jeudi, juillet 17, 2008

Du progressisme en matière de moeurs

Je suis très dubitatif sur la possibilité d'un progrès en matière de moeurs dans leurs traits les plus fondamentaux : parenté, naissance, relations familiales, mort, sauf à ce que la science change radicalement la condition humaine (procréation sans grossesse, arrêt du vieillissement, etc ...)

Notre société a dissous le mariage (1) et escamoté la mort (2).

Vous trouverez à ce lien un point de vue politique : Libéralisme et famille.

J'aimerais m'attacher à des considérations plus humaines, plus psychologiques.

Il suffit de considérer le mariage car c'est autour de celui-ci que le système de moeurs familiales s'ordonne (3).

Dans le mariage traditionnel, un homme et une femme s'engagent irrévocablement et solennellement devant la société (4) (représentée par M. le maire et les témoins) à passer leur vie ensemble, avec l'espoir de fonder une famille en ayant des enfants.

Il n'y a pas de différence de ce point de vue entre le mariage civil et le mariage religieux : l'autorité qui valide le mariage et qu'on prend à témoin change, d'un coté Dieu, de l'autre la société, mais les fondements sont les mêmes.

Je rappelle que le mariage n'est pas une horrible invention imposée à une société innocente par la coercition d'affreux nuptialistes (ultra, forcément ultra). Le mariage n'a pas été inventé, il est aussi vieux, pour ce qu'on en sait, que l'homme lui-même.

L'ancienneté même du mariage, sa constance à travers le temps et l'espace, mettent en lumière la singularité de l'entreprise de ceux qui se sont donnés pour objectif de le détruire, de le vider de son sens, (ils touchent au but, l'autorisation du mariage homosexuel sera la cerise sur le gateau, leur apothéose) (5).

La pérennité du mariage est assez aisée à comprendre, il permet de canaliser le puissant désir sexuel et produit ainsi plusieurs effets :

a) garantir la filiation paternelle, ce qui serait impossible en cas de butinage sexuel généralisé (c'est pourquoi l'adultère féminin était plus mal vu que l'adultère masculin : maman surement, papa peut-être).

b) construire une cellule durable en vue de l'élevage et de l'éducation des enfants.

c) préserver un certain confort sentimental en installant une routine, ou au moins une familiarité, obligatoire.

d) unir deux familles.

Evidemment, le mariage a aussi des inconvénients. Mais si il a perduré, c'est tout de même qu'il avait plus d'avantages que d'inconvénients.

Détruit le mariage tout ce qui porte atteinte à ses caractéristiques :

> l'irrévocabilité. Plus le divorce est facile, plus cette caractéristique disparaît.

> la publicité et la solennité. Tout ce qui fait aussi du mariage un acte trop facile, trop privé, le mine.

> en vue de fonder une famille. Comme jamais les homosexuels ne pourront avoir d'enfants, le mariage homosexuel est l'anti-mariage par excellence. On me répond : et les couples stériles, ils ne peuvent pas se marier ? La loi est la même pour tous, les couples normaux ne sont pas a priori stériles, tandis que les couples homosexuels sont forcément stériles.

Il ne faut pas se livrer à un effort de réflexion intense pour constater que la destruction du mariage est pratiquement achevée dans la plupart des pays occidentaux.

Les conséquences en sont faciles à analyser en inversant les effets du mariage tels que je les ai décrits :

a) la filiation est moins bien assurée. Bien sûr, il y a les techniques modernes. Mais faire la démarche pour vérifier que son père est bien son père, vous imaginez le b..... dans la tête ? De plus, autant que la filiation réelle compte la filiation symboliqe.

b) la cellule familliale détruite. C'est le point le plus lourd et aussi le plus connu. Il y a encore quelques années, on considérait que mieux valait un bon divorce qu'un mauvais mariage.

Aujourd'hui, on doute que ce soit vrai pour les parents, et on en doute encore plus vis-à-vis des enfants. On a beaucoup tourné en dérision le «on reste ensemble à cause des gosses».

Maintenant, ça ne fait plus tant rire parce que çe ne parait plus si bête. Les fameuses familles recomposées sont avant tout des familles décomposées et j'ai toujours trouvé que «famille monoparentale» (6) était un oxymore.

Quant aux conséquences de tout cela sur les enfants, il est hélas inutile d'y insister.

c) La stabilité obligatoire disparue, le confort sentimental s'évanouit. Par la force des choses, je connais pas mal de divorcés (ils sont nombreux). Il ne me semble pas qu'ils soient plus heureux que ceux qui sont restés en couple malgré les difficultés.

d) L'union des familles, ce point est maintenant passé de mode, ça ne me chagrine pas.

En résumé, toute cette modernité des moeurs qu'on nous a présenté comme un progrès (c'est là qu'il y a progressisme : dans la confusion entre nouveauté et progrès, il y a des nouveautés qui ne sont pas des progrès), je suis loin d'être sûr qu'elle ait fait le bonheur des individus.

