dimanche, février 19, 2017

Au boulot, sujet du jour : Emmanuel Macron est-il un homme d'argent ?

Piqué chez Philippe Bilger :

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Historique du patrimoine d'Emmanuel Macron

2007- Emmanuel épouse sa riche prof de français de 24 ans son aînée, mère de trois enfants et grand-mère de sept petits-enfants. Avec son salaire de fonctionnaire proche de 40 000 € /an et un apport de 550 000 € prêtés par feu son milliardaire Pygmalion Henry Hermand (prêt remboursé), Macron achète un 83 m² à Paris pour la modique somme de 950 000 € qu'il revendra 980 000 € (en 2012 ou en 2014 quand il sera nourri, logé à Bercy, blanchi par le contribuable, l'histoire ne le dit pas...). Selon le JDD, Attali prend soin de préciser que son poulain "n'est pas un homme âpre au gain" et qu'"il a des goûts modestes"...
2008 à 2012- Banque Rothschild > 400 000 € salaire annuel x 4 ans = 1 600 000 € et un seul "big deal" réalisé (Nestlé Pfizer) > + 2 800 000 €
2012 à 2014- secrétaire général adjoint de l’Élysée > + 12 000 € salaire mensuel x 24 mois = 288 000 €
2014 à 2016- ministre à Bercy pris en charge intégralement par l’État > + 9 940 € par mois x 24 = 238 560 €
Total des salaires perçus de 2008 à 2016 > 4 926 560 €
Zéro patrimoine immobilier et 17 comptes en banque.
Penchons-nous à présent sur sa déclaration de patrimoine du 28 octobre 2016 à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique. A la rubrique immobilier, néant, nada, walou. Côté pépettes, les 17 (!) comptes bancaires et assurances vie totalisent un actif de 315 795 €, contrebalancés par un passif de 252 747 € (prêt en 2011 du Crédit Mutuel pour la rénovation de la propriété de Brigitte Trogneux Macron réévaluée à 1 400 000 €, ce qui vaudra au couple de payer l'ISF avec un redressement fiscal sur plusieurs années).
Résumons : si je calcule bien, le patrimoine net déclaré de l'ex-ministre de l'Economie est de 315 795 € - 252 747 € = 63 048 €. Comme écrirait le Canard enchaîné s'il avait l'idée saugrenue de s'intéresser enfin à la réelle opacité de la vie publique : 4 926 560 € en huit ans soit 51 318 € par mois, près de 1700 euros chaque jour ! 4 926 560 € dont il ne resterait que 63 048 € ? Et certains envisageraient de confier à ce joueur de bonneteau la gestion d'un État surendetté qui court à la faillite ?
Il manque toujours cinq millions d'euros.
Aujourd'hui ce pauvre Macron loue un appartement parisien et survit avec la retraite d'enseignante de son épouse 2150 €/mois et d'environ 250 000€ tirés de la vente de son essai "Révolution" sorti le 21 novembre 2016, nous rapporte tristement le JDD. L'article du JDD mentionne aussi 50 000 € de reliquat de "pantouflage" remboursé à l’État pour frais d'études et non mentionné dans le passif de la déclaration officielle. Admettons. Mais à part ça, où ont bien pu passer les 5 millions de Macron ? Avis aux fins limiers des gazettes, prompts à fondre sur commande sur une victime de droite désignée, voici un nouveau champ d'investigation à labourer !


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Visiblement, je ne suis pas le seul à me poser des questions :

Macron : 3,6 millions d’euros de revenus, et patrimoine négatif ?

Je sais que certains de mes chers lecteurs vont se faire une choix de sortir leur code fiscal et leur calculette et m'éplucher tout cela.

J'attends avec impatience l'aide du Canard Enchainé.




samedi, février 18, 2017

François Bousquet : « Rarement, l’offre politique aura aussi peu coïncidé avec la demande du corps électoral. »

François Bousquet : « Rarement, l’offre politique aura aussi peu coïncidé avec la demande du corps électoral. »

Je trouve cet entretien intéressant.

La conclusion que j'en tire ? La situation est de plus en plus instable. Nous allons vers le temps des surprises, pas forcément bonnes.

Il faut, d'autant plus, ne pas oublier les chocs extérieurs.







Elections, piège à cons

Il y a plein de discussions autour de Fillon, Le Pen, Macron etc.

Mais tout cela n'a pas grande importance : quel que soit l'élu du 8 mai, la France est dans une situation politique dramatique.

Le Pen : pas de majorité parlementaire.

Macron : Hollande-bis sans majorité non plus.

Fillon : pas de légitimité et pas d'autorité.

Fillon cède la place à un autre ? Qui ? Scénario aussi funeste que l'élection de Fillon lui-même.

Il faut vous faire une raison, chers compatriotes : le 9 mai au matin, la France sera dans une merde noire.




vendredi, février 17, 2017

La France tel qu'elle va (mal)

Montpellier : bagarres géantes pour jeunes désœuvrés

Voilà : cinquante ans d'esprit soixante-huitard et nous revenons au temps de Casque d'Or. Sauf que Manda et Leca ont fini à Cayenne.



jeudi, février 16, 2017

Pourquoi Macron est bien meilleur que Fillon

Je constate de plus en plus, avec regret, qu'Emmanuel Macron est des kilomètres au-dessus de François Fillon, tout simplement parce qu'il est cohérent. C'est un libéral-libertaire, léger comme une plume, pour qui tout est consommable, la famille, la langue, la culture, ... Sans attaches définitives (pour le coup, il est significatif qu'il n'ait pas d'enfants).

