dimanche, novembre 19, 2017

Des individus, et une société, malades de narcissisme

Exécution médiatique

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Peut-être faudrait-il aussi réflé­chir à cette étrange société qui se met en place, où le ressenti de chacun devient un absolu. Suffit-il de se sentir brusqué par un professeur pour transformer cela en traumatisme éternel qui justifierait une vengeance sans fin ?

Fabriquons-nous une humanité exagérément fragile et vengeresse ?
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Ingrid Riocreux, toujours très pertinente, à propos d'un reportage, évidemment laudateur, sur les « transgenres ».

Transgenres sur M6 : le sexe en zone trouble


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Derrière le ton guilleret et enthousiaste de la voix off, malgré les grandes musiques envahissantes censées nous tirer des larmes d’attendrissement bienveillant, ce reportage est donc particulièrement triste. Et l’on a l’impression d’être invité à se réjouir d’assister à autant de suicides qu’il y a de témoins. D’abord le suicide symbolique : le changement de prénom qui s’accompagne de propos du type « cette personne n’existe plus ». L’automutilation avec les sévices infligés au corps, soit directement (« Iris » racontant les douleurs que lui impose la nécessité de faire disparaître son sexe d’homme quand il s’habille), soit par une intervention que l’on peut difficilement qualifier de médicale (« ils ont un corps sain, nous leur donnons un corps imparfait », dit le médecin). Et au bout, parfois, l’auto-éradication réelle et absolue : « le taux de suicide est plus élevé que la moyenne chez les jeunes transgenres » (45:36). Et l’on nous donne l’exemple d’un ado qui s’est suicidé… parce que son école refusait son changement de prénom !

« Respecte mon choix » = approuve ou ferme ta gueule !

De fait, on ne peut qu’être dérangé par l’obsessionnel besoin que manifestent ces personnes d’être approuvées dans leurs choix. Choix de changer de sexe, de prénom, choix d’être opéré, choix de n’être pas opéré. Or, faire un choix, c’est toujours s’exposer à la critique. L’expression « respecter le choix de quelqu’un » n’a aucun sens : si l’on doit évidemment respecter tout le monde, on n’est absolument pas tenu d’approuver les choix de chacun. On est même parfaitement libre de les critiquer, de les réprouver, de les juger dégradants, de considérer que justement, le respect que l’on doit à toute personne humaine nous interdit de cautionner ce que ces gens se font à eux-mêmes. Et à leur entourage, contraint de les « accepter tels qu’ils sont », ou de passer pour méchant.

Et en observant les témoins choisis, on se prend à se demander si cette focalisation sur une hypothétique « dysphorie de genre » ne cache pas autre chose : un besoin maladif d’exister dans le regard d’autrui (« Laura » se filme en permanence) ou une manière détournée de surmonter une disgrâce physique (« Isaac » est obèse, « Cédric » et « Iris » souffrent manifestement de problèmes dermatologiques). En définitive, ce « problème » semble un moyen d’absorber tous les autres soucis de la vie, une version morbide du divertissement pascalien : oubliant tout, persuadées de tenir la clef de leur bonheur, ces personnes sacrifient leur vie à devenir, toujours plus, autres qu’elles-mêmes.

Je ne suis pas en train de nier la réalité de ce que ressentent ces gens. Sans entrer dans les détails, je dirai qu’il n’est pas facile de se construire en tant que femme auprès d’une mère qui dit « Quel dommage que ce soit fixé d’avance ! Il faut vivre le plus longtemps possible en faisant comme si on avait le choix ». C’est une institutrice qui m’a appris que j’étais une fille et je suis longtemps restée persuadée que ce verdict n’avait rien de définitif. Mais un jour, on se dit que ce qui est formidable, c’est justement le fait qu’on n’ait pas le choix, donc que le problème est réglé et qu’on peut se consacrer à des choses plus importantes. Tellement plus importantes que le petit moi-même.

Ma chance aura sans doute été de ne jamais rencontrer, durant mon enfance et mon adolescence, personne qui me parle de « personnalité à genre fluide » ou de « transgenre » (« Isaac » a un déclic le jour où elle tombe sur ce mot en surfant sur le web), de n’avoir pas internet, de ne pas me monter la tête en regardant, comme le fait « Cédric », les vidéos des youtubeurs trans. Sinon, qui sait, peut-être que moi aussi, aujourd’hui, je serais quelque chose entre le cobaye de labo et la bête de foire, et vous me verriez choisir la taille de mon phallus comme « Laura » celle de ses seins, tout en déplorant au micro d’M6, que le monde se montre si peu compréhensif envers moi.
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samedi, novembre 18, 2017

mercredi, novembre 15, 2017

Un Américain à Paris (en 1940)

Le 10 juin 1940 (une journée d’agonie, d’après De Gaulle), le gouvernement français, présidé par Paul Reynaud, quitte Paris, devant l’avancée allemande.

A qui Paul Reynaud confie-t-il le soin de la capitale ? Au préfet de police ? Au président du conseil municipal ? Au gouverneur militaire ?

Non, à l’ambassadeur américain, M. William Bullitt ! On dit même (à vérifier) qu’il le nomme maire de Paris à titre provisoire.

Je comprends assez facilement les raisons qu’avait Paul Reynaud d’agir ainsi. Je regrette qu’il n’ait pas compris les raisons qui aurait du s'imposer à lui de ne pas agir ainsi.

Digression (à peine) : le consul américain auprès du gouvernement français est très choqué des interventions défaitistes permanentes d’Hélène de Portes, la compagne de Reynaud. Cela rappelle irrésistiblement la description que Patrick Buisson fait de l’influence de Carla Bruni sur son époux. L’uchronie Et si la France avait continué le guerre commence en avançant de quelques jours la mort accidentelle d’Hélène de Portes. Cependant, n'exagérons pas son influence : Reynaud n'avait besoin de personne (j'allais écrire « était assez grand », mais justement, il n'était pas grand) pour faire fausse route.


Vingt ans plus tard, Paul Reynaud s'opposera à De Gaulle sur l'élection présidentielle au suffrage universelle, sans comprendre ce que cette opposition, venant de lui, avait d'indécent, De Gaulle ne cachant pas qu'une de ses justifications était d'éviter la répétition des journées épouvantables de juin 40.

Maxime Weygand aussi était un petit homme dans tous les sens du terme. De Gaulle a bien fait de lui refuser les obsèques nationales, non par mesquinerie mais à cause du rôle très néfaste qu'il a joué pendant la seconde guerre mondiale.

Tout au long de ce désastre national de l'été 40, Reynaud fut l’homme des petits calculs, il ne sut à aucun moment s’élever à la hauteur des événements. La différence de taille avec De Gaulle est frappante, d’où la différence d’élévation ? Malédiction des petits ? Mystère de la nature.




lundi, novembre 13, 2017

DU GONCOURT ET DU RENAUDOT 2017

DU GONCOURT ET DU RENAUDOT 2017




Où il est encore question de libéralisme et de conservatisme …

Je suis de plus en plus convaincu (vous me direz que je fais de l’auto-persuasion !) que le bon cocktail politique pour la France est libéralisme à l’intérieur et protectionnisme à l’extérieur. C'est tout à fait possible si on n'est pas idéologue, si on ne fait pas du libéralisme un absolu.

Car, à l’intérieur, la France étouffe du mammouth étatique, à la fois, dispendieux, maternant et inefficace (tout Français a cette expérience quotidienne) et, vis-à-vis de l’extérieur, de se sentir ouverte à tout vent. Or, ce programme politique, personne, absolument personne, ne le propose. On sait pourquoi : il bouscule trop d’habitudes de pensée et d’action de nos politiciens, il bouscule à la fois « l’Europe, l’Europe, l’Europe » des uns et « l’Etat, l’Etat, l’Etat » des autres et il y y a des fous (Juppé, Macron, etc.) qui font les deux.

