mardi, novembre 13, 2018

France-Serbie : cent ans d’amitié piétinés par Macron

Décidément, le 11 novembre, ce n'était pas son jour, au Macron :

France-Serbie : cent ans d’amitié piétinés par Macron

Commémoration du 11 novembre : la Serbie injustement humiliée

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« On a merdé ». La formule émane d'un membre haut placé du service du protocole de l'Élysée

[…]

Le 6 décembre, Emmanuel Macron doit se rendre à Belgrade. Son homologue a promis un accueil « grandiose », histoire de lui faire comprendre que du côté serbe, quand il s'agit d'honorer l'amitié forgée dans le sang entre nos deux pays, on évite de « merder ». Cette fois, c'est la France qui risque de se sentir humiliée.
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« On a merdé ». Bien piètre excuse pour ignorer ce qu'un écolier de 6ème savait il y a quarante ans (aujourd'hui, les écoliers ne savent plus rien, mais c'est une autre histoire). Et Macron ? Qu'est-ce qu'il sait ? Bon d'accord, pour lui, la France n'existe pas, alors la Serbie ...

Là encore, le minus de l'Elysée est le digne successeur de François Hollande, qui avait oublié d'envoyer un ministre aux obsèques de Roland de la Poype, juste Compagnon de la Libération, Grand-Croix de la Légion d'Honneur, Héros de l'Union Soviétique, c'est-à-dire dans l'échelle des valeurs de la hollando-macronie, quelques crans en-dessous de Cyril Hanouna.



Allez, consolation, j'avais prévu toutes ces conneries (ce billet date de 2013) :

Frappe préventive sur les commémorations de 2014

En fait, cela ne me console de rien.

J'ai honte.

lundi, novembre 12, 2018

Le 11 novembre d'E. Macron n'est pas celui de la France

11 novembre 2018 : Emmanuel Macron a été lamentable, et même insultant, pour les raisons exposées dans les deux articles en lien (même si celui d’Edouard Husson est brouillon).

Je crois que, comme le dit Emmanuel Todd, notre président est un imbécile. Certes, il est sûrement plus intelligent que le Français moyen, mais on n’exige pas la même chose de ceux qui sont en haut que de ceux qui sont en bas : « Ceux qui nous gouvernent et commandent, s’ils ne sont très loin au-dessus de nous, sont très loin en-dessous ». Dans le marigot des chefs d’Etat, ce n’est pas une lumière : Trump, Poutine et Salvini sont probablement plus rusés et plus fins. Il est plutôt dans les médiocres technocrates, genre Merkel et May.

Mais, hélas, cela ne l'empêchra pas de gouverner.

Centenaire de 1918 : un rendez-vous manqué avec l’Histoire

Le fiasco du 11 novembre parisien

samedi, novembre 10, 2018

La préférence temporelle




Boule de cristal : Macron homme seul mais très soutenu

Je pense que Macron va être ré-élu en 2022 (1).

Mais il y a des signes d'espoir. Bien que Macron continuera à être soutenu par les milliardaires Drahi, Niel, Pigasse et compagnie, il a un grave problème : il est de plus en plus seul. On comprend qu'il s'appuie sur les petits marquis Alexis Kohler et Ismaël Emelien et ... Bin, et plus personne. Bon, il y a Castaner. Mais Castaner ou rien, où est la différence ?

Il ne manquerait plus que la vioque demande le divorce et les carottes sont cuites (mais elle ne le fera pas, elle tient trop aux honneurs).

Le parallèle avec Trump est intéressant : lui a démarré comme un homme seul et a su conquérir le parti républicain. Certes, il est aidé par les modes de scrutin qui forcent le bipartisme.

Macron est parti sans appareil, a rallié des seconds couteaux arrivistes (avec quel argent ?) et ceux-ci se font la malle.

Les imbéciles qui ont voté Macron ont une part de responsabilités (je ne fais pas de différence entre premier et second tour). Il faut vraiment avoir de la merde dans les yeux et de la bouillie dans la cervelle pour ne pas avoir vu et compris que Macron était un feu de paille médiatique. Mais je sais bien ce qu'ils avaient dans le crâne : la grande peur des bien-pensants, la chiasse au cul verdâtre, la trouille qui liquéfie les selles et vide le cerveau. Peur de perdre leur petit patrimoine et leur petite place. Penser à la France en dépassant leur petite personne ? Vous n'y pensez pas ! Des minables.

Cependant, que Macron soit un homme seul est une chance pour ses vrais opposants. Il est beaucoup plus vulnérable, beaucoup plus exposé à une connerie fatale.

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(1) : parce que :

1) Même configuration que 2017 : pas d'opposition structurée, coup d'Etat judiciaire, soutien de la presse.

