dimanche, juillet 15, 2018

La soumission globale, par Bruno Bertez

La soumission des pays européens à l'islam est évidente. Elle saute aux yeux de qui s'en sert encore pour voir et non pour s'aveugler. Nos Etats ont décidé de se soumettre et nous avec. Mais Bertez a raison : la soumission est plus globale.

LES SOMMETS, LA COUPE : VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE SOUMISSION !

Mon seul point de désaccord majeur avec lui, c’est quand il prend Trump pour un imbécile qui ne sait pas ce qu’il fait.

Je crois, au contraire, au vu de sa trajectoire passée, qu’il sait très bien ce qu’il fait et et que ses déclarations à tort et à travers dressent un écran de fumée auquel se laissent prendre les gogos (et les bobos) et que ça l’amuse d’enfumer ceux qui le prennent pour un con.

Le coup de génie de la manipulation moderne, c'est qu'elle n'est pas coercitive. La soumission est consentie, la plupart du temps inconsciente.

Je me suis intéressé aux manipulateurs d'opinion professionnels, les as de la fabrique du consentement (E. Bernays, R. Cialdini, et compagnie). Ils donnent tous la même règle fondamentale : adressez vous à l'émotion plutôt qu'à la raison, à l'inconscient plutôt qu'au conscient.

Cela se décline en règles pratiques que nous subissons tous : transformez les problèmes politiques et sociaux en problèmes personnels et psychologiques (est-ce qu'Angela aime Emmanuel ? Est-ce que Vladimir s'entend avec Donald ? Est-ce que Donald est fou ? etc). Abordez toujours les problèmes par le petit bout de la lorgnette (est-ce que la femme de Donald était mieux habillée que Theresa ?) Empêchez que les problèmes soient posés clairement, fragmentez, présentez toujours les choses par le biais qui vous arrange, par le petit bout de la lorgnette, détournez l'attention sur des futilités.

La seule manière d'y échapper vraiment, c'est de réduire au maximum l'exposition (message que j'ai beaucoup de mal à faire passer !). Je suis, par exemple, totalement immunisé de l'hystérie footballistique, sans aucun effort ni frustration, tout simplement parce que je n'ai pas la télé et que je n'écoute pas autre chose que la musique à la radio.

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Ce qui se passe ces jours ci est au plus haut point symbolique ; la plèbe grisée, vautrée dans football, la bière et les pizzas et les chefs, au sommet, entre eux, qui font ou défont l’ordre du monde.

[…]

Vous noterez que depuis plusieurs mois l’activité diplomatique internationale, au sommet , est très intense, mais que quasi rien d’important ne transpire au dela des communiqués bidons. Vous constatez les évènements et ce sont pour ainsi dire autant de coups de théatre.

L’absence de continuité, l’absence de logique contribuent à confirmer les impressions, justifiées, que l’on a d’un monde chaotique.

Simplement on ne peut que constater le résultat:  une certaine détente. Nous sommes loin de la fin 2017 ou les néocons semblaient tenir le haut du pavé, époque ou les agressions fusaient, tous azimuts.

[…]

Et puis il y a les négociations souterraines sur les embargos et sanctions et les droits de douane.

Plus que jamais les peuples et leurs pantins de représentants sont tenus à l’écart des grands problèmes géopolitiques alors qu’en fait ce sont ces problèmes qui sont les déterminants de leur avenir.

Pour les peuples c’est le pain et le cirque, en clair les aumones de la redistribution et la coupe du monde de football.

Nous ne dirons jamais assez tout le mal que nous pensons de cette coupe du monde, non en raison de son aspect sportif, si il en comporte encore un ; mais en raison de sa récupération par les élites et leurs médias.

Il suffit de regarder la télé Bouygues pour comprendre que le foot et la coupe sont utilisés au profit de l’endoctrinement, de l’ouverture et de l’inclusion. Le foot dans sa mise en scène vous vend de la pseudo-unité, du pseudo-collectif, mais de la vraie globalisation.

Il vous pointe de façon aveuglante la structure de ce monde à deux ou trois vitesses, avec l’argent mal gagné et la hierarchie fondée sur les titres et non sur le droit. Il vous vend de … la soumission puisque les « grands », les chefs sont en haut, sur les gradins dans le réel tandis que vous vous êtes devant le succédané, devant le spectacle auquel vous croyez participer tout en étant relégués, devant votre télé. Vous êtes dans la Fête, pas la vraie mais devant celle de l’homo festivus de Muray. Les dominants ont le vrai, dans tous les domaines, les richesses, les femmes, les stars et vous les « images », la pornographie !