De même que je n’ai aucun doute qu’immigrationnisme et étatisme sont liés (ils se justifient l’un l’autre), je suis persuadé que mondialisme et étatisme sont liés. Le mondialisme ravage les pays occidentaux au profit de l’hyper-classe mondiale et les Etats appauvris font la voiture-balai et envahissent nos vies pour éviter que les éclopés ne se révoltent.

Les Français ont besoin d’être rassurés ? Certes, mais ce n’est pas en faisant ce qu’on fait depuis quarante ans (qui est justement ce qui les a mis dans cet état d’inquiétude), l’extension indéfinie de l’Etat, toujours plus de ce qui ne marche pas, qu’on les rassurera. C’est en faisant exactement le contraire de ce qu’on fait depuis quarante ans : en fermant les frontières, en mettant les délinquants en prison et les libérant de cet Etat-mamma qui les étouffe.

La droite est-elle encore capable de penser l’État ?

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Hormis le « conservatisme », Laurent Wauquiez n’a guère de désaccord de fond avec Alain Juppé. Autrement dit, les deux compères devraient se retrouver sur la question de l’État et de son rôle dans la société française. La droite sociale appelle ouvertement à la force de l’État, contre-balancée, paraît-il, par la justice sociale.

Tout le monde sait avec quoi riment ces mots : pression fiscale, services publics en goguette et usines à gaz incessantes pour étatiser ce que le marché peut faire.

[…]

Le libéralisme orphelin de la droite

Ce qu’on appelle la recomposition macronienne s’apparente donc ici, surtout, à une reprise en main du discours politique par une idéologie étatiste. On se souvient du choc prôné par Fillon, avec de fortes baisses de dépenses publiques.

Décidément, ce spectre s’éloigne, et on voit mal qui, à droite, pourrait le faire revenir.
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dimanche, novembre 12, 2017

Pourquoi l'UERSS lâche la Catalogne

L'UERSS a longtemps encouragé les régionalismes pour détruire les Etats-nations européens. Elle continue un peu, mais beaucoup moins qu'avant, pourquoi ? Pourquoi a-t-elle lâché la Catalogne en rase-campagne ?

Pour une raison très simple : jusqu'à il y a peu, la fracture était entre les Etats-nations qui défendaient (très mollement) leur souveraineté et l'UERSS qui l'attaquait. Dans ce combat, les régions étaient une arme de l'UERSS contre les Etats-nations.

Aujourd'hui, les Etats se sont séparés des nations et des peuples et se sont mis du coté de l'UERSS. C'est flagrant avec Macron et Rajoy. Dans cette nouvelle configuration, la fracture passe entre les Etats et l'UERSS d'une part, les peuples et les nations d'autre part. Les régionalismes, qui présentent, du point de vue tyrannique de l'UERSS, le risque d'une démocratie de proximité, sont devenus beaucoup moins intéressants pour elle.

Pour ma part, je persiste à penser que le bon niveau de résistance à l'UERSS est celui des vieilles nations européennes.

L'UERSS pourra toujours compter sur la bourgeoisie française, jamais en retard d'une trahison dès que l'essentiel, c'est-à-dire son patrimoine, est menacé, comme en 1871 quand la Commune voulait défendre Paris au risque de le voir détruit avec tout le joli immobilier qu'il y avait dedans ou en 1940, quand Edouard Herriot les larmes aux yeux suppliait le GQG de déclarer sa bonne ville de Lyon ville ouverte.

Les 76 % de Macron à Versailles, fief de la Manif Pour Tous, suffisent à montrer où sont les vraies priorités de la bourgeoisie française, quand il faut choisir entre le portefeuille et les idées, entre ses intérêts et le pays.

La majorité des grands hommes français récents sont issus de la bourgeoisie mais en opposition plus ou moins forte avec leur classe d'origine.

Quel rapport avec l'indépendance catalane ?

Le marché de l'immobilier étant ce qu'il est, la logique sociale conduit de plus en plus à une séparation territoriale : la bourgeoisie et sa domesticité, à la ville et dans la périphérie proche ; le peuple, à la campagne et dans la périphérie lointaine.

Malheureusement ou heureusement (je ne sais pas), ce découpage est imparfait : il n'y a pas de campagnes sans villes, ni de villes sans bouts de périphérie lointaine. Mais il arrive que la ségrégation soit assez avancée pour que la tentation de découper suivant les pointillés existe. C'est le cas de la Catalogne.

Mais je crois la bourgeoisie française taraudée par une crainte inconsciente. Elle fait un complexe de supériorité : la France est un pays trop petit pour une élite si merveilleuse, d'où son investissement idéologique dans les « machins » supra-nationaux. En même temps (comme dirait l'autre), elle fait un complexe d'infériorité de ne pas être anglo-saxonne,  de rester périphérique par rapport aux vrais maître du monde.

Tout cela pour dire quoi ? Que la bourgeoisie française se jettera toujours plus violemment dans les bras de l'UERSS, pour donner des gages de grandeur internationale.

Un motif d'espoir ? Si la ville l'a souvent emporté sur la campagne, il est arrivé en 1871 que la campagne l'emporte sur la ville. Certes, la campagne avait à ce moment là la bourgeoisie de son coté. Mais tout de même, la campagne peut l'emporter sur la ville, car les bourgeois des villes ne sont pas si sûrs d'être à l'aise dans la mondialisation. Ce n'est pas impossible. C'est très difficile, mais pas impossible.


samedi, novembre 11, 2017

L'alliance pas si difficile du conservatisme et du libéralisme

Les conservateurs français éprouvent les pires difficultés à concilier conservatisme et libéralisme alors que les Anglais y arrivent fort bien (voir Roger Scruton). La plupart (voir Polony, Zemmour, Rougeyron , ...) se disent anti-libéraux : or, c'est une impasse qui les condamne à la stérilité. On n'arrive à rien en trahissant son histoire.

En effet, la France est un pays de libertés, elles sont un pilier de notre culture. Dois-je rappeler l'étymologie du mot « France ». ? Bien sûr, les anti-libéraux feront mine de ne considérer que les libertés collectives, ce qui est une ruse de garçon de bains sur laquelle il est inutile de s'attarder.

Certes, la tradition de liberté civile et politique est mieux ancrée en Grande-Bretagne, mais considérer que l'étatisme est l'alpha et l'oméga de la « francitude » est une aberration. Refuser un libéralisme raisonnable par peur de le voir dévier avers le libéralisme libertaire, c'est s'amputer un membre faute de savoir le soigner. Etre conservateur, c'est aussi vouloir conserver ce que notre tradition a de libéral.

Or, Jean-Louis Harouel, utilisant sa grille de lecture gauche = gnose / droite = christianisme, explique de façon limpide comment on réconcilie conservatisme et libéralisme :

J-L Harouel : « Une droite vraiment à droite n'a pas peur de parler de tous les sujets qui fâchent »

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La frontière entre droite et gauche passe à l'intérieur du libéralisme.

Le libéralisme est de droite quand il insiste sur la responsabilité de l'individu quant aux conséquences de ses actes, dans la tradition du Décalogue. Il est de gauche quand il refuse cette responsabilité au nom de la souveraineté absolue du moi, laquelle renvoie à l'homme-Dieu de la gnose, à qui est permis l'immoralisme.