Il peut dire tout et son contraire si cela satisfait son Moi, c'est-à-dire, en ce moment, son objectif marketing de devenir président de la république.

Rien ne l'attache définitivement, aujourd'hui il aime l'histoire de France, demain il la détestera, ou l'inverse. Peu importe puisqu'il vit dans l'éternel présent de l'homme post-moderne. Et, en plus, il croit que ce présent éternel est la voie de l'avenir.




Je comprends qu'un tel homme ait un public que, le temps d'une élection, on baptisera électorat.

En face, François Fillon a un boulevard, il n'a qu'à s'opposer à Macron terme à terme. Il lui suffit d'incarner l'homme des permanences, des liens qui engagent, de la protection. L'homme de la patrie face à l'homme de la mondialisation, l'homme de l'artisanat face à l'homme des robots, l'homme du travail face à l'homme de la consommation etc.

En posant un choix aussi clair, il est sûr de l'emporter.

Pour un châtelain marié depuis trente ans, père de famille, cela devrait être frisou.

Hé bien, pas du tout ! Comme l'a compris Patrick Buisson, Fillon est un progressiste, qui ne voit rien, ou pas grand'chose, au-delà de l'économisme technocratique. Ce n'est pas possible d'être branque à ce point.

Pendant ce temps le complot contre Fillon (c'est facile, vu comme la cible est coopérative) continue :
















Napoléon et de Gaulle, le génie français de la politique

J’allais vous écrire un billet intitulé La Vème dévoyé, la légitimité perdue et la crise qui vient.

Je vous aurais parlé du prochain président qui réunira au maximum au premier tour 15 % des Français en âge de voter et du premier parti de France qui n’a que deux députés. J’en aurais tiré quelques conclusions très pessimistes sur la légitimité du prochain pouvoir élu au printemps et sur la crise qui ne peut que s’en suivre.

Mais il me semble que cet article, si on le lit entre les lignes est un bon substitut et qui m’épargne de la peine.

Napoléon et de Gaulle, le génie français de la politique

Nota 1 : cela ne vaut pas approbation de tout ce qu’ont fait Napoléon Bonaparte et Charles De Gaulle.






mercredi, février 15, 2017

Islam et christianisme, un peu de remise en ordre










Patrick Buisson: "Macron et Fillon, frères jumeaux d'une même pensée"

Un article de L'Express du 31 janvier.

Patrick Buisson: "Macron et Fillon, frères jumeaux d'une même pensée"

L'élection présidentielle de 2017 marque-t-elle le triomphe des primaires ?

Les primaires auront fonctionné comme une formidable machine à remonter le temps : avec le rétablissement implicite du suffrage censitaire et le retour au système des candidatures officielles, tel que l'avait instauré Napoléon III, nous voici revenus au XIXe siècle [excellent J]. Etrange régression démocratique qui a pour effet d'aggraver la crise de représentation en renforçant le poids politique des classes urbaines dominantes, alors qu'il faudrait rouvrir le jeu au moment où, partout dans le monde, la poussée des populismes traduit la volonté des catégories populaires d'être représentées et gouvernées selon leurs intérêts [visiblement, Buisson partage mon inquiétude de voir la France rater un tournant historique].

Avec moins de 13 % du corps électoral, les primaires n'auront mobilisé que les inclus et offert à une minorité partisane, sociologiquement homogène, le pouvoir de construire l'offre politique. La manœuvre est, cependant, en train d'échouer. Conçues comme une procédure de relégitimation pour sauver la partitocratie, les primaires débouchent sur un big bang politique.

La dynamique va aux candidats hors système, de Macron à Le Pen, quand les candidats des deux partis de gouvernement, issus des primaires, sont déjà en grande difficulté. En fait, c'est la dislocation du système partisan qui est désormais inéluctable. Les partis du bloc central ne sont plus des grands corps malades, mais des cadavres en état de décomposition avancée.

Mais François Fillon peut compter sur un socle autrement plus fort que celui de Benoît Hamon, non ?

Le problème de la droite, c'est de renouer l'alliance victorieuse des forces conservatrices et de l'électorat populaire. Celle qui fut à l'origine du succès du RPF en 1947, du triomphe gaulliste en 1958 et de l'élection de Sarkozy en 2007. Or la primaire de la droite a enfermé Fillon dans une base sociologique très restreinte. Jadis, Malraux pouvait dire du gaullisme que c'était le métro à l'heure de pointe. Aujourd'hui, le fillonisme, ce n'est guère plus que le Rotary à l'heure de l'apéritif. Ce retour à un ghetto électoral tend à montrer que le sarkozysme n'aura été qu'une brève parenthèse dans l'histoire du déclin de la droite. En 1981, les candidats de la droite de gouvernement rassemblaient 49,3 % de suffrages au premier tour de la présidentielle. En 2012, ils n'en attiraient plus que 29 %. Dans l'intervalle, le Front national a progressivement occupé la place jadis dévolue au RPR.

François Fillon s'inscrit-il dans la lignée de Nicolas Sarkozy ?

