dimanche, mai 24, 2015

Jeannette Bougrab : «La France est toujours aussi aveugle face au péril islamiste»

Si je ne suis pas d'accord avec toutes ses déclarations, je ne peux que souscrire à cet entretien de Jeannette (remarquez qu'elle porte un prénom français, elle ne s'appelle pas Najat) Bougrab :

Jeannette Bougrab : «La France est toujours aussi aveugle face au péril islamiste»


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[…]

Il y aurait déjà dû y avoir un avant et un après Merah, un avant et un après Nemmouche. Nous n'avons pas fait notre révolution copernicienne. Les prémisses sont là. J'ai tenté d'alerter à travers des écrits et des conférences sur la gravité du phénomène de radicalisation de jeunes musulmans, pour certains récemment convertis. Mais on a parfois la terrible impression que les gens s'habituent aux violations des droits les plus fondamentaux. Il est intéressant de faire le parallèle avec la décennie noire en Algérie. Dans Gouverner au nom d'Allah, l'écrivain algérien Boualem Sansal rappelle qu'au début, personne ne prenait vraiment au sérieux le phénomène d'islamisation qui était vu comme une sorte de folklore sympathique. Lorsque les Algériens se sont réveillés, c'était le cauchemar. Le conflit a fait 300 000 morts (ndlr: les historiens avancent des chiffres compris entre 60 000 et 150 000 morts). Lorsque nous allons enfin nous réveiller, il sera trop tard.

[…]

Ce n'est pas parce que 4 millions de personnes ont défilé dans les rues que les choses ont changé. Je ne comprends pas comment le 11 janvier la France a pu bomber le torse et prétendre s'être relevée ? Lorsque 12 personnes meurent simplement à cause de leurs dessins et quatre autres parce qu'elles faisaient leurs courses dans une supérette cacher, c'est la preuve d'un terrible échec, le symbole absolu de notre déclin. Sommes-nous aveugles au point de ne pas avoir pris la mesure de la monstruosité des actes ? Sommes-nous stupides d'avoir pensé qu'ils ne pourraient pas se reproduire ? Nous n'avons toujours pas mesuré la gravité des évènements, le fait que nous sommes entrés en guerre. La violence ne cesse de progresser et j'entends que certains trouvent encore des excuses aux islamistes ! Le titre d'un article sur le site de RFI n'était-il pas: «l'enfance malheureuse des frères Kouachi»?

[…]

Le Comte de Bouderbala, d'origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu'à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d'ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d'antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d'immigrés aspire à l'excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. On peut le voir aujourd'hui à travers la réforme du collège. Il y a également une part de responsabilité des parents. Les miens ne savaient ni lire ni écrire, mais m'ont inculqué l'amour de l'école. Ils me rappelaient, ainsi qu'à mes frères et sœurs, que nous avions la chance d'être nés en France et que nous avions la responsabilité de nous en sortir.

[…]

La gauche morale se fout du sort des Yézidis, de celui de jeunes filles pakistanaises. Elle préfère les intellectuels qui ont défendu Mao et les Khmers rouges tout en devisant sur la résistance au Flore... Dans ces conditions, je me sens libre de quitter le pays un temps pour me ressourcer un peu avec ma fille. Mais je continuerai à me battre de là où je serai.

[…]

Le monde culturel et intellectuel a également une lourde part de responsabilité. L'alliance rouge-verte symbolisé par le livre d'Edwy Plenel, Pour les musulmans, me gêne beaucoup. Heureusement, il y a quelques résistants comme par exemple Michel Onfray. Mais il se fait injurier lui aussi.
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Jeannette Bougrab par le de la gauche, mais la droite est pire : a-t-on entendu les Fillon, Juppé, Sarkozy analyser correctement les événements ? Que nenni, bien au contraire.

Le peuple français est seul.

CHARLIE HEBDO: LE COMMISSARIAT DES KOUACHI FERMÉ

CHARLIE HEBDO: LE COMMISSARIAT DES KOUACHI FERMÉ

Ce court article est intéressant et suscitera des réflexions chez ceux qui n'ont pas encore ouvert les yeux sur les véritables priorités des pouvoirs publics, à savoir la surveillance des honnêtes gens pour les empêcher de se rebeller contre le système (comme nous le rappellent tous les jours les radars au bord des routes).

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[…]

Alors que la police a obtenu des moyens supplémentaires et que Bernard Cazeneuve lutte pour fouiller la boîte mail de tous les Français, le ministère de l’Intérieur a donc décidé de supprimer un élément de proximité dans la lutte contre le terrorisme.