À cela s'ajoute l'antithèse entre l'individu inséré dans une société particulière et l'individu pareil à un électron libre, sans attache ni identité. À l'état pur, quand il ne veut connaître que l'individu et l'humanité, le libéralisme est une religion séculière, une utopie, un système total, comme le communisme.

Face au libéralisme de droite - héritier du christianisme, gardant la notion de bien et de mal -, les libéraux modernes poursuivent une utopie de la liberté illimitée, par-delà le bien et le mal, par-delà les spécificités des peuples, des civilisations, des sexes même. Pour ce libéralisme total œuvrant à l'uniformisation du monde, il n'y a que des individus interchangeables selon le modèle de l'homo œconomicus et festivus d'un marché mondialisé hédoniste.
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Ceux qui sont incapables de réconcilier conservatisme et libéralisme raisonnable manquent tout simplement d'esprit de finesse. Ils ont trop l'esprit de système. Ils sont à la pensée politique ce que la perceuse à percussion est à la musique de chambre.

Enfin, il ne faut pas oublier que la politique est un art tout d'exécution (un art et non une science). On ne peut pas se passer d'idées nettes. Mais cela ne suffit pas. Et on n'est pas obligé de les dire, ou de les dire toutes. Exemple : De Gaulle 1958. Contre-exemple : Theresa May 2017.


11 novembre 2017 : hommage à Georges Clemenceau

Ce n'est pas mon personnage historique préféré mais il fait lui reconnaître qu'en 1917 et 1918, Clemenceau fut pour la France l'homme qu'il fallait où il fallait.

Quand il arrive au pouvoir en novembre 1917, l'Allemagne, persuadée de tenir avec l'effondrement russe le déblocage stratégique qu'elle attend depuis si longtemps, a repoussé tous les sondages en vue d'une paix blanche. La montée en puissance des Américains est très lente, trop lente.

C'est l'époque où court encore chez les Poilus l'idée du printemps que la guerre n'aura pas de fin, que les femmes et les industriels de l'Arrière s'accommodent fort bien d'une guerre éternelle, où certains écourtent leur permission tellement ils se sentent mal à l'aise à l'arrière.

Clemenceau rompt le charme maléfique, il redonne une dynamique politique à défaut d'une dynamique militaire. En ces mois cruciaux où tous les gestes de désespoir et de découragement étaient possibles, il a bien mérité de la Patrie.

Tout le monde connaît l'anecdote : la seule chose que Clemenceau demande dans son cercueil, c'est un bouquet de fleurs offert par les Poilus lors d'une visite des tranchées.



Nostalgie des années 80 : Prost, Senna et Vatanen

Monaco 1984 : Prost à qui gagne perd




Ari Vatanen : Monte Carlo 85, la course de sa vie



vendredi, novembre 10, 2017

A propos des actrices

Il y a des actrices que j'apprécie (souvent, elles sont mortes), mais jamais, au grand jamais, il ne me viendrait à l'idée de les prendre en exemple, de les donner en exemple, d'en faire d'une manière ou d'une autre une référence de vertu ou de moralité, ou même, tout simplement, d'écouter leur avis sur quoi que ce soit.

En gros, me direz vous, je prends les actrices pour des trainées ? Oui, sauf exceptions rares.

Comme dit Causeur :

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Quant au producteur de cinéma, il ne décolérait pas. « Comment des petites connes peuvent-elles aller seules la nuit dans la chambre d’un homme sans se douter de ce qui va leur arriver ? Après avoir perdu leur virginité, elles voudront retrouver leur dignité… laissez-moi rire et ne pas être dupe de ces stratagèmes infantiles. » Je lui rappelais ce que Louise Brooks m’avait confié : les filles qui veulent faire du cinéma sont soit des putes, soit des folles. Et le plus souvent les deux. Il approuva. Je me souvenais d’ailleurs de Claude Chabrol – j’étais alors critique de cinéma – me montrant des centaines de photos de femmes nues lui proposant de tourner dans ses films. Au dos, il y avait leur nom et leur numéro de téléphone. Généreux, il m’avait dit : « Prends celles qui te plaisent ! ».
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Je ne me souviens plus quel réalisateur ou producteur disait : « Les actrices travaillent autant couchées que debout ».

Et un mien collègue remarque avec bon sens : « Si ce n'est pas pour coucher avec des actrices, à quoi ça sert de s'emmerder à être producteur ? ».

Mais, bon, nous vivons dans un monde tellement avili qu'on demande leur avis aux actrices plutôt qu'aux femmes honorables et, comble de la bêtise, on fait mine d'en tenir compte.


Guerre des sexes et gnose

L’idée de Jean-Louis Harouel selon laquelle la modernité est l’héritière de la gnose trouve une nouvelle illustration dans l’actuelle guerre des sexes médiatique.

En réalité, ce n’est pas une guerre, puisqu’il y a d’un côté les harpies qui attaquent et de l’autre les hommes qui se couchent (ah, plus veule que Bruno Lemaire, ça va être dur à trouver (1)).

Cette hystérie est, pour l’homme (au sens d’être humain !) à l’ancienne, tout à fait ridicule et ne mérite qu’un éclat de rire. Car, dans cette conception traditionnelle, les hommes et les femmes sont différents, leur relation s’alimente de cette différence et tous, de l’un et l’autre sexe, sont également faillibles parce qu’humains. Il convient donc d’examiner ces affaires de harcèlement au cas par cas et avec la plus grande circonspection, certainement pas d’en faire une batteuse caricaturale.

Maintenant, voyons cette affaire d’un point de vue gnostique. L’être humain a vocation à (re-)devenir un pur esprit, le corps est un malheur, un poids, une condamnation. De ce point de vue, la différence des sexes est la plus corporelle, donc la plus condamnable. Le sexe n’est bon qu’à avilir le corps, pour libérer l’esprit, c’est pourquoi la détestation du sexe voisine chez les gnostiques avec l’exaltation de la jouissance sexuelle.

Donc tout ce qui montre la différence sexuelle est condamnable, c’est pourquoi le harcèlement, qui est par nature sexué et dissymétrique, est décrit comme l’abomination des abominations.

De plus, le gnostique pense, contrairement au chrétien auquel il s’oppose, que la perfection est de ce monde, d’où la rééducation perpétuelle.

Mais il ne faut pas oublier une chose : la gnose hait la procréation. Toute société gnostique périt faute de faire des enfants en nombre suffisant. Une société ne supporte les gnostiques qu'à la condition qu'ils soient très minoritaires et baillonnés, si elle leur laisse donner le la, elle disparaît.

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(1) : il a déclaré le matin à la radio qu’il ne dénoncerait personne, que la délation n’était pas dans ses valeurs, et a présenté ses excuses l’après-midi même, devant le raz-de-marée Twitter et a dit que, bien sûr, il dénoncerait les harceleurs s’il en connaissait. Et c’est ministre …

De Touche pas à mon pote à Touche pas à mon poste : l'héritage de la génération Mitterrand

De Touche pas à mon pote à Touche pas à mon poste : l'héritage de la génération Mitterrand

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Les enfants gauchistes du postmarxisme sont orphelins depuis que la vérité sur le paradis blanc et rouge des goulags a sonné le glas de l'escroquerie socialiste.

De même, la longue marche morbide forcée de la Chine populaire n'eut rien à envier au bruit des bottes fascistes des années 30. On se souvient de Pierre Ryckmans obligé de publier sous le pseudo de Simon Leys afin de dénoncer les horreurs de la révolution culturelle en Chine.

[…]

Sartre, mais aussi Foucault, ont salivé devant la révolution iranienne et son saint homme, l'ayatollah Khomeini, faisant régresser les femmes iraniennes, les ensevelissant dans des voiles sarcophages. Pourvu que l'Occident soit perdant, pourvu que nos grands révolutionnaires en peaux de lapins ne renoncent pas au paradis des prolétaires et des damnés de la terre.