2) Il y a bien un électorat macroniste, composé de salauds et d'imbéciles, j'en connais des deux catégories, voire mélangés. Est-ce que ça suffira ? Tangent, mais probable.

17 novembre : vaine manifestation ? Jacquerie ? Révolution ?

Je ne sais pas si j'irai bloquer le périphérique le 17 novembre.

Je m'interroge : vaine manifestation ? Jacquerie ? Révolution ?

Contrairement aux Parisiens, je ne trouve rien de péjoratif aux jacqueries. Mais l'histoire nous apprend que leur seul effet est de renforcer le pouvoir en place : quelques concessions et beaucoup de répression sur les ailes de la grande peur des possédants.

D'un autre côté, une brute qui marche va plus loin que deux intellectuels assis et il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre.

Qu'en pensez-vous ?


L'époque des vaines polémiques

On a honte d'une polémique aussi creuse :



Rappelons que la phrase de De Gaulle de 1966 à Verdun suffit à la régler de manière raisonnable et patriote (car dans cette polémique, il y a beaucoup de narcissisme communautaire/politique, et que je te fais mousser la moraline à deux balles pour te montrer ma belle âme, qui méconnaît la vision plus élevée, au niveau national) :

« Si, par malheur, en d'autres temps, en l'extrême hiver de sa vie, au milieu d'évènements excessifs [membre de phrase très important : Pétain n'aurait jamais été chef de l'Etat s'il n'y avait pas eu la défaite. Cela tempère ses responsabilités, même s'il n'est pas totalement innocent de cette défaite], l'usure de l'âge mena le maréchal Pétain à des défaillances condamnables, la gloire qu'il acquit à Verdun, qu'il avait acquise à Verdun vingt cinq ans auparavant et qu'il garda en conduisant ensuite l'armée française à la victoire ne saurait être contestée ni méconnue par la patrie. »

Ceux qui entretiennent cette polémique sont comme d'habitude l'anti-France qui veut culpabiliser les Français au nom d'une idéologie universaliste hors sol (et, Zemmour a raison, d'une instrumentalisation stalinienne de l'histoire).

Cette polémique ne m'intéresse donc pas : il est juste que soit rendu hommage à Philippe Pétain avec les autres maréchaux. Et si on ne le fait pas, c'est une injustice. Point barre.

En revanche, qu'on se perde dans cette polémique sans intérêt est navrant. Ce manque d'intelligence, de recul, de connaissances, dans les arguments (Zemmour à part) invite au mépris le plus cinglant. C'est ce symptôme de bêtise qui me travaille. Comme le dit Todd, la France est dans un état de décadence morale et intellectuelle dont je me demande si elle peut sortir.



vendredi, novembre 09, 2018

Les carottes Vichy (la bourgeoisie française y était)

C'est un débat assez récurrent sur ce blog « La bourgeoisie française a-t-elle un tradition de trahison, notamment au profit de l'Allemagne ? ». Ma réponse est clairement positive (comme celle de Clemenceau et de Gaulle, entre autres).

Bien sûr, cela varie dans le temps : peu entre 1914 et 1918 ; beaucoup entre 1940 et 1944. Il y a des nuances : je n'oublie pas que la sociologie des Résistants était au-dessus de la moyenne.

Mais globalement, je maintiens mon analyse.

En tout cas, après guerre, c'est très clair : il y a une veine politique d'extrêmes centristes, forcenés de la trahison, combinant atlantisme et européisme, toujours prêts à brader les intérêts de la France pour complaire à Washington et à Berlin (auparavant, à Bonn) sans que la France en tire aucun avantage significatif en retour. C'est vrai aussi dans le domaine industriel (EADS, Alstom, ...).

Il y a continuité dans la trahison des bourgeois mous (sauf quand il s'agit de trahir. Là, ils savent être durs) : Schuman, Giscard, Hollande, Macron.


Vichy n’était pas la France, c’était le gouvernement des élites


Une tribune de Guillaume Bigot autour du livre "L'Etat contre les Juifs" de Laurent Joly

par

Guillaume Bigot

- 8 novembre 2018

Guillaume Bigot. ©GB

Saluant la publication du brillant essai, L’Etat contre les Juifs, que publie l’historien Laurent Joly, Guillaume Bigot en conteste néanmoins une partie des thèses. Bloc de traîtrise, de bêtise et de haine, le régime antisémite de Vichy a cependant empêché, selon lui, une extermination totale des juifs français.

