mercredi, septembre 19, 2018

Le problème dans une hiérarchie catholique ayant perdu la foi

The Catholic Church Is Breaking Apart. Here’s Why.

Excellent article.

Parallèle éclairant avec la police. Il y a des policiers pourris comme il y a des curés, des évêques et des cardinaux pourris. Mais les premiers ne mettent pas l'institution à laquelle ils appartiennent en danger alors que les seconds si. Pourquoi ?

Parce que les policiers pourris sont sanctionnés. Et si leur hiérarchie ne les sanctionne pas, elle finit par être renversée par les citoyens (l'auteur a les pratiques américaines en tête).

Dans l'Eglise catholique, rien de tel : s'il y a un pape idiot ou vicieux qui protège les criminels au lieu de les expulser, comme c'est le cas aujourd'hui, personne n'a les moyens de le renverser.

L'auteur propose 4 solutions dont aucune n'est attractive.

La gifle

« L'affaire de la gifle est le symptôme d'une société en manque d'autorité »


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Tous les pédopsychiatres, les enseignants, les magistrats, les policiers constatent le développement continu de nouvelles formes de violences dans la jeunesse. L'intolérance à la frustration qui caractérise tant de nos jeunes enfants et élèves sont des bombes à retardement pour la société de demain. Quand s'y ajoutent la déculturation de masse et/ou l'identitarisme d'une minorité qui s'estime toute-puissante, le danger est mortifère. Ces violences s'inscrivent pleinement dans le contexte d'un individualisme toujours plus amoral qui justifie, au nom de son bon droit, d'écraser l'autre ou de chasser en meute, qui un chauffeur et «son bus de merde» qu'on caillasse, qui une fille aux atours trop féminins pour ne pas être «une salope». Ce collégien se souviendra sans doute de cette gifle reçue pour l'insulte qu'il a proférée. Elle aura peut-être une valeur éducative, évitant que l'insulte restée impunie l'autorise, demain, à agresser physiquement un adulte qui lui ferait une remarque.

En effet, il faut s'inquiéter de la rapidité du passage des insultes aux coups devenue trop banale dans la jeunesse. Cela exige qu'on s'interroge sur notre modèle de civilisation, pas seulement sur notre «modèle de société» comme on l'entend dire pour la forme par ceux qui ont validé ce modèle de déconstruction de l'autorité et de la culture qui lui était adossée. La civilisation est une construction précieuse et fragile, élaborée par la chaîne de générations successives. La famille, où souvent le rôle du père s'efface soit pour ressembler à une maman-bis, soit pour déserter le champ éducatif abandonné à une mère qui doit jouer tous les rôles, est le lieu premier de la civilisation. Il est celui où se forge une vision du monde, des grands modèles d'action pour la vie future. Elle est ce lieu où se donne un enseignement moral qui n'a rien à faire dans l'école - lieu de transmission des savoirs et non une plateforme éducative où on formate les esprits aux enjeux de l'idéologiquement correct du moment, en se substituant à l'éducation familiale. La famille est ce lieu précieux qui préserve l'enfant de notre monde glorifiant l'utile et le bougisme, elle est le lieu où s'enseignent les permanences.
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Cette catastrophique forclusion du père qui ouvre le chemin de la barbarie vient de loin. Guillotiner Louis XVI, c'était déjà tuer le père. Mais il y a aussi beaucoup plus près.



mardi, septembre 18, 2018

Les amis des bourreaux, ce sont les macroniens



Emmanuel Macron est le président des Autres. Il est le président de tout le monde sauf des Français de France : il est le président des riches, des bourgeois de l'hyper-classe mondialisée, des européistes, des immigrés, des Français de l'étranger, des Français pas vraiment français, des financiers apatrides, des banquiers cosmopolites, des Algériens etc. bref, vraiment de tout le monde sauf de ses seuls mandants légitimes, les Français de France.