[…]

La fermeture de ce commissariat de quartier sensible sans aucune explication ni communication manifeste une fois de plus le mépris de la police nationale pour sa fonction de service au citoyen. Les policiers français sont beaucoup plus préoccupés par la surveillance des citoyens honnêtes que par la prévention au jour le jour du terrorisme.
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samedi, mai 23, 2015

Ca sent si bon la France !

Plus aucun chanteur n'oserait une chanson pareille : vous vous rendrez compte dire du bien de la France, sans second degré ni dérision, juste un peu d'ironie ça et là : quelle nauséabondance !




La pomme à Maurice



 J'suis p't'êtr' pas connu dans la noblesse
Ni chez les snobards.
Quand on veut m'trouver faut qu'on s'adresse
Dans tous les p'tits bars...
On lit mon nom sur tout's les glaces
Et sur les ardois's des bistrots,
L'tabac du coin c'est mon palace
Où le soir je r'trouv' les poteaux.

Refrain :

Ma pomme,
C'est moi...
J'suis plus heureux qu'un roi
Je n'me fais jamais d'mousse.
Sans s'cousse,
Je m'pousse.
Les hommes
Je l'crois, S'font du souci, pourquoi ?
Car pour être heureux comme,
Ma pomme,
Ma pomme,
Il suffit d'être en somme
Aussi peinard que moi.

J'suis un typ' vraiment des plus natures
J'ignor' le chiqué.
Arien fair' la vie est assez dure
Sans la compliquer.

Je n'comprends pas qu'on se démanche
Quand on a tant besoin d'repos...
Y en a qui turbin'nt le dimanche,
Alors là j'leur tir' mon chapeau.

Les femm's y m'en faut comme à tout l'monde
Mais j'm'embarass' pas.
Quand j'désire un' brune ou une blonde,
Je choisis dans l'tas.
Comm' j'ai pas d'pèz' je m'sens à l'aise
Pour leur promettr' tout c'qui leur plaît...
Mais quand j'en pinc' je suis bon prince,
En partant, j'leur laiss'... mon portrait.

vendredi, mai 22, 2015

La bataille de Rocquencourt

Le 18 juin 1815, Napoléon est battu à Waterloo, en Belgique.

Le 1er juillet, un régiment de hussards prussiens, contournant Paris, entre dans Versailles puis essaie de se diriger vers les faubourgs parisiens.

On se bat à Vélizy et à Villacoublay.

Davout, probablement le meilleur maréchal de Napoléon (qui a abdiqué depuis neuf jours), ordonne l'attaque à Vandamme et Exelmans. Les Prussiens sont écrasés. C'est la dernière victoire des guerres napoléoniennes.




jeudi, mai 21, 2015

François nous fait un bras d'Hollande

Vote à main levée, 49-3, décret publié dans la nuit : Hollande, faux gentil et vrai brutal

Pascal Bruckner : « Une forme de bras d'honneur à la nation française »

Tout se déroule, hélas, conformément à mes prévisions.

L'homme est un animal religieux

L'homme est un animal religieux

J'aime beaucoup Alain Besançon, c'est d'ailleurs chez lui que j'ai piqué l'expression « mitres molles » pour désigner un certain type d'évêques.

Je rappelle que Besançon met dans les trois tentations de l'Eglise l'islamisme.


Palmyre et martyrs

Les medias occidentaux et leurs relais au pouvoir se focalisent sur les vestiges antiques dégradés par les islamistes.

Il est difficile de ne pas y voir une fuite et une indifférence devant le martyre des chrétiens d’Orient, entre autres victimes des islamistes.

Ceux-ci savent parfaitement en jouer : ils concentrent l’attention sur Palmyre, d’importance stratégique mineure, alors que la bataille pour Ramadi, bien plus cruciale, est passée sous silence.

Prise de Palmyre par l'État islamique : pourquoi une telle inaction de la coalition ?


mercredi, mai 20, 2015

Pornographie et décivilisation

Attouchements au lycée Montaigne ou la «décivilisation» de la société

Il s’agit bien d’un problème de civilisation.

Certains sont tentés par le relativisme. Toute société « ferait civilisation ». Tout se vaut. C’est valable dans le temps comme dans l’espace. Dans l’espace : la civilisation du voisin vaut la mienne (problème réglé par Lévi-Strauss : toute culture doit s’estimer supérieure pour survivre. «La civilisation du voisin vaut la mienne» est suicidaire).