Une brillante synthèse consacrée à la politique antisémite de Vichy vient de sortir : L’Etat contre les Juifs, signée de l’historien Laurent Joly. Ce travail d’une grande clarté permet à la France contemporaine de resituer précisément sur la fresque nationale cette tâche morale indélébile que fut Vichy. La resituer avec justesse, sans la minimiser mais sans non plus l’étendre à tout un peuple qui a subi le choix de ses dirigeants et à qui on n’a jamais demandé son avis. Ce n’est pas le moindre mérite du livre de Joly que de dénoncer cet amalgame permanent entre Vichy, la France et l’Allemagne. L’Etat contre les Juifs tord le cou à trois idées fausses.

Abject, l’antisémitisme français n’était pas nazi

La première, c’est que Vichy n’a jamais été comparable à l’Allemagne nazie. Cette conclusion saute d’autant plus aux yeux si l’on se place du point de vue des crimes antisémites. Certes, le régime de Vichy va, de son propre chef, édicter, le 3 octobre 1940, un statut des Israélites, faisant de nos compatriotes juifs des citoyens de seconde zone. Il n’en reste pas moins que l’antisémitisme de Vichy différait fort de l’antisémitisme génocidaire des nazis. L’écrivain royaliste et résistant Bernanos poussera d’ailleurs un cri surréaliste à la Libération : « Le nazisme a déshonoré l’antisémitisme. » Joly écrit : « La tradition antisémite autochtone n’était pas assez puissante pour aboutir à l’adoption d’une loi raciale. »

Vichy n’était pas Berlin : jamais le port de l’étoile jaune ne sera imposé en zone libre. L’Etat français n’est pas le Reich : même des antisémites virulents, comme Xavier Vallat (insultant Léon Blum à la Chambre, le 6 juin 1936 : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif ».) ne veulent pas que l’on arrête les « juifs respectables » ! En novembre 1943, René Bousquet écrit à un officier SS : « Pour les services de police, (…) le fait d’être israélite ne constitue une présomption de responsabilité, ni en matière politique, ni en matière de droit commun. »

Le zèle administratif français facilite les rafles

L’Etat contre les Juifs montre aussi comment le zèle administratif français va grandement faciliter la tâche criminelle des Allemands. A l’été 1942, les hommes de Vichy, au nom d’une pathétique « reconquête administrative », disent en substance aux Allemands : « On vous donnera le nombre de juifs que vous voulez mais laissez-nous faire et épargnez les juifs français ». A l’été 1942, l’Etat français opère donc en effet un choix déshonorant et ignoble.

Joly montre ainsi comment Vichy a sacrifié les juifs apatrides sur l’autel de la collaboration. C’est exactement le même argument que l’on retrouve sous la plume de Zemmour et dont on ne comprend pas bien pourquoi Joly tient absolument à dire qu’il est en désaccord avec lui. Des Juifs français sont raflés au passage et, horreur dans l’horreur, abomination au carré, les enfants nés sur notre sol, donc français, sont également livrés.

Contrairement à Zemmour et à Joly, l’historien Pierre Vidal-Naquet, contestant l’évidence de cette ignoble troc écrivait : « Des mesures n’ayant affecté que des étrangers… si cela était vrai, le crime n’en serait pas moins éclatant ! » Vidal-Naquet a moralement raison mais mathématiquement tort. Car si Vichy n’avait pas existé, le sort des Juifs dans l’Hexagone aurait été pire, bien pire. En France, 90 % des Juifs français, 86 % des enfants juifs français et étrangers et 60 % des Juifs étrangers survivront à la guerre. Partout ailleurs, les nazis détruiront entre 50 et 90 % des communautés israélites. Pour autant, Vichy n’a jamais été un moindre mal.

La France n’était pas Vichy

Sur 280 000 juifs recensés (sur 320 000) en 1941, il y aura tout de même 74 150 morts. Vichy est un bloc de traîtrise, de bêtise et de haine qui a livré les apatrides, arrêté ses concitoyens juifs et fait couler le sang des résistants et des alliés.

En jouant à cette farce tragique d’une souveraineté à la botte, Vichy va libérer deux millions de soldats nazis qui auraient dû autrement occuper notre vaste pays et saborder notre flotte qui était, en 1940, la première du monde, devant la Royal Navy.

La deuxième démonstration irréfutable de Joly, c’est que la France n’était pas Vichy. En marge d’un projet de loi antisémite, le chef adjoint du cabinet civil de Pétain note : « Le pays n’est pas antisémite… On dira que c’est un asservissement devant l’Allemagne, le racisme n’est pas apprécié dans ce pays parce qu’il est allemand. »

Bien sûr, un antisémitisme bien de chez nous a existé mais que pesait-il ? Le Journal Au Pilori, tiré à 65 000 exemplaires, organise un concours en 1943 à propos des juifs intitulé « Où les fourrer? » La gagnante en est une habitante de Clichy qui propose de stériliser les juifs. 65 000 exemplaires, c’est à comparer, avec les quelque 1200 journaux résistants qui seront distribués à plus de 2 millions d’exemplaires.