Et, à ce titre de président des Autres, il est aussi le président des islamistes.


lundi, septembre 17, 2018

Le courage politique aujourd’hui

Le courage politique aujourd’hui, c’est de faire banqueroute, de faire éclater l’Euro et de sortir de l’EU. Si on ne sort pas de l’Euro (ou de l’UE pour ceux qui ne sont pas dans l’Euro), le patriotisme, c’est du bruit avec la bouche.

Cela vous semble trop difficile ? C’est la vie : quand on a perdu ou cédé sa liberté, pour quoi que ce soit, un peu d’argent ou de confort, par facilité, par illusion ou pour toute autre raison, le prix à payer est toujours très élevé. Refuser de payer ce prix, c’est consentir à la servitude, fût-elle douce, enveloppé, rampante, insinuante.

En 1992, en votant le traité de Maastricht, puis en 2009 par la ratification félone du traité de Lisbonne, les Français se sont mis dans les chaines, veulent-ils payer le prix pour s’en délivrer ? Certainement pas en votant Macron.

Les plus proches de cette politique sont évidemment les Anglais avec le Brexit. Ensuite, le programme de Salvini en était proche mais l’application semble demander trop de courage.

Je vous soumets ce texte de Jean Dutourd, qui me semble parfaitement adapté pour décrire les rapports de la bourgeoisie française, et peut-être même du peuple français, et de l'hyper-classe mondialisée, à travers ses succursales de Bruxelles, Paris, Berlin ou Washington :

Il est très facile d'être vaincu. Tout à coup, on n'a plus de responsabilité. Autrement dit, plus de destin. Un autre prend les décisions pour vous, un autre commande, un autre vit à votre place.Vous, vous êtes enfin déchargé de ce fardeau exténuant de la liberté, c'est-à-dire de la prévoyance, de la force de caractère, de l'honneur, de la morale, de la pureté. Aucune valeur ne subsiste. La seule chose qu'on vous demande, c'est l'obéissance au vainqueur. Et le vainqueur est bon bougre :  si vous faites ce qu'il veut (qui est toujours incompatible avec les vertus de l'homme libre, mais qui est très facile : proclamer qu'il est bienfaisant alors qu'il est injuste, dénoncer ceux qui lui résistent, etc.), il vous laisse tranquille ; parfois même il vous récompense. Ainsi, se damne-t-on pour lui. Douce damnation, qui rapporte des faveurs, des avantages, des privilèges (privilèges subalternes, sans doute, mais enfin on est un peu au-dessus du troupeau), de l'argent, une espèce de considération (ou de feinte considération ou, mieux encore, de feinte égalité) de la part du puissant.


dimanche, septembre 16, 2018

Immigration : l'Allemagne ne basculera pas

Je connais un certain nombre de gens de droite qui espèrent que l'Allemagne va basculer sur le sujet de l'immigration.

C'est totalement illusoire. L'Allemagne a choisi de se suicider par l'immigration massive et ce choix est profondément ancré. Ce n'est pas quelques pourcents à droite ou à gauche qui vont changer quoi que ce soit.


PY Rougeyron sur la tyrannie européiste

Mademoiselle de Joncquières

Un film un peu lent à démarrer, mais plaisant. J'ai cru qu'il tournait au brûlot féministe façon #Balancetonporc. Hé bien, sans vous dévoiler le dénouement, pas du tout. Au contraire, même.

Ca fait du bien de retrouver, en nos temps bêtes à manger du foin, un film qui montre la complexité des rapports entre les hommes et les femmes.



Et ce texte de Bérénice Levet :


Qu'est-ce que ce passé libertin et galant a selon vous à nous apprendre aux hommes et femmes du XXIe siècle ?