Je suis curieux qu'on me démontre qu'en famille nous sommes plus heureux que nos grands-parents et que nos enfants sont mieux élevés.

J'aurais pu faire le même type d'analyse sur l'escamotage de la mort.

Les anciennes moeurs ont reçu l'onction du temps, la culture et la psychologie y sont accordées. Comme on ne change pas de culture ou de psychologie par un puissant raisonnement de l'intellect, je ne vois pas pourquoi on y arriverait pour les moeurs.

Je pense que les nouvelles moeurs se jugeront à l'épreuve du temps et je doute qu'elles durent aussi longtemps que le mariage démodé sans que nous tombions dans l'anarchie (ce que souhaitent d'ailleurs certains de leurs partisans).

Enfin, je sais que mon discours n'est pas populaire mais je le fais sans provocation, je me place plutôt dans la perspective de Pascal : «Quand tous vont vers le débordement, nul n'y semble aller. Celui qui s'arrête fait remarquer l'emportement des autres, comme un point fixe.»

(1) : le mariage n'apporte pratiquement plus contrainte ni aucun engagement juridiques. Si certains individus se sentent engagés par le mariage, c'est uniquement en fonction de leurs valeurs et de leurs convictions personnelles.

La phrase de Bismarck (qui aurait pu être de Montaigne) à sa femme le jour de son mariage : «Je ne vous connais pas, j'ai toute la vie pour apprendre à vous aimer» est incompréhensible à un esprit moderne.

(2) : ces gens qui veulent rester éternellement jeunes et ignorer que leur mort est au bout de la route font pitié.

(3) : les homosexuels ne font pas erreur en s'attaquant au mariage, ils choisissent bien leur cible. Détruire le peu de sens qui reste au mariage en en accordant la possibilité aux homosexuels, c'est achever de détruire les fondements d'une société d'hommes libres et responsables.

(4) : je n'ai pas été surpris que certains se soient étonnés que je dise que le mariage n'est pas (pas seulement, pas prioritairement) une affaire personnelle : ça montre juste à quel point nous avons perdu des notions basiques.

(5) : tentative de destruction du mariage purement constructiviste : quelques prétentieux croient par la force de leur intellect pouvoir réduire à néant ce qui a été construit par les siècles.

(6) : sauf dans le cas de la mort d'un des parents, où cet avis peut être atténué, puisqu'il n'y a pas eu d'abandon volontaire et que l'image du parent disparu reste positive.

lundi, juillet 14, 2008

Le «mariage» homosexuel

J'entends à nouveau parler de mariage homosexuel.

J'en veux à notre époque d'être si stupide qu'elle m'oblige à débattre de sujets ridicules.

Rappelons que le mariage n'est pas un évènement privé, mais une évènement public et social, et pour une bonne raison. La famille est la cellule de base de la société.

Se marier, ce n'est pas seulement un évènement personnel, c'est aussi s'inscrire dans une lignée, avec une ascendance et, surtout, une descendance, même seulement potentielle.

Or, de descendance homosexuelle, on peut torturer les mots dans tous les sens, point n'est possible. Même potentielle, même symbolique. Donc le mariage homosexuel ne peut être la base sur laquelle construire la société : le mariage homosexuel n'a aucun sens.

Bien sûr, on en parle parce que le lobby homosexuel a réussi un remarquable tour de passe-passe sémantique : il y aurait des orientations sexuelles (hétérosexuelles, homosexuelles), toutes équivalentes.

C'est simplement faux : il y a une orientation sexuelle normale, qui permet la perpétuation de l'espèce et de la société, et des déviances, certes non condamnables et au libre choix de chacun, mais qui sont stériles et sur lesquels on ne peut pas construire une société, bref, qui sont de la sphère privée et qui n'ont aucun rapport avec le mariage.

Mais comme nous vivons une époque formidable, je n'ai aucun doute que le «mariage» homosexuel finira par être légalisé. Ce sera une nouvelle preuve de la confusion des idées et des valeurs dans notre monde suicidaire.

Ce n'est pas une raison pour se laisser aller, se taire et faire semblant de croire qu'une stupidité est une preuve de progrès et d'ouverture.

Quand ceux qui sont censés maintenir et diriger la société abdiquent sous la pression de forces destructrices, il appartient aux individus de rappeler les principes et les valeurs qui font l'honneur et la simple survie d'une société.

Philippe Muray, décidément allègre :

Le mariage transformé par ses célibataires mêmes

Sur un ton plus sérieux :

Pourquoi je suis contre le mariage homosexuel

dimanche, juillet 13, 2008

EADS s'enfonce dans la crise

Thomas Enders, PDG d'Airbus a fait des déclarations tout en finesse :

Le patron de l'avionneur européen Airbus, Thomas Enders, a estimé que l'enquête sur les délits d'initiés présumés contre les dirigeants de EADS était un "procès joué à l'avance", lors d'un séminaire ce week-end, avant le Salon de Farnborough qui s'ouvre lundi.