La France n’était pas Vichy en témoigne encore les rapports des préfets qui atterrissent sur le bureau du vieux maréchal. Ces rapports sont sans appel : l’étoile jaune ne passe pas, les restrictions alimentaires ne passent pas, la poignée de main avec Hitler ne passe pas.

Une minorité de héros… et de salauds

L’historien Henri Amouroux a raison : en juillet 1940, il y a bien 40 millions de pétainistes. Quelques mois plus tard, le 24 octobre, le soutien populaire s’effondre. C’est l’entrevue de Montoire. La France copine avec l’ennemi. Les Gaulois réfractaires ne l’acceptent pas. Vichy n’est pas la France… En témoigne le stoïcisme des populations civiles, notamment en Normandie, lourdement bombardée par les anglo-américains et qui réserve pourtant un accueil triomphal aux alliés qui débarquent en juin 44.

Certes, les héros furent peu nombreux. Mais les salauds aussi. Le sentiment dominant des Français, c’est la détestation du Boche qui pille et qui fusille. Quant au sort des Juifs, il est incompréhensible à la majorité. Le livre de Joly contient ce témoignage bouleversant d’une Française anonyme qui écrit à Pétain, en voyant passer des autocars chargés de femmes et d’enfants raflés : « Ce sont des charrettes de condamnés. »

La troisième leçon de vérité de ce livre, et sans doute la plus importante pour la France de 2018, c’est que les élites furent derrière Vichy et le peuple derrière la Résistance et les Alliés. Le principal mérite de Laurent Joly est sûrement de faire éclater la vérité sociologique de la Collaboration.

Qui étaient les collabos ? Les magistrats, les hauts fonctionnaires, les journalistes, les intellectuels et les pipoles… Comme c’est étrange. Le conseiller d’Etat Louis Canet, les hauts fonctionnaires Bousquet et Papon. Canet, Laval, Bousquet, trois petits marquis de bureau qui incarnent parfaitement un certain conformisme de classe.

Les petits marquis de la Collaboration

Écoutons Laurent Joly croquer le portrait de ces petits marquis : « Chez l’un comme l’autre, le franc-parler et le volontarisme affichés marquent une constante soumission aux forces dominantes du moment, sur fond d’égo hypertrophié et d’amour immodéré du pouvoir. »

Cynique, méprisante et vaniteuse, notre classe dirigeante a semble-t-il peu changé.

« Par ces temps de terreur, il est trop grave de faire connaître ses sentiments s’ils ne sont pas absolument conformistes », note l’avocat Maurice Garçon dans son Journal (1939-1945).

En d’autres termes qu’à l’époque, dans Paris occupé, existait un politiquement correct, socialement très marqué [votez Macron !]. Entre 1940 et 1944, la « France d’en haut » pariait sur Hitler. Or, aujourd’hui, les élites qui veulent brader la souveraineté veulent aussi charger les épaules du peuple français du fardeau de la culpabilité morale des classes dirigeantes d’hier ! Les couches, les CSP les plus représentées dans la défense des sans-papiers, dans la haine de Trump et du Brexit, dans l’apologie de la mondialisation et de l’UE… étaient surreprésentés dans la collaboration [votez Macron !] !

De là à penser que, pour nous faire avaler la monnaie unique et le renoncement au volontarisme et à la démocratie nationale, il fallait préalablement aligner la France sur l’Allemagne, il y a un pas que… l’on peut envisager   [votez Macron !] !  

Pourquoi déshonorer le peuple français ?

L’alignement moral a précédé et préparé l’alignement monétaire. L’Etat contre les Juifs dénonce en tous cas un révisionnisme grave qui veut à tous prix déshonorer le peuple français. Le révisionnisme de François Hollande dont le discours du 22 juillet 2012 ne comportait aucune allusion au contexte de l’occupation et au nazisme. Plus grave encore et toujours plus éloigné de la réalité historique, Emmanuel Macron, dans une allocution prononcée le 16 juillet 2017, ose dire que c’est la France seule qui est responsable de la mort des juifs. Plus d’Allemands donneurs d’ordre et même plus de génocide, que des Français antisémites. Édifiant. L’occupation allemande n’était pas un détail. Vichy n’a jamais été la France. La France n’est pas et ne sera jamais l’Allemagne !



mercredi, novembre 07, 2018

mardi, novembre 06, 2018

Todd sur Macron

Emmanuel Todd est un vaniteux mais ce qu'il dit sur Macron est très juste :



Si vous êtes pressé, vous pouvez commencer à 1h15.

