mardi, septembre 27, 2016

Trump a-t-il perdu le premier débat ?

Je n'ai pas vu le premier débat Trump-Clinton et je m'en fous : contrairement à ce que les gens de la télévision croient, parce que ce sont des narcissiques, l'influence des débats télévisés sur le résultat d'une élection est quasi-nulle.

En revanche, j'ai lu les compte-rendus des uns et des autres et je suis parvenu à me faire une idée : Trump a perdu le débat tactiquement et l'a gagné stratégiquement. Et c'est exactement ce que publie Scott Adams ce soir !

I Score the First Debate

Puisque Scott est féru de biais cognitifs, disons que Scott et moi sommes peut-être victimes d'un biais de confirmation (nous ne prenons en considération que les éléments qui confirment notre vision).

Mais il se peut aussi que nous ayons raison.

Scott Adams croit que Trump a déjà gagné, ce qui me paraît très excessif. Mais je donnerais aujourd'hui un léger avantage à Trump.

La campagne de Trump nous raconte une histoire attachante : le type en qui personne ne croyait qui finit par gagner en battant tous ses adversaires les uns après les autres. Hollywood en fera un film grand public.

La campagne Clinton nous raconte une histoire à mourir d'ennui : la nana qui va gagner à l'usure, parce qu'elle a suffisamment attendu et que maintenant c'est son tour.

Et puis j'ai en tête les événements des dernières années : le référendum français de 2005, celui sur le Brexit. A chaque fois, l'outsider a surpris le Système.

Il n'y aurait donc que les gens du Système, ils n'apprennent jamais rien, qui seraient surpris par une victoire de Trump.

dimanche, septembre 25, 2016

Un avocat parle droit

Ca fait du bien un avocat de lire un avocat qui ne saute comme un cabri en gueulant « Etat de droit ! Etat de droit ! » pour justifier son penchant en faveur de la racaille musulmane :

État de droit, état du droit et état de guerre

Pourtant, c'est Chantal Delsol que je vais citer à l'appui de cet article :

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L’État de droit ne peut être la finalité ultime d’un gouvernement. Le but dernier d’un gouvernant est de protéger une société afin qu’elle survive, autrement dit, qu’elle se prolonge dans le temps. Cicéron l’avait exprimé avec beaucoup de lucidité : un homme, disait-il, peut mourir pour une idée ou pour la vertu, il peut se suicider, parce que de toute façon il est mortel et seul responsable de lui-même ; mais une société ne voit pas de terme à sa vie, tout se passe comme si elle était immortelle, et elle n’a pas le droit de se sacrifier à une vertu ou à une idée : elle doit d’abord franchir le temps, parce qu’elle est responsable non seulement du présent, mais aussi du passé et du futur.
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Et maintenant, je peux citer Jean-Yves Borgne :

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Je rêve, comme beaucoup, d'un monde pacifié où les rapports des hommes seraient sereins et fraternels, où les lois d'exception seraient inutiles, où les libertés les plus larges bénéficieraient à tous. Ce temps reviendra, j'en suis sûr, mais il serait irresponsable de faire comme si cette ère heureuse était déjà la nôtre. Certains slogans ne sont qu'incantation et démagogie. Le devoir d'un homme politique n'est pas d'enfermer le peuple dans un mensonge rassurant, mais de parler vrai et de faire face. L'humanisme est une valeur fondatrice de notre société, et nul ne songe à rompre avec ce qu'il commande. Pour autant, la protection des Français ne peut être tenue pour un sujet secondaire. L'arbitrage entre les libertés et la sécurité relève de l'art de gouverner. L'équilibre entre les deux exigences est si difficile qu'on ne peut le confier qu'à des responsables d'exception, capables de maintenir l'État de droit en affrontant l'état de guerre.
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Islam : l'endoctrinement par les manuels scolaires

Comment l'islam est abordé dans les manuels scolaires ?

L'article parle de désinformation, ou d'information biaisée. Je parle d'endoctrinement, pourquoi ?

Parce que c'est la vocation naturelle de l'école à s'opposer à l'endoctrinement musulman (comme aux autres endoctrinements) en lui opposant la vérité et la solidité des savoirs construits. En manquant à cette mission, par lâcheté, pusillanimité ou complicité, l'école favorise de fait cet endoctrinement.