"C'est un procès joué à l'avance. C'est du mauvais théâtre. Je pense que cela doit être dit très clairement. Point", a dit en anglais l'Allemand Thomas Enders, devant plus d'une centaine de journalistes.


C'est bien connu que d'aller expliquer à la presse que le procès est joué d'avance, c'est le meilleur moyen de se concilier les juges !

Hélas, trois fois hélas, mon diagnostic maintes fois répété se confirme : les problèmes graves d'EADS deviennent mortels à force de ne pas être réglés.

Comme je le répète aussi depuis des années, la conjoncture ascendante permet toutes les fautes, le moment de vérité se produit au retournement de cycle, qui finit toujours par arriver dans l'aéronautique : c'est là qu'on voit si la période de vaches grasses a été mise à profit pour se préparer la période de vaches maigres. Or, j'ai bien peur que dans le cas d'EADS, on ne voit pas grand'chose.

Et le retournement de cycle pointe à l'horizon.

Ce qui sauverait EADS, c'est un nettoyage des écuries d'Augias : le rachat par un actionnaire libre de tout lien avec des Etats européens (1). Et ça n'arrivera pas.

(1) : même si il est toujours bon de faire des efforts à la base, les comptes montrent qu'un ouvrier d'EADS n'est pas moins productif qu'un ouvrier de Boeing. Le problème est celui des choix stratégiques, le poisson pourrit par la tête. Or, les incompétents (et sur ce plan de l'incompétence, je ne fais pas de différences entre Français et Allemands) qui dirigent EADS sont protégés pour des raisons politiques.

Nous avons un admirable étalon de bonne gestion aéronautique en France : Dassault Aviation. Les liens avec l'Etat y sont forts, mais ni l'administration ni la politique ne s'immiscent dans la gestion et dans le choix des hommes.

Ce n'est pas un hasard si DAv ressemble plus à un Boeing en miniature qu'à un EADS en réduction.

Les gens de DAv peuvent avoir l'impression d'être devenus une bureaucratie et que l'esprit pionnier des années 50 a disparu, mais qu'ils se rassurent, ils ont la même impression chez Boeing et c'est pire ailleurs !

Quelques videos de Finkielkraut pour mes amis bobos

Contre Nouvel Observateur :



Contre Jean-François Kahn (c'est saignant) :



Sur les violences scolaires :

Partie 1 :



Partie 2 (vous pourrez relier sans mal cette deuxième partie à l'article de la NRH où est évoqué l'effet néfaste de l'exclusivité des valeurs féminines dans l'éducation) :



Sur le bac comme épreuve de bien-pensance :



Et puisque j'en suis là, contre le mariage gay :

vendredi, juillet 11, 2008

Sarkozy en «off» sur France 3 : les «media people» sont ils tous des cons ?

J' ai entendu parler d'une video «off», c'est-à-dire piratée, où l'on était censé voir Nicolas Sarkozy tenir des propos scandaleux.

Comme un imbécile, je suis allé voir. Je m'attendais à trouver du Sarkozy d'anthologie. Pas du tout.

Le président y fait une réflexion digne d'une rombière du seizième mais rien de plus. Je ne vous ai pas mis le lien tellement c'est insignifiant.

Je prends généralement nos politiciens pour des pas grand'choses, mais en des occurrences comme celle-ci, j'ai plutôt envie de les plaindre. Voir le moindre mot, même pas vraiment de travers, ainsi décortiqué et monté en épingle, il y a de quoi devenir fou.

Faut-il que les journalistes l'aiment, cette monarchie républicaine qu'ils dénoncent, pour que parole du monarque fasse l'objet de tant d'attention.

Peu avant sa mort, Julien Freund avait des réticences vis-à-vis de la démocratie.

D'une part, le système de sélection des gouvernants amène au sommet les plus retors, les plus acharnés, pas les plus compétents. D'autre part, les sujets abordés ne sont pas ceux qui comptent vraiment, mais ceux qui sont compréhensibles par le public des électeurs.

Sans que je partage totalement ces préventions, ce genre de petit fait me fait descendre à un point bas d'optimisme démocratique.

jeudi, juillet 10, 2008

NRH : ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne guerre ...

Cet article de la NRH prolonge indirectement certaines de mes réflexions sur l'instruction et l'éducation :

Guerre et masculinité


La NRH est toujours aussi politiquement incorrecte, mais de temps en temps, ça fait du bien.

Citation piquée sur un autre blog

Citation de Sir Peter Medawar piquée sur un autre blog :

«Just as compulsory primary education created a market catered for by cheap dailies and weeklies, so the spread of secondary and latterly tertiary education has created a large population of people, often with well-developed literary and scholarly tastes, who have been educated far beyond their capacity to undertake analytical thought.»

Traduction :

Tout comme l'éducation primaire obligatoire a créé un marché fourni par des quotidiens et des hebdomadaires à bas prix, la diffusion de l'instruction secondaire puis tertiaire a créé une grande population de gens au goût littéraire et savant développé qui ont été instruits bien au-delà de leur capacité à soutenir une pensée analytique.

