vendredi, novembre 21, 2014

Marie-France Garaud à Jacques Chirac

Il est de bon ton dans la classe jacassante, qui aime tout ce qui abaisse la France, de célébrer ce salopard de Jacques Chirac, le premier ministre du regroupement familial, le président du discours pétainiste «ce jour-là, la France commettait l'irréparable ...»

On rappellera donc ce mot assassin de Marie-France Garaud : «Je vous croyais du marbre dont on fait les statues. Vous n'êtes que de la faïence dont on fait les bidets».

lundi, novembre 17, 2014

Nurburgring 1975

Juste pour le plaisir.

Comme dit Zemmour, c'était l'époque où faire l'amour était sans danger et conduire dangereux.

C'était l'époque des F1 600 ch 600 kg. On n'en était pas encore aux monstres turbo de 1200 ch.


Le célèbre accident de Niki Lauda aura lieu sur le même cricuit l'année suivante. On comprend en regardant les images : il n'y a aucune des sécurités qu'on considère comme minimales aujourd'hui. Une piste étroite, bosselée, bordée d'arbres, avec beaucoup de passages sans visibilité. Lors de la course que vous pouvez voir ci-dessous, il y a eu un nombre élevé de crevaisons (dont Lauda), ce qui indique une surface en mauvais état.

Tout ceci étant dit, ce circuit était magnifique, on n'a pas l'équivalent aujourd'hui.
















Jeunes djihadistes français de souche : aucun mystère

Le Figaro nous explique (Conversion à l'Islam : «Les jeunes français souffrent d'un malaise identitaire») qu'il y a un mystère dans les jeunes Français de souche convertis djihadistes.

Au contraire, c'est limpide, c'est même cela qui dérange. Je l'ai déjà expliqué.

Que propose la société française (si tant est qu'il existe encore une société française) à un jeune, homme ou femme ?

  • une société dévirilisée dont les pères sont absents ou se comportent comme des mères-bis. La perte de ce repère fondamental entraine celui de tous les autres (la fameuse forclusion du père, de Lacan).
  • une société déracinée. Les racines ont été sciemment coupées.
  • une société sans avenir. Quel est l'avenir d'un jeune Français aujourd'hui ? Aller de CDD en CDD pour se payer le dernier iphone ?
  • une société sans spiritualité, sans idéal et sans cause qui mérite de se sacrifier.
  • une société sans aventure, où le principe de précaution règne tout puissant.
L'islamisme leur offre (de manière frelatée, à mon avis) tout l'inverse : une virilité, des repères, une cause, une aventure, une communauté, une religion, un avenir (même s'il est dans l'au-delà).

J'ose la question sacrilège : sont-ils si différents des jeunes Français qui partirent faire la guerre d'Espagne, d'un coté ou de l'autre ?

Bien sûr, je n'en fais pas des héros romantiques, je sais que leur cause est mauvaise, que leurs pratiques sont abominables et que beaucoup sont des abrutis.

Si j'en avais un devant moi, je lui mettrais une balle dans la tête sans hésitation : c'est mon ennemi, il veut me tuer, il veut détruire ce que je suis, ce que j'aime. Mais, sans ressentir un grand respect, je n'éprouve pas pour eux un mépris infini.

Envisager les choses de mon point de vue est une évidence. C'est aussi très dérangeant pour les gens qui «pensent bien» car cela remet en cause les salades qu'ils nous vendent depuis des décennies.

C'est pourquoi la grande machine médiatique à euphémiser et à affadir s'est mise en route : de même qu'on parle de «décapitation d'otages» (connotation révolution française, problème politique) alors qu'il s'agit en réalité d'égorgements comme des moutons (connotation «religion de paix et d'amour» imparable, problème religieux), on tourne autour du pot, on interroge les parents, on psychiatrise la question, on la «sociologise».

On évite d'appeler un chat un chat. Pourtant, les motivations de ces jeunes djihadistes sont très explicites : elles s'étalent à longueur de charabia islamique dans des pages internet.

Mais bon, la lâcheté et le mensonge règnent : raconter n'importe quoi plutôt que de reconnaître que notre société décadente déboussole des jeunes, raconter n'importe quoi plutôt que de reconnaître que l'islam est une religion intrinsèquement violente fondée par un guerrier conquérant et exterminateur, donné comme «beau modèle».