Résumé :

1) Macron est idiot (plus que Sarkozy ! Ce qui dans la bouche de Todd veut dire quelque chose). C'est un énarque dont l'intellect n'a pas évolué depuis sa sortie de l'école. Il n'a aucune profondeur. Macron est aussi éloigné de la réalité qu'une copie de l'ENA.

Le monde change avec Trump-Brexit-Salvini comme il a changé dans les années 80 avec Reagan-Thatcher et Macron est incapable de le prendre en compte.

Todd est assez rigolo quand il parle de l'âge de Brigitte Macron : soit Emmanuel Macron est un vrai rebelle soit, au contraire, il a épousé une copie de sa mère et ne sera jamais adulte. Je vous laisse choisir.

2) Le macronisme est le produit du fantasme (pétainiste, c'est moi qui l'ajoute) de la bourgeoisie française de régler les problèmes sans faire d'efforts, sans risquer son patrimoine, c'est-à-dire sans sortir de l'Euro (comme Pétain laissait croire que tout allait se régler sans combattre les Allemands).

La France est sortie de l'histoire en perdant sa souveraineté monétaire (l'Euro), sa souveraineté judiciaire (la CEDH), sa souveraineté législative (les directives européennes) et sa souveraineté militaire (rien sans l'aide des Américains -sauf le nucléaire) et ne veut pas faire les efforts nécessaires pour y rentrer. Les Français peuvent donc se montrer irresponsables et se laisser aller à la puérilité de voter Macron.

De plus la bourgeoisie française a une longue tradition de soumission à l'Allemagne (thème connu sur ce blog).

En somme, le contenu intellectuel et moral du macronisme est donc très médiocre : pas de vision, pas de courage, pas de générosité, pas de patriotisme.

En conséquence, le macronisme est « le produit de la médiocrité morale et intellectuelle de la bourgeoisie française et, plus largement, de la France ». Les élus et les électeurs du macronisme sont profondément médiocres.

3) Macron a pris le Front National au mot : l'UMPS existe, il l'a incarné et il a gagné. La mascarade étant révélée, le paysage politique est ravagée et l'avenir inconnu. Dans ce chaos, Macron a une bonne chance d'être réélu.

4) La classe moyenne supérieure est presque aussi loser de la mondialisation que la France d'en bas (les vrais winners de la mondialisation sont en réalité très peu nombreux - comme dit Warren Buffet « la guerre des classes existe et c'est ma classe (sous-entendu, celle des milliardaires) qui l'a gagnée ». Si vous n'êtes pas an moins multi-millionaire, vous n'êtes pas un vrai gagnant de la mondialisation). Elle se rassure en votant contre la France d'en bas, pour se donner l'illusion qu'elle est séparée de ces losers.

5) La société française est atomisée et, dans ces cas là, c'est toujours l'Etat le grand gagnant.

Le règne des énarques ne se dissimule même plus sous une alternance droite-gauche factice, la répression est de plus en plus directe (Zemmour est interdit de médias publics, Todd suit la même trajectoire. On ne parlera pas des attaques judiciaires contre Fillon, la FI et le FN).

La porte est maintenant ouverte pour une suppression des élections. Soit directement, soit, plus subtilement, en décourageant les gens d'aller voter en paralysant les partis d'opposition (c'est déjà commencé) et en ne tenant pas compte du résultat des élections (précédent célèbre : le référendum de 2005).

Au regard de l'histoire, tout cela est cohérent et sans surprise : les peuples qui ne peuvent ou veulent plus défendre leur liberté finissent toujours par la perdre.

Mais, comme Todd, ça me met en rage à en pleurer de voir que notre pays qui fut si grand se laisse décliner parce que les bourgeois ont peur de perdre leur patrimoine au moindre mouvement de sursaut et que les autres ne savent plus faire une révolution.


lundi, novembre 05, 2018

Violence à l'école : les profs méritent ce qui leur arrive

Stains : une grève pour contester l'arrivée d'un gendarme comme proviseur adjoint du lycée

Depuis 50 ans, les enseignants, par bêtise, par inconscience, n'ont cessé de soutenir la contestation de l'autorité sous toutes ses formes. Ils ont soutenu par leurs manifestations, leurs grèves, leurs votes, leur enseignement.

Aujourd'hui, leur autorité d'enseignant est nulle et ils s'en plaignent. Moi, je ne les plains pas : ils récoltent ce qu'ils ont semé, depuis deux ou trois générations. La punition est méritée.

Je reconsidérerais ma position le jour où ils auront tiré les leçons de ce qui leur arrive, qu'il voteront à 80 % Front National et qu'ils manifesteront pour qu'on augmente les moyens de la police et qu'on expulse les immigrés illégaux.