Cette phrase explique assez bien pourquoi certains membres de populations instruites, je pense notamment à des enseignants et à des journalistes, montrent parfois des faiblesses d'analyse étonnantes.

Je ne vois guère de manière de prévenir ces faiblesses si ce n'est d'avoir la modestie de ne pas s'aventurer sur des terrains trop complexes (1).

Par exemple, pour comprendre le libéralisme, je sens bien que mes notions de thermodynamique statistique sont de puissantes aides, car l'idée comme quoi à partir de quelques objets simples, on peut obtenir des ensembles ordonnés très complexes n'est pas intuitive.

Or, si je fais le compte, il m'a bien fallu six ans d'école (à partir de la terminale) plus quelques années qui ont suivi pour me sentir à l'aise avec ces concepts. Il n'est donc pas étonnant que ceux dont les études n'avaient pour objet ces modes d'analyse ne les maitrisent pas.

(1) : pour ma part, j'avoue que les problèmes liés à l'immigration ou à la religion me laissent perplexes et que je m'y colle avec difficulté. J'ai quelquefois du mal à comprendre des stratégies politiques à 36 000 bandes.

Ségolène Royal : toujours plus bas

Ségolène Royal laisse entendre que le cambriolage de son appartement pourrait être une manœuvre d'intimidation d'une officine sarkozyste.

C'est évidemment stupide : quel intérêt ? Qu'en retirerait le gouvernement ?

Ségolène Royal accuse d'autre part Sarkozy de se comporter comme un roi à la tête d'un clan.

J'ai du rater quelque chose, mais je ne vois pas que Nicolas Sarkozy se comporte plus royalement ni plus comme un chef de clan que, disons, François Mitterrand. Cela ne semblait pas la gêner à l'époque. Nicolas Sakozy est un président démocratiquement élu qui exerce son mandat dans le cadre des institutions françaises, certes perfectibles.

On comprend bien à quoi riment ces outrances : s'attirer les sympathies des militants socialistes (qu'elle prend vraiment pour des cons) en vue du prochain congrès.

Mais je considère de telles tactiques comme basses et néfastes : transformer l'adversaire politique en ennemi social et personnel réveille le vieux culte français de la haine civile.

J'espère qu'elles sont dépassées et que le vote des militants socialistes le prouvera, mais je n'en suis pas sûr : les socialistes ne brillent pas par leur intelligence (c'est au moins un point d'accord de entre SR et moi !).

Laure Dissard, une reine de l'Occupation (G. Joseph)

Les gens ont quelquefois des talents peu ordinaires. Celui de Laure Dissard est l'escroquerie de haute volée. Le mensonge et la comédie lui étaient aussi naturelles que l'air qu'elle respirait.

Née en 1914, elle montra ses capacités pendant la seconde guerre mondiale.

Plus patriote qu'elle, pendant la drôle de guerre, il n'y avait pas. Avec le général Tulasne, oncle du héros de Normandie-Niemen (comme quoi la faisanderie n'est pas héréditaire), elle monta diverses combinaisons.

Une fois les Allemands à Paris, il n'y avait pas plus collaborationniste qu'elle, elle organisa des soirées somptueuses avec tout le gratin de la collaboration parisienne, les Benoist-Méchin, Déat et compagnie, et devint même la maitresse de Jean Bichelonne (1).

Pour illustrer les extraordinaires capacités de la dame dans son domaine, voici comment elle passa le mois d'aout 1944. Au début du mois, elle fut arrêtée sans violences par les SS qui voulaient avoir quelques explications sur le fait qu'elle se vantait dans tout Paris de connaitre personnellement Himmler. Ayant senti le vent tourner, elle cessa de s'alimenter.

Relâchée au bout de trois jours, elle s'alita pour le reste du mois et trouva un médecin complaisant pour constater son triste état de santé. A partir de ce bout de papier et en faisant jouer ses connaissances qui n'étaient pas toutes en Allemagne mais aussi à divers postes administratifs, les mauvais traitements devinrent des tortures. Grâce à de faux résistants et aussi à quelques vrais bernés par ses mensonges et ses charmes, elle obtint un certificat de résistance et même une carte de déportée ! Pour parachever la construction, elle fut pendant quelques mois la maitresse d'un officier supéreiur de l'OSS (qui finit par être renvoyé chez lui carrière ruinée, ses supérieurs n'étant pas trompés par les artifices de la dame).

Bien sûr, tout le monde n'était pas dupe, notamment les RG. Mais, d'une part, de nombreux témoins avaient disparu dans les turbulences du crépuscule des dieux blonds ; d'autre part, ceux qui restaient occupaient souvent des postes suffisamment importants pour paralyser les démarches.

Après guerre, elle se spécialisa dans l'escroquerie contre d'anciens collabos qu'elle connaissait et dont elle savait qu'ils préféreraient ne pas porter plainte.

Néanmoins, l'âge venant, ses charmes opéraient moins et il n'y avait plus ce petit plus qui fait que le gogo bascule dans le piège. Elle fit de la prison (mais jamais pour ses activités pendant la guerre alors que c'était la part la plus condamnable de son parcours).