Que diraient toutes les belles âmes qu'une présentation complaisante de l'islam ne dérange pas en cas de présentation complaisante du nazisme (islam et nazisme ont beaucoup d'affinités) ?

Pendant ce temps, à la campagne ...

samedi, septembre 24, 2016

C'est confirmé, nous vivons en tyrannie

Le début de l'affaire :

Forges-les bains et les envahisseurs : un bon résumé

Et la fin :

Forges-les-Bains accueillera bien des migrants

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La maire [Ah, le merveilleux français AFP] de Forges-les-Bains, qui s'estime depuis le départ "mise devant le fait accompli", organisera samedi un "sondage" auprès des habitants pour recueillir leur avis sur le projet. Une consultation qui n'a qu'une valeur symbolique, car l'Etat est le seul décisionnaire. "Je garde l'espoir que les gens vont se réveiller et vont retrouver leur humanité", a-t-elle confié à l'AFP.
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Un cri dans la foule

Je suis en train de lire le livre du manipulateur en chef d'Hillary Clinton, Robert Cialdini, Influence et manipulation et c'est passionnant. Je vous ferai une recension à la fin de ma lecture.

Un de ces mécanismes de manipulation est la « preuve sociale » : je fais quelque chose parce que les autres le font. Si les autres le font, c'est que cela doit être ce qu'il faut faire.

Comme tous les mécanismes de manipulation, il est inconscient. Si vous l'amenez à la conscience, si vous vous dites « Je fais cela par imitation et non parce que j'ai fait une analyse qui me dit que c'est la chose à faire » vous le désamorcez en partie, mais seulement en partie, tellement il est puissant.

Tout le monde est énervé par les rires pré-enregistrés à la télévision et pourtant, les études montrent que les gens jugent plus comique une émission avec des rires pré-enregistrés que la même émission sans les rires alors qu'ils ont déclaré qu'ils n'aimaient pas ces rires.

C'est aussi ce mécanisme de preuve sociale qui explique les « micros-trottoirs », ces interviews d'hommes de la rue totalement incompétents : si de nombreuses personnes qui me ressemblent le disent c'est que cela doit être vrai.

Venons au sujet d'aujourd'hui.

Dans les années 70, un meurtre a eu lieu à New-York a duré vingt minutes et aucun des 38 spectateurs n'ait intervenu. La presse a accusé l'égoïsme des new-yorkais, les sociologues ont accusé la preuve sociale : personne ne bouge, c'est sûrement qu'il n'y a pas besoin de bouger, donc je ne bouge pas (rappelons que ce mécanisme est inconscient).

En effet, face à l'incertitude, nous sommes entrainés à rester stoïque. Donc, face à un événement inattendu, chacun, dans l'incertitude, va rester stoïque mais interpréter l'attitude stoïque des autres non comme une preuve d'incertitude mais comme une preuve qu'il ne faut pas bouger.

Ce mécanisme de passivité par preuve sociale est renforcé dans des conditions qui sont réunies en ville :

1) Incertitude. Pas toujours facile, dans le bruit et la fureur urbains, de faire la différence entre une scène de ménage et un meurtre, un accident bénin et un accident grave.

2) De nombreuses personnes autour de vous.

3) Les acteurs de l'événement vous sont inconnus.

Vous avez plus de chances d'être secouru à la campagne, par une personne qui passe par là et que vous connaissez.

Heureusement, tout espoir n'est pas perdu. Vous pouvez retourner la preuve sociale à votre profit.

Vous êtes en train de faire un malaise, vous venez d'avoir un accident, les passants vous jettent un coup d'oeil et continuent leur chemin. Ne criez pas « Au secours ! » à la cantonade (même si c'est mieux que rien, cela aide à briser l'incertitude), désignez une personne précise et donnez lui une mission « Vous, l'homme au costume bleu (en le pointant du doigt), je suis en train de faire un malaise, appelez les pompiers ».

Vous brisez l'incertitude et vous brisez aussi la preuve sociale (si les autres ne font rien, ce n'est pas parce qu'il ne faut rien faire, mais parce qu'ils n'ont pas compris).