Non, pour ce que l'ancien président avait de meilleur. Hélas oui, pour ce qu'il avait de pire : la réduction de la droite à la défense d'intérêts catégoriels, son identification au gros argent, aux fermiers généraux des grandes compagnies de la finance globalisée. Cette droite-là ne psalmodie les sourates de l'économisme que pour mieux dissimuler le fait qu'elle choisit finalement le marché contre le sacré. La faute originelle de Fillon, celle dont tout découle, aura été, sous le couvert de la rupture, de porter un programme qui fait de lui le candidat du patronat. Du coup, il ne pouvait apparaître, selon la formule de Madelin, que comme un "Robin des bois à l'envers", l'homme qui prend aux pauvres pour donner aux riches.

Quel projet politique porte-t-il ?

L'acte fondateur de sa campagne a été sa visite au Salon des nouvelles technologies de Las Vegas en janvier. Le candidat geek autoproclamé y a affirmé sa volonté de faire de la France une "smart nation" dans un monde connecté. L'idolâtrie des moyens va toujours de pair avec l'oubli des fins. C'est ce que rappelait déjà Bernanos dans La France contre les robots, quand il écrivait qu'un Etat n'existe qu'en vue de la fin qui justifie sa raison d'être. A savoir le service du bien commun [De Gaulle disait : "D'abord, la France. Ensuite, l'Etat."].

Si un conservateur est un libéral vacciné contre les illusions du progrès, Fillon n'est pas un conservateur, mais, au contraire, un adepte du progrès-croyance, un esprit gnostique qui croit que le progrès est non plus dans l'homme mais dans la technique. Or le propre de la pensée conservatrice - et c'était là le cœur du message de la Manif pour tous - tient dans l'idée que, derrière chaque progrès, il y a un antiprogrès potentiel et que, la plupart du temps, les innovations qu'apporte la modernité sont pires que les problèmes qu'elle croit résoudre. Qu'en sera-t-il de la révolution numérique quand on sait que la "révolution agricole" des années 1950-1970 a détruit 5 millions d'emplois pour n'offrir aux consommateurs qu'un peu de chimie dans leur assiette ?

A-t-il eu raison de se présenter comme "chrétien" ?

Le christianisme postule le refus de la domination absolue du monde marchand, la malédiction biblique des idoles, que Marx recyclera en se faisant le contempteur du "fétichisme de la marchandise". A cette aune, Mélenchon est plus chrétien que Fillon. Plus chrétien de ce point de vue, parce que plus marxiste.

Avant même l'"affaire Penelope", qu'est-ce qui expliquait, selon vous, l'enlisement de la campagne Fillon ?

La doctrine de Fillon n'a pas changé. Elle se résume à sa déclaration inaugurale de 2007 : "Je suis à la tête d'un Etat en faillite." A travers cette vision purement gestionnaire et comptable, il y a un renversement total de perspective, une abdication complète du rôle essentiellement politique de l'Etat au profit d'un management qui n'est plus gouvernement des hommes, mais administration des choses. Ainsi s'accomplit le remplacement de la fonction souveraine par la fonction économique. Fillon a choisi d'apporter une réponse technicienne à une opinion dont la demande est principalement régalienne: protection, sécurité, autorité de l'Etat, retour des frontières. Pour Trump, le contexte, dominé par le terrorisme islamiste, commande de faire exactement l'inverse.

Comment peut-il réorienter sa campagne pour toucher les catégories populaires ?

Pour cela, il faudrait qu'il sache, selon le mot de De Gaulle, "chanter à la nation la romance de sa grandeur". Or l'exaltation de ce capital-là, le capital immatériel que composent notre identité, notre mode de vie et notre patrimoine, ne lui inspire que des mots convenus. Au moins pourrait-il s'affranchir d'un discours tout économique pour aborder les vrais enjeux. Le problème central de la société française est celui de la déliaison libérale, qui ne veut connaître que des hommes déliés, détachés de toute vie communautaire. De là procède la dynamique populiste qui exprime la nostalgie des appartenances, des communautés et des solidarités perdues.

L'urgence politique est de répondre à cette quête de communauté et de rétablir l'oikos [du grec ancien, "maison", "patrimoine"] au coeur de l'oikonomia ["gestion de la maisonnée"]. Il y a en France 10 millions d'aidants qui se consacrent à des proches, malades ou dépendants. Cela représente une économie de plus de 160 milliards d'euros par an pour l'Etat. Plutôt que de prôner une énième réforme de la Sécurité sociale, le candidat de la droite serait mieux inspiré de favoriser ces solidarités communautaires, cet "être ensemble" qui ne relève pas de l'avoir, ce "nous" de l'altruisme et de l'échange non marchand. [Je crains, hélas, que François Fillon n’ait absolument pas fait cette analyse et Marine Le Pen pas beaucoup plus, mais du moins elle hérite de cette direction de son père et elle a Marion qui la pousse].

De quoi Emmanuel Macron est-il le nom ?