Son ennemi le plus tenace se révéla être le fisc qui la poursuivit pendant quarante ans pour l'arriéré de la guerre.

(1) : Jean Bichelonne est une caricature de Polytechnicien : major à l'entrée, major à la sortie, exceptionnellement brillant, carrière fulgurante et pourtant il se trompa de bout en bout. Bien qu'il l'ait ensuite reniée, il a signé en juillet 1944 une pétition reprochant au maréchal Pétain de lacher les Allemands. Un de ses professeurs, pour exprimer ses grandes faiblesses dans tant de force, a dit de lui : «Il sait tout et c'est tout.» On dirait qu'il a été mis au monde pour illustrer la boutade «La différence entre un train et un Polytechnicien, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête.» Il est mort lors d'une opération chirurgicale en Allemagne en 1945, ce qui sauva sans doute Laure Dissard, car un procès Bichelonne lui aurait été fatal.

mercredi, juillet 09, 2008

Instruction : deux blogs si différents

Parmi les nombreux blogs sur l'école, il y en a deux que je fréquente régulièrement et qui, bien que tous deux anti-constructivistes, sont diamétralement opposés :

Bonnet d'ane, le blog de JP Brighelli

Le site de M. Le Bris


Le premier s'intéresse à la politique scolaire, reste très général et souvent (stérilement ?) polémique.

Les commentaires semblent essentiellement provenir d'enseignants. 90 % sont d'une grande indigence, imprécis, verbeux (c'est pénible, ces gens qui disent en cent mots ce qui passe très bien en trois), hors sujet, nombrilistes, sectaires, réagissant par réflexe plus que par réflexion (dites «libéral» et vous vous faites insulter par des gens qui n'ont pas pris la peine de vous comprendre (1)), pas l'ombre d'une pensée un peu personnelle. Bref, des victimes de bourrage de crâne.

Néanmoins, les 10 % qui restent portent souvent des témoignages intéressants. Finalement, ça ressemble assez à une salle des profs telle que me la décrivent mes amis enseignants.

Je me fais un plaisir de ne pas retenir dans mes commentaires sur ce blog mes pensées les plus hérétiques. Il ne manque pas d'imbéciles pour me sauter dessus et tenter un passage à tabac bloguesque. C'est assez puéril mais ça m'amuse.

L'intérêt de ce blog est limité par son tabou fondamental : la critique de l'étatisation de l'école. Vous pouvez l'écrire, mais vous ne serez pas écouté, encore moins entendu.

Le blog de Marc Le Bris est très différent. Si lui arrive d'aborder la politique, c'est rarement et allusivement. Il s'attache à la pédagogie au sens le plus pratique du terme, sous forme de fiches. Par exemple, comment enseigner le calcul de l'aire du cercle en primaire ?

En un sens, Marc Le Bris est beaucoup plus ambitieux que JP Brighelli puisqu'il entreprend, avec l'aide de ses correspondants, notamment du SLECC, de combler les lacunes dans la formation des enseignants dues aux les IUFMs (2).

(1) : je n'ai toujours pas obtenu une réfutation claire et précise de ma préconisation de privatiser le système éducatif (en gardant collectif une bonne part du financement) ; peut-être parce que c'est tellement futé comme proposition qu'elle est imparable :-)

D'autre part, je suis toujours surpris de tomber sur de (prétendus ?) enseignants dont le degré de réflexion est proche de zéro.

(2) : la formation des enseignants vue par la IUFMs, c'est un gruyère où il y a plus de trou que de fromage.

mardi, juillet 08, 2008

Réchauffisme : superbe article de désinformation du journal Le Monde

Le Monde, encore plus que sur d'autres sujets, est en pointe de la désinformation concernant le réchauffisme.

Le bouquet est cet article :

Le scepticisme est-il un crime ?


Le propagandiste (on ne peut plus appeler cela un journaliste) commence par admettre qu'on puisse douter du réchauffisme (il est bien bon) mais pour aussitôt dire que tous ces doutes ont été réfutés.

La vérité est toute autre.

L'état actuel de la climatologie peut se résumer en une phrase : il est possible qu'il y ait un réchauffement global, si tel est le cas, les causes en sont inconnues, plusieurs hypothèses sont à l'étude.

Ces dernières années, les progrès de la climatologie ont été très faibles. Certains climatologues vont même jusqu'à dire que, du fait des perturbations politiques et médiatiques, ils ont été nuls.

Ce n'est pas bien sûr l'impression que rendent les medias, mais les medias ont-ils jamais rendu compte correctement d'un problème complexe, notamment scientifique ?

Si vous voulez une preuve que les doutes sont loin d'être levés sur le réchauffisme et qu'ils seraient plutôt en augmentation :

Rapport du NIPCC

lundi, juillet 07, 2008

Un article critique sur Vélib dans Le Monde

Que se passe-t-il au journal Le Monde ? Il y a quelques semaines, un article positif sur les OGMs, aujourd'hui un article critique sur Vélib ... Je suis perplexe, la pensée unique bobo serait-elle si mal en point ?