Et vous retournez la preuve sociale à votre profit : la chose à faire par imitation, c'est de vous secourir.

mercredi, septembre 21, 2016

Nous sommes gouvernés par de la racaille inculte

C’est marrant comme à partir d’un simple mot on peut déduire tant de choses, hélas vraies :

Le mot «religieusement» banni du serment des magistrats

Nos politiciens sont désespérants, au sens exact du mot : ils génèrent du désespoir. On a un sursaut d’illusion, on se dit « Tu exagères, ils ne sont pas si mauvais que tu crois », et, paf, ils montrent qu’ils sont encore pires.



mardi, septembre 20, 2016

L'impossible intégration des musulmans en France

Une flopée d’articles du Fig sur la non-intégration des musulmans en France, un parmi d'autres. Les résultats globaux n’ont rien de rassurants. Je suis curieux d’avoir les résultats par sexe.

Enquête du JDD : en France, les musulmans sont-ils majoritairement sécularisés ?

J'en profite pour rappeler mes principes sur l'islam :

1) L'islam et l'occident se sont construits en opposition pendant 1400 ans.

2) L'islam est une religion de conquête. Je suis d'accord avec Houellebecq.

3) Un bon musulman ne peut pas être un bon Français et vice-versa.

4) Les musulmans en France qui continuent à se comporter comme des musulmans sont des colons, des conquérants, qu'ils soient violents ou non. Les plus dangereux à long terme sont les non-violents car ils entretiennent l'illusion chez les imbéciles qu'il y a des accommodements possibles avec l'islam. L'islam, on l'expulse ou on s'y soumet. Il est hors de question que la France s'y soumette.

5) Il faut forcer les musulmans en France à cesser de se comporter comme des musulmans (prénom, nourriture, voile, ramadan, etc.) et aider à partir dans un pays musulman ceux qui ne veulent pas.

5) Plus on attendra pour prendre ces mesures, plus on s'approchera d'une guerre civile qui sera d'autant plus violente qu'on aura attendu.

6) L'islam ne prospère en France que parce qu'il y a des traitres, des lâches et des abouliques. Le salut viendra de ceux qui ne le sont pas.

7) Un élément joue pour nous à long terme : le déclin du pétrole. Sans l'argent du pétrole : au cul des dromadaires, les musulmans. Un élément joue contre nous : la démographie.


















lundi, septembre 19, 2016

Les Alsaciens collent au cul : y a-t-il un sociologue dans la salle ?

En voiture, les Alsaciens collent au cul. Plusieurs fois sur l'autoroute, je ne voyais plus la calandre de celui qui me suivait. Et j'ai vérifié que c'était la même chose entre eux, que cela ne venait pas de moi, en regardant ceux qui me dépassaient.

C'est tellement frappant que je me suis amusé à comparer, à mon retour de la région parisienne : il y a bien une particularité alsacienne.

Ma question est la suivante : comment se forment des habitudes régionales en matière de conduite ? Où en tout autre matière, d'ailleurs ?

Islamisme, sociologie d'en haut et d'en bas, conservatisme à l'anglaise

Je trouve que ces trois articles s'enchaînent assez logiquement :

Quelques arguments pour une lecture moins optimiste du rapport de l'Institut Montaigne sur les musulmans de France

Plus de la moitié des musulmans en France sont des islamistes Ceux qui ont une vision juste de l’islam et, donc, des musulmans en France, ne seront pas surpris.

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La population "générale" compte 11,7% d’inactifs. La population musulmane en compte 29,5%, soit un tiers du groupe considéré. Ce seul chiffre constitue un choc collectif.

D’abord, on peut se demander dans quelle mesure il est acceptable que les "inactifs" revendiquent des changements de règles dans un jeu auxquels ils participent de façon marginale. Surtout, ce chiffre corrobore bien des rumeurs ou des récriminations fréquemment exprimées au sein de la "majorité", qui comprend mal pourquoi on en fait tant pour certaines "minorités" dont Montaigne montre qu’elles participent beaucoup moins qu’elles ne le prétendent à l’effort collectif.