On est en plein fantasmes d'idéologues de salons, vendeurs de chimères embrumées de la supériorité de concepts savants pour masquer le totalitarisme islamique. Ils sont prêts à sacrifier tout un peuple, en commençant par les femmes et les enfants, sans avenir autre que celui d'un big brother islamique, pourvu que le concept soit glamour dans les débats feutrés des progressistes du camp du bien, pourvu qu'ils aient une victoire sur l'impérialisme américain.

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes fut une belle fumisterie. Ils ont offert des peuples à des tyrans pires que les anciens colons.

[…]

Orphelins du prolétariat occidental, ils se sont entichés des «damnés de la terre», titre ouvrage de Frantz Fanon, dont la préface de Jean Paul Sartre posait en postulat la barbarie comme purification visant l'émancipation.

Les années Mitterrand furent marquées par la complaisance du pouvoir socialiste avec les terroristes de tous bords.

Ce fut France terre d'asile pour les têtes pensantes de l'ETA, des Brigades Rouges, du GIA et du FIS.

Des milliers de militants du Front Islamique du Salut (FIS) furent accueillis en France au nom des droits de l'homme et ont pénétré nos banlieues, alors que leurs victimes en Algérie ont essuyé des refus au nom d'un juridisme absurde car n'étant pas menacées par un organisme étatique.

De même aujourd'hui, il nous est impossible de traduire devant un tribunal d'exception les affiliés de l'Etat islamique au motif qu'ils ont fait allégeance à un État non reconnu par les Nations unies.

Cette logique délirante nous vaut de financer la location d'un logement pour un artificier du GIA et de lui verser un RSA, de laisser Abdelghani Merah à la rue, lui qui a dénoncé sa famille radicalisée, et de loger sa mère fanatisée dans un appartement payé par nos impôts afin qu'elle puisse rendre visite à son fils Abdelkader, émule de Ben Laden.

Ce même État de droit voit les soldats de l'opération Sentinelle ou des policiers interdits de répondre aux insultes, crachats et provocations sans un ordre donné; certes, ils peuvent toujours déposer plainte mais leurs identités et adresses seront divulguées à l'intention de leurs agresseurs dans le cadre de la procédure !

L'idéologie postmarxiste soixante-huitarde n'est pas morte; elle a eu le pouvoir sous Mitterrand, elle squatte aujourd'hui les médias, les lignes éditoriales du Monde, de Libération, des Inrockuptibles. Elle ne vend plus, est déficitaire dans l'opinion publique et dans le jeu démocratique mais pratique le terrorisme intellectuel et le hold-up économique par le biais de subventions privilèges, héritage de la monarchie mitterrandienne.

Non contente d'avoir catapulté l'éducation nationale au niveau d'un pays en voie de développement, elle tiers-mondise sa république parisienne, l'érigeant en modèle pour toutes les mégalopoles françaises, tout en fascisant la France périphérique, coupable de ne pas aimer l'insécurité, la «racialisation» du social, les zones de non-droit.

Dans ce contexte, la droite fut au-dessous de tout, affairiste et communautariste sous Sarkozy, qui se fit l'obligé du Qatar et des Frères Musulmans, multiculturaliste par le roi fainéant Chirac qui participa à l'élaboration d'une constitution européenne scélérate. Jean-Christophe Lagarde et Édouard Philippe réussirent même à aller plus loin que la plupart des édiles de gauche dans le clientélisme islamiste à Bobigny et au Havre.

La République En Marche est, quant à elle, dans la gestion technocratique du fascisme islamique.

Dans ce contexte, la droite fut au-dessous de tout, affairiste et communautariste sous Sarkozy, qui se fit l'obligé du Qatar et des Frères Musulmans, multiculturaliste par le roi fainéant Chirac qui participa à l'élaboration d'une constitution européenne scélérate. Jean-Christophe Lagarde et Édouard Philippe réussirent même à aller plus loin que la plupart des édiles de gauche dans le clientélisme islamiste à Bobigny et au Havre.

La République En Marche est, quant à elle, dans la gestion technocratique du fascisme islamique.

Les vrais héritiers d'une gauche laïque, universaliste, émancipatrice et féministe sont assignés au fascisme, ces personnes font la fierté de notre pacte social républicain et doivent être défendues et mises en valeurs, elles se nomment Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Céline Pina, Fatiha Boudjahlat, Laurent Bouvet...

Il n'est pas aisé de dénoncer l'islamisme en France et ses mécanismes d'implantation sans subir des agressions violentes de la «cléricature du bien». Celle-ci porte une grande responsabilité dans la diffusion de l'idéologie pro Charia au sein de notre pays.

Pourquoi l'infaillible camp du bien ferait-il son mea culpa? ( aucune excuse après l'immonde tribune du 5 novembre 2011 contre Charlie Hebdo suite au premier attentat dont ils avaient été victimes. Aucun des signataires n'a jugé utile de faire amende honorable en 2015)

Le camp du bien n'aucun intérêt à ce que l'on combatte l'idéologie qui mène au djihad, ni même qu'on en fasse la description, ils ont même plutôt intérêt à présenter ce totalitarisme comme une identité culturelle et religieuse respectable. Les héritiers de la Terreur ne peuvent pas dénoncer leurs protégés.

Démontrer qu'il y a au sein de notre pays une chaîne de production idéologique menant au djihad et passant par le préalable de l'insécurité culturelle pour arriver à l'insécurité physique, entraîne tout de suite des réactions épidermiques très violentes des parrains du communautarisme et de l'islamisme. Ils instaurent un climat d'insécurité intellectuelle afin de museler toute parole qui s'exécute en dehors des balises qu'ils ont soigneusement posées.

En aucun cas, il ne faut éveiller la population au danger de la présence sur notre territoire de salafistes, takfiristes et autres Frères musulmans!

Le plus grand des services que rend cette intelligentsia au totalitarisme islamique est de maquiller le réel et de pratiquer le terrorisme intellectuel vis-à-vis de ceux qui osent dénoncer les nouveaux collabos.

Pendant que certains tuent, d'autres bâillonnent tout en faisant la promotion d'une territorialité islamique légitime sur notre sol, en balayant d'un revers de la main de Touche pas à mon pote, les questions cruciales de liberté de conscience, d'égalité hommes femmes et de rapport à l'altérité dans l'islam, mais aussi de souveraineté de la nation en participant à sa déconstruction sous l'œil bienveillant de Bruxelles.

Ce que l'islamisme rêvait de faire, le camp du bien l'exerce avec une efficacité redoutable.

Le délit de blasphème n'est pas encore réintégré dans le Code pénal mais la mort sociale guette l'imprudent qui se risquerait à défier l'ordre de bâillon autoritaire.

Plus l'islam politique tuera et accentuera la partition territoriale et culturelle en cours, plus cette intelligentsia complice deviendra violente vis-à-vis de ceux qui auront osé décrire le réel.

Il faut le rappeler sans cesse, « L'islam est une religion de paix, d'amour et de tolérance », répétez le sans cesse avec ces arguments en trompe l'œil, « l'immense majorité de nos concitoyens de confession musulmane vivent leur religion dans le respect des règles de la république » et osez le mensonge ultime « les djihadistes ont dévoyé l'islam ».

Comme dans 1984 et les trois slogans du parti sous le regard de Big Brother, jamais ne remettre en question la doxa imposée par la Police de la pensée unique:

« La guerre c'est la paix.

La liberté c'est l'esclavage.