Au moment où Jean-Claude Michéa publie Notre ennemi, le capital, Emmanuel Macron apparaît comme un homme laboratoire : il est l'illustration parfaite de la reconstitution de l'unité philosophique du libéralisme, de la complémentarité dialectique du libéralisme économique et du libéralisme culturel, de la "société liquide" et de la marchandisation des corps. Il est également l'homme de toutes les dérégulations, qui annonce la future recomposition politique sous la forme d'une réunification des libéraux des deux rives. Il est enfin la preuve vivante que le système n'est pas encore totalement à court de ressources, puisqu'il peut engendrer un candidat qui réussit à se poser en alternative du système alors qu'il en est le produit le plus achevé.

Emmanuel Macron peut-il gagner ? Où sont ses fragilités ?

Etre le candidat de la mondialisation heureuse à l'heure du retour en force de l'Etat-nation et d'un quasi-consensus en faveur du patriotisme économique ne lui garantit pas jusqu'au bout le soutien des classes moyennes paupérisées que sa posture antisystème et antipartis lui vaut actuellement. Même si, en revanche, son discours probusiness et promigrants peut avoir un écho certain auprès des jeunes des cités pour qui l'ubérisation de l'économie apparaît comme une véritable aubaine [ ?????].

Fillon et Macron se caractérisent-ils d'abord par leurs différences ou par leurs points communs ?

Ce sont des frères jumeaux d'une même pensée qui s'arrête à la seule vérité de l'économie. Comme si la montée depuis trente ans du vote protestataire et de l'abstention ne traduisait pas le mal-être, mais le "manque-à-être" de la logique consumériste. La société de consommation est une société de consume-nation. L'homme, réduit à l'économie, réduit sa patrie à une grande surface qui fait des soldes et du crédit. [Citation dans le livre de Philippe Bénéton : « Qu’économise l’économie ? L’amour »].

L'identité d'un pays ne se ramène pas à son PIB et la croissance n'opère en rien le réenchantement du monde. Il y a toutefois une différence entre Macron et Fillon. L'un a l'optimisme et l'alacrité du joueur de flûte de Hamelin, qui entraîne les rats vers la rivière; l'autre est un Diafoirus qui ne promet qu'une purge anxiogène à base de sacrifices et de larmes.

Marine Le Pen se heurtera-t-elle, comme aux régionales, à un plafond de verre ?

C'est le mode de scrutin lui-même qui constitue ce fameux plafond de verre. Mais ce qui est l'ultime protection du système contre les différentes expressions du populisme ne cesse de nourrir l'impuissance et l'impopularité des gouvernements successifs, à mesure que s'amenuisent leur représentativité et donc leur légitimité.

La droite peut-elle perdre cette élection, qu'elle jugeait il y a encore peu imperdable ?

Oui, et ce ne sera pas seulement en raison du discrédit moral dont on cherche à accabler son candidat, mais faute, pour celui-ci, de s'être clairement positionné sur les nouveaux clivages entre peuple et élites, souverainistes et libéraux, identitaires et diversitaires.



mardi, février 14, 2017

Un cycle historique se ferme

Le morne printemps qui attend l’Europe

(C'est moi qui souligne)

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La réaction des principaux dirigeants européens face à la victoire de Trump a été significative : communiqués froids, leçons de morale aussi sournoises que ridicules (de la part de la chancelière allemande en particulier). La réaction aux événements du Proche-Orient n’a pas été moins désolante : dénonciation insensée de crimes de guerre imaginaires, tentatives de la France de changer in extremis la Charte des Nations-Unies pour autoriser l’ingérence humanitaire au moment où celle-ci venait de montrer un peu partout son caractère désastreux, encouragements des Britanniques à certains groupes djihadistes pour qu’ils rompent la trêve décidée autour de Poutine, et reconduction des sanctions imposées à la Russie alors qu’on sait que les Etats-Unis ne vont pas tarder à les lever : au lieu de prendre les devants, les Européens [les européistes] s’enfoncent dans le déni.

Face à l’effondrement de l’idéologie néoconservatrice (ultralibérale en économie et libertaire dans le sociétal) qui a le même caractère intégrateur et mondialiste que l’idéologie européenne façon Bruxelles, les Européens sont aujourd’hui comme un canard sans tête qui continue à marcher sans réaliser qu’il est déjà mort. Le traité transatlantique qui constituait en quelque sorte une extension de la mécanique européenne à l’Atlantique-Nord est enterré.

Entre deux géants

Mais le plus grave pour l’Europe est qu’elle a désormais affaire à deux géants : Poutine plus populaire que jamais dans son pays et prestigieux vainqueur au Proche-Orient, Trump qui a réussi l’exploit de se faire élire contre son parti, contre la totalité de l’oligarchie économique et des médias.

Aucun de ces deux hommes n’a de raison d’avoir la moindre sympathie pour les dirigeants actuels d’Europe occidentale qui ont tous pris parti contre eux, sur le terrain diplomatique et militaire pour Poutine, dans l’arène électorale pour Trump. Le troisième grand homme, plus inquiétant, est Erdogan dont les ambitions se heurtent une situation intérieure très perturbée et que Poutine a du mal à tenir en bride. Nettement éloigné de l’Europe de Bruxelles, il reste un homme fort.