Dans le temps : la civilisation d’aujourd’hui vaut celle d’hier qui vaudra celle de demain. Cette idée invalide toute notion de décadence mais, aussi, de progrès.

Pourtant, selon le mot de Leo Strauss, si tout se vaut, l’anthropophagie n’est qu’une question de goût.

Alors ? Tout ne se vaut pas. En tant qu’occidentaux, nous pouvons porter un jugement occidental sur les autres civilisations. La réciproque est aussi vraie : que des musulmans jugent la civilisation occidentale décadente ne me choque pas. Mais, étant occidentaux, seul compte pour nous notre point de vue d’occidentaux, même si rien ne nous empêche d’écouter les autres civilisations.

Et nous ? Pouvons nous nous juger nous-mêmes par rapport à notre passé ?

Pendant un peu plus de mille ans, disons de Constantin à la Réforme, nous avons vécu dans une civilisation chrétienne et même catholique. Cette civilisation, bien que touchée, s’est prolongée jusque dans les années 1950. C’est ma référence.

Par comparaison, nous vivons une décadence (euthanasie des vieux, GPA, pornographie, nationalisation des cadavres, art contemporain, etc.).

La décadence romaine fut perceptible dans des indicateurs matériels : entretien des infrastructures et des bâtiments publics, distance des échanges, superficie des exploitations agricoles, qualité du bâti, alphabétisation, etc. Cela n’est pas encore très voyant chez nous, mais vient petit à petit. L’effondrement du niveau scolaire est un de ces signes de décadence.

Peine de mort et souveraineté

Tsarnaev condamné à mort : l'Amérique, l'Europe et la vengeance

Une contribution très intéressante (pas étonnant puisqu’elle part d’une idée de Pierre Manent).

mardi, mai 19, 2015

Ruine de l'école : Pompidou l'avait prédit !

Ruine de l'école : Pompidou l'avait prédit !

Cette énième querelle scolaire ne m'intéresse pas : c'est la continuation de la politique suivie depuis quarante ans par la gauche et par la droite et il n'y a aucune raison que cela change. A la fin, ce sont toujours les destructeurs qui gagnent.

Pour remonter cette pente infernale, il faudrait que les ténors politiques fussent capables de formuler leur opposition par autre chose que des «petites phrases» et des slogans faciles et concentrés sur l'accessoire.

Or, les Juppé, Bayrou, Sarkozy partagent les idées progressistes, utilitaristes et niveleuses des nihilistes de gouvernement, ils divergent juste sur les modalités et le rythme du naufrage. C'est la raison - avec la lâcheté face aux apparatchiks de la rue de Grenelle- pour laquelle il y a si parfaite continuité entre la politique éducative de la gauche et de la droite.

A vrai dire, il faudrait une révolution copernicienne dont je ne détecte pas la moindre trace dans le personnel politique.

Dans ces conditions, je ne vois pas pourquoi je m'intéresserais à un débat dont le résultat est connu d'avance.

En revanche, j'ai de l'estime pour Georges Pompidou, c'est pourquoi je vous fais part de ce texte.




lundi, mai 18, 2015

Un hommage à Simon Leys où il est question des «chrétiens maoïstes»

Vous savez que qu'une des lignes actuelles de ma réflexion tient aux «vertus chrétiennes devenues folles» dont nous devons l'analyse à Chesterton.

Ne voilà-t-il pas que, dans un texte d'hommage à Simon Leys (je ne vous dirais jamais assez tout le bien que j'en pense), je tombe sur un concept intéressant : les «chrétiens maoïstes». Je ne suis pas surpris d'y trouver Jean-Luc Domenach, père de Nicolas Domenach, que connaissent les amis d'Eric Zemmour.

Pluie d’hommages à Simon Leys : La vérité contre les «sinologues»

Au fait, comment un chrétien peut-il se protéger de voir ses vertus devenir folles ? Simple : la bonne théologie est une excellente protection.



Islam : rififi au pays du Bien

Cette dame est gentille mais elle découvre que l’islam, c’est le communisme plus Dieu et que les socialos se sont toujours couchés devant les cocos et qu’il y en a toujours eu pour en être les idiots utiles.

Quand la gauche renoue avec le réel Les blasphèmes d’Alexandra Laignel-Lavastine

C’est beau, les gauchistes en action

Le gauchiste est généreux avec l’argent des autres. En revanche, avec le sien …

Charlie Hebdo: Le Juteux Commerce Du Blasphème




Petites nationalités, grandes nationalités

GH Soutou explique qu’une des questions qui a modelé l’élaboration du traité de Versailles dans le camp français est l’attitude irrésolue face aux questions des grandes nationalités et des petites nationalités.