L'ignorance c'est la force ».

Poser des questions fondamentales sur le refus de la liberté et du progrès humain qui expliquent le déclin du monde musulman sur les 9 derniers siècles est dénoncé comme un signe d'intolérance et le désir caché de vouloir organiser des « ratonnades » géantes sur le territoire national. Il faudrait rappeler à ces zélés gardiens d'un mémorial génocidaire virtuel que la peur et les armes ne se trouvent pas dans les camps qu'ils désignent.

[…]

Plus de 80 ans sans guerre sur notre sol ont anesthésié les consciences. Plusieurs générations sont persuadées que cette paix est un acquis définitif, la fin de l'histoire est passée par là et contribue à perturber la perception des enjeux du réel.

Ceux qui nous ont déclaré la guerre ne sont que faits divers et audiences carabinées sur les «anxio-chaînes» d'information, djihadistes spontanés et déséquilibrés en mal de psychiatrie suffisent à l'analyse.

Laissons le bon peuple ricaner devant Hanouna et chasser le Pokémon, et lynchons celui qui casse l'ambiance, non pas ceux qui commettent des massacres car «ils n'auront pas ma haine!», mais ceux qui annoncent des vérités dérangeantes et nous promettent des lendemains qui déchantent.

Il ne faut pas regarder le péril qui menace, il faut détester ceux qui nous contraignent à la lucidité, les diffamer, les bannir, les étouffer par une pendaison haute et courte sur l'autel de la bien pensance.

Le magistère moral du camp du bien possède tous les canaux médiatiques et persécute les voix que rien ne peut contraindre au silence.

Ils peuvent même aller plus loin: vous désigner «islamophobe» et souhaiter votre mort comme Guy Bedos à l'intention de Charlie Hebdo.

De l'esprit de Munich au Munich ta mère, du Munich ta France au Munich islamo gauchiste, des jeux de Munich à l'attaque à la hache de Munich en 2016, c'est nos mères, nos familles, nos patries, nos traditions qu'on assassine.

L'Europe des nations fut condamnée sur les ruines du nazisme, elle s'est vue communauté triomphante définitive sur les ruines du mur de Berlin, elle risque de mourir de mépriser ses peuples dans un Munich de la honte.

La symbolique est forte : comme en 1940, la France abdique avant d'avoir combattu [pour 1940, ce n’est pas tout à fait vrai].

Depuis les crimes de Merah, deux et deux font cinq, que ce soit par la piste de l'extrême droite après les crimes de Montauban ou par la communication faite de slogans mensongers durant les attentats ayant égrené l'actualité des cinq dernières années.

[…]

Aujourd'hui, seul compte le contrôle social des classes moyennes et supérieures, celles qui financent le fonctionnement du pays, un contrôle par l'État et la junte intellectuelle squattant les médias et délivrant des oukases à quiconque franchirait les bornes.

Le marché unique et la monnaie unique ont enfanté un monstre totalitaire, anti démocratique, la pensée unique et sa police coercitive.

Les territoires perdus de la République sont abandonnés et n'intéressent pas la Police de la pensée unique car ils ne rapportent pas de devises, il faut juste tolérer l'économie parallèle, les violences des caïds dans ces enclaves, et la police religieuse du comportement.

Une rançon sociale de plus en plus lourde est exigée, elle est indispensable pour maintenir la paix sociale. Les classes moyennes et supérieures sont assignées à cette tâche, elles doivent payer, coupables qu'elles sont de jouer le jeu de la méritocratie.

Elles sont sommées d'accepter sans rechigner le désastre que nos apprentis sorciers du multiculturalisme ont mis en place.

D'un autre côté, l'objectif de faire de l'islamisme et de la culture d'origine, des respectabilités non négociables, enferme les musulmans dans une impasse totalitaire, les femmes sont abandonnées au «porno-islamisme» décrit par Kamel Daoud, et les jeunes musulmans sont offerts aux islamistes sans aucuns états d'âme au nom de la liberté de conscience qu'on refuse aux apostats de l'islam.

Polygamie, tournantes, il y a des porcs halal qu'on refuse de balancer car le totalitarisme conquérant a sa propre logique:seuls les blancs Occidentaux de culture chrétienne et juive ne peuvent être que coupables. Colonisation, esclavage, conquête de l'Amérique, Shoah, tout doit être remboursé, quitte à livrer les juifs, en les accusant d'être les grands ordonnateurs du chaos du monde islamique.

Et c'est là tout le paradoxe de l'action de la cléricature du bien: elle utilise la Shoah et nos heures les plus sombres de notre histoire pour réduire au silence et à la mort sociale les insolents, mais sacrifie non seulement les juifs de notre pays mais aussi les femmes de culture musulmane les assignant au patriarcat le plus absolutiste qui soit mais aussi les apostats de l'islam et les libres penseurs. Elle vomit sur 3000 ans de civilisation et 2000 ans de récit national pour nous offrir le mythe d'Al Andalus, un hymne revisité faisant l'apologie de la soumission.

Finalement Houellebecq avait raison, et sa vision n'était pas islamophobe mais francophobe car décrivant des élites françaises couardes et opportunistes, n'hésitant pas à servir les islamistes. Coluche, s'il était encore vivant, aurait été en mesure d'affirmer que «les islamistes sont plus égaux que les autres!», à l'image de la nouvelle laïcité qui nous est déclinée depuis quelques années.

Il est temps de renverser la table et d'affirmer définitivement que deux et deux font quatre, surtout quand une unité tue à la kalashnikov, au couteau, aux explosifs ou au camion bélier.

Il est temps de respecter la démocratie en l'illustrant par son essence même, le débat et les arguments, et non les sentences péremptoires arbitraires des petits commissaires politiques. La confiscation du débat démocratique est symptomatique d'une démocratie malade de son quatrième pouvoir, les médias, devenu un parti politique en collusion avec l'idéologie post marxiste qui ravage notre pays.
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Pierre-Yves Rougeyron d'octobre

J''aime bien Pierre-Yves Rougeyron.

Pourtant, son arrogance lui fait émettre des jugements péremptoires qui le ridiculisent souvent.

Quand il fait une remarque méprisante sur Reynald Secher ou qu'il fait l'éloge de Mélenchon, de Guevara et Maduro sous prétexte du nationalisme de l'anti-bourgeoisisme communistes, j'ai envie de lui dire : « Mon petit gars, tu as une bien grande gueule, mais tu penses trop et tu ne travailles pas assez de tes mains. Tu serais un peu plus modeste dans ton expression et plus humain et tu comprendrais des choses qui ne sont pas dans les livres, en tout cas, pas dans ceux qui traitent de politique et de philosophie, comme par exemple  le désespoir de vivre en régime communiste, qui fut le mieux rendu par les poètes ».






jeudi, novembre 09, 2017

Le courage intellectuel et moral

J'apprécie le jugement d'Hélie de Saint Marc : « L'autorité est la fille du courage sous toutes ses formes : physique, intellectuelle et morale ».

Le courage intellectuel consiste, selon le mot de Péguy, à voir ce que l'on voit, et le courage moral à ne pas chercher d'excuses au Mal et à ses serviteurs.

Ils peuvent être séparés. J'ai une connaissance qui analyse avec lucidité les problèmes du temps présent, en ce sens elle a du courage intellectuel, mais dès qu'il s'agit de tirer les conséquences, de conclure qu'il y a des gens qui sont nos ennemis et qu'il faut les combattre, il n'y a plus personne : pas de courage moral.

Mais ils sont souvent unis en un courage intellectuel et moral, ou, quand ils manquent, en une lâcheté intellectuelle et morale.