Face à ces grands, quel désastre ! L’Allemagne n’a pour ainsi dire plus de chancelière tant Angela Merkel s’est discréditée en ouvrant de manière irresponsable le pays à un million de migrants, la France a un président zombie, dévalué sur la scène internationale et qui n’a même pas pu se représenter. L’Italie a vu la démission de l’illusionniste Rienzi, si politiquement correct. Mme May semble en meilleure posture mais, encore mal connue à l’étranger, elle semble absorbée par les mille et une difficultés juridiques du Brexit, sans doute parce que, d’aucun côté de la Manche, personne n’ose comme Alexandre trancher le nœud gordien. Et ne parlons pas de Juncker dans ses heures de lucidité ! Tout cela sur fond de crise de l’euro, sauvé in extremis dans l’affaire grecque par la pression d’Obama. Que fera Trump la prochaine fois ?

Il se peut que l’Europe occidentale telle qu’elle est fonctionne aujourd’hui s’avère incapable, de manière structurelle, de produire de vrais leaders. Ce printemps, en attendant de savoir ce qui sortira de l’élection présidentielle française, première du calendrier, le vide sidéral qui est aujourd’hui celui l’Europe occidentale, va paraître au grand jour. C’est tout un cycle historique qui se termine pour elle.
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Alerte, suicide ! (La revanche du Système contre Fillon ?)

La fausse droite se suicide sous nos yeux.

Alors que la seule démarche rationnelle d'un homme de la fausse droite est de soutenir François Fillon sans réserve, à cause du calendrier et à cause de la primaire, d'attaquer la gauche bayonnette au canon, ça soutient à moitié, quand ça ne lui savonne pas la planche complètement.

Ils le soutiennent comme la corde soutient le pendu.

Je ne peux m'empêcher de penser que cela ressemble fort au soutien que Trump a reçu de l'appareil républicain.

Je me dis que le Système se défend sournoisement mais je suis un peu surpris. Fillon ne me semble pas un grand danger, faut-il que le Système soit nerveux.

Je suis aussi très étonné de la vague de commentaires anti-Fillon sur internet. Cela ne correspond pas à ce que je ressens autour de moi.

Cela m'intrigue, me met mal à l'aise, ne me paraît pas entièrement naturel. J'ai l'habitude des polémiques et des lynchages sur internet, et j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui cloche. Sur le site du Figaro, il me semble qu'il y a des gens qui commentent anti-Fillon à plein temps. Retraités ? Etudiants ? Permanents de partis ou d'associations ?

Suis je paranoïaque ? Complotiste ? Votre avis ?

Là encore, Fillon paye son manque de sens stratégique : quand on voit l'usage stratégique que Trump fait de Twitter (alors qu'il avoue peu se servir d'un ordinateur), on se dit que le père François n'est décidément pas à la hauteur. Il n'avait rien à inventer, juste à imiter ce qui a marché ailleurs. Même Mélenchon en est capable.

Bref, cette campagne électorale me met très mal à l'aise. J'ai bien compris qu'il y a tentative de détournement de votes, mais je me demande si cette manoeuvre n'est pas encore plus profonde que je ne croyais.

Le seul moyen de s'en sortir est un deuxième tour Fillon-Le Pen ou une victoire de Le Pen dès le premier tour, éliminant la gauche sous toutes ses formes (sauf la plus droitière) avec un grand coup de pied au cul.


Signalons aux gens qui ne cessent de se réclamer des fameuses et brumeuses « valeurs républicaines » que l'intervention très appuyée d'une justice aux ordres dans la campagne électorale ne peut que mettre tout authentique démocrate très mal à l'aise.









lundi, février 13, 2017

Des nouvelles du politiquement correct et autres contrées à la morale étrange (et des poches de résistance)

Affaire Fillon : opération psychologique de grande ampleur contre la démocratie

Les commentaires du Figaro sous cet article.

La jalousie, l'envie et l'aigreur qu'on devine sous les proclamations de vertu anti-Fillon ne sont pas belles à voir, car il faut tout de même prendre du recul : ce qu'on reproche à François Fillon (il reste à prouver que c'est illégal) est bénin, même si ça jure avec sa posture probe.

On a la désagréable impression que beaucoup de commentateurs n'ont pas vraiment compris l'article puisque peu discutent de savoir s'il s'agit ou non d'une manipulation, ce qui est le cœur du propos de Bruno Dary.

Un commentateur est, comme moi, surpris de l'abondance de commentaires anti-Fillon. Deux hypothèses :

1) Soit je suis à ce point étranger aux Français que je ne mesure pas à quel point l'affaire Fillon les révolte.

2) Soit il s'agit d'une manoeuvre qui complète la psyops dénoncée par Bruno Dary. Il n'y a besoin de cibler que les journaux de droite, qui ne sont pas si nombreux en France. Deux ou trois personnes à plein temps y suffisent largement et, dans la sphère gaucho-associo-étatiste, il doit y avoir bien plus de deux ou personnes qui n'ont que cela à faire.

Je ne sais pas décider entre ces deux hypothèses, faute de moyens d'investigation. Mais cela vaut la peine de les garder en tête.

Les Bataves votent le 15 mars :

La Révolte des Tolérants

Je vous rappelle que, selon moi, la France n'a plus son destin en main, c'est pourquoi je surveille tout ce qui se passe ailleurs qui pouvant décider de notre destin à notre place.

Un article ravageur sur Meryl Streep et ses amis vedettes anti-Trump anti-Brexit :

Right-on, know-nothing, cheap-political-point-scoring celebs have ruined the Baftas for the rest of us











dimanche, février 12, 2017

Fangio au Nurburgring en 1957




Le commentaire est d'époque, pour la radio.