Mezs commentaires entre crochets.

Heurs et malheurs du Vélib' parisien

LE MONDE | 05.07.08 | 13h58 • Mis à jour le 05.07.08 | 13h58

Le succès médiatique n'a pas que des avantages. Deux morts en six mois sur un Vélib' ont fait plus de bruit que les cinq cyclistes (dont un seul Vélib') tués en 2007 sur le pavé parisien, selon les chiffres d'Annick Lepetit, nouvelle adjointe (PS) du maire de Paris, Bertrand Delanoë, chargée des transports et de la circulation.

Avec le retour des beaux jours, les Vélib', qui fêteront leur premier anniversaire le 15 juillet, fleurissent de nouveau. Ils ont fait ressortir des garages et descendre des balcons les vélos les plus divers, enfourchés par des cyclistes amateurs de balades ensoleillées, mais aux compétences variables. Conséquence, une augmentation des accidents, mortels ou non : le nombre de cyclistes accidentés a bondi de 21,4 % pour le seul premier trimestre 2008, selon les chiffres de la préfecture de police.

Si des automobilistes ou des chauffeurs de bus excédés passent parfois leurs nerfs sur de malheureux cyclistes qui n'ont rien fait de mal, il est clair aussi que les freins puissants des bus de la RATP et les réflexes de leurs conducteurs ont sauvé la vie à de nombreux cyclistes, qui montrent parfois une conduite ahurissante, comme si le sentiment de liberté que procure le vélo tournait à l'ivresse. Le pourcentage dérisoire de "vélibistes" casqués semble témoigner d'un état d'esprit - le rejet de toute contrainte - qui s'exprime aussi dans les refus de priorité, les feux rouges grillés par les vélos, toutes étiquettes confondues... Ainsi, dans une enquête réalisée par la Mairie de Paris en 2005, seuls 29 % des cyclistes interrogés déclaraient respecter les feux rouges
[je soupçonne qu'il y a peu de partisans de l'ordre et de la discipline parmi les vélibiens. Vélib, moyen darwinien moderne d'élimination des cons ?].

La prolifération des deux-roues à moteur a contribué à complexifier encore le problème. A la fois victimes potentielles des voitures et dangers supplémentaires pour les cyclistes, ces usagers en nombre croissant sont le fruit d'une politique dont l'inventeur, Denis Baupin, tout occupé qu'il était à compliquer la vie des automobilistes, n'avait pas anticipé les effets pervers
[Evidemment, le constructivisme, le type d'en haut qui sait ce qui est bien pour le bas peuple, ça ne marche pas car l'imagination des gens s'adaptant est plus forte que celle des liberticides, on croit imposer les vélos, on favorise les scooters. Ou alors il faut tout verrouiller, version Staline. Baupin est un abruti, ça ne lui ferait pas peur, mais heureusement, ce n'est pas lui le maire de Paris.] Dégoûtés de la voiture, mais refusant toujours de prendre les transports en commun, de nombreux usagers sont passés à ce mode de transport polluant, accidentogène, qu'il faut gérer : en 2007, 53 % des victimes d'accidents à Paris conduisaient des deux-roues motorisés, à comparer aux 7 % de cyclistes. La même année, 14 utilisateurs de deux-roues motorisés ont été tués, pour 17 piétons et un automobiliste.

Pour tout arranger, l'esprit du temps fait que chaque catégorie d'usagers a tendance à voir chez les autres non des adeptes d'un mode de transport différent qui doivent partager en bonne intelligence un même espace public, mais des gêneurs . Mme Lepetit voudrait d'ailleurs appeler à la vigilance, mais aussi expliquer aux uns et aux autres qu'ils se simplifieraient les choses en parvenant à concevoir qu'un autre comportement est possible que l'individualisme agressif
[L'assistanat généralisé engendre la guerre de tous contre tous].

La multiplication des cyclistes impose de prendre au sérieux ce trafic, autrement dit d'adapter la voirie, mais aussi de le réguler, comme les autres. La préfecture de police doit intensifier ses efforts pour que les deux-roues, motorisés ou non, respectent le code de la route. La Mairie doit accélérer l'équipement de la capitale. Les couloirs mixtes bus-vélos représentent un compromis qui devient plus difficile à vivre au quotidien avec des vélos en nombre. Mais les élargir augmenterait encore la congestion automobile.

LA RATP N'A PAS JOUÉ LE JEU

Dans l'immédiat, l'urgence est à la constitution d'un maillage cohérent d'itinéraires continus avec un maximum de pistes ou voies cyclables, sur des itinéraires vraiment fréquentés par les vélos. Aujourd'hui, seuls 271 km de voirie (sur un total d'environ 1 700) sont ainsi équipés. Cela impose aussi de s'occuper des places de stationnement des automobiles, que M. Baupin avait réduites de façon drastique sans se préoccuper des conséquences en termes de coûts pour les usagers et de pollution supplémentaire.