A propos de Trump puis de l'islam, Eric Zemmour montrent les trois courages (car on ne dit pas ce qu'il dit sur l'islam sans courir un risque physique) :

ZEMMOUR et NAULLEAU 08 Novembre 2017 HD

Je soupçonne que le courage intellectuel et moral est plus difficile, car il comporte un risque de souffrance sociale, que le courage physique, qui comporte un risque de souffrance physique mais une chance de récompense sociale.

Par exemple, bien des catholiques, à commencer par le premier d'entre eux et ceux qui sont juste en dessous, sont d'une très grande lâcheté intellectuelle et morale vis-à-vis de l'islam et d'autres choses:

Responding to Jihad: Going about our Business or Getting Down to Business?

« Jupiter » ou l’antéchrist à l’état gazeux

Des juristes et des hauts fonctionnaires aussi (d'ailleurs, comme le dit Zemmour, le droit, l'invocation rituelle de « l'Etat de droit » est très souvent le prétexte de notre lâcheté) :

Arrêt sur la croix de Ploërmel: une « laïque » surprise pour les islamistes : deux religions, deux mesures

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Pour les islamistes, si les « croisés » enlèvent eux-mêmes les croix, c’est qu’ils sont déjà en position de faiblesse, prêts pour la dhimmitude. Feu vert donc pour pousser le bouchon un peu plus loin … 
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L'histoire du communisme, surtout si l'on tient compte que l'islam c'est le communisme plus dieu, n'incite pas à l'optimisme.

Les intellectuels de salon ou d'université, parce que leur gagne-pain dépend beaucoup de leur réputation auprès de l'opinion, semblent particulièrement disposés à la lâcheté intellectuelle et morale. Ils nous le prouvent d'ailleurs tous les jours.

Les conséquences géopolitiques du communisme

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La faillite intellectuelle de la France

Dans L’étrange défaite, Marc Bloch essayait de comprendre les causes de la défaite surprenante de la France en 1940. Pour les historiens du début des années 2000, c’est un autre sujet qui s’annonce ardu : comprendre pourquoi des hommes, qualifiés d’intellectuels, ont pu défendre avec autant de passion et de force le communisme. Aujourd’hui encore, cette idéologie est globalement considérée comme bonne. On impute ses erreurs à Staline, le stalinisme, ce qui fut un très beau coup politique de Khrouchtchev : imputer les crimes du communisme à Staline pour laver le communisme de ses crimes. Cette erreur est toujours présente dans les manuels scolaires qui parlent du stalinisme et rarement du communisme et qui évoquent la fin du système totalitaire en 1953 (mort de Staline), omettant que celui-ci se prolonge jusqu’en 1991. Un tel aveuglement est non seulement un objet d’histoire, mais aussi un sujet d’inquiétude pour le présent. Il se poursuit quant à l’incapacité à penser et à comprendre l’islamisme et des mouvements culturels qui touchent certaines parties du monde. C’est le refus du réel, l’enfermement dans l’idéologie, qui fait que l’on peut encore parler de commémoration pour évoquer un événement qui a déclenché la mort de dizaines de millions de personnes.
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Séparer le léninisme, supposé bon, du stalinisme, mauvais, est un vieux truc de tchékiste bien expliqué par Volkoff dans Le retournement. Non, le communisme est pourri du début à la fin.


Stéphane Courtois : La révolution d'Octobre 1917 a été un désastre historique

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Un autre totalitarisme peut-il succéder au bolchevisme ?

Mais bien sûr, en 1979 la révolution de Khomeyni, l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS et la prise d'otages géante de La Mecque ont servi de révélation à Ben Laden. L'islamisme, le projet de s'emparer de la société et de contrôler les individus sous prétexte de religion, conformément à la doctrine édictée par les Frères musulmans dans leur Manifeste de 1936, est le quatrième totalitarisme, après le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, dont il partage de nombreux traits, la négation des choix individuels, même s'il a aussi les siens propres. Un projet de conquête mondiale qui attire les jeunes des sociétés perturbées par la mondialisation, en une surenchère sans fin de haine et de promesse de pureté narcissique. Or nombre de politiques, y compris apparemment le président de la République, ne semblent pas lucides sur le danger communautariste et djihadiste. On fait la cour au Qatar et à l'Arabie saoudite, qui soutiennent les agents d'influence de cette doctrine. Le XX siècle fut celui de l'invention du totalitarisme, si on n'y prend pas garde le XXI sera celui de ses héritiers...
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mercredi, novembre 08, 2017

Etre harcelé sexuellement ? Mais je ne demande que ça !

Ces histoires de harcèlement sexuel donnent une image lamentable des femmes : faibles mais hystériques, manipulables mais harpies, geignardes et pleurnichardes, rancunières et sans recul.

Je fréquente peut-être des femmes exceptionnelles (ce n'est pas impossible) mais celles à qui j'ai parlé de harcèlement m'ont répondu que, merci, elles savaient se défendre, et pas vingt ans après.

La vérité est toute bête : 99 % des femmes qui se plaignent aujourd'hui si fort et si publiquement, avec tant de retard, d'avoir été harcelées par des puissants d'hier sont des salopes qui ont préféré en connaissance de cause leur carrière à leur honneur (1) et qui espèrent se refaire, au match retour, une virginité et une notoriété. Salopes hier, salopes aujourd'hui, fidèles à elles-mêmes en somme. Rien à avoir avec les harcèlements et les viols dans nos banlieues islamisées, qui, eux, n'émeuvent aucun people.

Bien sûr, je dirais cela sur un media de grande diffusion, je serais grillé à vie, pour la simple raison que notre monde aime le mensonge, il le chérit, il le dorlote.

ACCUSÉS, COUCHEZ-VOUS !

Je précise pour les pisse-froid que le titre de ce billet est une plaisanterie (on ne sait jamais : en nos temps où des débiles profonds hargneux tiennent le haut du pavé, il vaut mieux dire certaines choses qui devraient aller sans dire).

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(1) : bien sûr, l'honneur à un prix qu'il faut être prêt à payer, mais ainsi va la vie. Suzy Delair (bientôt centenaire), quand on l'interroge sur une carrière pas aussi bonne qu'on aurait pu espérer, répond avec philosophie : « Je n'ai pas du flirter quand il le fallait ... »

A year of Trump

Paraît-il que nous avons vécu un an de présidence Trump.

Certes, ce n'est pas tout fait vrai puisqu'il n'a pris ses fonctions que le 10 janvier.

Quel bilan ?

Tout d'abord, la mission principale est déjà accomplie : battre Hillary Clinton et nommer un juge conservateur à la Cour Suprême. N'aurait-il fait que cela, c'est déjà essentiel.

Ensuite, les missions secondaires : ralentir la mondialisation, cesser les aventures extérieures, se mettre en travers du train progressiste. Le bilan est plus mitigé. Mais, compte-tenu qu'il a tout Washington contre lui et que les Républicains ne sont pas les moins acharnés, son style brouillon et excessif sème la confusion chez ses ennemis, qui ont tendance à réagir sur le même mode, qui leur fait commettre des erreurs.

Si le scénario de Charles Gave réussit, ça sera un coupe de maitre.

mardi, novembre 07, 2017

Le peuple de la frontière (G. Andrieu)

Un livre à la Sylvain Tesson, en plus politique et en moins poétique.

Gérald Andrieu a fait une campagne présidentielle particulière : il a marché le long de la frontière française du nord au sud.

Pas de surprise : on retrouve ce que disent les Zemmour et les Guilluy. Un peuple français abandonné et malheureux, qui s’en tamponne de Macron. Ce livre devrait être lu par les bobos de Paris, Bordeaux, Lyon. Probablement répondraient-ils « Ils n’avaient qu’à faire comme moi », dans leur prétention comique à ne rien devoir qu’à eux-mêmes.

