mardi, août 06, 2019

Le problème de l’extrême-centre

MACRON ROI DES GIROUETTES : QU'EST-CE QUE L'EXTRÊME-CENTRE ?


Commençons par une anecdote : après la Restauration, paraît un amusant dictionnaire des girouettes où sont répertoriées les carrières sinueuses des uns et de autres.

Je suis très gêné par Pierre Serna : un communiste en 2019, c’est un imbécile qui n’a rien compris à l’histoire du XXème siècle. Alors, un historien communiste, c’est une faute professionnelle ambulante. L’entretien commence par une belle connerie « l’Etat profond français d’extrême-droite », qui n’existe que dans les fantasmes de dinosaures gauchistes. Puis, on enchaine sur la scie anti-française de l’origine française du fascisme. Le fait de mettre De Gaulle dans les extrêmes centristes me paraît aussi une erreur (d’ailleurs, De Gaulle ne correspond pas aux critères que Serna donne lui-même). Il confirme qu’il est imbécile pur sucre en parlant de « faire barrage à Le Pen », ce qui est un argument pour neuneu lobotomisé à la naissance.

Pourtant, le problème de l’extrême-centre est très actuel :

1) les études d’opinion montrent que les centristes sont les plus anti-démocratiques, ceux qui adhèrent le plus à des propositions comme « le gouvernement doit être laissé aux experts » ou « l’ordre est préférable à la justice ».

2) le référendum sur le Brexit a provoqué un débat annexe intéressant. La démocratie est-elle possible quand la majorité et l’opposition sont d’accord (contre le Brexit) ? La réponse est négative. Pour que la démocratie fonctionne, il faut que le peuple ait toujours une alternative. Autrement dit, que l’opposition s’oppose. Nous avons la même réponse en France : la démocratie française est morte en 2007, quand la majorité et l’opposition sont tombées d’accord pour contredire le vote du peuple en 2005.

3) Macron est, à l’évidence, un archétype d’extrême-centriste.

Les extrêmes-centristes se caractérisent par :

1) une grande aptitude à retourner leur veste et à être toujours du côté du pouvoir.

2) un discours prétendu raisonnable et apaisé, technique et non partisan (d’où par exemple leur obsession de la dette publique, présentée comme un problème technique).

3) une action répressive très dure.

Il y a deux idées que je partage avec Serna :

1) la légitimité est première par rapport à la légalité (en quoi il est d’accord avec Carl Schmitt !). Le légalisme obtus (c’est-à-dire l’application de lois sans légitimité) est gros de violences extrêmes.

2) je suis très inquiet pour les prochaines années s’agissant de politique.


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