Tout. Le sens du jeu, de la légèreté, la passion des mots, de la conversation, l’art de la répartie. Plutôt qu’une éducation à la sexualité, qui fait aujourd’hui polémique non sans raison, je milite pour une éducation sentimentale : il faut donner à notre jeunesse, les mots pour dire le désir, pour le mettre en forme, c’est la meilleure arme contre la brutalité. Arlequin, pour paraphraser Marivaux, est poli par l’amour, il apprend des tours et des détours… Dans l’héritage galant, le plaisir du bien dire est une fin en soi, Voltaire a ce mot magnifique : Zadig « se promenait dans ses jardins avec deux amis et une dame, à laquelle il disait souvent des choses galantes, sans autre intention que celle de les dire »

Notre héritage libertin ne nous dissimule rien des ruses du désir, de ses perfidies, de ses ombres. J’invite à relire les Liaisons dangereuses et tout particulièrement la lettre XCVII de Cécile Volanges et la réplique de Madame de Merteuil.

Notre littérature nous permet de gagner l’intelligence de ce qui se joue entre les deux sexes. Car après tout, de quoi nous parle l’art et la littérature, l’opéra sinon de ce jeu du désir et de l’amour ? L’esprit viendra davantage aux jeunes filles et aux jeunes gens en lisant Molière, Marivaux, Stendhal Balzac, Philip Roth, qu’en se laissant bercé par la liturgie féministe.

Les féministes arrivent avec leurs gros sabots, leur grille interprétative, inaccessibles à la savoureuse partition que la France a composée sur ce donné universel de la différence des sexes. Elles se comportent comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, car cet héritage est infiniment fragile.


samedi, septembre 15, 2018

La corruption dans l'Eglise vue par des Américains

Church, Clericalism, Corruption

St. Thomas More Can Guide Us Now

Mais c'est Bill Vallicela qui analyse plus précisément le problème :

The Role of Concupiscence in the Decline and Fall of the Catholic Church

Les clercs ont perdu la foi dans le Christ, dans les enseignements de l'Eglise et dans leur mission de pasteurs des âmes et ont pris le goût du monde.

Mais, au lieu d'en tirer les conséquences et de chercher un vrai boulot, ils ont préféré, par lâcheté, continuer douillettement leur carrière ecclésiastique et tordre les enseignements de l'Eglise vers le monde. D'où l'envahissement de la préoccupation sociale et politique, qui, loin d'être anecdotique, est la manifestation visible de la perte de foi (un peu comme l'Etat français qui, ayant perdu foi en la France, se disperse dans tout un tas de missions subalternes et néglige les seules missions qui justifient son existence, les missions régaliennes. C'est la même logique).

Cette perte de foi dans les enseignements explique aussi l'inclination vers l'islam, si difficile à comprendre autrement. Si on croit en Celui qui a dit « je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi », l'islam apparaît pour ce qu'elle est depuis toujours dans l'enseignement catholique : une voie ennemie, fausse, dangereuse, barbare et violente. Mais si l'on n'y croit plus ?

Jorge Bergoglio est le symbole de cette dérive.

J'accuse « les clercs ». Est-ce à dire qu'ils sont tous corrompus ? Non, mais les corrompus sont en nombre suffisant, et aux places stratégiques, pour pervertir toute l'institution.

La solution ? Prier, certes, mais aussi exiger la lumière. Satan n'aime pas la lumière. C'est d'ailleurs pourquoi le travail méthodique de Jorge Bergoglio pour jeter un voile sur ces affaires pédérastiques nous informe de quel coté il est.










jeudi, septembre 13, 2018

Un été avec Homère (S. Tesson)

J’aime bien Sylvain Tesson, mais sans plus : je trouve son mode de vie et les livres qui en découlent très égoïstes.

Un été avec Homère résulte d’émissions de France Inter.

Remettre à l’honneur l’Iliade et l’Odyssée est une excellente idée.

Mais pourquoi ces digressions idiotes sur « les religions monothéistes », bien entendu accusées toutes dans le même sac d’un certain nombre de maux, en gros d’avoir introduit la morale et d’avoir fait perdre aux hommes le lien avec la nature et la joie de vivre ? Ce sont de souverains poncifs, bien éculés.