Le foot ou la F1 à la radio, c'est mieux qu'à la télé.

Pour bien comprendre, il faut savoir que Fangio a simulé des problèmes de moteur dans la ligne droite pour le directeur de Ferrari incite ses pilotes à ralentir (le tour du Ring durait plus de dix minutes).

On rappelle Nuvolari :

Grand Prix d'Allemagne 1935 : la plus grande course automobile de tous les temps ?







Bobigny : des émeutiers crient "Allah Akbar"

Bobigny : des émeutiers crient "Allah Akbar"

Pas de commentaire.








Philippe Bénéton : « Le monde occidental ne sait plus qui il est »

Philippe Bénéton : « Le monde occidental ne sait plus qui il est »

Je suis en train de lire le livre de Philippe Bénéton.

Je ne sais pas si je vous en ferai une recension, l'article me semble un bon résumé.

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Qui es-tu ? À cette question, un homme d'autrefois n'avait guère de peine à répondre:  je suis François M, fils de Jacques M et de Suzanne D, époux de Jeanne D, père de deux enfants, natif de Normandie, citoyen français, de religion catholique (ou protestante, ou juive)… 

Mais que doit répondre un homme d'aujourd'hui s'il se conforme à l'esprit du temps ? Qui je suis, mais je suis Moi, un être qui se fait tout seul et ne doit rien à personne... Mais quel est ce Moi insaisissable ? Où s'accrocher quand les rôles traditionnels (de fils, de père, de mari...) ont perdu leur force ? À quoi se dévouer, se donner quand tout se vaut ? Qu'est-ce qui mérite d'être respecté quand la grossièreté et la vulgarité dégoulinent sur les écrans ? Que faut-il opposer aux fanatiques de l'Islam qui dénoncent cet Occident qui n'est que débauche et faiblesse, qui exhibe des corps en rut et ne voit rien qui mérite de risquer sa vie ?
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Bénéton a cette phrase terrible sur ses étudiants : « Ils ont deux caractéristiques : ils ne savent pas et ils ne savent pas qu'ils ne savent pas. »

C'est facile à comprendre quand on connaît la « philosophie » relativiste de l'EN : « Il n'y a pas de savoir, il n'y a que des opinions ». Comme tout le monde a une opinion, tout le monde croit savoir. Et comme l'opinion n'est pas le savoir, personne ne sait rien.

Bien sûr quand on a des parents qui ont le bagage financier ou social, on peut éviter ce funeste malentendu, mais alors on ne veut pas à l'université parmi les élèves de M. Bénéton.

Addendum : je viens de trouver la recension de Zemmour : « Le charme d'un professeur en cravate ».







Pendant que les médias nous emmerdent avec Théo-la-matraque, n'oublions pas le malheureux M. Gaudin


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Le barman de l'Assemblée agressé à Paris est toujours dans le coma

 Par Ludwig Gallet avec AFP., publié dans L'Express le 08/02/2017 à 18:39 , mis à jour à 19:06

Un barman de l'Assemblée nationale a été violemment agressé en fin de semaine dernière à Paris alors qu'il portait secours à deux femmes âgées elles-mêmes prises à partie. 

L'Assemblée nationale a rendu hommage ce mercredi à Jean-Michel Gaudin, chef de rang à la buvette de l'hémicycle. Il aurait été violemment agressé en fin de semain dernière alors qu'il portait secours à deux femmes âgées elles-même agressées.

A l'Assemblée nationale, l'émotion est vive. Les députés ont rendu hommage mercredi à un agent de l'institution très grièvement blessé après une agression vendredi d'"une brutalité effrayante", selon les mots de son président, Claude Bartolone, dans l'hémicycle. Agé de 53 ans, ce grand-père originaire de l'Aveyron travaillait en temps que chef de rang à la buvette de l'hémicycle, rapporte notamment Centre Presse ce mercredi.  

A L'Express, une source judiciaire précise que la victime de l'agression se trouve toujours dans le coma. Une enquête a été confiée à la police judiciaire. Pour l'heure, aucun individu n'a été interpellé. 

"Vendredi dernier, un agent de notre Assemblée, Jean-Michel Gaudin, chef de rang à la buvette parlementaire, a été sauvagement attaqué dans le quartier de la Bastille, alors qu'il portait secours avec un grand courage à deux personnes âgées agressées par quatre individus", a annoncé le président de l'Assemblée nationale à l'ouverture de la séance des questions au gouvernement. 

"Il a été roué de coups »

"Il a été roué de coups avec une brutalité effrayante. Très gravement blessé, il demeure aujourd'hui dans un état critique, son pronostic vital est engagé", a-t-il indiqué. "Je voudrais dire notre émotion, notre révolte face à une telle sauvagerie et notre soutien dans cette terrible épreuve", a ajouté le président de l'Assemblée au nom des députés, qui se sont levés pour applaudir. La photo de Jean-Michel Gaudin a été projetée sur les écrans dans l'hémicycle. 
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Dommage. En plus, il avait un boulot de rêve.

Les députés lui ont rendu hommage, c'est bien. Mais ont-ils réfléchi à leurs responsabilités dans ce fait divers (immigration, politique pénale, etc?) ?

samedi, février 11, 2017

Une citation de Churchill que feraient bien de méditer nos politiciens



Nos politiciens réussissent l'exploit d'avoir tort sans être honnêtes.



vendredi, février 10, 2017

Désastre national

Je pense qu'aucun Français ne contestera que la campagne en cours est un désastre national.