[…]

L’Institut Montaigne a beau jeu d’expliquer que le respect du halal n’est pas religieux, l’évidence raisonnable soutient le contraire. Avec 3/4 des musulmans de France qui réclament du halal à l’école, on est en tout cas très, très loin, d’un islam de France respectueux de la laïcité et des règles républicaines. Quoi qu’aimeraient en dire les gens de l’effondrement narcissique, qui considèrent que se dire français et républicain, c’est déjà être islamophobe et d’extrême-droite.
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Christophe Guilluy : "Le paradoxe, c'est qu'aujourd'hui ce sont les pauvres qui vont demander la fin de l'État-Providence"

Je trouve Christophe Guilluy un peu trop optimiste mais je suis d'accord avec sa thèse que le multiculturalisme est le produit naturel du mondialisme.

Marine Le Pen devrait faire très attention aux propos de Guilluy.

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Attention, je ne dis pas qu'il y a eu acceptation [du multiculturalisme], parce que personne n'a voulu une société multiculturelle, et certainement pas les milieux populaires (quelles que soient leurs origines). Ce modèle n'a pas été voulu en tant que tel, ce n'est que la conséquence de l'ouverture. La société française est devenue une société américaine comme les autres. Il suffit de regarder les méthodes de gestion des minorités : quelle différence entre le Royaume-Uni et la France ? Un jeune Pakistanais à Londres a à peu près le même ressenti qu'un jeune maghrébin en France, un jeune Noir de Bristol par rapport à un jeune Noir de Villiers-le-Bel.

Le problème ici, c'est la différence entre le multiculturalisme à 10 000 euros et le multiculturalisme à 1 000 euros. À 1 000 euros, les choix résidentiels et scolaires sont de 0. Ce qui veut dire cohabitation totale. Si vous habitez dans un pavillon bas de gamme au fin fond de l'Oise et que la cohabitation est difficile avec les familles tchétchènes installées à côté de chez vous, vous ne pouvez pas déménager. En revanche, le bobo de l’Est parisien qui s'achète un loft s’assure grâce au marché de son voisinage et, au pire, peut toujours déménager ou déscolariser ses enfants si cela se passe mal. C'est la seule différence. Parce que pour toutes ces questions, et contrairement à ce que laisse entendre la doxa médiatique, nous sommes tous pareils. En haut, en bas, toutes les catégories sociales, quelles que soient les origines... Ce qui change, c'est le discours d'habillage. Le "je suis pour la société ouverte" ne se traduit pas dans la réalité. La norme, c’est l’érection de frontières invisibles dans les espaces multiculturels ou le séparatisme car personne ne veut être minoritaire.

La société multiculturelle est une société avec des tensions réelles et une paranoïa identitaire pour tout le monde. Les blancs pensent que les musulmans vont prendre le terrain, les maghrébins pensent que les Français sont racistes, les Noirs considèrent que les Arabes leur en veulent, les Juifs sont dans une relation conflictuelle avec les musulmans.

Aujourd'hui, c'est la tension avec l'islam qui monopolise le débat, en raison de la présence d'une importante communauté en France, (et en extension) mais également en raison du réveil de l'islam dans le monde musulman. Nous sommes sur une logique démographique avec un islam qui prend de plus en plus de place. Dans une telle configuration, si une partie de la communauté se radicalise, elle devient de fait beaucoup plus visible. En réalité, sur ces questions il n’y a pas "les bons" et "les méchants" : nous sommes face à des comportements universels. Il est possible de faire comprendre à l'autre que ce qui se passe aujourd'hui avec le FN est d'une banalité extrême. En expliquant que ce qui se passe, c'est que le vote FN est un vote de "blédard", d’attachement à son "village", d’une volonté banale de ne pas devenir minoritaire, surtout pour les catégories populaires, quelles que soient leurs origines, qui n’ont pas les moyens d’ériger des frontières invisibles. C’est vrai en France, mais aussi en Algérie, au Sénégal ou en Chine : ces ressorts sont universels. Tout le monde peut le comprendre.