Et comble de ridicule, Tesson nous dit que, par rapport à Ulysse, Jésus manque d’humour, soit exactement le contraire de ce qu’écrit Chesterton, beaucoup plus crédible, qui nous dit que la particularité du Christ est sa mirth, qu’on peut traduire par sa gaieté, son allégresse, voire son hilarité.

Aucun humour, l’auteur de « Tu es Pierre et, sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise » ou de « Femme, personne ne t’a condamnée ? Hé bien, moi non plus, je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus » (Saint Jean nous dit qu’Il écrivait sur le sable, je me demande bien ce que ce pouvait être) ?

Allons, ce sont des enfantillages de vieux pédant superficiel.

Mais il reste qu’un amoureux d’Homère ne peut être entièrement mauvais. Il m’a donné envie de relire l’Iliade puis l’Odyssée, la dernière fois doit bien remonter à dix ans. C’est toujours le même vif plaisir depuis 25 siècles.

« Oui, les Gaulois sont réfractaires au changement… et ils ont raison ! »

« Oui, les Gaulois sont réfractaires au changement… et ils ont raison ! »

La France en crève, de ces technocrates de merde et de leurs électeurs de merde, qui, prennent, ô bêtise, un diplôme pour un brevet d'intelligence. J'en connais plein et c'est souvent difficile à supporter. Il y a peu de choses pires qu'un crétin qui se croit une lumière.

Un diplômé vraiment intelligent, lui, avait une vision plus exacte des choses. Pompidou : « Arrêtez donc d'emmerder les Français ! ».

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Ces réformes qu'on vante tant, quand elles aboutissent, mettent presque toujours le plus grand désordre dans des organisations qui fonctionnaient bien jusqu'alors. Considérons ce qu'est devenu le renseignement téléphonique. La gendarmerie, l'administration centrale et les services déconcentrés du ministère des Finances sont gravement désorganisés. C'est ce qui guette aussi le chemin de fer.

Tout se passe comme si nos dirigeants tenaient le raisonnement suivant : les institutions européennes nous demandent des réformes, faisons-en, bonnes ou mauvaises, qu'importe. À l'inverse, les vrais problèmes : immigration, délinquance, croissance des dépenses publiques ne sont abordées que de manière cosmétique.

Tout cela, les Français le sentent confusément. Les « Gaulois » freinent des quatre fers et résistent à des changements dont ils devinent au fond d'eux-mêmes qu'ils ne servent à rien. Contrairement à ce que croit Emmanuel Macron, une réforme vraiment utile et bien expliquée emporterait leur adhésion. Mais en a-t-il dans les cartons ? En définitive, l'urgence n'est pas de réformer la France mais de réformer la rigidité intellectuelle des réformateurs. Inaptes à appréhender la complexité, nos décideurs combinent l'arrogance avec le conformisme. Louis Althusser avait montré comment toute organisation sécrétait son idéologie, pour ne plus en démordre. Le vrai mal français est là.

Il fut un temps où, aux idées trop simples, des hommes politiques chevronnés, à la fois parlementaires et maires, combinant l'expérience du terrain et la connaissance des problèmes, savaient résister. En existe-t-il encore ? En tout cas, tout est fait aujourd'hui pour les affaiblir. La réduction du nombre des députés voulue par le président est un signal clair envoyé au pays : ils ne servent à rien, l'administration s'en tirerait aussi bien si elle gouvernait directement ! Emmanuel Macron a été présenté, au moment de son élection, comme le président de « la dernière chance de réformer le France ». Et s'il était plutôt la dernière chance d'une technocratie de lui imposer ses lubies ? Pour notre plus grand malheur.
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mardi, septembre 11, 2018

Bientôt la guerre ?

Please write to your MP now without delay - War, terrible war, may be on the way again.

Je ne suis pas toujours d'accord avec Peter Hitchens, mais je lis toujours ses chroniques avec grand intérêt.