Mêmes les communes plus riches, frontalières de l’Allemagne et du Luxembourg, ont leurs inquiétudes, dites à tort identitaires, qui sont tout simplement populaires, les inquiétudes de gens qui veulent encore constituer un peuple français. Après tout, l’un des terroristes du Bataclan venait de Wissembourg, commune alsacienne moyenne.

L’origine de ce désespoir est tout fait clair, même si certains (mais pas tant que ça) ont du mal à la formuler : la trahison de la classe dirigeante.

Je ne peux que recopier ce que j’écrivais en 2009 :

Le pays saura qu'il est défendu

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Dans son plus célèbre discours de guerre, Clemenceau a prononcé cette phrase qui a marqué les esprits : « Le pays saura qu'il est défendu ».

Aujourd'hui, c'est au contraire le sentiment d'abandon qui domine : le pays sait qu'il n'est pas défendu, quand il n'est pas trahi. Nos politiciens et nos médiatiques considèrent que tout ce qui est français, « franchouillard » dans leur langue, ne mérite pas d'être défendu, et ce n'est pas plus mal si c'est détruit. On peut épiloguer sur la haine des élites pour leur peuple, au point qu'elles participent activement à l'extinction de sa culture.

Cette haine des élites pour le peuple est à l'origine de l'immigrationnisme, cette politique qui consiste à considérer que tout ce qui vient de l'étranger est bien et tout ce qui vient de chez nous est mal (un Arabe fier de ses racines, c'est bien ; un Français fier de ses racines, c'est un beauf). On assiste à une véritable tentative de substitution de population et de culture.

[…]

Question difficile : pourquoi les élites détestent-elles leur peuple ? Le snobisme a toujours existé et est naturel.

La Révolution Française a créé une peur du peuple qui a plus ou moins subi un coup d'arrêt avec la Commune, mais le changement fondamental me semble dans les conditions de vie : on peut désormais vivre dans des beaux quartiers totalement aseptisés, débarrassés des RMIstes et des smicards. Allez à Auteuil, Neuilly, Boulogne-Billancourt pour voir.

Les progrès techniques font que les élites peuvent désormais vivre avec le minimum de contact avec le peuple, la domesticité a quasiment disparu, les organisations modernes sont telles que les rapports avec la base passent par des intermédiaires.

Ce mouvement technique a coïncidé avec un mouvement historique. Deux guerres mondiales en trente ans, ça fait beaucoup. Le peuple, qui s'est fait hacher menu, était le coupable tout trouvé. N'est-ce pas lui qui a braillé comme un con en 1914 « A Berlin ! » ou « Nach Paris ! » ?

Bien entendu, les élites étaient aussi responsables, mais comme elles désignaient les coupables, elles ont pris soin de s'éviter trop de désagréments. On a donc honni le nationalisme populaire, celui qui défile en chantant, en oubliant les motivations guerrières spécifiques à la haute, comme l'intérêt ou le goût de la distinction ou l'ennui.

Mai 68 a été l'épiphanie de ce snobisme : quoi de plus snob que de revendiquer la licence des mœurs ? Il y a là un trait commun avec les nobles d'Ancien Régime dont l'ironie semble avoir échappé à beaucoup.
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La droite doit arrêter de parler la langue de la gauche

La droite doit arrêter de parler la langue de la gauche

Vous savez quelle importance j'attache au fait de parler avec les bons mots, car les mots encadrent les pensées.

Il est vrai que, pour nos politiciens, le problème est plus profond que les mots. Comme le dit l'auteur au détour d'une phrase, la plupart de nos politiciens qui se prétendent de droite ont des mécanismes intellectuels, des références et des réflexes, de gauche.

Mais, s'ils changeaient de mots, le plus difficile serait fait.

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Il y a un élément structurel qui affaiblit la position des Républicains et on le voit fort bien à l'occasion des élections pour la présidence de ce parti. Même lorsqu'elle défend des idées conservatrices, même lorsqu'elle avance des arguments libéraux, la droite le fait avec des mots, des expressions, des concepts qui ont été forgés par la gauche. Et, naturellement, lorsque l'on a adopté la sémantique de la gauche, il devient très difficile, pour la droite, d'aller au bout de ses idées. La pensée de droite parlée dans une langue de gauche finit en lapsus, en actes manqués et, le plus souvent, en eau tiède. La droite française a depuis longtemps perdu la bataille sémantique. Et elle est condamnée à perdre encore beaucoup de batailles électorales si elle ne se met pas, dare-dare, à livrer le combat du langage politique.

Prenons quelques exemples des pièges de la langue de gauche. La droite - celle du parti Les Républicains - est souvent qualifiée de « droite républicaine ». Mais qui donne ce brevet de vertu républicaine : la gauche, bien sûr ! Autrement dit, c'est la gauche qui fixe les contours de ce que peut être la droite. Et à partir du moment où elle fixe les limites de la droite, elle détermine également étroitement ce que peut être son programme. Et si un malheureux s'aventure en dehors de ces frontières, il sera excommunié non seulement par la gauche, mais aussi par son propre camp: tous diront qu'il ne fait plus parti de la « droite républicaine ».

C'est donc la gauche qui, sémantique aidant, nomme la droite. Pour sortir de ce piège, il faudrait que le principal parti de droite se nomme lui-même, renoue avec la langue de droite. J'ai proposé l'appellation de « parti conservateur ». On m'a dit, de toutes parts, qu'il ne pouvait pas en être question, que cela ne serait pas accepté. Pas accepté ? Certes, pas par la gauche qui verrait d'un très mauvais œil qu'un parti de droite ose se nommer, se désigner lui-même. On m'a dit aussi que ce serait contraire à la tradition française. Quelle blague, alors que c'est Chateaubriand qui a donné son sens politique à ce mot ! Disons plutôt que le surmoi culturel de beaucoup d'hommes de droite est en fait foncièrement à gauche

La vérité est qu'une grande partie du vocabulaire politique français est truffé de pièges sémantiques, de faux-amis, de chausse-trappes, de chevilles de langage qui biaisent invariablement l'expression de la pensée de droite et la dénaturent. Deux adjectifs emportent le pompon: « social » et « républicain ». Dès qu'ils sont accolés à un mot ou à un autre adjectif, ils le tirent systématiquement vers la gauche. Pourquoi les «valeurs de la République», alors que les « libertés fondamentales » ont plus de sens ? Pourquoi « l'école républicaine », alors que « l'instruction publique » a un contenu beaucoup plus signifiant?  Pourquoi toutes ces invocations de la « justice sociale », concept indéfinissable, alors qu'il serait beaucoup plus pertinent de parler de « justice et d'équité »? Pourquoi continuer à parler de « capitalisme » (forcément sauvage), alors que le terme adéquat est « économie de marché » ou même « économie libre » ?

Et puis, il y a tous ces concepts et tous ces mots qui ont une signification vraie dans la pensée de droite et dont l'usage est soit détourné, soit négligé alors qu'ils portent des éléments essentiels d'un projet conservateur et libéral: autorité, bien commun, confiance, famille, nation, responsabilité. Les mots, les mots bien choisis, disent le fond d'un projet politique. Cette bataille du langage est cruciale. Il importe, de toute urgence, que les hommes politiques de droite se réapproprient la langue de leurs idées.
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Guerre des sexes, guerre des races et perversion de l'intellect

HARCÈLEMENT SEXUEL : L’EXCEPTION SEXUELLE ?