Le vélo, de toute façon, ne deviendra jamais un moyen de transport de masse quotidien. Même avec une augmentation de 94 % entre 2001 et 2007, selon les chiffres de Mme Lepetit, les cyclistes ne représentent que 2 % à 3 % du trafic total de la capitale. Vélib' n'a donc pas changé grand-chose au problème fondamental de la circulation à Paris, où la place de la voiture a été réduite pendant le premier mandat de M. Delanoë, sans que l'offre de transports en commun de surface ait connu la mue, qualitative et quantitative, que l'usager était en droit d'attendre
[Evidemment puisque la RATP n'a pas des clients, mais des usagers, et en plus des usagers captifs (sauf à prendre un autre moyen de transport, ce que font la plupart) puisqu'elle a le monopole des transports en commun].

Tous les acteurs du dossier le savent : le premier tronçon du tramway des Maréchaux, la multiplication des couloirs de bus protégés ne peuvent pas faire oublier que la RATP n'a pas joué le jeu. Il n'y a pas d'adéquation réelle entre l'offre de bus et les possibilités de la voirie aménagée par la Mairie. Les "couloirs de bus vides", qui exaspèrent les automobilistes scotchés dans les embouteillages, en témoignent [Et hop, encore un échec du constructivisme]. Une amélioration spectaculaire des fréquences de passage serait le point essentiel pour que les bus deviennent vraiment attractifs, puisque le maillage des lignes est, grosso modo, satisfaisant. Avec des intervalles souvent proches de 8 à 10 minutes, voire 15, 20 ou 30 mn les samedi et dimanche et après 20 heures, y compris sur les lignes "Mobiliens", les bus n'ont aucune chance de déclencher un transfert massif de clientèle. Couloirs ou pas. Même coincé dans un embouteillage, un automobiliste au volant de sa voiture confortable et suréquipée a peu de raisons d'envier les malheureux debout, comprimés, ballottés par de grands coups de frein, qu'il voit avancer, un peu plus vite que lui, certes, dans le couloir de bus.

Jusqu'en 2005, la RATP était contrôlée par l'Etat, via le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF). Depuis, le STIF a été transféré aux élus, notamment ceux de Paris et de la région Ile-de-France. Or les désaccords entre M. Delanoë et Jean-Paul Huchon, président, PS lui aussi, de la région, sont publics. Les intérêts divergents des élus les empêchent de mettre vraiment la pression sur la RATP. Celle-ci s'emploie donc à mener sa barque comme elle l'entend, avec de plus en plus un comportement d'entreprise privée, soucieuse avant tout de bénéfices et de gains de productivité. D'autant que les élus, même s'ils ont parfois l'impression que la RATP déploie un rideau de fumée pour échapper à leurs interpellations précises, sont assez démunis. En théorie, le STIF procède par contrat avec la Régie. Mais le contrôle du respect des engagements pris est pour le moins "ténu", comme le résume avec humour un spécialiste du dossier, ne serait-ce que parce qu'il y a "200 personnes au STIF et 40 000 à la RATP".

Courriel : andreani@lemonde.fr
Editorialiste

dimanche, juillet 06, 2008

Combattant du Vercors (G. Joseph)

Ce livre est sorti en 1973, c'est-à-dire dans les mêmes années que Le Franc-Tireur, excellent film avec Philippe Léotard sur le même thème (on ne le trouve pas en DVD, hélas, si quelqu'un l'a en VHS et peut me le convertir en DVD, une transaction est possible).

Que raconte Joseph, ancien du Vercors ?

> que l'esprit combatif du Vercors n'était pas terrible, les jeunes plutôt fuyant le STO qu'étant vraiment motivés par la résistance.

> que la valeur stratégique du Vercors était nulle et ses chefs profondément incompétents (à part Jean Prévost et Costa de Beauregard qui trouvent grâce à ses yeux). Il note avec justesse que Pierre Dalloz a eu l'idée de la «forteresse du Vercors» comme un pur fantasme, sans aucun sens ni militaire et ni pratique.

Beaucoup des chefs militaires du Vercors venaient de l'armée d'armistice et ne comprenaient rien à la résistance et à la guerilla.

Pour Joseph, l'idée d'une forteresse du Vercors est aussi appropriée et du même tonneau, par les mêmes incompétents criminels, que la ligne Maginot.

Les chefs militaires du Vercors ont essayé de reconstituer une armée traditionnelle, avec uniformes, défilés, discipline et positions à défendre jusqu'à la mort au lieu de profiter des possibilités de la guerilla.

Joseph note que pendant les trois semaines qu'a duré la «république du Vercors», il y a eu un camp de concentration (il portait vraiment ce nom) pour incarcérer les suspects et les étrangers du plateau. On a même envisagé d'y enfermer sous l'accusation de défaitisme les opposants qui criaient à l'incompétence, au massacre annoncé.

Les nombreuses proclamations de Huet, chef militaire du Vercors, se terminaient par «Vive l'armée !».

On ne peut guère être plus loin de l'esprit de la résistance.