Dans mon excessive indignation j’irai jusqu’à prétendre que ne pas participer à ces spectacles répugnants, voire obscènes est un acte politique. En fait le prmier acte politique dans le monde moderne et ses pseudo jouissances consommatrices c’est d’accepter la frustration.

La consommation, y compris celle des images est à la racine de l’aliénation qui produit la soumission.
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Chronique des cinglés : les handicapés mentaux ne sont pas tous où on croit

Le gouvernement veut le droit de vote "inconditionnel" des personnes handicapées

J'ai vérifié que nous n'étions pas le 1er avril.

Remarquez bien que les Marseillais et les Corses ont une longueur d'avance : ça fait longtemps qu'ils font voter les morts.

samedi, juillet 14, 2018

La mort de César (B. Strauss)

Barry Strauss présente la mort de César comme un roman policier, mais il exploite correctement les sources disponibles. Il majore le rôle de Decimus (le Decius de Shakespeare), le plus traitre de la bande, le plus proche de César, qui l'a incité malgré sa mauvaise santé, à se rendre au Sénat où il devait être assassiné.

Mais les meurtriers de César étaient pris dans une contradiction dont ils n'ont pas pu se sortir : pour arrêter le césarisme, c'est-à-dire la prise de pouvoir à Rome par des militaires, ils devaient faire appel aux militaires.

A ce jeu, Antoine et Octave ont été plus forts, parce que plus cohérents. Et puis, à 18 ans, Octave (le futur empereur Auguste) était déjà un génie politique, comme l'avait détecté César, qui en avait fait son héritier.

Auguste a bien su tirer les leçons des derniers mois de César, où il n'a cessé de heurter les pouvoirs en place : le premier empereur a conservé les formes anciennes, mais en les vidant très habilement de tout contenu.

C'est évidemment (le parallèle est frappant) ce qu'on fait nos présidents de la république depuis Pompidou : ils ont dénaturé la Vème République tout en gardant la forme extérieure. Les grandes étapes (renforcement du pouvoir du conseil constitutionnel, supériorité du droit supranational, cohabitation, quinquennat, refus du référendum, ridiculisation des élus locaux) s'enchainent aisément.

La tyrannie rampante établie par Emmanuel Macron n'est que l'aboutissement logique de cette démarche sournoise. Les vipères centristes anti-démocratiques ont gagné.

Si les Français ne savent pas plus que les Romains retrouver le chemin de la liberté, nous sommes condamnés à voir se continuer la pénible suite de dirigeants vaniteux, condescendants et incapables, qui sont notre ordinaire depuis quelques années (quand il s'agit d'en foutre plein la gueule à M. Moyen, ça y va les matamores et les rodomontades, mais dès qu'il faut affronter un vrai danger, genre Trump ou Xi Jinping, il n'y a plus personne).

On aura toujours la tirade de Marc Antoine pour nous consoler :


Censure rampante : fin de la chronique d'Eric Zemmour

RTL arrête la chronique d’Eric Zemmour

Les vraies raisons du dépeçage d’Alstom, par Leslie Varenne (et les conclusions qu'il faut en tirer)

Les vraies raisons du dépeçage d’Alstom, par Leslie Varenne

Tous ceux qui se sont intéressés à la question ont compris pourquoi, avec la collaboration des traitres à fusiller (Macron, Gaymard, Kron, Hollande et compagnie - je ne plaisante pas, je pense vraiment qu'ils méritent le peloton d'exécution (1). Je ne crois pas que cela arrivera pourtant c'est amplement mérité) qui nous servent de dirigeants, les Américains de General Electric ont forfait à leurs promesses et dépecé Alstom, profitant d'un complot dirigé par le ministère de la justice américain.

Parce qu'Alstom s'apprêtait à collaborer sur des techniques stratégiques avec les Chinois, contre lesquels les Américains s'estiment en guerre larvée, ou, du moins, en lutte pour la domination mondiale. Et c'est aussi pourquoi Airbus, qui a une chaine d'assemblage d'A320 en Chine, est dans le collimateur.

Je ne blâme pas les Américains : ils poursuivent la stratégie qu'ils estiment la meilleure pour leur pays. En revanche, les mots les plus durs siéent à nos dirigeants qui trahissent au profit des intérêts et des objectifs d'une puissance étrangère (actions passibles de la Haute Cour, passons).