Grande nationalité : yougoslave. Petite nationalité : serbe. Ou si vous préférez : grande nationalité : français, petite nationalité : corse ; grande nationalité : britannique, petite nationalité : écossais etc. Doit-on préférer les petites nations homogènes mais de peu de poids ou les grandes nations à problèmes irrédentistes ?

La question est toujours d’actualité.

Autant l’universalisme politique est totalement con et suicidaire (Hugo voulait que la France se fonde dans l’Humanité ! Il en aura racontées, des conneries, celui-là …), autant le nationalisme peut sombrer dans un séparatisme vétilleux ridicule. Corse du nord ou Corse du sud ?

Le bon choix n’est pas facile à faire : assimilation plus ou moins forcée, autonomie, indépendance.

Entrent en compte l’ethnie, la culture, l’histoire, la géographie et la politique. C’est à décider au cas par cas suivant les intérêts en jeu, c’est de la politique au sens noble.

Tout juste puis-je faire remarquer (raisonnement que mes fidèles lecteurs connaissent bien) que les technologies qui rendent l’information quasi-gratuite favorisent les petites entités homogènes capables de les exploiter avec agilité (Suisse, Singapour, Nouvelle-Zélande, .. .) plutôt que les grands empires bureaucratiques datant de l’ère de l’information rare. De plus, les petits pays sont plus aisément démocratiques : vus d’en haut, les citoyens sont encore des hommes et non des statistiques. Un grand pays n’est pas un petit pays en plus grand.

Petit, c’est mieux. Sauf, peut-être, quand il s’agit de la guerre, mais le destin de la Suisse interpelle.

Je suis curieux de voir comment vont s’en sortir les empires au XXIème siècle.

L’Union Européenne est une idée du XIXème siècle portée sur les fonts baptismaux par des hommes nés au XIXème siècle.

Les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie ?

Broadway therapy

Le sujet : une call-girl passe une audition dans un théâtre pour un metteur en scène (dont l'actrice principale est l'épouse et l'acteur principal l'ex-amant de celle-ci) qui s'avère être un  de ses clients.

Bogdanovich se réclame de Lubitsch, il prétend que celui qui connaît par cœur les dialogues de Lubitsch ne passe jamais une nuit seul. Il ajoute que l’humour hollywoodien contemporain tourne toujours autour des fluides corporels et qu’il voulait changer.

D’excellents moments, de bons acteurs, mais l’ensemble a du mal à prendre. On notera que Broadway Therapy est le titre français, bonjour la francophonie !



BROADWAY THERAPY : Bande annonce VOST [2015] par Filmsactu

Valls mène-t-il une politique libérale ?

Un article très clair qui démêle des notions que ceux qui essaient de nous enfumer et de nous rackettés emmêlent à loisir :

Valls mène-t-il une politique libérale ?

dimanche, mai 17, 2015

Marchons, marchons ... comme des cons

J'ai assez dit, à propos des marches à Charlie, ce que je pensais de ces marches à la con.

Christian Vanneste est sur le même chemin :

La grande marche sur la tête

C'est moi qui souligne :

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La France est une République, comme on ne l’a jamais autant proclamé qu’aujourd’hui. C’est une grande démocratie, dit-on aussi. L’inflation des mots, comme celle d’une monnaie, en ruine la valeur. La démocratie est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Dans un pays où l’oligarchie politique craint les référendums, où le microcosme et ses coteries imposent leurs préférences, et parviennent même à les faire admettre à un grand nombre par conformisme à l’opinion dominante… dans le médias, elle n’est plus qu’un décor devant lesquels jouent les « pros » du pouvoir. Quant à la République, ce devrait être la communauté des citoyens, attachée à ses valeurs et à ses institutions. C’est devenu une vieille idole qu’on encense par habitude, une mécanique de normes innombrables, complexes et contradictoires, qui loin de viser le Bien Commun, n’est plus qu’une mosaïque déformée par le temps, le piétinement des uns et des autres.