La Vérité rend libre. Les medias et ceux qui les peuplent aiment leurs chaines.


dimanche, novembre 16, 2014

La France des polémiques à deux balles

La chanteuse Zaz a subi les foudres des petits marquis du politiquement correct pour la phrase suivante : «À Paris, sous l'Occupation, il y avait une forme de légèreté. On chantait la liberté alors qu'on ne l'était pas totalement.»

Passons sur son mauvais français.

Ce qu'elle veut dire est évident pour quiconque connaît la période. Celle-ci fut l'âge d'or du cinéma populaire et de la chanson de même. Et aussi du théâtre (voir Le dernier métro).

Mais, d'une part, les nouveaux censeurs exècrent le peuple ; d'autre part, ils n'ont de cette période qu'une vision caricaturale et stupide (la stupidité est d'ailleurs leur principale caractéristique). Ils sont, comme disait Voltaire des parlementaires, des bœufs-tigres : bêtes comme des bœufs, féroces comme des tigres.

Il serait marrant de les scandaliser avec une phrase du genre : «Les Résistants étaient des farceurs : ils utilisaient les messages personnels de la BBC pour faire passer des contrepétries».

Puis, une fois le scandale bien monté en mayonnaise médiatique,  on leur mettrait sous le nez le passage des mémoires du colonel Rémy, à qui on ne peut dénier aucun brevet de Résistance, où il explique qu'il a du arrêter les contrepétries dans les messages personnels parce que les auditeurs avaient fini par s'en émouvoir.

Dans quel monde vivons-nous, où une phrase, maladroitement exprimée mais limpide et incontestable, suscite le scandale ?

Tiens, une chanson de 1943 :

'71

Un film sur les affrontements en Irlande du nord en 1971. Le thème m'intéressait, mais c'est traité de façon beaucoup trop moderne : explicite, violent, syncopé, trop dans le style clip ou pub.

Passez votre chemin.



Marie Heurthin

J'ai toujours peur en allant voir ce genre de films de tomber sur du pathos de mauvais aloi. Hé bien non, c'est finement mis en scène sans oublier de légères touches d'humour. Cela rappelle évidemment Helen Keller et Miracle en Alabama.

On remarquera aussi que, dans ce film, les religieuses ne sont pas traitées comme des demi-folles frustrées et aigries, ça change du cinéma subventionné «à la française».

Notons, pour ceux que les questions d'éducation intéressent, que le pédiatre Aldo Naouri cite Miracle en Alabama comme exemple d'éducation réussie.

Tant que ses parents traitent Helen Keller, aveugle et sourde, comme une pauvre petite chose digne de pitié et lui cède tout sous prétexte de son handicap, elle se comporte en sauvageonne et n'apprend rien. A partir du moment où une éducatrice la détache de ses parents et se montre exigeante avec elle, le miracle se produit.



Doit-on livrer les navires Mistral à la Russie ?

Puisque tout le monde donne son avis sur ce sujet, moi aussi.

Ma réponse est oui. La France doit honorer sa parole et livrer les Mistral.

Cela n'empêche nullement le gouvernement français de sanctionner la Russie sur d'autres sujets si tel est son bon plaisir.

Je dois préciser deux points en toile de fond de mon opinion :

  • je ne suis pas poutinolâtre mais je n'ai pas non plus d'hostilité prononcée vis-à-vis de Vladimir Poutine. Je partage l'avis de l'Amiral Woland sur Poutine. De plus, la Russie ne se résume pas, sur le long terme, à Poutine. Je trouve le lâche alignement atlantiste du gouvernement Hollande particulièrement dommageable pour notre pays : la géographie et les relations commerciales font que les intérêts de la France et ceux des Etats-Unis à propos de la Russie ne convergent pas, voire divergent franchement. C'est à notre gouvernement d'imaginer une politique spécifiquement française. Hélas, nos gouvernants et l'imagination, ça fait deux (à part pour les mensonges et les bavasseries technocratiques).
  • on me dit que Poutine ouvre la boite de Pandore des revendications nationalistes ou ethniques. C'est vrai : si on accepte le rattachement de la Crimée au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, pourquoi pas demain l'indépendance de la Catalogne, de l'Ecosse ou de la Bretagne ? Mais vous connaissez la théorie, que je reprends à mon compte, disant que la quasi-gratuité et l'abondance de l'information favorisent les petites entités nationales (Singapour, Suisse, Nouvelle-Zélande, etc.). Cet éclatement micro-nationaliste me semble donc, non pas inéluctable, mais très probable.  La régionalisation de la France m'effraie si le résultat est d'avoir des régions éclatées sous la coupe des bureaucrates de Bruxelles, mais si c'est pour avoir des régions vraiment libres, pourquoi pas ? Reste la question de la puissance militaire et diplomatique, qui dépend encore de la taille du pays. Mais Venise par le passé, Singapour et la Suisse aujourd'hui prouvent que lorsqu'on est très riche, on peut se payer les moyens de se défendre.