Nous sommes dans cette complexité du monde multiculturel, que nous n'avons pas choisi. Quand je dis "nous", les falsificateurs laissent entendre qu’il s’agit d’un comportement de "petit blanc". C’est faux, cette perception est commune à tous les individus quelles que soient leurs origines. Les musulmans ne sont pas plus partisans de la société multiculturelle que les Juifs, les Chinois, les Français blancs ou les Noirs. Ils la pratiquent mais sans l’avoir choisie. Cette société idéalisée par la classe dominante, elle est ce qu'elle est, avec sa dose de séparatisme. Ce qui pose la question du séparatisme, qui n'est pas une hypothèse mais une réalité. Et cette société-là, c'est la société américaine. La France est aujourd'hui le pays d'Europe qui la plus grande communauté maghrébine, la plus grande communauté juive, et la plus grande communauté noire. Le multiculturalisme, nous y sommes, malgré la fanfare républicaine qui joue encore. Aujourd'hui, c'est la question de l'islam qui est posée, mais demain, compte tenu des flux migratoires qui ont lieu aujourd'hui et de la croissance démographique en Afrique, c'est la question de l'identité noire qui se posera.

[…]

Robert Putnam se posait la question de savoir pourquoi les politiques sociales étaient plus faibles dans les grandes villes. Et effectivement, le résultat était que les gens ne veulent pas payer pour les pauvres d'une autre communauté. C'est toute l'ambiguïté du rapport actuel à l'État-Providence qui se traduit dans la parole politique. Il existe un discours radical actuellement sur cette question, qui consiste à dire que l'on donne trop d'argent aux chômeurs, aux assistés, etc. Et ce, sans poser la question culturelle qui se cache pourtant derrière. C'est exactement ce qui se passe en France.

Ce qui est amusant, c'est que les libéraux pensent que les Français sont gagnés par le libéralisme et qu'ils sont contre l'État-Providence. C’est faux. Mais la situation paradoxale est qu’aujourd’hui ce sont les pauvres qui vont demander la fin de l'État-Providence [pour ne pas que l'argent de la collectivité aille à une autre communauté].
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Roger Scruton :« Notre héritage est aussi la propriété de ceux qui ne sont pas encore nés »

J'aime beaucoup Roger Scruton, comme un Finkielkraut qui ne serait pas embrouillé.

Je me fais beaucoup de souci pour les jeunes, moins de vingt ans (les vieux sont irrécupérables) : la plupart de ceux que je connais sont abrutis, à un degré ou un autre, par les écrans (télé, portable, jeux videos). Il aurait été étonnant qu'il en fut autrement, dans la société de l'abrutissement qui est la nôtre.

Bien entendu, ceux qui viennent de familles stables, avec des principes rigoureux et avec des parents bien dans leur peau, s'en sortent mieux que les autres. Etonnant, non ?


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Réseaux sociaux

Dans les conditions autrefois normales du contact humain, les hommes se liaient d'amitié parce qu'ils étaient en présence l'un de l'autre, qu'ils comprenaient les nombreux signaux subtils, du langage ou du corps, par lesquels autrui témoignait de son caractère, de ses émotions et de ses intentions, et qu'ils forgeaient affection et confiance. L'attention se fixait sur le visage, les mots et les gestes d'autrui. Et lui ou elle, comme personne incarnée, était le point de mire des sentiments amicaux qu'il ou elle inspirait. Ceux qui construisent l'amitié de cette façon sont pleinement conscients qu'ils apparaissent à l'autre de la même façon que l'autre leur apparaît. Le visage de l'autre est un miroir où ils se voient eux-mêmes. Précisément parce que l'attention se fixe sur l'autre, une opportunité de connaissance et de découverte de soi se présente, une opportunité de liberté accrue grâce à l'autre - l'une des joies de la vie humaine. L'objet du sentiment d'amitié vous regarde en retour et répond librement à votre libre activité, amplifiant à la fois votre conscience et la sienne.

En bref, l'amitié, telle qu'elle est traditionnellement envisagée, est un chemin vers la connaissance de soi. Lorsque l'attention se fixe sur un écran, cependant, un changement d'accent marqué se produit. Mon doigt est sur le bouton. À tout moment, je peux faire disparaître l'image, ou passer à une nouvelle rencontre. L'autre est libre dans son propre espace, mais pas véritablement dans le mien, puisqu'il est entièrement dépendant de ma décision de le laisser là où il est. Je retiens l'ultime contrôle et ne prends pas de risque dans l'amitié - comme ce serait le cas si je rencontrais l'autre face à face (…). Émerge entre nous une rencontre à risque réduit, où chacun est conscient que l'autre est fondamentalement retenu, souverain à l'intérieur de son imprenable cyber-château.