Ceux qui réfléchissent (non, pas vous, électeurs de Macron, passez votre chemin, vous êtes les pigeons de la manipulation médiatique. Je n'écris pas pour les crétins) sentent bien le parfum de montée vers la guerre désormais classique en Occident (Irak 1, Kosovo, Irak 2, Libye ...) :

♘ désignation d'un grand méchant forcément émule d'Hitler (pourquoi jamais de Staline ?)

♘ atrocités inhérentes à toute guerre désignées comme insupportables crimes contre l'humanité

♘ ardente nécessité d'intervenir très vite, c'est-à-dire sans réfléchir, sans douter de l'honnêteté de nos dirigeants et sans aucun contrôle démocratique ...

Vraiment, un grand classique.

Je vous rappelle au passage les critères de Volkoff pour reconnaître la désinformation :

1) Tout le monde dit la même chose. L'Huma et le Figaro sont d'accord. Dans le monde réel, avec toutes ses complexités, c'est impossible. Nous sommes donc en face de la désinformation.

2) Nous sommes informés jusqu'à saturation d'un certain coté du problème et pas du tout des autres.

3) Tous les bons sont d'un coté et les méchants de l'autre.

4) L'acquiescement de l'opinion débouche sur une psychose collective.

Rappelons aussi que, d'après Volkoff, la désinformation la plus réussie est d'avoir implanté la croyance que tout est économique (macronistes, encore une pierre dans votre jardin).

Bruno Bertez a détecté le même parfum de ses sensibles narines :

JEUX DE GUERRE, JEU DE MAINS, JEU DE VILAINS,UN JOUR OU L’AUTRE IL FAUDRA QU’IL Y AIT LA GUERRE, ON LE SAIT BIEN…

La raison de cette montée vers la guerre est limpide (les petits gnenfants gazés, c'est pour les gogols) :

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Depuis la crise de 2008, depuis la fin de la coopération internationale en 2013, depuis le début de la déglobalisation : « un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre, on le sait bien … »

Les USA n’acceptent pas la mutation d’un monde qui s'écarte de l’ordre qu’ils ont instauré grâce à la Seconde Guerre Mondiale et les autres, les puissances montantes ou ressuscitées ne veulent plus de l’unilatéralité camouflée sous les caresses doucereuses de la soft politique.
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 C'est le piège de Thucydide :

Destined for war. Thucydides' trap (G. Allison)

A ces raisons géographiques s'en ajoutent deux autres qui se complètent :

1) Les banques centrales arrivent au bout de leurs politiques dites non-conventionnelles. Une « bonne guerre » est le prétexte tout trouvé à des mesures encore plus confiscatoires, au nom du patriotisme. Comme de bien entendu.

Cela permettrait aussi de détourner l'attention à un moment crucial des négociations du Brexit.

2) Donald Trump est engagé dans une politique isolationniste, c'est de plus en plus clair. Il fait beaucoup de bruit avec la bouche, il donne des gages aux bellicistes, mais le schéma général est de plus en plus difficile à nier : les légions américaines repassent la mer et rentrent chez elles. Ou du moins, c'est ce qui arriverait si Donald Trump était libre. Comme les élections de mi-mandat arrivent et qu'il n'est pas du tout sûr que Trump les perde, l'Etat Profond, impérialiste et anti-Trump, a tout intérêt à déclencher la guerre avant.

Beaucoup de raisons pour qu'il y ait une guerre.

Maintenant, il n'est pas sûr que ça marche. La crédibilité des gouvernements occidentaux sur les questions de guerre et de paix est réduite à zéro après tant et tant de mensonges moralisateurs. Il est tout à fait possible que cela suffise à empêcher la guerre : l'hystérie aussi est une arme qui s'use.










Egalitarisme et mépris de classe : que c'est beau, la gauche en action

Rosanvallon débattra avec Finkielkraut… s’il renonce à ses idées. Le dialogue, c'est quand même mieux tout seul.