jeudi, novembre 13, 2014

La politique économique de Marine Le Pen provoquerait une catastrophe

Le « marinopenisme » est un marxisme péroniste

La seule option économique de Marine Le Pen avec laquelle je suis d'accord est la sortie de l'Euro.

Pour le reste, Marine Le Pen est hélas tout à fait fidèle au destin argentin que je vois à la France (La tentation de la facilité, les tournants manqués et le funeste destin et La France argentine).

Addendum pour certains commentateurs :

Les voies de la prospérité n'ont rien de secret : elles sont connues depuis longtemps. Liberté économique et respect du droit de propriété (qui vont d'ailleurs ensemble).

A part la sortie de l'Euro, une sorte de libération monétaire, Marine Le Pen ne propose que des restrictions de liberté et des atteintes au droit de propriété, fidèle en cela à la politique suivie depuis quarante ans, c'est la recette certaine de la ruine.


Le suicide français (E. Zemmour)

J'ai fini par l'acheter.

Il n'y a pas à s'y tromper, c'est du Zemmour.

Le style est percutant, on retrouve le sens zemmourien de la formule. C'est agréable à lire. Il y a un certain brillant, ce qui n'est pas du tout un compliment.

Car, si le style est plaisant, les idées sont parfois très légères. L'analyse zemmourienne des moeurs et de la politique est acceptable, sauf un énorme angle mort : le rôle de l'étatisme dans la décadence qu'il dénonce.

En se réclamant du colbertisme, Eric Zemmour est tout simplement ridicule (comme tant d'autres, Le Pen, Polony, Chevènement, Dupont-Machin, etc.).

Lui, qui se targue de sa connaissance historique et de son goût de l'histoire longue, oublie certaines choses quand ça l'arrange : le mercantilisme, base du colbertisme, est un échec complet. C'est même le besoin de comprendre cet échec qui donne naissance à la science économique moderne.

On se souvient des tapisseries des Gobelins et des vitrages de Saint-Gobain. On oublie qu'à l'époque la France était la Chine de l'Europe et que ses performances économiques étaient dépassées par des pays moins peuplés de plusieurs ordres de grandeur, les Provinces-Unies et le Royaume Uni, tous deux beaucoup plus libéraux.

Quant à l'époque moderne, c'est un contre-sens de faire de De Gaulle et de Pompidou des colbertistes. On a droit aux poncifs navrants sur la loi de 1973.

Ce n'est pas un hasard si l'étatisation progressive de la société, qu'on la mesure en part de dépenses publiques dans le PIB, en nombre de fonctionnaires ou en nombre de lois et décrets (environ 11 000 lois, 130 000 décrets à ce jour) est contemporaine de la dégradation des moeurs.

Il faut toute la puissance d'un Etat-mamma envahissant pour dissoudre les solidarités traditionnelles et étouffer les antiques libertés. L'atomisation des individus vient d'un Etat omniprésent et fait place nette pour l'individualisme hédoniste vomi par Zemmour.

Certains font remarquer que les entreprises, Google et Apple par exemple, sont désormais à la pointe de la déshumanisation de la société. C'est vrai, mais cela aurait-il été possible sans la déchristianisation et l'atomisation des individus dans lesquelles l'Etat a eu le rôle principal ?

Eric Zemmour, en chantant les louanges de l'Etat «à l'ancienne» tel qu'il l'imagine, prend la maladie pour le remède.

En réalité, le véritable Etat à l'ancienne était beaucoup plus libéral que dans la vision zemmourienne, pour la simple raison que le contrôle social était exercé par la société (il y avait ce qui se fait et ce qui ne se fait pas) et non par l'Etat (lois somptuaires, lois sociales, lois mémorielles et phobiques scélérates, etc).