On demande aux Français des efforts destinés à satisfaire des ambitions étrangères, qui sont à Berlin, à Washington ou dans la zone dénationalisée de Bruxelles.

Quelle valeur nationale et, par la suite, internationale, auraient les efforts des Français, si ces efforts étaient dispersés ou noyés à titre d'auxiliaires dans la puissance de leurs alliés ? Non, non. Les services des Français ne sont dus qu'à la France.

Charles De Gaulle, 11 novembre 1942

Et maintenant ?

La stratégie doit être la dédollarisation, puisque le dollar sert de levier aux diktats américains. On nous avait présenté l'Euro comme une solution. C'était une tromperie. Sortons de cette impasse et exigeons de payer nos importations en monnaie nationale, y compris le pétrole. Certes, il sera plus cher. Et alors, si c'est le prix de la liberté ?



Quand on a les bonnes conceptions, tout est simple.

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(1) :  un des motifs d'accusation (et donc de condamnation à mort) de Pierre Laval était d'avoir bradé les mines de Bor aux Allemands.

vendredi, juillet 13, 2018

La semaine liberticide (et la bêtise collective)

Régis de Castlenau fait le bilan d'une semaine dramatique pour les libertés publiques  et politiques :

La manœuvre liberticide pour noyer le Rassemblement national. La semaine liberticide (épisode 1/3)

Conseil constitutionnel : la souveraineté populaire, pour quoi faire? La semaine liberticide (épisode 2/3)

Vote de la loi « fake news »: l’hiver vient. La semaine liberticide (épisode 3/3)

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Existent au sein des élites dirigeantes des pays concernés, de forts courants fermement décidés à combattre la « lèpre populiste » à partir de l’application du principe « la fin justifie les moyens ». 

Habités souvent par une idéologie du camp du bien confronté à une populace égarée, ils ne sont pas du tout gênés devant l’utilisation de mesures attentatoires aux libertés ou illégales. L’épisode qui vient de se produire en Italie en est une nouvelle preuve. L’on apprend que la Cour de cassation, à l’instar du Pôle financier français, cherche à mettre sous séquestre la somme de 40 millions d’euros appartenant à la Ligue du Nord en garantie de sommes qui pourraient être dues par un ancien dirigeant de ce parti pour des faits remontant à 2008, et alors même qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.

Ensuite, la faiblesse de la culture des libertés publiques au sein des élites politiques les amènent à des formes de complaisance avec cette tentation autoritaire, dès lors qu’elles pensent pouvoir en retirer un petit intérêt politicien. Le plus bel exemple en est l’absence totale de véritables réactions politiques au grossier raid judiciaire qui a permis l’élimination de François Fillon de la présidentielle et l’élection d’Emmanuel Macron. Et que dire aujourd’hui devant celle de Laurent Wauquiez, par exemple, qui semble se frotter les mains de ce qui arrive au parti de Marine Le Pen ? Sans mesurer que s’ils ne se tiennent pas tranquilles, les Républicains seront les prochains sur la liste. Ou celle de Guillaume Tabard dans Le Figaro qui juge la mesure prise par les magistrats du Pôle financier « parfaitement légale » ? Affichant ainsi un surprenant manque de vigilance devant ce qui saute aux yeux du praticien qui connaît un peu le fonctionnement de la boutique « pôle financier ».

Si l’on ne veut pas des heures sombres, il faut être attentif au côté où s’accumulent les nuages.
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Et on peut ajouter un quatrième épisode qui ne dépare pas dans la funeste série :

Comment Macron veut menotter les maires. Le président recentralise les pouvoirs.

Parmi bien des explications, il y a celle-là :

Malaise dans la civilisation

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L’intelligence n’est pas individuelle, elle est collective. L’inintelligence aussi. Nous vivons des temps de profonde bêtise.

Ce ne sont pas les premiers, mais à des étapes antérieures, il y avait des contrepoids. Par exemple, France, milieu des années 1870. À la terrasse du Café Riche, Monsieur Homais fait le panégyrique de Sainte-Beuve, mort vers la fin de l’Empire — le grand homme des Lettres pour tous les imbéciles. À une table voisine Adolphe d’Ennery et Eugène Cormon fêtent l’immense succès des Deux orphelines, un mélo d’une niaiserie magistrale, l’un des plus grands succès du siècle. William Bouguereau, tout près, parle art et décorations avec Ernest Meissonier. C’est la fête à la Bêtise.

