jeudi, mai 21, 2026

La République contre la France (François-Xavier Consoli)

Une introduction sympathique à la pensée contre-révolutionnaire.

Comme il est désormais habituel, l'édition est bâclée (quelques fautes d'orthographe et de syntaxe).

Nos ancêtres contre-révolutionnaires avaient déjà compris l'essentiel : la révolution est une révolte contre le Père, contre Dieu, contre l'ordre naturel, elle est satanique.

Dieu a abandonné la France parce que les Français ont abandonné Dieu.

Aucun des délires de la raie-publique macroniste ne les aurait vraiment surpris.

Rentrons dans les détails.

Des fautes royales

Une dynastie, les Bourbons, qui néglige Dieu (ce point est mien. Les contre-révolutionnaires, tétanisés par la fin tragique de Louis XVI, ne travaillent pas cet aspect très important). Louis XIII est très pieux, Louis XV un peu moins, Louis XIV beaucoup moins et Henri IV pas du tout.

Par contre, la faute de Louis XIV a été analysée en long, en large et en travers : rendre la noblesse oisive, donc vicieuse (tant il est vrai que l'oisiveté est la mère de tous les vices) pour mieux la contrôler.

C'est le péché originel, le moment où la noblesse s'entiche d'idées fumeuses (celles des fumistes de nos prétentieuses Lumières) et rejette le réalisme. Ce mouvement intellectuel vers l'irréalisme est toujours le symptôme d'une décadence gauchiste.

Louis XV : le désastreux traité d'Aix-La-Chapelle, où il cède les avantages péniblement conquis sur le champ de bataille (qui a donné l'expression « se battre pour le roi de Prusse »). Louis XI a dû faire le tourne-broche dans sa tombe.

Et surtout, la guerre de sept ans, où la France, sclérosée, n'a pas su s'adapter. Rien n'allait dans cette guerre, qu'on a souvent qualifiée de première guerre mondiale, où des Français ont brillé mais, mal commandés, furent vaincus. C'est le début de la fin.

On a aussi beaucoup glosé sur une faute de Louis XVI, majeure, fatale même, le rappel des parlements (Maupéou, le maitre d'œuvre de la réforme annulée dit « J'avais gagné à Sa Majesté une querelle de 300 ans. Libre à Elle de la reperdre » et, en privé, « Il est foutu »).

Autre grosse faute de Louis XVI, qui passe plus inaperçue mais qui pèse lourd : l'aide aux Insurgents américains. Elle n'a que des inconvénients pour la France : elle coûte une fortune pour rien, elle nous crée à long terme un rival, voire un ennemi, elle n'affaiblit l'Angleterre que momentanément, et, pire que tout, elle met à la mode à Paris les idées révolutionnaires.

Bureaucratie et financiarisation

Le mouvement de centralisation parisienne est aussi vieux que la dynastie capétienne mais il prend un tour moderne et bureaucratique à partir d'Henri IV.

Ce mouvement va de pair, évidemment, avec un Etat qui dépense plus que ce qu'il récolte en impôts et qui vit d'expédients (refrain connu).

D'où une financiarisation qui non seulement va mener l'Etat à sa perte mais va pervertir les valeurs sociales. Sous l'Ancien Régime, le capitalisme existait, mais il était subordonnée à d'autres critères de réussite sociale que l'argent. La révolution est la grande libératrice du capitalisme, qui devient maitre absolu et l'argent un dieu.

Il n'y a pas à dire, des finances publiques en ordre, c'est quelque chose de précieux. Et de rare.

Femmes, femmes, femmes ...

Les femmes ont toujours eu de l'influence sur la monarchie française, mais elle était privée.

À partir du moment où les femmes ont voulu, par vanité, par gloriole, que cette influence soit reconnue publiquement, la débandade a commencé.

La Pompadour, pour sympathique qu'elle fût, a été une calamité politique. Elle a soutenu tous les connards, les Voltaire, les Diderot, qui ont savonné la planche de la France.

La raie-publique des blablateurs

Karl Marx avait nos révolutionnaires en tête quand il disait que la bourgeoisie était la classe bavarde.