Certains imbéciles (Salamé, Bourdin, ...) se sont contentés de critiques d'autant plus violentes qu'elles étaient superficielles et anecdotiques, comme les grands dégueulasses qu'ils sont (Bourdin qui demande à 10 secondes de la fin de l'interview à Zemmour s'il est révisionniste, c'est un moment exceptionnel de saloperie radiophonique, Bourdin est vraiment un enfoiré. On le savait). Mais critiquer Zemmour pour son interprétation du film Dupont-la-joie, de la chanson Lili ou du bouquin de Paxton, ça ne va tout de même pas pisser loin.

Je n'ai pas encore lu de critique de fond d'Eric Zemmour.

Je reste fidèle à mon opinion : Eric Zemmour est la borne-frontière du système, il le protège, comme Juppé par exemple, en empêchant l'émergence de la solution libérale-conservatrice. Juppé le protège par manque de conservatisme et Zemmour par manque de libéralisme. La France n'est pas sortie de l'auberge !

mardi, novembre 11, 2014

France-Allemagne : quand nos politiciens tirent les mauvaises leçons de l'histoire

L’Allemagne, l’euro et l’énarchie

L'inculture des énarques est de plus en plus évidente.

Le 11 novembre: commémoration anachronique ?

On ne maudira jamais assez ce salopard de Jean Monnet, stipendié de la CIA, qui a fait des antions les coupables des guerres.


Si je mourais là-bas ...

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur


Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier


Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants


Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté


Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie


Ô mon unique amour et ma grande folie

Guillaume Apollinaire

Le moteur de la haine contre Sarkozy

Je pense que, lorsqu'on l'analyse avec un certain détachement, avec sérénité et objectivité, on voit que Nicolas Sarkozy est dans la moyenne de nos politiciens, ni vraiment pire, ni franchement meilleur.

Pourtant, sa personne suscite dans la classe jacassante une haine hors de proportion avec ce qui se pratique pour les autres politiciens. Par exemple, François Hollande, malgré tout le discrédit qui le touche, est très loin d'être aussi violemment attaqué dans sa personne que Nicolas Sarkozy.

J'en suis venu à penser que l'anti-sarkozysme est une haine de classe. La France d'en haut déteste Nicolas Sarkozy parce qu'il essaie de séduire la France d'en bas.

A cet égard, le destin de Marine Le Pen est intéressant : depuis qu'elle a fait allégeance aux totems et grigris de la classe jacassante, ce qu'on appelle la dédiabolisation, les medias l'emmerdent beaucoup moins.

Comprenez moi bien : il s'agit uniquement d'image, de perception, car, en réalité, Nicolas Sarkozy fait autant partie de la France d'en haut que les autres, comme l'a amplement prouvé le conformisme technocratique de sa politique entre 2007 et 2012.

Mais la France d'en haut perçoit bien que si elle veut continuer à étouffer la France d'en bas, elle doit la priver de tout espoir, colmater la moindre brèche, même illusoire.

lundi, novembre 10, 2014

L'islamisation de l'Europe est-elle irrésistible ?

Certains soutiennent que l'islamisation de l'Europe est irrésistible, avec trois arguments :
  • la démographie (inutile d'épiloguer).
  • l'islam est une religion simpliste (pour rester gentil) parfaitement adaptée aux abrutis décérébrés et déracinés que le monde moderne fabrique par millions.
  • la conquête des classes dirigeantes européennes est déjà achevée.
Ces arguments sont très puissants, ils ont plus qu'un fond de vérité. Cependant, ils me semblent ressortir d'une vision mécaniste de l'histoire. Bien sûr, c'est ainsi qu'on peut faire des prévisions.

Mais il ne faut pas leur attacher trop d'importance.

Par exemple, il suffirait que le prix du pétrole s'écroule durablement pour que l'islamisation subisse un coup d'arrêt (sans le pognon du des pétromarchies, notre classe dirigeante serait beaucoup moins sensible à l'appel du muezzin).

On peut imaginer mille autres scenarios où l'islamisation de l'Europe est repoussée.



dimanche, novembre 09, 2014

La France des enculés

L'article ci-dessous est édifiant sur le comportement de la France d'en haut vis-à-vis de la France d'en bas.

Pendant ce temps, on connaît des voleurs multirécidivistes qui n'ont pas fait un jour de prison et pas payé un euro d'amende. Mais, eux, ils ont la chance d'être les alibis moraux de la France d'en haut. 