Mais en même temps, l’époque allumait ses contre-feux. Dans un cabinet particulier du Lapérouse, quai des Grands Augustins, Flaubert à demi-ivre allume un cierge à Saint Polycarpe, comme chaque matin, en soupirant : « Ah mon dieu, dans quel siècle m’avez-vous fait naître ! » Il a beau se plaindre (« Je sens contre la bêtise de mon époque des flots de haine qui m’étouffent. Il me monte de la merde à la bouche comme dans les hernies étranglées. Mais je veux la garder, la figer, la durcir ; j’en veux faire une pâte dont je barbouillerai le dix-neuvième siècle, comme on dore de bouse de vache les pagodes indiennes, et qui sait ? cela durera peut-être ? »), il produit Bovary, Salammbô, l’Education. Pas mal en un siècle bête.

Et aujourd’hui ? Jean Echenoz, probablement le plus grand écrivain français vivant, n’est jamais invité chez Ruquier — ce lieu de toutes les élégances de l’esprit. Ni chez Ardisson. Ni chez Nagui. Vous imaginez, Echenoz chez Cyril Hanouna ?

Et nous apprenons incidemment que le Quotient intellectuel serait en baisse globale — la faute aux pesticides, aux nano-particules, à Philippe Meirieu et autres catastrophes. Cela ne nous laisse guère d’espoir sur les discussions intelligentes du siècle à venir — sauf agitation fécondante sur Sirius ou bonnes intentions des myriapodes de Bételgeuse.
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jeudi, juillet 12, 2018

La parité, c'est bien ... parce que c'est bien.

Conversation entre pilotes : Air France préfère embaucher des femmes, à cause de la parité.

Je laisse la conversation se développer, puis, sournoisement, je profite d'un creux pour glisser :

_ Mais pourquoi Air France préfère embaucher des femmes ?

_ Bin, on te l'a dit : à cause de la parité.

_ Oui mais pourquoi ?

_ (silence interloqué).

Je reprends : _ Pourquoi la parité c'est bien ? Pourquoi c'est bien d'avoir la parité dans un cockpit ?

_ (long silence gêné, que j'ai savouré autant que Pascal celui des espaces infinis)

Rappel à la loi

Simple rappel à l’ordre pour un vol de camion de pompier : une étincelle de laxisme judiciaire dans un baril de poudre régalien

Des solutions efficaces existent pourtant (ce dessin est intitulé Efficacité. Les méthodes de Marsault sont comme son humour : simples et de bon goût) :








mardi, juillet 10, 2018

Comprendre l’imbroglio du Brexit

David Davis, ministre du Brexit, vient de démissionner, suivi par Boris Johnson et quelques autres. Cela peut paraître compliqué, mais c’est en fait très simple.

Pour comprendre, il faut revenir à l’opposition du brexiter Peter Hitchens au référendum.

Son argument était clair et fondamental : dans le régime parlementaire britannique, le référendum ne sert à rien (il n’a pas force de loi), la seule manière d’imposer une politique, c’est qu’un parti la propose aux électeurs et qu’il gagne les élections. Ce n’est pas le cas du Brexit puisque UKIP, le parti qui le proposait, n’a jamais été en mesure d’obtenir une majorité.

Après le référendum, les deux principaux partis ont inscrit le Brexit dans leurs programmes électoraux, sans trop de détails. Tout simplement, ils n’y croient pas.

D’où la situation actuelle :

1) Les Britanniques ont voté pour le Brexit par référendum à une majorité assez confortable.

2) Ils ont envoyé au parlement des gens qui, en majorité, ne croient pas Brexit, voire sont de farouches opposants.

La majorité des parlementaires (et la majorité du gouvernement May) meurent d’envie de désavouer le référendum, mais ils ne peuvent le faire que de biais, sans que cela se voit trop (sinon, ils désavoueraient à la fois le référendum et leurs propres programmes. C'est embêtant, mais il n'y a rien là qui terrifie à l'excès un politicien moderne), d’où le sac de nœuds. La situation est inextricable et cela ne peut que mal finir.

Les Brexiters espèrent que Barnier et son orchestre seront tellement abrutis qu’ils finiront par faire basculer les mous dans leur camp. Ce n'est pas impossible, mais quand on en est à compter sur les fautes de l’adversaire …

En attendant, les Brexiters se rassurent comme ils peuvent, en se disant que des gens qui ont vaincu Napoléon et Hitler ne sont pas impressionnés par Michel Barnier. Hélas, en réalité, l'ennemi est intérieur.


lundi, juillet 09, 2018

UE, Euro : la déliquescence plutôt que l'explosion

Des scénarios crédibles de fin de l'UE et de l'Euro commencent à apparaître et certains de leurs éléments sont déjà en action.