La seule marche qui devrait retenir notre attention est la grande marche sur la tête d’un pouvoir qui ne peut rien, de valeurs fondamentales qui ne valent plus un clou, d’un Etat qui ne protège plus, et d’une Nation qu’on pousse sans cesse à se renier. Deux fait récents illustrent ce constat accablant. A Rennes, les forces de l’ordre protègent une maison occupée par des squatteurs. Cette maison appartient a une dame de 83 ans, Maryvonne Thamin, qui veut logiquement l’habiter après le décès de la personne chez qui elle logeait. Mais le droit opposable au logement, type même de l’idée que la gauche impose à la mauvaise conscience de la droite, même quand celle-ci est majoritaire, exige que la propriétaire demande l’expulsion des occupants illégaux dans les 48 heures de l’occupation. Sans cela, c’est le vol qui devient légal.

[…]

A Roubaix, c’est complémentaire. Une famille, celle de Philippe Godefroy, a dû quitter le logement qu’elle louait de façon légale, en raison du harcèlement que lui faisaient subir les voyous du quartier. La police n’est pas parvenue à assurer sa protection, ni celle de ses biens. La Mairie va les héberger à l’hôtel aux frais du contribuable. Le gendarme est mort, mais la nounou a pris sa place. Dans les deux cas, l’Etat, défini par Weber comme le détenteur du monopole de la violence légitime, laisse la violence illégale occuper le terrain.
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vendredi, mai 15, 2015

En France, on a vraiment des problèmes très très importants

Certains légumes en boîte ou surgelés Bonduelle et Cassegrain contiennent un arôme à base de viande, ce qui n'était, jusqu'à récemment, pas mentionné sur l'étiquette. Les végétariens s'insurgent.

Source : De la viande dans des légumes Bonduelle

Les pigeons de Charlie et la dictature qui s'insinue

« La Marche des lemmings / La deuxième mort de Charlie Hebdo » de Serge Federbusch

Vous lirez l'article, mais voici la conclusion :

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Q. Vous semblez dire dans votre livre qu’au fond les frères Kouachi ont gagné, que le pouvoir recule face au fondamentalisme ?

R. Depuis le 11 janvier, il y a eu au moins dix cas d’événements annulés, d’expositions amputées, de festivals écourtés par peur d’attentats. Quand, il y a cinq jours, Luz vous explique qu’il n’a plus envie de caricaturer Mahomet, vous sentez comme un parfum de dhimmicratie dans l’air…

[…]

Q. Et l’avenir ?

R. Franchement, il est sombre. Le Système politique et médiatique fera tout pour éviter d’affronter le problème du fondamentalisme musulman en face [d'où ma thèse qu'il faudra d'abord en passer par l'anarchie et la guerre civile qui fera éclater le système qui empêche les Français de se défendre]. Avez-vous remarqué que les voiles prolifèrent dans les rues depuis janvier ? Salafistes, wahhabistes et autres ultra-conservateurs semblent prendre le contrôle de la communauté. Les musulmans français cherchent de plus en plus à affirmer leur identité par une pratique religieuse régressive. C’est un retour catastrophique en arrière.

Dans ma jeunesse, j’ai eu plusieurs amies et quelques petites amies musulmanes qui adoraient le whisky, le rouge à lèvres et le slow langoureux. Sont-ce leurs filles qui portent le voile aujourd’hui ? J’ai peine à le croire et à comprendre comment nous sommes arrivés à ce désastre [moi, je le crois et je sais comment nous en arrivés là : en oubliant l'esprit. Mais, évidemment, ce n'est pas enseigné à l'ENA].
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The Abolition of Liberty in the Name of Security


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I often ask readers to answer this question.: How do you think a totalitarian regime could or would be installed in a free society such as ours? Is it more likely that it will arrive in some thunderclap, as black uniformed fanatics seize the state, or that it will grow in our midst by small and popular increments, introduced on the pretext of saving us from a supposed ‘terrorist’ threat?
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Et pour une fois, je vais traduire :

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Je demande souvent à mes lecteurs de répondre à cette question : comment pensez vous qu'un régime totalitaire pourrait advenir dans une société libre comme la nôtre ? Est-il plus probable qu'il advienne comme un coup de tonnerre avec des fanatiques en uniforme noir s'emparant de l'Etat ou qu'il grossisse en notre sein par des petites touches populaires, sous le prétexte de nous sauver d'une menace 'terroriste" supposée ?
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Et tout cela au nom des « valeurs anglaises », qui doivent ressembler de très près à nos chères « valeurs républicaines » et être aussi claires.

Mais c'est moins ridicule que d'hypothétiques « valeurs monarchiques » (de même que, tant qu'à rester dans les idées flous et les mots creux,  je préfèrerais « valeurs françaises  » à « valeurs républicaines»).

De toute façon, ne nous leurrons pas : toutes ces pseudo-valeurs sont d'authentiques ferments de décomposition.