Jusqu'à ce jour que je ne suis pas près de voir, les plaintes des profs rencontreront en moi un coeur de pierre, fermé à leurs cris. On ne donne l'absolution qu'au pécheur qui se repent.

Macron trahison !

La politique française est facile à comprendre aujourd'hui : Emmanuel Macron est un traitre, au vrai sens du terme, et ceux qui ont voté pour lui, des imbéciles ou des salauds (ou les deux).

Je serai à la manifestation du 17 Novembre

Macron Trahison !

Ils n’effaceront pas la Victoire

Mais, que faire ?

Quand ce connard intersidéral d'Edouard Philippe nous dit « J'assume » (à propos de n'importe quoi, dernièrement des hausses de prix des carburants), le sous-texte est évident pour tous : « Pas la peine de perdre mon temps à vous écouter, les grouillots, je vous emmerde : vous êtes des veaux, vous êtes les sans-dents. J'ai l'armée, la police, la gendarmerie et le fisc de mon coté. Ils sont à ma botte, et vous aussi par la même occasion ». Et comme il dit « J'assume » souvent, nous savons à quoi nous en tenir, même les plus durs d'oreille.

Le problème, c'est qu'il n'a pas tort : on peut mépriser Macron et ses clowns autant qu'on veut, ils ont les commandes.



Criminalité (X. Raufer)

« Enfin, je vous rappelle les trois immuables phases du comportement d'une administration française devant un phénomène brutalement nouveau et dérangeant (ici, criminel) :

a) c'est un bobard,

b) on le savait depuis longtemps, rien de nouveau sous le soleil ;

enfin, c) le problème réel quoique minime, est résolu. M. Collomb commençait à y voir clair ; M. Castaner, lui, retourne à la case départ. Attendons sereinement ( ?) la suite. »

Flair à la Bertrand : pourquoi l’insécurité du quotidien pourrait bien être l’arme gagnante pour les opposants à Emmanuel Macron

Lance-roquettes découvert en Seine-Saint-Denis : mais que préparent donc ceux qui trafiquent ces armes ?




dimanche, novembre 04, 2018

La guerre civile par d'autres moyens

Trouvé chez Bruno Bertez :

American Politics Is Now Just Civil War by Other Means

Le passage essentiel est celui-ci (veuillez me pardonner ma flemme de traduire) :

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When Trump calls the establishment media the enemies of the people, that’s because they – together with their passive NPC drones and active Antifa enforcers – are enemies, if by “the people” we mean the historic American nation. Trump’s sin is that he calls them out for what they are.

Trump didn’t cause today’s polarization, he only exacerbates it because he punches back. Good, may he continue to do so. Pining for a more well-mannered time in a country that belongs to another, long-gone era is futile.
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Ce point me paraît essentiel : l'appel aux bonnes manières est une façon de conforter ceux qui tiennent le manche. Dans une situation de péril extrême, il est sain que les opposants soient cohérents, c'est-à-dire extrêmes eux aussi (je n'ai pas dit « extrémistes », il y a une nuance).

Alain Finkielkraut, qui est une personne estimable mais, en tant qu'intellectuel, pas loin d'être un imbécile, ne comprend rien à Trump  et en appelle, sincèrement me semble-t-il, à la civilité, sans comprendre qu'elle joue contre ce qu'il défend.

Il y a les imbéciles, il y a aussi les lâches (voir le commentaire de Wil 04 novembre 2018 à 01:47).

Ludovic Monnerat, un colonel suisse qui tenait un blog et a disparu des radars (si quelqu'un a des nouvelles ...), affectionnait le dicton : « Il y a deux sortes de militaires : les herbivores et les carnivores ». C'est à la guerre qu'on fait la différence. En temps de paix, les herbivores les plus habiles se donnent une image de carnivores.

Dans l'ordre intellectuel et politique (1), c'est pareil. Nous sommes dans un temps où il faut des carnivores.

De Gaulle et Thatcher ont souvent râlé d'être cernés par les mous, même parmi leurs fidèles. Il y a des moments où il faut des gens qui grimpent à l'échelle pour l'assaut sans tergiverser.

Trump et Salvini sont de ceux-là. En France, Wauquiez ... (je plaisante. Hélas. C'est un herbivore qui n'arrive même pas à se donner une image de carnivore. C'est dire s'il est con).

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(1) : je mélange volontairement les ordres intellectuel et politique. Dans l'ordre intellectuel, les ronds-de-jambe sont tout simplement grotesques. Montaigne a déjà tout dit :

De l'art de conférer

Dans l'ordre politique, on peut nuancer, puisque les violences rhétoriques débouchent parfois sur des violences physiques.