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La bonne explication n’est donc pas là. Rosanvallon accepte de discuter avec Gauchet et Manent, mais pas avec Finkielkraut. Pourquoi ? « C’est un essayiste, mais pas vraiment un intellectuel. » Quoi donc alors ? Un manuel ? Souhaitons à Finkielkraut d’être bricoleur, sans quoi il n’est plus rien du tout… Les auditeurs à l’ouïe fine auront néanmoins compris : il ne suffit pas d’être normalien et agrégé, ni même producteur à France Culture et professeur à l’École Polytechnique pour mériter le beau nom d’intellectuel. Il faut avoir fait une thèse et occuper une chaire universitaire, sinon au Collège de France, du moins à l’EHESS. Rien de bien nouveau sous le soleil. En 1991 Bourdieu s’en prenait déjà à Alain Finkielkraut en qualifiant les essayistes de « sous-philosophes qui ont pour toute compétence de vagues lectures, de vagues textes, des gens comme Alain Finkielkraut. J’appelle ça les pauvres Blancs de la culture »1Et il justifiait son refus de discuter avec lui et ses semblables en disant : « Toute leur vie ils diraient : voilà, j’ai parlé avec Bourdieu »1tout en précisant qu’en revanche il accepterait volontiers de dialoguer avec Chomsky. Plus récemment, c’était le 18 septembre 2016 au Palais Garnier, l’historien Patrick Boucheron, confronté à Alain Finkielkraut, lui lançait : « Je suis professeur au Collège de France, je suis médiéviste, ma voix sur un sujet d’histoire médiévale (…) vaut un peu plus que la vôtre. »

L’égalité pour les autres

Cette morgue aristocratique et ce mépris de caste s’inscrivent donc dans une tradition qui a ses lettres de noblesse, en particulier au Collège de France. D’aucuns s’étonneront de les trouver chez l’auteur de La société des égaux, un intellectuel qui prétendait dépasser les théories de la justice centrées sur l’égalité des chances au profit d’une philosophie de l’égalité comme relation sociale. Remercions Pierre Rosanvallon d’avoir montré si clairement comment un intellectuel de gauche envisage des relations sociales égalitaires. Et pour l’honneur des intellectuels de gauche, rappelons que Paul Ricœur, dont la réflexion sur la justice et l’égalité était, elle, profonde, avait volontiers accepté de venir dialoguer à Répliques avec Alain Finkielkraut. Il est vrai que Ricœur n’était pas professeur au Collège de France.
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Les Français n'en peuvent plus de ce mépris de classe des bien-pensants, qui se manifeste du professeur du collège de France au petit fonctionnaire de sous-préfecture (le premier ressemble a second).

Heureusement, les Français croient que, quand viendra l'heure de régler les comptes, tous ces salauds seront égaux devant le peloton d'exécution. Ils se trompent probablement, mais à un mépris répond un autre mépris.









jeudi, septembre 06, 2018

François Zéro : le pape de l'injustice

Abus sexuels dans l’Eglise: l’interminable partie de cache-cache

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On trouve un usage semblable de la « miséricorde » papale dans le cas de l’abbé indien, Joseph Jeyapaul. Il est condamné au Minnesota pour le viol d’une jeune fille de 14 ans. Son évêque annonce début 2016 que le pape a levé les sanctions pesant sur le prêtre dans le cadre de « l’Année de la Miséricorde ». A la suite de quoi l’avocat de la victime s’est demandé quand aura lieu « l’Année de la justice, de la vérité et de la sécurité de l’enfant ».

Et on peut remonter au temps où le pape François était archevêque de Buenos Aires sous le nom de Jorge Bergoglio. On trouve trace d’au moins une affaire, remontant à 2002. La mère d’une victime de l’abbé Ruben Pardo (mort du SIDA en 2005) se rend compte que son évêque tarde à traiter l’affaire malgré les aveux de l’agresseur. Et comme le prêtre est abrité dans le diocèse de Buenos Aires, elle prend contact avec Bergoglio. Mais il refuse de la recevoir et la renvoie sèchement. Cette histoire est publiée en Espagne, et rapportée par un journaliste de La Stampa en 2013, avant de disparaître de son blog.