Et puisque c'est mon jour de traduction : FASCISME, vous pensez vraiment que cela sera si évident ?

Pourquoi réagissons nous si peu ?

1) A cause du gradualisme, c'est le syndrome de la grenouille dans le mixer. Vous aussi vous pouvez jouer :

Joe Cartoon : frog in a blender

Non, il n'y a aucune ambiguité : la grenouille, c'est vous, c'est moi.

2) Le confort phénoménale des cinquante dernières années nous a limé les griffes.







jeudi, mai 14, 2015

Jean-Marie Le Pen condamne les homosexuels « qui chassent en meute »

Jean-Marie Le Pen condamne les homosexuels « qui chassent en meute »

C'est dégueulasse,  homophobe et patati et patata ?

Pourtant lisez cet article à propos du livre de Raphaëlle Bacqué, que personne ne peut soupçonner d'être « nauséabonde », sur Richard Descoings :

Balzac, Proust .. et Richard Descoings

C'est moi qui souligne :

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[Richard Descoings] n'est ni Bonaparte, ni Rimbaud, ni Mitterrand. Aucune œuvre en gestation. Pas de génie particulier. Il lui reste cependant une arme absolue : l'intrigue. Celle que Balzac expose en ces termes: «L'intrigue soulève moins de passions contraires que le talent, ses menées sourdes n'éveillent l'attention de personne (…). L'intrigue est d'ailleurs supérieure au talent : de rien, elle fait quelque chose ; tandis que la plupart du temps les immenses ressources du talent ne servent qu'à faire le malheur de l'homme.» L'univers de sa conquête est celui du Paris gay des années 1980. Une frénésie libertaire frappée de plein fouet par l'apparition d'une maladie épouvantable. Il découvre qu'il peut mettre en partage son secret d'adolescent. Un monde alors s'ouvre à lui.

Puissant, raffiné, discret, glauque et coruscant. On songe à Proust: «Une franc-maçonnerie bien plus étendue, plus efficace et moins soupçonnée que celles des loges, peut-on lire dans Sodome et Gomorrhe, car elle repose sur une identité de goûts, de besoins, d'habitudes, de dangers, d'apprentissages, de savoir, de trafic, de glossaire, et dans laquelle les membres mêmes qui souhaitent ne pas se connaître aussitôt se reconnaissent à des signes naturels ou de convention, involontaires ou voulus, qui signalent un de ses semblables au mendiant dans le grand seigneur à qui il ferme la portière de la voiture, au père dans le fiancé de sa fille, à celui qui avait voulu se guérir, se confesser, qui avait à se défendre, dans le médecin, dans le prêtre, dans l'avocat qu'il est allé trouver ; tous obligés à protéger leur secret, mais ayant une part d'un secret des autres que l'humanité ne soupçonne pas et qui fait qu'à eux les romans d'aventure les plus invraisemblables semblent vrais, car dans cette vie romanesque, l'ambassadeur est ami du forçat…» Les pantalons de cuirs ont remplacéles redingotes, les psychotropes, l'opium ; les lignes de cocaïne se mêlent désormais au champagne, Descoings danse comme Freddy Mercury, se consume comme Kurt Cobain. Chaque matin, pourtant, de cabinets ministériels en cours à Sciences Po, l'horizon de sa carrière s'éclaircit un peu plus. «C'est avant quarante ans qu'il faut un poste d'influence», répète ses amis. Il ne les a pas encore quand il devient le patron de l'école de la rue Saint-Guillaume. Roi d'une petite principauté, il pense y être visionnaire en ne faisant qu'adapter l'école aux canons des grandes business schools. L'argent coule à flots, les jeunes gens bichent, les ministres le craignent. Les élèves l'adulent, l'appellent «Richie». La discrimination positive ouvre les portes du VIe à la banlieue, les gender studies sont au programme: c'est l'Amérique! Tout est là et pourtant tout est vide. La chair est triste, hélas, et l'on ne lit plus de livres. Les corsets de Balzac et de Proust ont été jetés aux orties. Sur la palette de couleurs, il ne reste que le gris des costumes et le blanc de la poudre. Rastignac n'a plus d'allure, Rubempré perd ses cheveux et Charlus drague sur Facebook. Balzac et Proust, c'était mieux avant.
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Que les anormaux se tiennent les coudes et qu'ils se cooptent en fonction de leur commune anormalité, quelque soit cette anormalité, ça ne vole pas haut mais il n'y a rien là que de très humain. Après tout, les énarques et les polytechniciens font de même, ce qui est sans doute une manière de nous signifier à quel point ils se sentent anormaux.