Au moment où d'autres pays font des choix majeurs, où l'on sent bien que la géopolitique et l'économie sont le siège de mutations importantes, aucun débat projet contre projet, vision du monde contre vision du monde, n'est proposé aux Français.

Nous nous moquons volontiers des Américains, mais leur récente campagne électorale, malgré ses outrances et, quelquefois, ses délires, a bien mieux posé le débat devant les Américains que l'actuelle campagne française

Commençons par le petit bout (pas si petit) de la lorgnette : le gouvernement des juges.

Je me permets de citer ce court article de Zemmour (on rappellera, pour goûter tout le sel de ce texte, que l'épouse d'Eric Zemmour est juge) :

Éric Zemmour : « Politiques et juges, l'éternelle malentente »

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Le combat des juges (alliés aux médias) contre Trump à peine élu symbolise dans toute sa pureté de cristal, le combat des «droits de l'homme» contre la volonté de la nation, l'affrontement de « l'État de droit » et de la démocratie. Le « gouvernement des juges » contre le souverain démocratique. On se croirait revenu aux temps immémoriaux de la monarchie française et de sa vieille querelle avec les parlements d'Ancien Régime.

On est fort loin des querelles dérisoires autour des « affaires » hexagonales. On est au coeur de la question qui va se poser de plus en plus en Europe et en France : une démocratie, ce sont d'abord des « valeurs » ou le régime du peuple par le peuple pour le peuple ?
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L'affaire Fillon, une tentative de coup d'État des juges

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La réalité est que le pouvoir judiciaire joue aujourd'hui un rôle de censeur des conduites collectives et individuelles en se fondant sur des considérations d'opportunité non juridiquement définies. La conception gaullienne de la justice comme simple autorité, telle qu'elle figure dans la Constitution de 1958, est dépassée.

Déguisés en justiciers moralisateurs, ces juges considèrent qu'une vérité suprême transcende la loi, produit contingent du compromis politique. Cette aspiration germe dès leur entrée à l'Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) où ils y cultivent un esprit de caste. Cette institution issue du modèle bureaucratique reste ancrée dans ses propres idéaux. Cette jumelle de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) dont les fils de la grande bourgeoisie parisienne et de la haute fonction publique garnissent les bancs, demeure déconnectée de la société civile et des autres professions du droit.
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La question est fondamentale et ne paraîtra nouvelle qu’aux imbéciles (hélas de plus en plus nombreux, merci l'école moderne) qui ne connaissent pas l’histoire, Zemmour n’est pas de cette eau-là.

Le 20 janvier 1771, Louis XV, avec l’aide du chancelier Maupéou, exile les cours de justice qu’on appelle les parlements, toujours rebelles et maillotiniers, irresponsables et vaniteux, permanents agitateurs sociaux et politiques. On peut espérer que la réaction nobiliaire qu’ils soutenaient est brisée par l’autorité royale.



Hélas, le 12 novembre 1774, Louis XVI, sous l’influence néfaste de Maurepas, les rappelle.

Maupéou commente : « J'avais fait gagner au roi un procès de trois siècles. Il veut le reperdre, il est bien le maître. » Jean-Christian Petitfils indique qu'il aurait ajouté de façon bien moins sentencieuse : « il est foutu ». Date funeste s’il en est. Les parlements ne vont avoir de cesse de saper l’autorité du roi. Vous connaissez la suite. Louis XVI a mérité, par la justice sanguinaire de l’histoire, que sa tête tombe.

Le problème est aujourd’hui étrangement similaire : la réaction nobiliaire de la caste médiatico-technocratique, baptisée pour faire vite « le Système », est soutenue par les cours de justice, toujours aussi irresponsables et vaniteuses, qui paralysent l’exercice souverain de l’autorité déléguée par le peuple.

Mais élargissons le propos : ce ne sont pas seulement les robins qui trahissent la France au nom de leurs intérêts particuliers et de leur confort idéologique, c'est toute cette classe qu'il est convenu d'appeler les élites.

L'affaire Fillon et l'ascension artificielle d'Emmanuel Macron ne sont que des symptômes de cette trahison des élites.


Pierre Vermeren : « L'utopie aristocratique des bourgeois bohèmes »

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La nouvelle partition sociale et territoriale se lit dans l'espace. Dans la ville centre, on rénove à tout va. Tandis que la « France moche»  s'étend un peu chaque année, la ville centre gratte, piétonnise, ravale les vieilles pierres. Il en va du capital immobilier qui prospère ! Les bobos aiment habiter dans la pierre, même s'ils s'extasient devant le béton, qui est réservé à leurs salariés, à leurs clients ou à leurs enfants. Les bobos n'aiment pas la voiture. Quand ils n'ont ni enfants, ni personne à charge, ni attache provinciale, et qu'ils sont déchargés des taches matérielles, ils s'en passent ! En supprimant la voiture des centres-villes, ils en chassent provinciaux et banlieusards, et peuvent s'adonner sans risque à la marche ou au vélo. À la voiture, ils préfèrent le tram, le TGV, qui permet d'accéder directement aux stations balnéaires ou de montagne, et l'avion, dont on oublie qu'il pollue une fois la frontière passée.