Appartenance

Nous sommes des créatures nécessiteuses, et notre plus grand besoin est celui du foyer - le lieu où nous trouvons la protection et l'amour. Nous trouvons ce foyer grâce aux représentations que nous nous faisons de notre propre appartenance. Nous le trouvons non pas seul mais avec les autres. Et toutes nos tentatives pour donner une apparence adéquate à notre environnement - par l'ornement, l'organisation et la création - sont des tentatives pour souhaiter encore mieux la bienvenue à nous-même et à ceux que nous aimons. De ce fait, le besoin humain de beauté n'est pas simplement une addition redondante à la liste des aspirations humaines. Ce n'est pas quelque chose dont nous pourrions nous passer en nous sentant épanouis comme être humains.

Beauté et transmission

La conservation est affaire de beauté ; mais elle est aussi, pour cette raison même, affaire d'histoire et de sens de l'histoire. Certains ont une conception statique de l'histoire, la considérant comme les restes d'un temps passé, que l'on conserve tel un livre où consulter les choses qui ont disparu (…). C'est le concept d'histoire que l'on trouve dans les sentiers «de patrimoine» et les monuments historiques américains: des objets éphémères méticuleusement préservés, posés sur le béton entre des tours de verre hostiles. Mon père y préférait une conception dynamique, selon laquelle l'histoire est un aspect du présent, une chose vivante, qui influence nos projets et se modifie aussi sous leur influence. Le passé, pour lui, n'était pas un livre à consulter, mais un livre dans lequel écrire (…).

Nous ne faisons pas qu'étudier le passé: nous en héritons, et l'héritage apporte avec lui non seulement les droits de propriété, mais les devoirs de la fiducie. Les choses pour lesquelles certains se sont battus ou sont morts ne devraient pas être inconsciemment dilapidées. Car elles sont la propriété de ceux qui ne sont pas encore nés. On devrait voir le conservatisme ainsi, comme partie d'une relation dynamique à travers les générations. Les gens déplorent la destruction de ce qui leur est cher parce qu'elle endommage le tissu de la confiance, les coupant de ceux qui les ont précédés et obscurcissant notre obligation à l'égard de ceux qui nous succéderont. Les terrains vagues des banlieues - comme ceux qui s'étendent depuis Detroit, sur 50 miles, dans chaque direction - sont des lieux où les générations passées et futures sont déconsidérées, des lieux où les voix de ceux qui sont morts et à naître ne sont plus entendues. Ce sont des lieux d'impermanence bruyante, où les générations présentes vivent sans appartenir - où il n'y a pas d'appartenance, puisque l'appartenance est une relation dans l'histoire, une relation qui lie les générations autant présentes que futures, et qui dépend de la perception d'un lieu comme son foyer.

Espérance

Pour les conservateurs, ce n'est pas la fin de l'histoire. La civilisation occidentale nous a offert une autre ressource, par laquelle nos pertes peuvent être comprises et acceptées. Cette ressource est la beauté. Les caractères de la civilisation occidentale qui ont fait de la perte un thème central de notre expérience ont aussi placé la tragédie au centre de notre littérature. Nos œuvres d'art les meilleures sont des méditations sur la perte, toute sorte de pertes (…). Ces œuvres d'art ne nous enseignent pas simplement comment faire face à la perte: elles véhiculent dans une forme imaginaire le concept que des gens plus chanceux étaient capables d'acquérir par les formes élémentaires de la vie religieuse, le concept du sacré (…). Nous devrions vivre dans l'esprit de nos Remembrance Sundays (journées nationales commémoratives en l'honneur des soldats de la Grande-Bretagne et des pays du Commonwealth tombés lors des deux guerres mondiales, NDLR), en voyant dans nos pertes des sacrifices qui ont acheté le sursis dont nous continuons de profiter. Et nous devrions résister à ceux qui voudraient entièrement tourner le dos à la perte, balayer les ombres, les recoins et les vieilles portes, et remplacer la ville par un grand écran de verre au-dessus de l'abîme, où notre regard sera englouti, encore davantage, pour toujours.
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vendredi, septembre 16, 2016

Hausse des taux = coup mortel pour le Système ?

Depuis 2008 (et même avant), le Système tient à cause de taux maintenus artificiellement bas. C'est la politique des banques centrales dite accommodante (voyez comme le vocabulaire compte, on aurait pu dire "laxiste" mais cela ne cadre pas avec la jolie histoire avec laquelle on veut enculer bercer les peuples).