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"Je veux mourir". C'est par ces mots qu'Yvette Bert, 77 ans, a accueilli ce jeudi la décision de la justice pour avoir organisé des lotos interdits. Après l'avoir déclarée coupable d'abus de confiance et annoncé la condamnation à six mois de prison avec sursis, la présidente du tribunal correctionnel d'Arras a ensuite égrené d'une voix ferme les amendes, plus astronomiques les unes que les autres: la retraitée doit s'acquitter dans le volet pénal de 10.000 euros, dont 5.000 avec sursis, et doit près de 120.000 euros à l'administration fiscale. Lors du procès, le 25 septembre dernier, le procureur avait estimé que l'association organisait des lotos à grande échelle, la qualifiant ironiquement "d'association lucrative sans but".

"Ca va aller? Vous voulez une chaise?" a d'abord demandé la présidente du tribunal, à mesure qu'Yvette Bert s'avançait lentement et en tremblant à la barre pour entendre la sentence. "Je ne paierai pas", l'entendait-on dire de sa voix chevrotante, sous les moulures et au milieu des boiseries de la magnifique salle d'audience d'Arras. A la sortie, Yvette Bert faisait part de son désespoir, entourée d'une foule de journalistes. "J'ai même pas de voiture, j'ai rien (...) j'ai toujours donné pour les enfants malades et les personnes âgées. Je suis démolie. J'ai mes enfants qui ne sont même pas venus. On a voulu faire un exemple", bredouillait-elle en larmes. Tout l'argent versé à une association

La justice lui reprochait d'avoir organisé environ 160 loteries prohibées entre janvier 2009 et mai 2013 dans une salle à Saint-Omer. Elle était également poursuivie pour publicité pour une loterie prohibée, abus de confiance et infraction fiscale pour ne pas avoir acquitté d'impôts sur les 460 743 euros de recettes des lotos. En France, la Française des Jeux a le monopole des jeux de hasard. Les bénéfices des lotos, organisés chaque dimanche par l'association "Ensemble pour l'espoir", présidée par Mme Bert, étaient reversés à des associations caritatives et à des personnes dans le besoin, selon elle. Un peu à l'écart des caméras, son amie Marie-Thérèse Cordier, 77 ans, confiait elle aussi son amertume. "Elle n'a pas volé. Les autorités, et notamment la mairie de Saint-Omer, auraient dû la prévenir qu'elle ne devait pas faire tous ces lotos n'importe comment." Yvette Bert, fragile psychologiquement, vit dans une maison de retraite de Saint-Omer et touche une maigre pension. "Elle ne pourra pas payer"

"Elle ne pourra rien payer. Elle sera prélevée du minimum eu égard à ses revenus, qui sont de 650 euros par mois, qui sont symboliques mais qui lui sont malheureusement indispensables pour vivre. ll y a peu de chances que l'administration touche la moindre somme dans ce dossier", assure son avocate, Me Claire Lamoril-Houtart, jugeant la peine "sévère" dans le volet d'abus de confiance. "Au niveau des délits douaniers, le tribunal a appliqué le barème fiscal, il n'y a pas une grande marge de manoeuvre", a-t-elle estimé.

Au moment où Yvette Bert s'entretenait avec son conseil sur la possibilité de faire appel, elle a soudainement reconnu son fils (elle a eu dix enfants), montant les escaliers du tribunal, arrivé un quart d'heure après le jugement et qui a dit avoir appris la convocation de sa mère en regardant la télévision. "C'est aberrant. Je lui donnais des coups de main, et on ne m'a même pas convoqué. J'ai eu des problèmes avec ma mère, je ne lui parlais plus, mais elle n'a rien volé", a assuré Reynald, qui n'a pas voulu donner son patronyme aux médias. "Elle ne s'occupait pas de nous car elle passait tous ses soirs aux lotos", a-t-il dit.
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samedi, novembre 08, 2014

Civilization, the west and the rest (Niall Ferguson)

L'ethno-masochisme ne passe pas par Niall Ferguson. Il revendique sans hésiter son occidentalisme : sur tous les indicateurs (santé, alphabétisation, libertés, découvertes, prospérité, etc.), l'Occident des cinq derniers siècles est très largement aux autres civilisations. Et si l'Occident a fait du mal, ce n'est pas qu'il était plus mauvais mais plus puissant.