UE : aucune sortie formelle, mais des pays qui choisissent de plus en plus d'en faire à leur tête. Qui participent à telle action commune, mais pas à telle autre. Qui transposent les directives à leur façon. Qui financent à géométrie variable. Qui reprennent leur parole, etc. Et le cercle vicieux s'auto-entretient : moins les pays participent aux actions communes, moins cela vaut le coup de faire l'effort d'y participer. Le bilatéralisme revient. Tuant de fait l'UE.

Euro : c'est plus dur, mais, là encore, un scénario graduel se met en place. Sous le choc de la prochaine crise, des pays s'affranchissent de plus en plus des règles communes, jusqu'au jour où l'un d'eux introduit une monnaie parallèle.

dimanche, juillet 08, 2018

Leçon d'immigration japonaise

Réflexions sur les époux Shoji

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Nous avions oublié ce que cela pouvait être qu’un comportement respectueux de la loi et de l’autorité. Dans un pays où chaque décision fait désormais l’objet d’une contestation de plus en plus bruyante et vulgaire, souvent appuyée sur des affects qui n’ont que peu à voir avec le bien commun, il semble presque invraisemblable qu’on puisse attribuer à un jugement public une objectivité et une légitimité qui dépassent le ressenti personnel que chacun peut avoir. C’est pourquoi j’ai ressenti une surprise assez peu commune en lisant, à la fin d’un article concernant le cas des époux Shoji, vignerons japonais menacés d’expulsion dans le cadre de procédures tatillonnes comme la France sait les inventer, que les intéressés déclaraient : « Si la France ne veut pas de nous, alors nous partirons. »

Pas même une tentative de plaider sa cause, de se révolter verbalement contre ce qui est, de toute évidence, une injustice invraisemblable : M. et Mme Shoji se savent étrangers sur le sol français, et savent, eux qui viennent du Japon, qu’on ne saurait contester à un pays sa légitimité à décider qui peut résider sur son sol : que ce droit de chaque pays relève de la raison d’état, et dépasse, dans sa visée qui est le bien commun, les particularités relatives à chaque individu qui demande un titre de séjour. Ils savent que la collectivité a sa légitimité propre, et qu’elle ne saurait se plier aux exigences personnelles de tout un chacun sans s’abolir dans son principe-même ; ils savent aussi qu’une collectivité est avant tout un ordre naturel, qui prend, qui a presque toujours pris, racine dans l’appartenance à un même peuple, à une même identité généalogique. Et que par-là, un Japonais ne sera jamais chez lui en France, en Catalogne, à Banyuls-sur-Mer, que s’il est accepté par la communauté installée là depuis des siècles, et qui connait ses propres besoins et ses propres capacités d’accueil. M. et Mme Shoji se sont donc, dignement, contentés de se soumettre au jugement qui devait être rendu par les autorités françaises.

[…]

Comment ne pas s’interroger sur l’incohérence qu’il y a à ergoter sur la faisabilité de l’expulsion d’individus dangereux, qu’ils soient des djihadistes ou tout simplement des caïds violents, pendant que la préfecture de Perpignan invoque des motifs lunaires, comme l’ont rapporté les journaux, pour refuser un titre de séjour à un couple aussi exemplaire ?

[…]

Reconnaissant spontanément la valeur de la contribution de ce couple qui s’est si admirablement intégré à elle, la communauté locale (leurs clients, des confrères vignerons, peut-être des voisins) s’est elle-même dévouée pour protéger ceux qu’elle considère désormais à raison comme les siens, contre les abus d’autorités distantes et vraisemblablement animées par des vues peu louables, en tout cas incompréhensibles. Ici, c’est le collectif qui a pris soin de l’un de ses membres, et qui, en protégeant un des individus qui le composent, a permis de rétablir un ordre juste en son sein. Pour une fois, l’autorité n’a pas cédé au tapage organisé autour de l’individualité devenue centre de l’attention moderne, elle a concédé à une communauté locale ce que celle-ci demandait pour l’un des siens mais aussi et surtout pour elle-même. L’ordre politique, dans une France qui marche beaucoup sur la tête en ces temps étranges, semble, brièvement, furtivement, avoir fonctionné comme il se doit, et rétabli un semblant de raison.
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C'est marrant, les medias du Système d'habitude si prompts à monter en épingle les cas d'expulsion individuelle pour nous faire la morale sont restés bien silencieux sur cette affaire. Seraient-ils racistes ? J'en ai bien peur.