Mais nos ennemis ont choisi depuis une cinquantaine d'années d'établir une continuité entre ces deux ordres. De faire la guerre dans l'ordre intellectuel comme ils font la guerre dans l'ordre politique, et vice-versa. J'en tire les conséquences : vous avez voulu la guerre ? Hé bien, vous l'avez. Vous avez Trump, vous avez Orban, vous avez Salvini ...

Asia Bibi : les cris indignés des féministes percent les oreilles

Le mari d’Asia Bibi réclame l’asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada

Pas à la France, le péhi des drouâts de loume ? Comme c'est étrange ...





Peter Hitchens en grande forme

If moaning cut crime we'd have the best police in the world




samedi, novembre 03, 2018

Macron : « Z'est le retour des zheures les plus zombres de notre histoire. Mein Führeur ! »

J'avais décidé de ne pas parler des pauvres conneries de Macron sur le retour des années 30 puisque tout le monde l'a fait : 3 articles dans Causeur, 2 dans Atlantico, 2 dans le Figaro, 1 chez Bruno Bertez, 1 chez de Castelnau, ...

Mais, bon allez, deux, trois, petits articles :

Macron Trahison !

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Sur les déclarations de Manu l’extra-lucide, on ne peut que déplorer une fois encore l’argent public gaspillé à produire des énarques qui parlent avec assurance de choses dont ils ignorent tout. Comme d’habitude, il a plaqué sur la réalité une vision idéologique de l’histoire, celle qui lui a été enseignée.
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« Retour des années 30 » : Macron fait joujou avec l’histoire

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Comme le montre sa dernière sortie sur « le retour des années 30 », le rapport du jeune Macron à la vieille histoire fonctionne comme un extraordinaire révélateur. Du conformisme des jeunes élites, de l’inaptitude à penser l’irréductibilité des événements sans recourir à des cadres pré-établis, et de l’hubris de l’hyper-contemporanéité.
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Macron est un crétin narcissique inculte qui a de petites habiletés, bref, un François Hollande avec encore moins de retenue  (ne pas oublier cette parole fondamentale de François Hollande : « Macron, c'est moi en mieux » c'est-à-dire en pire).

Je me souviens de gens autour de moi disant « Macron, il est brillant », ce à quoi je répondais en riant « La brillance, une qualité de cireur de pompes ». Et je pensais à part moi que l'appétit de servilité dénoncé par La Boétie n'est pas mort.

Ces admirateurs transis ramènent moins leur fraise, ces temps-ci. Mais ont-ils compris que la source de leur erreur est une combinaison de superficialité, de conformisme et probablement d'irresponsabilité ? Bien sûr que non. Ils sont prêts à refaire exactement la même erreur pour un autre : répéter la pensée conforme du moment, c'est tout de même moins fatigant, et moins dangereux, que de réfléchir.

Mais ils ont une excuse : la « communication » est devenue une extraordinaire machine à  biaiser les problèmes, à ne jamais poser les questions droit, à susciter des impressions plutôt que des réflexions, à jouer sur l'image plutôt que sur la pensée, à tout noyer dans un maelström de sentiments au lieu de construire un discours.

Il y a toujours eu une grande part d'irrationnel dans la politique. L'innovation moderne est de l'avoir industrialisée. Les « communicants » au service du pouvoir sont des milliers, si on compte les administrations et leurs satellites. La question est de savoir si cette industrialisation de la perversion de la politique par la communication permet encore à la démocratie de vivre.

J'ai des doutes si gros que je considère que nous ne sommes déjà plus en démocratie. Car le vote éclairé n'existe plus.

EDITORIAL, DE LA FONCTION CLIVANTE DU POPULISME, SON UTILITÉ POUR MAINTENIR LA FICTION DE LA DÉMOCRATIE LIBÉRALE.


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L’accusation de populisme , c’est une arme qui est utilisée par les élites et leurs suiveurs, leurs harkis pour essayer de tuer socialement, démocratiquement ou républicainement ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est le contraire d’un mot inclusif, c’est un mot qui disqualifie. Ce mot est balancé comme une insulte parce qu’il est chargé de connections soigneusement tracées et entretenues: racisme, antisémite, nazisme. Grâce à cela il est utilisé comme disqualification à la parole, comme une nullification : vous êtes un populiste , donc vous n’avez ni le droit à la parole ni le droit d’exister .

