont grignotées inexorablement et que ça va encore durer trois ans minimum, que fait-on ?

Christian Combaz pense que Macron est un auto-destructeur et que la question importante est la quantité de dégâts qu'il va faire en France avant sa chute. Perspective peu réjouissante : Hitler, grand auto-destructeur s'il en fut, sait que la guerre ne peut plus être gagnée fin 1941, pourtant, il entraine l'Allemagne dans l'orgie d'horreurs que vous savez pendant trois ans et demi encore.

Pour ma part, je n'exclus pas que Macron soit ré-élu en 2022. Nous aurions alors au total 10 ans de la présidence d'un cinglé. Vous me direz, Staline était complètement givré et il est resté au pouvoir 30 ans. Nous vivons une époque intéressante mais pas très rigolote.






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