En revanche, que la majorité ait à ce point perdu le sens des convenances qu'elle laisse son destin modelé par cette concurrence des minorités, là est la vraie catastrophe.

Et les minorités, en n'étant plus condamnées mais adulées, deviennent d'un ennui mortel.

On va finir par croire que la vraie minorité persécutée, qui n'est pourtant pas encore minoritaire, celle qui se reconnaît à des signes secrets et n'ose s'afficher au grand jour, est celle des Français de France, travailleurs, hétérosexuels et catholiques, raisonnablement patriotes, conservateurs et libéraux.


1914-1920 La grande illusion, quand la France perdait la paix (GH Soutou)

Livre passionnant, qui commence par une introduction fracassante qu'on peut résumer ainsi : la guerre vue d'en bas, qui est tellement à la mode, c'est bien gentil, mais c'est étroit, mesquin et, finalement, sans grand intérêt.

Les états d'âme du poilu Tartempion tels que rendus par ses carnets, la monographie sur la tranchée 22 du secteur 425 ou l'étude sociologique sur la petite cuillère comme arme de tranchée, ça va cinq minutes. C'est voyeur et, par définition, ça ne vole pas haut.

Pour comprendre la guerre, rien ne vaut d'aller voir là où tout se décide, dans les ministères et dans les chancelleries. Soutou assume crânement son parti-pris d'historien à l'ancienne.

Suivons-le.

Premier point, qui ne surprendra que les imbéciles, la France avait des buts de guerre. Il y a même eu une commission d'une trentaine de sommités politiques, universitaires et militaires qui fut chargée d'y réfléchir. Enfouis dans la poussière du Quai d'Orsay, ses rapports sont très intéressants et, sur certains sujets comme l'Ukraine ou les rapports des peuples slaves et de la Russie, étonnants d'actualité.

Deuxième point, ces buts de guerre ont varié avec le déroulement des événements. C'est bête à écrire : à cause de notre savoir rétrospectif, nous oublions trop souvent que l'issue d'une guerre est toujours incertaine et que, pendant celle-ci, tout est subordonnée à l'atteinte de la victoire. En fonction des velléités de détacher l'Autriche de l'Allemagne ou de la peur que la Russie ne conclut une paix séparée, les positions françaises sur les découpages territoriaux à l'est ont fluctué. On a du mal à se projeter à un siècle quand on n'est pas sûr que demain ne sera pas le jour de la défaite.

Troisième point, conséquence direct du point précédent, les buts de guerre ne furent jamais fixés de manière définitive jusqu'à ce qu'ils soient gravés dans le marbre par les traités de «banlieue parisienne» (Versailles, Trianon, Sèvres, Saint Germain en Laye).

Une occasion pour une paix négociée s'ouvre fin 1916-début 1917. Les contacts furent beaucoup plus sérieux qu'on ne l'a dit par la suite (évidemment : comme cela s'est mal terminé, personne n'avait intérêt à se vanter de ces contacts). Mais l'effondrement russe restaure l'Allemagne dans l'espoir d'une victoire rapide et referme la fenêtre d'opportunité. Par cette occasion manquée, les Européens ouvrent la voie à l'hégémonie américaine.

Soutou analyse sous l'angle politico-militaire la désastreuse offensive Nivelle du printemps 17. Soutou ne cite pas Churchill mais il aurait pu : «Au sommet, politique et stratégie militaire sont une seule et même chose» (1).

Il voit trois tendances politiques dans les décideurs français : les défaitistes, les jusqu'au-boutistes et les modérés.

Les premiers veulent une paix blanche au plus vite avant que les Allemands ne gagnent la guerre. Ils sont très minoritaires.

Les seconds veulent un règlement de paix punitif pour l'Allemagne. Il faut éviter que les Américains ne s'en mêlent trop, donc il faut  donc une victoire rapide avant l'intervention américaine et, surtout, il faut devancer l'offensive allemande de printemps. Ils poussent à l'offensive Nivelle, à l'assaut frontal.

Enfin, les derniers veulent prendre des gages à l'Allemagne et obtenir des garanties mais dans une mesure acceptable pour les Américains. Ils se rallient à la stratégie prudente de Pétain : « J'attends les chars et les Américains ». Ils étaient également partisans de la stratégie périphérique.