Voici le résumé (extrait de wikipedia) des 6 caractéristiques qui, ensemble, font l'Occident :

  • Compétition. Les Européens ont forgé leur aptitude dans le chaos et les guerres religieuses de l'Europe de la Renaissance, pendant que l'Empire chinois, bien plus avancé, s'endormait faute de tensions intérieures.
  • Science. Les avancées scientifiques du XVIe et du XVIIe siècle se sont condensées en supériorité technique et militaire, pendant que l'Empire ottoman, bien plus avancé et conquérant jusqu'au siège de Vienne (1683), était intellectuellement immobilisé par le cléricalisme islamique.
  • Loi et propriété privée, opposée à la propriété publique. Ce qui explique l'ascension de l'Amérique du Nord où le gouvernement représente les innombrables propriétaires de la terre puis des entreprises ; alors que l'Amérique du Sud espagnole est stérilisée par la concentration de la terre dans les mains de l'aristocratie et le despotisme royal.
  • Science appliquée moderne, en particulier la médecine, illustrée par l'offensive de la santé publique dans l'empire colonial français, et la hausse radicale de l'espérance de vie d'abord en Europe et en Amérique, puis partout où l'Occident est arrivé. Il note de manière intéressante que la particularité du protestantisme n'est peut-être pas l'éthique, comme le croyait Max Weber, mais la motivation pour l'alphabétisation (afin que chacun puisse lire la Bible), ce qui a des effets mécaniques sur le développement et l'innovation.
  • Consommation de masse de produits industriels, illustrée par l'industrie textile et en particulier la production de tissus de coton, en masse et à des prix qui les rendent accessibles à ceux qui les produisent.
  • Éthique du travail, élevée en vertu par la religion chrétienne et en particulier le protestantisme (qui encourage aussi la lecture et l'épargne) ; l'auteur note que les Européens déchristianisés sont devenus adeptes du loisir alors que l'Amérique pieuse continue de travailler dur ; il attribue aussi une partie du succès actuel de la Chine aux idées protestantes répandues depuis le début du XXe siècle.
En filigrane, Ferguson n'est pas loin de dire que, pour parodier Hilaire Belloc, l'Occident, c'est le christianisme et que le christianisme, c'est l'Occident.

Les concurrents actuels de l'Occident ont copié plusieurs de ces caractéristiques alors que nous-mêmes perdions foi en elle.

La partie la plus intéressante est la conclusion.

Ferguson réfute la thèse classique, souvent soutenue ici, que la civilisation aurait des cycles et que nous serions, assez fatalement, dans la partie décadente du cycle.

Il considère que les civilisations sont des systèmes non-linéaires hautement complexes, dans la lignée de ceux étudiés par Mandelbrot et par Taleb, et que, comme ceux-ci, ils sont à la fois dotés d'une forte capacité d'adaptation et d'auto-réparation et susceptibles d'une explosion si leur équilibre est perturbé en un point essentiel.

Ainsi, on peut considérer que les chutes des civilisations romaine, inca, chinoise, ottomane n'ont duré qu'une génération (je ne refais pas la discussion mais elle est intéressante), ce qui, à l'échelle de l'histoire, est instantané.

Donc, plutôt qu'une descente dans la décadence, il imagine, si cela devait avoir lieu, une chute brutale. Il rappelle qu'en moins de cent ans, la production de l'empire romain a baissé d'un tiers, que toutes les merveilles romaines (aqueducs, thermes, etc.) ont dans le même temps cessé d'être entretenues et que le taux d'alphabétisation a été divisé par deux.

Enfin, pour achever ce réjouissant tableau, il constate que les civilisations explosent souvent par une combinaison de surendettement, d'invasion et de guerre. A bon entendeur ...


jeudi, novembre 06, 2014

Pour ceux qui s'intéressent encore à François Hollande

Je n'en ai plus rien à faire de François Hollande.Mais si cette curiosité politique intéresse encore certains d'entre vous ...

Les Français saisis par l'angoisse

Conservatisme, copinage et peur du conflit : les trois dépendances de François Hollande

J'apprécie que l'auteur cite comme vieille lune de la politique française, pétition de principe que rien ne démontre, la prétendue nécessité du couple franco-allemand.

Je vous rappelle un autre billet :

Un ami parle à Brague d'un président de la république qu'il a connu : «C'est un salaud : il ne croit en rien». Il ajoute, pensant atténuer son jugement, «Il croit en l'Europe». Rémi Brague se demande si cela atténue vraiment le jugement, si croire en une Europe anhistorique et déculturée n'est pas au contraire la forme ultime du nihilisme politique.