Il est vrai que les Japonais sont le produit d'une haute civilisation. On ne peut pas en dire autant des journalistes du Système et de leurs protégés, d'où une certaine incompréhension, cela les dépasse.






Crise de 2008 : nouveau monde ou dernière crise du XXème siècle ?

Adam Tooze (dont j'explore en ce moment le blog) prépare un livre sur le changement de monde économico-financier. Je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout de son précédent (The wages of destruction) pourtant passionnant (1), mais trop abscons.

Tooze remarque que la crise de 2008 est la faillite de la macro-économie classique et des comptes nationaux. En effet, la crise n'est absolument pas venue des déséquilibres entre nations (déficit budgétaire américain, excédents allemands et chinois, ...) comme s'y attendaient à tort les macro-économistes.

La crise est venue du système financier mondialisé qu'il est impossible d'analyser correctement à travers les comptes nationaux. Une banque peut avoir des actifs à New-York et des dettes à Hong-Kong, les deux interagissent d'une manière que ne peuvent pas prendre en compte les agrégats nationaux (PIB, balance commerciale et compagnie).

Il émet donc deux hypothèses de travail :

1) Le schéma classique « L'économie "réelle" provoque une crise financière qui en devient le symptôme aggravé » est devenue faux. La crise de 2008 est une crise de financiers entre eux qui s'est transmise à l'économie "réelle", et non l'inverse.

2) Ce qui compte, ce n'est pas la macro-économie entre nations mais les relations entre ensembles économiques indépendamment des frontières (relations des assureurs avec les banques par exemple). Il propose donc d'inventer une nouveau terme : « macro-finance ».

C'est nouveau. Mais c'est aussi l'ancien monde, celui de Bretton Woods : cette internationalisation de la finance qui se rit des frontières pourrait bien être à la fin de son histoire et non à son début.

Si, comme on leur en prête l'intention, la Chine et la Russie détrônent le roi-dollar, les comptes nationaux retrouveront leur importance classique.


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(1) : sa thèse est que le calendrier hitlérien a eu comme fil directeur les contraintes économiques. En 1939, la politique allemande de réarmement atteignait ses limites, il fallait entrer en guerre avant que les Alliés ne rattrapent leur retard. Une fois la France soumise et exploitée, il était nécessaire de conquérir les ressources russes pour faire face aux empires britannique et américain.

samedi, juillet 07, 2018

1648, 1815, 1945. Hélas, pas 1923. Et pas 1990 ...

Making a bitter peace

Adam Tooze fait cette remarque : en 1648, 1815 et 1945, à la fin de guerres européennes, les gouvernements ont fait bien attention à empêcher l'unification de l'Allemagne.

Hélas, de 1918 à 1923, sous l'impulsion désastreuse de Woodrow Wilson, on n'a pas eu cette sagesse.

On a laissé les Allemands sortir de la guerre sans les accabler de la défaite totale qui était nécessaire à ce qu'ils ne recommencent pas (en 1918, au Congrès américain, il y a eu des accusations de trahison contre Wilson, parce qu'il commençait à négocier avec les Allemands avant qu'ils ne soient complètement vaincus). Il ne faut pas oublier qu'en 1918, l'armée allemande à son retour au pays fut accueillie par le peuple et par le gouvernement comme invaincue. Ceci explique la facilité avec laquelle Hitler entretint ensuite les mythes du coup de poignard dans le dos et des traitres de novembre.

L'Allemagne a été, très partiellement, occupée, mais ni envahie ni dissoute.

Les Allemands ont réussi dans la paix la stratégie qu'ils avaient ratée dans la guerre : profiter des divisions des alliés.

Les Français avaient bien songé à démanteler l'Allemagne, mais cela ne s'est pas fait.

L'Allemagne unifiée est un cancer politique au centre de l'Europe. Elle est trop grosse et trop conquérante pour être en bonne paix avec ses voisins. Aujourd'hui comme hier.

Si seulement :

Cette pute me fera mourir ...

Anthologie des meilleurs passages des mémoires du duc de Saint Simon.

Bien qu'écrit a posteriori, son ouvrage conserve un style étrange, à mi-chemin entre le littéraire et la prise de notes. Beaucoup d'ellipses et de raccourcis qui gênent la lecture. Mais il y a tout de même du plaisir dans les situations.