Un pseudo-cabinet de guerre (Poincaré, jusqu'au-boutiste, est absent) prend le 3 avril 1917, le jour de l'entrée en guerre des Etats-Unis, une décision modérée et Nivelle accepte des objectifs très limités. Mais l'état-major, jusqu'au-boutiste lui aussi, parvient, avec l'aide de Poincaré, à renverser cette décision (2). Et c'est l'offensive Nivelle que nous connaissons.

Contrairement à ce qui s'est passé en 1914, quand l'état-major français n'avait pas du tout anticipé l'emploi des réservistes allemands dès le premier jour de la guerre, et malgré la surprise de l'effondrement de l'automne 1918, les Alliés ont une assez bonne évaluation de leurs ennemis en 1917.

Cependant, la rapidité de l'écroulement allemand surprend tout le monde. Les militaires se débrouillent remarquablement bien pour faire porter aux civils la responsabilité de l'armistice et du traité de Versailles, donnant naissance au mythe du coup de poignard dans le dos, qui aura le succès que l'on sait. En réalité, les militaires allemands géraient le pays depuis 1916 et portent pleinement la responsabilité de la défaite, mais la politique se nourrit parfois plus de mythes que de faits.

Les Allemands ne s'adressent qu'aux Américains et parviennent à diviser les Alliés. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France arrivent à la table des négociations en n'étant d'accord deux à deux ni sur l'Allemagne ni sur la Russie. Peut-être est-ce de la vanité de ma part, mais il me semble que la position de la France, la plus méfiante, était la plus exacte.

On sombre dans les compromis bancals. De plus, en juin 1919, au moment de la négociation finale, les Alliés avaient commencé à démobiliser alors que l'armée allemande, réorganisée, était plus forte qu'en novembre 1918, ce qui empêchait les Français de montrer les dents.

Tout ceci fera dire à Jacques Bainville que le traité de Versailles est trop mou pour ce qu'il a de dur et trop dur pour qu'il a de mou. Pour Bainville, il fallait choisir : ou se réconcilier avec l'Allemagne, ou la démembrer. On a pris une voie intermédiaire qui cumule les inconvénients : une Allemagne hostile qui reste malgré tout puissante.

Remarquons que le démembrement de l'Allemagne est la voie qui fut suivie, par la force des choses entre 1945 et 1989, et que l'Europe de l'ouest ne s'en est pas plus mal portée. J'aime tellement l'Allemagne que je préfère quand il y en a deux.

En conclusion, lecture très intéressante, d'autant plus que certaines questions du début du siècle dernier redeviennent frappantes d'actualité.

On a beaucoup dit, dans les années1990-2000, que la guerre froide avait gelé en Europe les problèmes de nationalités, de minorités et de frontières et qu'ils revenaient du fond des glaces tels Hibernatus. On l'a dit, mais je ne suis pas sûr qu'on en ait pris toute la mesure.

La chute du mur de Berlin et la réunification allemande rendent obsolète et anachronique l'idée même d'Union Européenne. J'ai cru un temps, comme beaucoup, qu'il s'agissait juste d'un problème de modalités et de fonctionnement, mais non. La puissance allemande au centre de l'Europe rend impossible une union équilibrée de nations souveraines, l'idée d'union européenne est devenue invivable. On peut juste avoir une union de vassaux, un zollverein (3), bien connu des Allemands, puisque l'unification bismarckienne a commencé par un zollverein.

Cette analyse travaille certains Anglais et constitue le fond de leur euro-scepticisme. J'attends avec impatience que les dirigeants français prennent conscience de cette nouvelle donne qui était en germe depuis vingt ans et qui est en train d'éclore.

Vous me direz que certains politiciens français ont déjà franchi cette étape et ont déjà choisi. Malheureusement pour la France, ils ont choisi la vassalisation allemande.





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(1) : digression : ceux qui croient Hitler idiot feraient mieux de prendre au sérieux cette citation de son plus farouche ennemi, ils comprendraient que la plupart de ses décisions militaires aventureuses ont des motivations politiques réfléchies (par exemple, prouver aux occidentaux que l'Allemagne nazie est le meilleur rempart contre l'ours bolchévique).

(2) : ce renversement de décision se fait d'une manière qui n'étonnera pas les habitués des grosses organisations. La décision modérée du 3 avril, qu'on connaît par les témoignages, les correspondances et les carnets intimes, n'a pas été traduite immédiatement par un compte-rendu écrit et diffusé. Les jusqu'au boutistes continuent sur leur lancée, aucun des modérés ne prend le leadership pour rappeler la décision du 3 avril, qui tombe dans l'oubli.

(3) : union douanière