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L'usage très particulier que font François Zéro et ses sbires des notions de miséricorde et de pardon ne doit pas faire oublier une chose : la miséricorde et le pardon ne sont jamais, en bonne doctrine, des obstacles à la justice.

C'est pourquoi tout pape, cardinaux, évêques qu'ils sont, ils errent gravement et frauduleusement. Ils se comportent comme des mafieux plutôt que comme des hommes de Dieu.

C'est pourquoi le courroux d'un catholique ordinaire est tout à fait justifié :

Comment rester fidèle à cette Eglise qui ne défend qu’elle ?

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Nous sommes l’Église. La maison du Père nous appartient autant qu’à eux, et ils nous en sont redevables : à eux à qui Dieu a donné l’autorité temporelle, il leur est demandé des comptes temporels puisque c’est dans ce monde et en ces temps qu’ils nous envoient nous engager. Nous refusons donc que la hiérarchie nous évince en exigeant obéissance, soumission, discrétion et esprit de charité, se réservant le droit de se juger elle-même et de méjuger ou déjuger les victimes jusqu’à ce que la justice civile se charge de leur rendre justice. Nous refusons l’Église des clercs cléricaux. Il nous semble que l’honneur de l’Église est mieux dans nos mains, quitte à ce que ce combat soit une lutte décevante. Il nous semble que nous savons mieux qu’eux défendre les pauvres honneurs des maisons paternelles que nous habitons.

« Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles. Car elles sont le corps de la cité de Dieu. Heureux ceux qui sont morts pour leur âtre et leur feu, Et les pauvres honneurs des maisons paternelles. »
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Addendum du 8/08/18 :

Old Heresies Never Die

Dans l'article en lien ci-dessus, David Carlin argue que le pape François se rend subtilement coupable d'hérésie marcioniste.

Le marcionisme est cette hérésie qui ne veut connaître que le Nouveau Testament et répudie l'Ancien Testament.

Pour employer les termes familiers au pape François, le marcionisme ne veut connaître que le Dieu de miséricorde et nie l'existence du Dieu de justice, celui qui fulmine contre les iniquités d'Israël.

Il n'y a aucune ambiguïté dans le dogme sur ce point : miséricorde et justice marchent d'un même pas. Oublier l'une pour favoriser l'autre est condamnable. Invoquer la miséricorde à tout propos et à géométrie variable, comme le fait le pape François, c'est se moquer de la justice.

Utiliser l'argument de la miséricorde pour empêcher la justice de passer outrage et la justice et la miséricorde.

La balance fausse fait horreur à l'Éternel. Mais le poids juste lui est agréable.


mercredi, septembre 05, 2018

Impôt à la source maintenu : je l'avais prévu (hélas)

Emmanuel Macron maintient le prélèvement de l'impôt à la source.

Je l'avais prévu, hélas. J'écris « hélas » car le critère que j'ai employé pour faire cette juste prédiction est désespérant :

« Ce sont des technocrates. Dès qu'il y a une connerie de ce genre à faire, mettre en place une usine à gaz pour emmerder les Français, ils la font. Ils ne peuvent pas s'en empêcher. C'est plus fort qu'eux. Et comme en plus, c'est anti-familial, ils ne vont pas pouvoir se retenir ».

mardi, septembre 04, 2018

Appel au peuple : pourquoi Macron ?

Je me pose une question.

L’ascension météorique d’Emmanuel Macron a commencé quand il a été propulsé par un associé-gérant de la banque Rotschild, François Henrot, sur la recommandation de Jacques Attali et de Serge Weinberg.

Je ne comprends pas ce soutien : Macron vient d’Amiens, qui n’est pas un centre de pouvoir, et sa famille n’est, à ma connaissance, pas particulièrement connectée.