Depuis que les bourgeois ont pris le pouvoir, ça blablate à l'infini. Depuis la tribune des états généraux jusqu'à France Inter, rien n'a changé, ça n'a jamais cessé, c'est la logorrhée permanente, la chiasse en paroles. Très pénible, surtout lorsqu'on songe, par contraste, à la parole rare de nos rois (qui prouvent que gouverner, ce n'est pas discourir).

Cela avait commencé avant la révolution, déjà les parlementaires déblatéraient à n'en plus finir. Voltaire est l'archétype de cette incontinence verbale.

Le règne du blabla va de pair avec une férocité totalitaire inédite dans l'histoire, puisque la réalité est tenue à distance par les discours amphigouriques.

Il y a là un basculement anthropologique dans la manière d'exercer le pouvoir.

Les représentants, beaucoup de bavasseurs professionnels, avocats, journalistes, ecclésiastiques désœuvrés et compagnie, sont très peu représentatifs, quels que soient les critères qu’on prenne, la sociologie ou les opinions, d’une France à 90 % paysanne.

Consoli fait une remarque intéressante : il trouve beaucoup de jeunes dans les contre-révolutionnaires (le pays était jeune, malgré le début de transition démographique).

Joseph de Maistre et Edmund Burke ont des mots cruels pour ces gens qui croient que le gouvernement d’une nation de 2000 ans est réductible à des idées et à des discours. Cette incompréhension de la nature du pouvoir est une dégradation anthropologique qui dure encore.

Il faut lire Rivarol : ayant vécu la révolution, il ne la romanticise pas du tout. C'est l'anti-Michelet. Pour lui, point de lyrisme, les héros de la révolution sont un ramassis de crétins, de tordus, d'asociaux tout à fait ordinaires qui, la plupart du temps, ne comprennent même pas ce qu'ils font.

La révolte contre le Père

Foin de mensonges du genre « La loi de 1905 est une loi de concorde » : la raie-publique est une machine de guerre totalitaire, exterminatrice, plus ou moins violente suivant les périodes, contre le catholicisme et seulement cela.

Notre révolution, c'est la révolte de l'adolescent vicieux contre le Père.

Renvoyer la religion, c'est-à-dire la conscience et la morale, à la sphère privée est une violence sans équivalent. La destruction de l'Eglise de France est (on peut parler au présent) systématique et obstinée.

Consoli insiste sur les conséquences de la suppression d'un des deux piliers de la vie publique : l'Etat et l'Eglise. Quand ne reste que l'Etat, on est déjà dans une logique totalitaire d'abolition de la vie privée.

Il est aisé de remarquer que la population française s'effondre relativement à ses voisins à mesure de l'irreligion. En cause, pas seulement la dénatalité, les guerres raie-publicaines aussi. Elles ont fait plus de morts que la première guerre mondiale.

Il n'y a pas moyen de décrire les choses autrement : la révolution est une catastrophe pour la France.

Le plus intrigant, et qu'ont remarqué tous les observateurs, c'est qu'une fois lancée, la révolution est une machine infernale que plus personne ne parvient à arrêter. Le nihilisme déchainé fait sauter tous les obstacles qu'on lui oppose. C'est le Diable qui brûle ses vaisseaux.

Du passé, faisons table rase.

Evidemment, détruire le Père signifie détruire la famille, la généalogie, la lignée, l'histoire, l'héritage, la tradition, tout ce qui empêche l'homme d'être seul et vulnérable face à un Etat tout-puissant.

Concluons avec Donoso Cortès :

« Le désordre causé par la prévarication de l'homme fut semblable au désordre causé par la récolte de l'ange, car il est impossible d'être rebelles et prévaricateurs de deux manières essentiellement différentes. L'homme, ayant cessé de graviter vers Dieu par son intelligence, par sa volonté, par ses œuvres, se constitua son propre centre, afin d'être lui-même sa fin dernière.

Le monde n'a jamais vu, il ne verra jamais, l'homme qui est sorti de l'ordre par la porte du péché y rentrer par une autre porte que celle de la peine ; la peine cette messagère de Dieu, envoyée à tous les hommes et qui arrive à tous avec ses messages. »



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