Saint Simon arrive à Versailles alors que le roi est vieillissant, que l'époque glorieuse est derrière et les épreuves devant. Le portrait  du roi n'est pas très flatteur. Pour ma part, je préfère son père, Louis XIII.

C'est Dallas en beaucoup plus classieux et en français.

Le titre vient bien sûr de la déclaration sans ambiguïté (!) de la reine Marie-Thérèse sur Madame de Montespan.


La guerre civile commence quand les policiers prennent parti

C'est de plus en plus fréquent :

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Alors qu’un couple de policiers s’est fait violemment agresser mercredi soir à Aulnay-sous-Bois, six individus âgés d’une vingtaine d’années ont été interpellés le même jour et placés en garde à vue pour des faits similaires.

C’est une scène collective d’une extrême violence qui s’est déroulée le week-end dernier dans l’Ain. Un policier a été roué de coups, à son domicile, par une quinzaine d’individus.
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Quelqu'un qui a l'expérience de ces choses me disait que la guerre civile commence le jour où les policiers décident de protéger d'abord leur famille et prennent parti.

Or, les policiers sont comme tous les Français : ils savent bien que notre classe dirigeante n'a ni la volonté ni la capacité intellectuelle de les protéger ; qu'aucune des mesures fondamentales (1) ne sera prise, ni même envisagée, par pusillanimité, par idéologie et, surtout, par manque d'empathie pour le peuple français.

Que se passera-t-il le jour où, après avoir manifesté comme c'est déjà arrivé, les policiers rentreront chez eux après la distribution de susucres au lieu de rentrer au commissariat ?

Certains islamistes espèrent que le bordel leur profitera. C'est possible, mais j'en doute.

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(1) : arrêt de l'immigration musulmane, reconquête policière des quartiers perdus, sévérité de la justice pour les fouteurs de merde, transmission à l'école etc.

Addendum :

Dans une logique clanique, les émeutiers s'en prennent aux infrastructures de l'État

vendredi, juillet 06, 2018

En 1940 déjà, certains Français voyaient l'Allemagne avec les yeux de Chimène ...

Éric Zemmour : « Angela Merkel, une passion française »

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Si tout le monde, ou presque, abandonne la chancelière dans son pays, elle bénéficie d'un soutien indéfectible en France, en tout cas parmi les élites. Dans les médias de gauche comme de droite, on continue à lui tresser des louanges ou à lui trouver toutes les excuses du monde. A l'Elysée, on l'assure de notre solidarité face à l'offensive des pays de l'Est. Même dans l'opposition, LR ne touche pas à un cheveu de Merkel ; et lorsque Mélenchon ose se réjouir de la défaite de l'équipe de football allemande, la presse le tance sévèrement. Germanophobe est, dans la hiérarchie de la « cage aux phobes » de notre système médiatique, une insulte presque aussi grave qu'« islamophobe » ou « homophobe ».

On peut s'interroger sur cette passion des élites françaises pour Angela Merkel.
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Ce tropisme d'une certaine bourgeoisie française pour la trahison, que je fais remonter à l'anglophilie de Voltaire, est pour moi un mystère.

J'en comprends la ligne, qui est toujours la même : « La France est trop petite. C'est folie que de vouloir rester indépendants. Trouvons nous un maître qui nous protégera et soumettons nous y avec sagesse ». Seul le nom du maître change, et encore, pas tant que ça. On tourne toujours entre Berlin, Londres et Washington, plus rarement Moscou. Aujourd'hui, le nom du maître est Angela, demain ça sera un autre.

Si je comprends le raisonnement de cet esprit de trahison, j'ai le plus grand mal à en comprendre les racines et la persistance.





jeudi, juillet 05, 2018

Vie publique et professionnelle : les femmes dégradent-elles tout ce qu'elles touchent ?

Le titre de ce billet m'est inspiré par le récit d'un collègue.

Son épouse prend un rendez-vous chez le médecin et, ô surprise, le délai habituel de trois semaines passe à deux mois. Explication, son vieux médecin, homme, est parti à la retraite et a été remplacé par une femme, qui, visiblement, n'a pas que ça à faire.

Je connais moi aussi un vieux médecin. Il ne faut pas trop insister pour qu'il dise tout le mal qu'il pense de la féminisation de la profession.

Je connais également une directrice d'école primaire qui trouve que ses institutrices se comportent comme des « mamans » et que c'est mauvais pour le murissement de ses élèves.

Quant à la justice et à la politique, n'en parlons pas. Il y a corrélation (et causalité ? C'est toute la question) entre l'effondrement et la féminisation.