L’explication officielle invoque les immenses qualités personnelles d’Emmanuel Macron. C’est du pipeau pour les gogos : des types qui ont les qualités de Macron, il y en a treize à la douzaine à Paris (Macron ne montre pas une culture ou une intelligence au-dessus de la moyenne des hauts diplômés – Jupiter-Narcisse est beau parleur, il est très amoureux de sa propre voix, mais il ne faut pas creuser beaucoup pour constater que c’est une façade fragile) et ils n’ont pas pour autant l’appui continu d’Henrot, d’Attali et de Weinberg.

Les trois seuls points réellement saillants du caractère de Macron : son « charme », autrement dit son comportement de pute de compétition qui sait dire à chacun ce qu’il a envie d’entendre, son toupet sans limites, il n’a honte de rien, aucune vergogne, et son flair indéniable. Mais cela suffit-il à expliquer les appuis dont il a bénéficié ? J’en doute.

Il a probablement donné des gages. Mais de quoi ? Je m’interroge sans trouver de réponse.

Franc-maçonnerie ? Lobby homosexuel (dont Proust disait que c’est le plus efficace) ? Autre chose ? Mais quoi ? A-t-il eu simplement de la chance ?

Je ne trouve pas d'explication qui me satisfasse. Avez vous une idée ?

Question subsidiaire : la presse s'est retournée contre Macron, je n'ose dire « comme un seul homme » vu la putasserie des journalistes. Pourquoi ? Effet de mode ou quelqu'un a-t-il pressé un bouton ? Et pour quoi ?


Les vainqueurs (M. Goya)

Un livre anniversaire, sur l’année de guerre 1918.

Les vainqueurs sont, sans ambiguïté, les Français, qui ont su remarquablement s’adapter, y compris au niveau industriel, puisque la France joue en 1918 le même rôle d’arsenal des alliés que joueront les Etats-Unis en 1943-44.

La grande qualité des Français, en cette dernière année de guerre, est la mobilité (1). Elle explique à la fois l’échec des offensives allemandes du printemps et la réussite des offensives alliées de l’été. L’année 1918 est très meurtrière pour tous les camps, ce qui est aujourd’hui un peu oublié, mais le moral de l’armée française, qui sent qu’elle tient la victoire, est très haut.

Malheureusement, la victoire vient trop vite. Les Allemands prennent tout le monde de court en s’adressant directement à Wilson. Celui-ci réagit d’une manière qui sera, dans ses conséquences de long terme, criminelle : l’Allemagne n’étant pas acculée à une capitulation sans conditions, elle ne perd pas la goût de la guerre (2), comme on le verra vingt ans plus tard.

De plus, les Anglo-Saxons vont favoriser l’Allemagne au nom d’une vision dépassée de l’équilibre continental.

Résultat : en 1920, à la signature des traités de paix, la France est dans une situation stratégique plus défavorable qu’en 1914. Elle a perdu l’alliance russe. L’alliance anglo-saxonne bat de l’aile. Certes, l’Allemagne est affaiblie mais pas démantelée.

Tout ce qui n’a pas été fait correctement en 1918 le sera en 1945, avec quelques dizaines de millions de morts supplémentaires.

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(1) : 50 TSF en 1914, 28 000 en 1918. 80 000 camions en 1918 contre 40 000 chez les Allemands.

(2) : les imbéciles d’aujourd’hui parlent, par anti-américanisme primaire, des bombardements massifs des villes allemandes de 1943 à 1945 comme de crimes contre l’humanité. C’est un anachronisme, une méconnaissance crasse de l’époque.

Churchill, qui savait mieux de quoi il parlait, a justifié ces bombardements par « Je veux faire passer à jamais aux Allemands le goût de la guerre ». Nul doute que les Russes raisonnaient de même en laissant faire le viol de millions d'Allemandes.

On dit souvent que les Allemands n’étaient pas coupables collectivement du nazisme, c’est faux, cette affirmation une coquetterie d’européistes. Les Allemands étaient coupables collectivement du nazisme, mais le châtiment a été appliqué pendant la guerre, pas la peine d’y revenir.