Il est frappant de voir que ceux qui l’utilisent se présentent comme centristes, comme refusant le clivage droite/gauche comme Macron. En fait ils tracent un autre clivage, celui du centre marécageux qui rejette les extrêmes. Ce clivage c’est d’un côté le camp du bien massifié, dont on a fait disparaître les identités et les déterminations et de l’autre le camp du mal, le camp de ceux qui sont structurés qui ont une colonne vertébrale, qui tiennent debout par des références et des convictions. Le camp du bien martelle: « vous devriez avoir honte de ce que votre populisme évoque; votre devriez avoir honte des associations d’idées que nous y accolons car en dernière analyse, quand tout le cheminement des associations d’idées a été parcouru, vous êtes raciste, antisémite, ringard, égoïste, bref nazi ».

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ll faut cesser de s’interroger sur « nazi » car le contenu du mot est un piège, c’est une diversion. Il faut s’interroger sur l’utilisation du mot, démystifier cette utilisation, montrer en quoi elle est scélérate. Si vous entrez dans la discussion sur le nazisme vous êtes foutus, car là on touche au sacré, on touche à des interdits qui sont maintenant définitifs. La seule chose à faire est de discuter de l’utilisation du mot, de contester l’usage de cette arme que constitue la nazification de l’adversaire. Mais attention l’adversaire est rusé et quelque fois il ne vous nazifie pas directement, il joue par la bande! Ainsi Macron varie les attaques et quelquefois il se borne a évoquer … la similitude avec les Années Trente. Il joue sur les amalgames, la polysémie, les associations d’idées. Ce que bien sur tout le monde comprend , mais il ne l’a pas dit n’est ce pas que vous êtes un nazi, c’est vous qui le dites.

Désigner, nommer des populistes, c’est diviser le champ social pour régner

J’y insiste car pour lire régulièrement les travaux des think tanks européistes, je sais que c’est une stratégie élaborée, pensée, qui a été mise au point dans la perspective des élections européennes de 2019; faute de pouvoir se vanter d ‘un succès de gestion les européistes ont mis au point une fois de plus une stratégie scélérate qui consiste à cliver salement, honteusement, à diviser les peuples. Ils se contentent de gagner, ils n’ambitionnent plus de recueillir des adhésions. Ils se foutent d’être légitimes. Et à cette stratégie il faut reconnaître que les partis de gauche type Mélenchon prêtent leur concours. Pour avoir une place à table, un strapontin, et pour survivre ces pseudo partis de gauche comme Diem 25 ou les Insoumis, se soumettent au clivage imposé par les dominants et les européistes.

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L’opposition entre les libéraux et les populistes ou entre les libéraux et les il-libéraux est, vue sous cet angle une mystification de plus, un piège et à mon sens il fait la récuser dès maintenant car c’est cette opposition qui permet au système des élites de se maintenir.

La vraie opposition n’a pas besoin de nom. Elle n’est même pas à inventer , même pas à formuler, elle s’imposera d’elle même sans mot d’ordre et sans discours. Sans mise en forme car elle sera pure force de rejet brutal. Car les inventions ne sont que prolongements du passé; non la vraie opposition se produira d’elle même sous une forme inconnue, elle sera produite par le réel , par la souffrance, par le mal être, pas par les hommes ou par des guides.

Il n’y a pas de prophète de ce qui n’existe pas encore et n’est donc pas nommable. La vraie révolution se fera bien sur, elle sera d’abord révolte des forces vives, brutes, dionysiaques, non canalisées, non mises en mots.
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Tout espoir est-il perdu ? Non.

Car l'histoire ne s'arrête jamais. La fabrique industrielle du consentement ne rencontre pas d'ennemi terme à terme. En revanche, elle a un tel effet dissolvant sur les sociétés que se créent des ilots en retrait, des gens qui arrêtent de jouer le jeu.

Nous ne sommes pas si loin de la lutte contre la tyrannie préconisée par La Boétie. Non pas la lutte armée, mais le retrait : arrêter d'écouter et, dans la mesure du possible, d'obéir. Cela semble bien faible, puisque le Système continue à prélever les impôts qui le font vivre.

Et pourtant, c'est de ces interstices hors-Système que viendra sa chute. Une révolte des bonnets rouges en plus grand, une révolution islamiste, une croisade chrétienne ... on peut imaginer tout ce qu'on veut, puisque, de toute façon, on ne peut prévoir l'avenir (seul quelqu'un d'aussi con qu'un énarque prend au sérieux la prospective).

Il faut adopter une approche systémique antifragile, à la Taleb : non pas s'épuiser à prévoir un avenir imprévisible, mais se bâtir les moyens intellectuels, financiers, sociaux et politiques de saisir par le cheveux les chances qui surgiront.

Le révolution française ne s'est pas faite autrement : c'est parce que les sociétés de pensée et les salons parisiens d'un coté, l'armée d'un autre coté, avaient préparé le terrain qu'on vit surgir à la première occasion les Mirabeau, Danton, Robespierre, Hoche,  Bonaparte, Lannes, Davout ...