Cette politique combinée de taux bas et d'argent abondant a deux effets, comme l'explique lumineusement Charles Gave :

1) En rendant les déficits publics indolores, elle rend facile la concurrence déloyale de l'économie d'Etat, communiste, contre l'économie libre, privée. Elle entraîne la soviétisation de la société,  très visible en France.  3% à 10 ans et tous nos socialistes, assumés ou honteux, sont pris de panique.

2) L'étalon qui permet de juger les investissements, le prix de l'argent, étant cassé, l'argent va à l'argent et on ne prête qu'aux riches. La fortune d'un Patrick Drahi, qui tient plus du mafieux mondain que de l'entrepreneur, vient de là. C'est le capitalisme de connivence dans toute sa splendeur. Inversement, les entrepreneurs, les épargnants et les investisseurs ont intérêt à des taux non faussés.

Une hausse des taux est donc mortelle pour le Système parce qu'elle rétablit la vérité économique.

C'est pourquoi je suis convaincu qu'une hausse des taux conséquente n'arrivera que par accident. Les hommes du Système feront tout pour l'éviter. Mais l'histoire est faite d'accidents.

Hourra ! La droite revient ! (Ach ! Grosse blague !)

La campagne présidentielle revient et, avec elle, aussi sûrement que les roses au printemps, les grosses blagues et les jeux de rôle habituels.

La gauche va nous la jouer "Au secours ! La droite (fasciste, forcément fasciste) revient !" et la droite va nous faire son numéro de fier-à-bras "décomplexée", "assumée", "qui ne s'en laisse compter par la gauche" et les promesses à faire passer Thatcher et Reagan pour des timorés vont s'empiler.

Et comment cela va-t-il finir ? Nous le savons tous : quand il s'agira de sortir de la CEDH, d'instaurer des quotas d'immigrés, de faire l'impôt à taux unique, ou, plus facile, d'abroger la loi Taubira et l'ISF, il n'y aura plus personne, ils auront tellement les choquottes du qu'en-dira-t-on gauchiste que ces sujets ne seront même pas abordés, oubliés, perdus, comme s'ils n'avaient jamais existé.

Alors pourquoi se déplacer pour voter pour ces guignols ?

Il y a bien le vote Le Pen, s'il y avait l'espoir que ça foute la merde dans le Système. Mais j'ai de plus en plus l'impression qu'il joue le rôle de la fausse opposition, stérile, pas crédible, qui empêche les alternatives vraiment dangereuses pour le Système d'émerger. Autrement dit, un leurre.

Vous me direz, ce n'est pas bien grave. La France n'étant plus souveraine, elle a perdu la maîtrise de son destin. Les événements politiques qui décident de l'avenir de la France ne se passent plus à Paris mais à Washinton et à Berlin.

Bref, mes dimanches de mai 2017 ne devraient pas être politiques.

jeudi, septembre 15, 2016

Le plaisir de lire Chesterton

Il y a le plaisir de lire Homère, le plaisir de lire Chrétien de Troyes, le plaisir de lire Montaigne, le plaisir de lire Pascal, le plaisir de lire Simon Leys ... La liste n'est pas infinie mais elle est très longue.

Chacun de ces plaisirs est différent. Le plus grand de tous, pour moi, c'est Homère. Je suis désespéré, vraiment, sans exagération, de penser que de moins en moins de Français sauront le lire.

Mais le sujet du jour, c'est Chesterton.

Chesterton, auteur foisonnant. Il pouvait dicter un article à sa secrétaire tout en écrivant un autre de sa main. De plus, il y a eu des périodes où il buvait comme un trou, non pas que cela soit forcément mauvais à la création, mais cela n'aide pas à la constance. Evidemment, sa production est très inégale.

Chesterton était libre, au point qu'il a écrit la biographie d'un poète sans qu'une seule de ses citations fût exacte (et même il en a inventé une) et, pourtant, c'est l'analyse la plus profonde de ce poète.

Chesterton est souvent incompréhensible, soit qu'il évoque une actualité aujourd'hui oubliée, soit qu'il est, simplement, confus, en tout cas, pour moi.

Et pourtant, chacun y trouvera satisfaction. C'est un auteur lumineux.