Ils disposent des meilleures écoles, publiques et privées, pour leurs enfants (s'ils en ont), des meilleurs services de santé (les CHU concentrent la médecine de pointe française quand les médecins étrangers et de second rang soignent partout ailleurs), et des activités culturelles les plus subventionnées. Par bonté d'âme, quelques annexes du Louvre sont créées dans les anciennes terres industrielles. Dernière lubie, les bobos veulent manger bio et sain… quand les Français sont devenus champions d'Europe des hamburgers, kebabs et pizzas (grasses et à l'américaine). Car la déculturation matérielle a précédé la déculturation intellectuelle. Les bobos testent actuellement insectes et plantes cultivées sur les tours et les terrasses urbaines! L'agriculture peut bien couler. À suivre les caprices et les privilèges de la nouvelle aristocratie, le projet républicain s'effondre. Pourtant, en dépit des mises en garde de tant d'observateurs depuis Philippe Muray, l'implacable processus se déroule sans résistance… Jusqu'à ce qu'il produise ses effets comme chez nos amis anglo-saxons ?
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Macron: le coup d’éclat permanent ? Des réseaux bien huilés, ça aide énormément

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En fin de compte, il y a deux approches de l’affaire Fillon. Soit considérer que François Fillon n’a que ce qu’il mérite. Et que tout cela relève d’un fonctionnement démocratique. Il y a aussi une autre lecture, tout aussi recevable mais qui pose un lourd problème démocratique. Le moment choisi, les méthodes utilisées et l’objectif poursuivi par ceux qui sont manifestement à la manœuvre accréditent la thèse d’un dévoiement des services de l’État. Certains imaginent des basses manœuvres visant à confisquer l’élection présidentielle et faciliter l’arrivée d’Emmanuel Macron au second tour, pour qu’il puisse l’emporter grâce au front républicain. Si ces faits s’avéraient, cela s’apparenterait à un coup d’Etat.

Une telle stratégie jouerait avec le feu. Car rien ne garantit une victoire électorale du candidat de tous les conservatismes, mandataire de l’establishment énarchique et financier. Et quand bien même l’emporterait-il, sa victoire ne réglerait rien. Et les méthodes utilisées affaibliraient encore plus les institutions en créant autant de précédents très dangereux pour les libertés publiques.

Quant à Marine Le Pen, elle aura beau jeu de se présenter comme seule candidate du changement, et de la défense des libertés publiques. Il est décidément stupéfiant de voir que notre establishment n’a rien appris des élections américaines.
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Fillon : crucifixion sans résurrection. Être un chef ne s’apprend pas

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Cette situation est grave sur le plan interne, et que dire du plan international. Comme le dit Coralie 
Delaume, « pendant que nous sommes occupés à rejouer sans fin « l’Étrange défaite », la nouvelle administration américaine – après s’être assurée de la solidité du front russe – a manifestement décidé de s’occuper de l’Allemagne qui les inquiète depuis longtemps en raison de ses excédents excessifs. » Et lorsque l’on entend Donald Trump dire que l’UE est un instrument au service de l’Allemagne et Ted Malloch futur ambassadeur américain auprès de celle­-ci « que l’euro n’en avait plus que pour 18 mois »,

Peut-être serait-il prudent de se préoccuper de ce qui arrive. Malheureusement comme à d’autres occasions, nos élites ont fait le choix de leurs intérêts à court terme au détriment de ceux de leur pays. En mettant celui-ci en danger et elles-mêmes au bord de l’effondrement, comme en juin 1940, comme en mai 1958. Le problème est qu’à Colombey, désormais il n’y a plus qu’un tombeau.
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Il y a chez les élites françaises une tradition depuis la Régence de préférence étrangère, tour à tour, anglaise, allemande, anglaise, américaine, voire russe. Aujourd'hui, parce que nous sommes tombés très très bas, cette préférence étrangère est à la fois américaine, allemande et musulmane (les traitres ratissent large).

Il faut relire ce que De Gaulle disait des bourgeois préférant leur tranquillité au destin de la France (je n'en ai pas été exempt, j'en suis revenu).

Donald Trump a été élu pour casser la réaction nobiliaire, qu’on observe partout en occident. Il s’y emploie. Réussira-t-il ? C’est une autre histoire (il lui manque un lit de justice à la française ! J'aime bien l'histoire de ce lit de justice où Louis XIV se présente au Parlement de Paris de retour de chasse le fouet à la main. Le symbole étant dépourvu d'ambiguïté, on devait entendre les mouches voler). En tout cas, Trump s'active.

Notre destin se joue plus là-bas qu’ici.

Mais la préférence étrangère est un problème plus spécifiquement français, qui aggrave la réaction nobiliaire.

Nous, Français fidèles à la France plus qu'à notre classe, que pouvons nous faire ?

Hélas, beaucoup d'efforts pour peu de résultats et peu d'espoir. La chute à été longue, le redressement le sera autant sinon plus. C'est, là encore, une vieille tradition française : les incompétences et les trahisons des élites se payent au prix du sang du peuple français.

Mais il ne faut pas désespérer : la France n'est pas si facile à abattre et le peuple français a appris à survivre malgré, et non grâce à, ses élites.