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samedi, février 20, 2016

Décès de Umberto Eco



On remarquera que le méchant s'appelle Jorge !




samedi, janvier 31, 2015

J'ai un faible pour la marquise de Pompadour

Mis à part l'incomparable Diane de Poitiers, la « plus que reine », avec sa beauté très moderne et ses longues jambes :





les maitresses royales m'inspirent peu. Les gouts ont changé, et, pour les représentations qu'on en a, il n'y a souvent pas de quoi se relever la nuit. Bien sûr, une femme s'admire vivante et au naturel. Sur les tableaux, Mme de Montespan est une mocheté, mais on ne voit pas son talent pour tailler des pipes (paraît-il) et pour médire de la Cour.

Une qui sort tout de même du lot est la marquise de Pompadour :






dimanche, janvier 18, 2015

Le coup de majesté

Sous l'Ancien Régime, on appelait «coup de majesté», comme on dit aujourd'hui «coup d'Etat», l'acte brutal par le quel le roi rétablit son pouvoir compromis par les factions.

En effet, le roi était absolu parce qu'il n'avait de comptes à rendre qu'à Dieu seul, mais il n'était pas tyrannique parce qu'il était enserré dans un réseau de traditions et de contre-pouvoirs.

Il arrivait dans les périodes troublées, notamment régences et minorités, que le pouvoir du roi soit amoindri par des intrigants. En désespoir de cause, le roi recourt au coup de majesté.

Il se déroule toujours de la même façon :

1) le roi diminué rassemble en secret autour de lui quelques fidèles, dont au moins un exécutant dont la main ne tremble pas. Il prépare son plan.

2) le roi dissimule, il passe comme jamais de la pommade dans le dos de celui à qui il prépare quelques bricoles fort désagréables. Il fait le benêt.

3) les exécutants exécutent, par surprise.

Le cri «Par ordre du roi !» suffit à faire comprendre à tous les témoins stupéfaits que la table politique vient d'être renversée d'un royal coup de pied, que ceux qui étaient en haut sont désormais en bas, et que ceux qui étaient en bas sont en haut. Le seul qui a réchappé à un coup de majesté vécu dans le mauvais camp est Richelieu, il était exceptionnel.

4) tous les perdants essaient de retourner leur veste. Louis XIII entend la cavalcade des courtisans criant «Vive le roi !» dans la galerie du Louvre alors que le cadavre de Concini est encore chaud.

Les coups de majesté les plus célèbres sont :
  • l'assassinat du duc de Guise sur ordre d'Henri III le 23 décembre 1588
  • l'assassinat de Concini sur ordre de Louis XIII le 24 avril 1617
  • l'arrestation de Fouquet par d'Artagnan le 5 septembre 1661
  • le renvoi des Parlements par Louis XV le 20 janvier 1771






samedi, septembre 22, 2012

A propos de la corrida

Le conseil constitutionnel ne sanctionne pas la corrida.

Je ne suis pas un aficionado, mais l'argument de la cruauté, utilisé par les opposants, me fait bien rire dans une société qui rembourse sans sourciller 200 000 avortements par an, ou, si vous préférez un parallèle plus léger, qui tolère que l'abattage rituel soit en pleine expansion.

A moins d'être végétarien, l'homme tue pour se nourrir. Et il finit lui-même par mourir.

Que la mise à mort rituelle de quelques taureaux vienne rappeler le pathétique de la condition humaine, naturelle et sauvage, me paraît sain. En tout cas, plus sain que se voiler la face sur la nature humaine.

Il y a autour de l'interdiction de la corrida la même hystérie qu'autour du mariage homosexuel, de l'interdiction de la chasse ou de l'euthanasie parce qu'il s'agit du même mécanisme de défense.

Des gens qui ne supportent pas de regarder l'homme en face (un couple homosexuel ne peut pas avoir d'enfant, l'homme tue, la vieillesse est un naufrage) exigent de la société qu'elle les aide à fuir leur condition et, autant qu'elle le peut, fasse advenir un homme nouveau.

Notre société n'a jamais été si déshumanisée, mais on voudrait accélérer le mouvement, couper encore plus les racines et les traditions de manière à ce que nous ne soyons plus, définitivement, que des producteurs-consommateurs numérotés, étiquetés, aseptisés et collés devant la télé. Nous fuyant nous-mêmes dans le divertissement.

C'est cette quête vaine de la fuite de soi-même qui nourrit l'hystérie des anti-corrida : ils ne supportent pas la mort de quelques taureaux parce qu'elle est publique et leur rappelle qu'eux-mêmes vont mourir. En revanche, la mort de quelques millions de bovins par an pour l'industrie alimentaire ne les dérange pas puisque, étant cachée, elle ne vient pas leur rappeler leur propre mort.

Sachant que la quête de l'homme nouveau finit au goulag ou dans des cités-dortoirs ressemblant à des élevages de poulets en batterie, vous me permettrez de préférer l'homme ancien, cruel (mais qui est capable de ritualiser ses cruautés), qui souffre et qui meurt.

Et si, pour rappeler cet homme ancien, la mise à mort de quelques taureaux est nécessaire, ces braves bêtes ne seront pas mortes pour rien.




Et pour nos amis des bêtes, un taureau gracié (c'est exceptionnel, quand il s'est montré particulièrement brave. Une fois soigné, il passera le reste de sa vie à brouter et à baiser comme un fou) :