Sa biographie de Saint Thomas d'Aquin m'a été une révélation, celle de Saint François d'Assise moins car il n'est plus familier.

On considéra avec satisfaction (tout en regrettant amèrement que les Français en furent absents) que Lépante est le prétexte du poème le plus admiré de Chesterton, lu dans les trannchées comme d'autres lisaient Homère ou Montaigne :



Si je devais vous conseiller dans la lecture de Chesterton, commencez par les enquêtes du Père Brown. Ensuite sa biographie de l'aquinate, puis L'homme éternel.

mercredi, septembre 14, 2016

L'impasse de la déradicalisation

On ne règle pas un problème politique en le traitant comme un problème psychiatrique. C'est aussi simple que cela.

Mais, bien entendu, le fond de l'affaire est ailleurs : il ne s'agit pas de réussir mais de fuir la responsabilité politique.

Fort du Mutzig et ligne Maginot

N'étant pas un amateur de fortifications, j'ai été très surpris de découvrir, en visitant le fort de Mutzig, construit sur ordre de Guillaume II, pour protéger Strasbourg et la plaine d'Alsace, alors allemandes, des perfectionnements qui ne furent guère améliorés par la ligne Maginot, de vingt ans postérieure.

Concernant le logement de la troupe, la conception française (banette chaude 3x8) n'a même pas égalé la conception allemande antérieure (lit individuel), ce qui n'étonnera que ceux qui ignorent que l'armée allemande est moins rigide et plus respectueuse du soldat. Alors que l'armée française sépare quasi-ontologiquement officier et troupier, on considère dans l'armée allemande qu'un soldat a vocation à remplacer un sous-officier et un sous-officier un officier. Cette compétence n'est pas théorique : pendant l'offensive russe contre Berlin en 1945, on a vu un cuisinier et un médecin prendre le commandement de groupes de combat.

Le mépris de classe est beaucoup plus ancré en France : regardez Emmanuel Macron se rendant, tel Tintin au Congo, en safari électoral dans la plèbe, c'est du plus haut comique. Et François Hollande parle des "sans-dents".






La gauche en forme

Le docteur Valls veut amputer la droite qu'il juge "gangrenée"

Une thèse à la mode voudrait que la gauche soit en échec et à l'agonie.

Il n'y a aucun échec de la gauche : plus que jamais elle détient le pouvoir dans l'agora, plus que jamais elle détient le magistère, plus que jamais elle distribue les bons et les mauvais points, plus que jamais ses prétendus opposants s'abstiennent de dire quoi que ce soit qui serait une véritable opposition.

Imagine-t-on un politicien dire "Je suis raciste et en voici les raisons" ou "Je pense qu'on accorde trop de place aux femmes" ou "la diversité n'est pas une chance mais un handicap, l'homogénéité est bonne" etc. ? Je ne veux pas discuter de la validité des propositions ci-dessus. Je dis qu'elles sont une véritable opposition à la gauche et qu'aucun politicien n'ose les prononcer, ce qui prouve bien que le règne de la gauche reste incontesté.

La vérité est que le débat en France (en Occident ?) n'est pas ouvert et démocratique : on peut dire tout ce qu'on veut, à condition de ne pas choquer la gauche.

On nous rebat les oreilles avec les années 30 en oubliant que la diversité d'opinions qui s'exprimaient librement était sans commune mesure. Bien sûr, on insiste sur les propos abjects pour justifier la censure et l'auto-censure actuelles mais c'est une vision tronquée : il y avait des contributions de bonne tenue.

La popularité de la gauche est à l'agonie, mais ce n'est pas grave puisque nous ne sommes plus en démocratie. Son pouvoir est intact. Cette impopularité ne l'entame pas : elle conserve la direction du débat public, c'est elle qui décide de quoi on doit parler (et ne pas parler) et en quels termes.

Par peur de l'ostracisation, aucun politicien ne se permettra une action à laquelle la gauche serait opposée. Des discours, des mots, pour enfumer les gogos, ça passe encore, à condition de s'en tenir à de l'anecdotique, de ne pas aller à l'essentiel, mais une action, jamais (on l'a bien vu avec Sarkozy entre 2007 et 2012).

Donc, non. Je ne vois pas d'agonie de la gauche.