samedi, avril 20, 2019

Quand le pouvoir détruit sa légitimité ...

L'ultima ratio du pouvoir est d'assumer, de protéger et de perpétuer l'institution dont il a la charge. S'il manque à cette mission, peu importe le reste, il sape sa légitimité et finira par ne plus être obéi, à juste raison.

La légitimité donne à un pouvoir l'autorité : il est obéi à cause de ce qu'il est, il n'a pas besoin d'user de sa force. S'il perd la légitimité, il perd l'autorité et il ne lui reste plus que la coercition pour se faire obéïr.

Par exemple, un président et un premier ministre qui pérorent sur l'incendie de Notre Dame en évitant le mot « catholiques » (anecdote, entre mille du même genre) ne méritent pas d'être obéis (1), car ils trahissent l'histoire du pays dont ils ont la charge : ils sapent leur légitimité et n'ont plus aucune autorité. Ils n'ont alors que la répression. (Au moins, on sait où on en est).

Et cela ouvre la voie à la guerre de tous contre tous. C'est pourquoi, comme disait Henri IV qui en connaissait un rayon sur le sujet, il n'y a rien de pire.

Mais, rions encore un peu, pendant qu'il est temps.

Au début de 1944, le gouvernement de Vichy, ayant trahi la France en long, en large et en travers, a perdu toute légitimité et ne contrôle plus des pans entiers du territoire national. Ce qui donne lieu, au milieu des drames, à des histoires savoureuses.

La Résistance attaque les mairies pour voler des cartes d'alimentation (le ravitaillement des maquis a toujours été un problème). Sauf que, bien souvent, l'attaque est organisée par le secrétaire de mairie lui-même !


Une brigade de gendarmerie est attaquée par la Résistance pour s'emparer de ses armes. Le commandant de gendarmerie peut écrire  dans son rapport que ses hommes se sont défendus « jusqu'à épuisement de leurs munitions ». Et pour cause : dûment prévenus de l'attaque, les gendarmes ont tiré toutes leurs munitions en l'air. Après quoi, une bonne moitié a rejoint la Résistance comme « prisonniers », cette aimable fiction ayant pour but de protéger leurs familles.




Maintenant qu'on a rigolé, il faut tout de même dire qu'il y eut bien des actes de pur banditisme pendant cet été terrible.

En général, quand de vrais maquisards rencontraient des faux maquisards, la conclusion de l'explication de gravure était expéditive et plombée.

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(1) : s'agissant de l'incendie de Notre Dame, le gouvernement devrait faire profil bas. De même qu'ils n'ont pas compris que la taxe sur l'essence et les 80 km/h mettaient le feu aux poudres, ils ne comprennent pas que leur manière de s'approprier, de tirer à eux en toute impudence, ce drame national risque de rendre les Français encore plus grognons.

Ceux qui parlent dans le poste nous les décrivent comme très intelligents mais ils n'ont décidément aucune jugeote.




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