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La loi de 2002, dite « de modernisation sociale », avait été accueillie comme un progrès considérable par les mouvements féministes. Parmi les évolutions applaudies, figurait pourtant ce que les juristes appellent le « renversement de la charge de la preuve », mettant le présumé harceleur en demeure de prouver sa bonne foi. Ce qui faisait dire à Catherine Le Magueresse, juriste, présidente de l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail : « Beaucoup de victimes [la confusion est constante entre victimes et plaignantes] étaient découragées par la loi, car c’était à elles d’apporter la preuve des faits. Désormais, l’accusé aussi devra donner des preuves de son innocence ! ».

Quel progrès, en vérité. Ce qui faisait dire à François Fillon, alors Ministre des Affaires sociales, en séance parlementaire du 19 décembre 2002 : « Dans quel autre domaine accepte-t-on que l’accusé soit seul amené à fournir les preuves de son innocence ? Il n’y en a pas ! ». Il est vrai que, relus après la campagne des élections présidentielles de 2017, ces propos prennent une résonance particulière. Il reste que cette prise de position était courageuse.

[…]

La prise en compte de la violence psychologique par les tribunaux est un progrès essentiel : elle suppose la reconnaissance d’une violence invisible. De même, le fait que le harcèlement devienne, à la faveur d’une actualité, un débat de société est une avancée que nous saluons qu’il ne s’agit surtout pas d’éluder : on voit d’ailleurs se rallier à la cause, avec le #TousConcernés, des hommes aussi révoltés que les femmes par le comportement de leurs pairs. Mais lorsque la psychiatrie et la psychologie se caricaturent elles-mêmes et envahissent le prétoire, contaminant jusqu’au discours des avocats, exigeant que le sentiment d’avoir été victime suffise à obtenir une condamnation et que la délation devient une compétition nationale, toutes les dérives sont à craindre.

Ce sont ce terrorisme intellectuel et cette pression « victimologique », cette « Dictature de l’émotion », qui avaient poussé le législateur à satisfaire, en 2002, les revendications féministes en élargissant à outrance le champ du harcèlement sexuel.
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Le drame de cette histoire, c'est que le retournement des mots, des règles et des valeurs n'est pas une malheureuse exception, il est en train de devenir la règle.

Détournement de sens, par Jacques Sapir

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Fatiha Agag-Boudjahlat vient de nous livrer un petit livre, soigneusement recherché et référencé, qui sera de la plus grande utilité dans les débats et les combats politiques qui s’annoncent. Sa thèse générale est que nous sommes confrontés à ce qu’elle appelle un « grand retournement » du sens des mots, mais aussi du sens des principes, qui constitue une attaque mortelle contre la République et la Démocratie. Ce « grand retournement » conduit des intellectuels que l’on pourrait croire éclairés, à tolérer, voire à justifier une racialisation des rapports sociaux. Ce « grand retournement », par le biais de l’ivresse intellectuelle que produit l’absolutisation du relativisme, aboutit à justifier l’injustifiable, à prôner un retour aux heures les plus sombres de l’humanité.

Pourtant, ce « retournement » se fait, en apparence du moins, avec les meilleures intentions du monde. Il se pare de couleurs de l’antiracisme pour épouser un racialisme forcené ; il se déguise des atours d’une pseudo lutte des classes mais c’est pour cacher un retour aux sombres guenilles du nazisme qui faisait justement des « races » ou des groupes ethniques, le sujet de cette lutte. Il va puiser dans une critique de la modernité des arguments pour chercher à renvoyer les hommes, mais surtout les femmes, dans le plus tragique des archaïsmes.
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Affaire Merah : un procès décevant !

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Loin d’être abattue par son malheur, résiliente, [Mme Ibn Ziaten mère d'un des militaires assassinés par Merah] a fondé une association qui porte le nom de son fils pour favoriser l’intégration des jeunes des quartiers difficiles. Elle bénéficie de l’aide des pouvoirs publics et s’est vue décerner plusieurs décorations. C’est évidemment un exemple. Mais de quoi ?

Elle est musulmane, sans excès, et son voile discret ressemble effectivement à celui de nos grands-mères en deuil. Peut-on parler d’assimilation ? Elle demeure profondément marocaine en même temps qu’elle est française. Sans doute la voie qu’elle incarne soulève-t-elle l’espoir, mais on ne peut éviter deux questions : n’est-elle pas une exception ? Peut-elle devenir la règle ? Même en la félicitant pour ce qu’elle fait, et en l’écoutant lorsqu’elle conseille à la France d’être moins naïve, on peut néanmoins se demander ce que feraient cette femme et sa famille, qui ont deux allégeances, si un conflit opposait ces dernières.
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Je me suis aussi posé, sans méchanceté, car Mme Ibn Ziaten mérite le respect, la question de Christian Vanneste.


Petit rappel de la litanie raciste d'Houria Bouteldja à une Insoumise amnésique


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[Mme Obono, député France Insoumise (quel joli oxymore, ce nom pour un parti politique soumis à une religion anti-française dont le nom signifie lui-même Soumission)]sait, c'est que Madame Bouteldja est une « une camarade militante antiraciste qu'elle respecte ».Toute la bouffonnerie, l'hypocrisie, la sottise, la perversion et la dangerosité de l'antiracisme dévoyé sont contenues dans cette lamentable palinodie.

Pour assister Madame Obono à son effort pénible de réflexion sur les déclarations de sa camarade militante antiraciste, rien de tel qu'un pot-pourri, le mot n'est pas trop mal trouvé, des saillies les plus obscènes de cette dernière. Sur notre pays: «Il faut dénationaliser l'histoire de France…. Je crois qu'il faut faire exploser cette identité française… » Après la mort de Merah: « Mohamed Merah c'est moi. Le pire c'est que c'est vrai. Comme moi, il est d'origine algérienne, comme moi il a grandi dans un quartier, comme moi il est musulman.… Comme moi, il sait qu'il sera traité d'antisémite s'il soutient les Palestiniens colonisés, d'intégriste s'il soutient le droit de porter le foulard. Mohamed Merah c'est moi et moi je suis lui. Nous sommes de la même origine et surtout de la même condition. Nous sommes des sujets postcoloniaux. Nous sommes des indigènes de la république… Je dis ce soir, je suis musulmane fondamentale. » Il faudra demander à la députée Insoumise si sa camarade antiraciste qu'elle respecte, ne faisait pas ici l'apologie d'un assassin terroriste.

[…]

Mais trêve de persiflage. Pardonnez ma faiblesse, mais, sur l'échelle de Richter de ma colère, j'avoue en vouloir moins à cette députée indigne qu'à tous ces petits marquis et grands seigneurs de l'intellect qui auront fait la courte échelle à la haine raciale la plus débridée. Des éditions «La Fabrique» d'Eric Hazan à Médiapart en passant par le Bondy blog. Et pour le dire plus nettement, j'en veux davantage encore aux donneurs de leçons antiracistes élégants qui n'ont pas bougé un doigt judiciaire contre Madame Bouteldja tandis qu'ils martyrisaient Georges Bensoussan ou Pascal Bruckner ou encore Pierre ou Paul pour un mot de travers. Le procès reste à instruire de ces apprentis chasseurs de sorciers, minables autant que pérorant, qui auront donc réussi à transformer en deux générations une immigration originellement pacifique en chaudron bouillonnant.
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Mais, dites moi ? Un monde où tous les principes, les valeurs et les mots sont inversés, un monde où l'humilité, la modestie, la finesse sont insultées, un monde où l'envie, la grossièreté, la hargne, l'insulte sont exaltées, n'est-ce pas cela qu'on appelle l'enfer ?