Alors, à la question qui fait le titre de ce billet, je réponds positivement pour beaucoup de professions, les professions d'hommes, non seulement par la force physique, qui compte de moins en moins, mais surtout, désormais, par la psychologie.

On peut retourner la boutade d'Eric Zemmour à propos d'éducation : « On demande aux hommes de se comporter comme des mères-bis et, bien sûr, ils le font moins bien que les femmes ».

On peut dire : « Les femmes veulent faire les professions des hommes et, bien sûr, elles le font moins bien que les hommes ».

Seule lueur d'espoir : dans les pays « avancés », comme la Norvège, les femmes n'ont plus le sentiment d'avoir des conquêtes à faire et retournent naturellement aux infâmes « stéréotypes de genre ». Les infirmiers norvégiens sont très majoritairement des femmes et les camionneurs des hommes.

Au fait, n'est-ce pas la récente panthéonisée Simone Veil qui a inventé le numerus clausus des études médicales ?

Marcel Gauchet : « À l'heure de la révolution du féminin, que devient la spécificité masculine ? »

C'était mieux avant. Pour les hommes. Et pour les femmes.

Un autre point de vue sur l'attentat du Bataclan ... qui est en fait le même

Bataclan

Si Michel Goya diffère sur certaines analyses de détail de Georges Fenech, (voir ce billet), il conclut :


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Le vrai scandale des attaques du 13 novembre est qu’au niveau le plus élevé, on n’y était pas préparé malgré les évidences et tous ceux qui disent qu’il était impossible de prévoir une telle combinaison d’attaques sont des menteurs et des lâches devant leurs responsabilités.

[…]

Quelle misère du côté de l’Intérieur de voir un ministre freiner toute enquête et toute critique, comme si les critiques étaient des traîtres à la patrie (alors qu’en général, ils cherchent plutôt à mieux éliminer ces derniers).

[…]

Il aurait peut-être fallu considérer aussi nos ennemis pour ceux qu’ils sont, c’est-à-dire justement des ennemis et non des criminels, des politiques rationnels dans un cadre idéologique particulier et non de simples psychopathes. Cela aurait peut-être aidé à privilégier l’action en profondeur et sur la durée (ce que l’on appelle une stratégie) à la réaction gesticulatoire. Beaucoup de progrès ont été accomplis mais à quel prix.
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Pour ma part, je concluais :

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Bref, nous sommes loin du tableau présenté par la propagande médiatique « On a fait ce qu’on a pu, et plutôt bien, dans une situation difficile ». Non, il y a eu des défaillances lourdes de conséquences et qu’on ne peut imputer à la fatalité et à la malchance, des fautes graves d’organisation, de préparation et surtout de commandement.

Le fin mot de l’histoire est éminemment politique : l’attentat de Charlie Hebdo a été traité comme un événement exceptionnel qui ne se reproduirait pas et aucune leçon concrète n’en a été tirée. Ceci fait que dix mois plus tard se sont produites des fautes très évitables. Je ne peux m’empêcher de voir là l’effet de la réticence des politiciens français à considérer l’islamisme comme un véritable ennemi intérieur (ils préfèrent la psychiatrisation).
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Conclusions très proches, comme vous le voyez.

J'ai écrit à chaud que la démission de Cazeneuve était le minimum et celle de Valls souhaitable. Il n'y a eu ni l'une ni l'autre. Mais les analyses à froid ont venues renforcer la pertinence de mon exigence.

De nos jours, un ministre français ne démissionne pas, à plus forte raison s'il s'est montré défaillant, nous en avons encore eu un superbe exemple ces derniers jours.

De nos jours, un ministre coupable glapit « J'assume ! J'assume ! », antiphrase qui signifie « Je m'accroche à mon poste comme un morpion en attendant que l'orage passe et je vous emmerde, bande de cons ! ».

Je rappelle aux jeunes qui n'ont pas connu cette époque lointaine qu'au temps où les ministres se foutaient un peu moins de la gueule du monde « J'assume » signifiait, précisément, démissionner. D'ailleurs, on disait, plutôt que ce langage pseudo-psycho, « Je tire les conséquences de ... ».

Après, l'autre lapin-crétin du mondialisme peut bien nous parler de la « lèpre » populiste et nationaliste. La vraie lèpre, c'est quand les dirigeants se payent à répétition la fiole de leurs mandants.

Le « populisme » ne croît pas de Le Pen ou de Mélenchon. Mais de Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, Cazeneuve, Valls, etc.