L'efficacité militaire du Vercors fut plus que nulle, négative. On y gaspilla des ressources humaines et matérielles précieuses.

Les chefs du Vercors se justifièrent sur le dos des Alliés (comme c'est commode) mais le Vercors ne manqua pas d'armes légères et aurait été dans l'incapacité d'utiliser des armes lourdes.

Le commandement tout à ces rodomontades ne s'est pas consacré à l'humble tâche d'organiser des caches et des convois de mules, qui auraient permis de disperser et d'utiliser au mieux l'armement disponible, lequel fut trouvé en parfait état de marche par les Allemands dans de jolis entrepots singeant une armée régulière.

Le bilan humain de cette accumulation d'idioties est navrant : 640 maquisards et 200 civils tués contre environ 150 Allemands.

A contrario, et pour bien comprendre le potentiel qui a été gaspillé, la compagnie de Joseph, dirigée par Costa de Beauregard, tua, après la dispersion du Vercors, avec quelques fusils et une mitrailleuse plus de cent Allemands sans une seule perte au cours d'embuscades et d'escarmouches.

Le «truc» était simple : marcher, pour tendre des embuscades loin du camp afin de ne pas le compromettre, rester en pays connu, ménager des itinéraires de fuite, tendre une embuscade, ne jamais se battre plus d'une minute ou deux, fuir, recommencer ailleurs. C'est à dire que cette cinquantaine d'hommes bien utilisée a fait presque autant de morts ennemis que les 2000 hommes du Vercors mal utilisés, et sans perte.

Mais, hélas, la guerilla ne faisait pas fantasmer les officiers de 1944 qui étaient aussi ceux qui avaient perdu la guerre de 1940. Par contre, une belle bataille rangée avec plein de morts ...

Un passage comique est celui où Joseph expose les critiques des officiers français contre les Américains, qui parait-il, ne sauraient pas faire la guerre. Quelle guerre ? Celle que nous avons perdu et qu'ils gagnent ?

Seules éveillent le respect de Joseph les victimes.

samedi, juillet 05, 2008

Non, le pétrole ne va pas manquer et il ne va pas continuer à augmenter

J'entends une émission de radio où on nous présente comme une évidence que la hausse du prix du pétrole va continuer jusqu'à épuisement.

Ca a beau être répété à tort et à travers, c'est absolument idiot, crétin, stupide, il n'y a pas d'autres mots.

Le proverbe boursier dit «Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel» avec raison.

Je m'en veux de rappeler un fondement de l'économie, mais il semble que les plus éminents spécialistes et les journalistes l'aient oublié (le pétrole rend il con ?) : le prix porte un signal, une information. Les acteurs s'y ajustent.

Quand les prix augmentent, la production aussi : on ne manque pas de pétrole. Il reste une foultitude de sources qui deviennent rentables avec un pétrole cher.

Quand les prix augmentent, la consommation baisse : les consommateurs s'ajustent.

Ces deux phénomènes entrainent une baisse des prix. Et, de toute façon, un jour, on aura trouvé des substituts au pétrole (il y en a de plus en plus dans les labos), il ne vaudra plus rien et il en restera plein (ce scénario est la terreur des pays pétroliers).

Simplement, ce qui brouille cette évidence et rend les gens cons, c'est que, dans le pétrole, les cycles sont très longs et que les ajustements prennent des années.

Les mouvements paraissent donc éternels, mais souvenez vous qu'il y a quelques années, le pétrole était à 20 dollars le baril et les «experts» le prédisaient à 10. Aujourd'hui, le baril est à 145 dollars et les mêmes nous le prédisent à 300 dollars.

C'est la même erreur : prolonger la courbe des prix alors que, justement, on sait qu'elle finira par changer de tendance.

Soyez plus intelligents que cela.

Je peux vous prédire sans risques qu'un jour nous aurons une baisse des prix du pétrole qui durera des années.

Je ne peux vous dire quand ni combien (sinon, je serais milliardaire !) -même si je tends à penser qu'à un chiffre rond genre 200 dollars, nous aurons une baisse «surprenante»-, mais c'est une certitude que nous aurons une baisse forte et prolongée.

Le coeur, l'autre nom de la démagogie

Que ça soit dans l'affaire Betancourt (1) comme dans d'autres, il me semble que le coeur est le déguisement de la démagogie.

Quand le sentiment devient trop envahissant, il dégrade la réflexion ou, pire, en tient lieu. Il semble qu'avec le couple Sarkozy-Royal nous ayions franchi une nouvelle étape du pourrissement de la démocratie.

On en arrive au point que l'idée que les politiciens devraient faire appel à l'intelligence des électeurs devient incongrue, étrange, déplacée. Certains je suis sûr seront même tentés de me traiter de sans coeur, alors que je dis juste que la place du coeur n'est pas en politique.

(1) : qu'est-ce que cette affaire a rapporté à la France ? Du ridicule : la France disait du mal d'Uribe et voulait négocier avec les FARCs. Uribe a gagné et sans négocier.