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samedi, mars 17, 2012

Pierre Schoendoerffer est mort (2)

Je n'ai pas pris le temps de m'étendre comme il fallait sur l'hommage du à Pierre Schoendoerffer.

Il témoignait pour un type de France, un type de Français et un type d'hommes, aujourd'hui disparus.

Une France qui se voyait grande, qui s'imaginait un destin ultramarin et mondial, qui était fière de ce qu'elle était, qui ne se repentait pas et ne se croyait pas obligée de de se renier en se noyant dans l'humanité.

Des Français un peu fous prêts à mourir pour protéger du communisme la liberté d'un pays indépendant.

Des hommes pour qui l'honneur était autre chose qu'un mot ornant les discours de veules politiciens corrompus.

Tant de simple grandeur nous est incompréhensible. Nous sommes devenus tellement raisonnables que nous sommes morts. Nous crevons guéris de tous les maux qui tourmentaient l'homme.

dimanche, décembre 25, 2011

Histoire de l'Indochine 1624_1954 (P. Héduy)

Je ne connaissais pas Philippe Héduy (sauf en tant que collaborateur occasionnel de la NRF). Il a un franc-parler rafraîchissant. Ainsi, à propos de l'expulsion des jésuites du Japon et de Cochinchine : «L'expulsion est une habitude des jésuites. De nos jours, ils ont trouvé un moyen de rester en place : l'expulsion de la tradition de leurs rangs».

Il raconte la longue histoire d'amour entre la France et l'Indochine.

Je sais bien que, pour les décervelés-endoctrinés, les zombies intellectuels, que sont devenus nos concitoyens, pour la plupart, l'idée de concilier la colonisation et l'amour est incompréhensible.

Néanmoins, furent écrites en Indochine de belles pages de l'histoire de France.

dimanche, juin 19, 2011

La bataille de Dong Khe (E. Bergot)

La bataille de la RC4 est une tragédie comme il y en a peu dans l'histoire de France, pourtant riche en défaites. Les journaux de l'époque l'ont comparée à la mort de Montcalm devant Québec en 1759.

Environ 20 % des pertes françaises de la guerre d'Indochine qui a duré 9 ans ont eu lieu dans les deux semaines de la bataille de la RC4.

La stratégie : les communistes ont pris le pouvoir en Chine et aident abondamment le Viet Minh. La RC4, de Lang Son à Cao Bang, longe la frontière avec la Chine et est très difficile à défendre, du fait d'une géographie tourmentée qui permet de monter des embusacades tous les dix kilomètres. En revanche, les points d'appui de cette route, situés sur des pitons, sont imprenables si ils sont bien armés et ravitaillés.

Faut-il évacuer la RC4 et choisir un meilleur terrain ou maintenir une présence pour empêcher les Viets de s'organiser ? La première solution est celle des «classiques» et la seconde celle des «modernes», orientés vers la guérilla. La première est choisie, il est difficile de juger après coup.

Ce drame commence par une haute trahison : le rapport préconisant l'évacuation de la RC4 est transmis au Viet-Minh, qui a six mois pour se préparer. C'est l'affaire Revers.

En tous les cas, l'organisation de cette évacuation accumule les lâchetés, les incompétences, les folies :

1) Un commandement inepte : un colonel Constans qui reste à Lang Son et commande par radio, un colonel Le Page dépassé par les événements. Le commandement a toujours eu un ou deux jours de retard dans sa compréhension de la situation.

2) Des troupes, notamment nord-africaines, pas à la hauteur de cette tâche quasiment impossible.

3) Des colonnes trop lourdes et pas assez rapides.

4) Une diversion qui ne divertit pas les bataillons Viet-Minhs mais les moyens aériens français.

En revanche, du coté Viet-Minh, une stratégie claire et un commandement décidé :

1) Prendre Dong Khe, mal défendu, pour que les Français soient privés de point d'appui au milieu du parcours.

2) Laisser les Français pénétrer sur la RC4 sans réagir, reprenant le conseil de Napoléon : «Quand vous voyez l'ennemi faire une erreur, n'intervenez pas, laissez le aller jusqu'au bout de son erreur».

3) Saboter la route de manière à priver les Français de leurs moyens matériels, artillerie et camions.

4) Chasser les Français de la route par harcèlement.

5) Une fois chassés de la route, après trois jours dans la jungle sans ravitaillement, les sept bataillons français sont anéantis.

Une fois que tout est dit de la bêtise de l'armée française, il reste à saluer l'héroïsme des combattants: le premier Bataillon Etranger Parachutiste se sacrifie en une série de charges démentes pour ouvrir la voie.

samedi, juin 18, 2011

Par le sang versé (P. Bonnecarrère)

Par le sang versé est le chef d'oeuvre de Paul Bonnecarrère, même si j'aime beaucoup Qui ose vaincra.

Le titre fait bien entendu allusion à la possibilité pour les légionnaires de devenir français «par le sang versé». A cette époque pas si lointaine, on n'hésitait pas à dire qu'on devenait français «par le sang reçu ou par le sang versé».

Le sous-titre est trompeur : ce livre ne s'intéresse qu'à une partie de la Légion, dans une période restreinte, les débuts de la guerre d'Indochine. Il est centré sur les aventures du légendaire capitaine Matteï.

On y voit que, comme d'habitude, le sang des hommes versé à profusion compense la bêtise, la lâcheté et l'incompétence des généraux (une blague courait dans la troupe : «dans n'importe quelle situation, il y a toujours deux stratégies possibles : la bonne et celle de l'Etat-Major»). Par exemple, lors de cet épisode écoeurant où les légionnaires sont envoyés faire les démineurs belges : avec une masse, ils tapent régulièrement sur les rails d'une voie ferrée piégée par les Viets. 42 morts.

On y croise des personnages, : un ministre de Vichy condamné à mort par contumace, qui s'engage à 52 ans comme sergent et rédige ses rapports en latin, un ancien médecin de la Wehrmacht, un ancien as de la Luftwaffe, un Polonais qui ne dessoule pas, ou encore ce curé qui fait la tournée des popotes avec les prostitués («Vous voulez baiser avant ou après la messe ?») etc. Mais le plus frappant est Mattei : comme les grands artistes ont une période de fécondité exceptionnelle de quelques années , lui fut un grand guerrier pendant la guerre d'Indochine.

A la fin de la tragédie de la RC4, désastre comme il en est peu dans l'histoire de France (j'y reviendrai), Mattei fait bombarder un de ses propres blockhaus (qu'il avait eu l'idée de faire renforcer au préalable) pendant douze heures, empêchant les Viets de s'en approcher et maintenant la RC4 ouverte. Il sauve ainsi ce qui pouvait encore être sauvé.

Un grand livre d'aventure.