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dimanche, septembre 30, 2012

La corrida disparaitra mais ne se rend pas.

Cet article correspond à peu près à mes sentiments et opinions. Nous nous dirigeons tout droit vers un monde où les zombies remplacent les hommes et où la corrida n'a plus sa place.

Hier, mon épouse et moi sommes passés en voiture rue du faubourg Saint Honoré, ce qui est assez rare un samedi après-midi. Entre les vieilles peaux botoxées et liftées, indifféremment masculines et féminines, et les jeunes hideux à force d'être les esclaves obéissants d'une mode qui se vautre dans la laideur, nous avons vite éprouvé un malaise, l'impression d'être en présence de zombies sans substance, au point de noter chacun des passants qui semblaient de vrais humains et non des marionnettes.





 
La corrida disparaîtra mais ne se rend pas
Tauromachie : Ne tirez pas sur l’ambulance
Mots-clés :  ·  · 
Posté par Théo Torrecillas le 30 September 2012 à 9:27 Dans Société
La corrida tant décriée n'est pas morte
La corrida n’est pas morte, elle bande encore. L’expression, au féminin, peut surprendre. Mais quand on parle de taureaux l’argument est de poids.
Les partisans de la tauromachie auraient remporté une victoire récemment quand les Sages ont reconnu la constitutionnalité de l’exception culturelle qui permet à la corrida d’être pratiquée dans les terres où elle constitue une « tradition locale ininterrompue ».
Les détracteurs de la pratique ont pourtant raison quand ils affirment que le simple fait que la question ait pu être discutée par le Conseil Constitutionnel représente une avancée importante pour l’issue de leur combat. La bataille juridique a commencé, elle ne s’achèvera pas de sitôt. Le Crac, dont la dénomination pourrait évoquer un groupuscule terroriste post-maoïste, s’avère un rassemblement d’excités de l’angélisme qui ne cessera son combat que quand le sang ne coulera plus (littéralement : quand la mort aura disparu). On aurait préféré qu’ils fassent sauter des banques plutôt que de saisir les tribunaux pour les droits des animaux ; cela aurait eu plus de panache.
Le panache, et c’est hélas le problème, ce n’est pas un argument : il y a des choses pour lesquelles la beauté du geste semble déplacée. La mort en fait partie : « la mort n’est pas un spectacle » affirme Christopher Lings, le « tartuffe anti-corrida » assumé qui répond à Franz-Olivier Giesbert dans Nouvelles de France [1]. Il la préfère confinée derrière les murs des abattoirs, parce que, là, elle est utile, indispensable, on ne saurait le contredire. On peut toutefois trouver que la mort que l’on cache n’est pas plus morale que celle que l’on tente d’exorciser par la construction subtile d’un spectacle rituel. C’est à cause de tels arguments, et d’une telle conception de la mort (et donc de la vie) que, lorsque mon voisin s’éteindra et qu’on emportera son corps pour le faire incinérer, nul cortège, nul voile aux fenêtres ne m’apprendra sa disparition. Je n’en serais informé que si je croise quelques membres de sa famille occupés à vider son appartement.
La corrida n’a aucune chance de survivre à notre époque, je n’en ai pas le moindre doute. On a lu partout que 48 % des français souhaitaient son interdiction : ils ne l’obtiendront peut-être pas mais ils verront à coup sûr sa disparition. La tauromachie ne correspond plus aux attentes de notre société et véhicule des valeurs contre lesquelles elle n’a de cesse de se battre. Ce simple constat en entraîne un autre : les gens ne vont plus assister aux courses. Nous ne saurions le leur reprocher, loin de nous l’idée d’obliger qui que ce soit à assister à ce spectacle, encore moins à l’apprécier. Nous ne formulons qu’un vœu : laissez-nous nous éteindre dans la dignité. C’est à dire : ne nous euthanasiez pas !
Regardez ce qui vient de se passer à Collioure, lisez donc la conclusion du conseil municipal :
« Vu le contexte économique ; Vu l’investissement que constitue la rénovation obligatoire des arènes pour pouvoir y organiser des spectacles ; Vu que les spectacles taurins sont aujourd’hui déficitaires ; Vu que nous avons trouvé un acheteur pour la structure, ce qui compensera largement les frais de démontage ; (…) Vu que la reconnaissance de notre Ville comme « ville de tradition taurine » n’est pas remise en cause ; Je vous propose donc de voter pour le démontage des arènes, et la vente de la structure ».
Ce genre de constat va devenir monnaie courante. Nous sommes quelques-uns à trouver cela triste. D’autant que nous ne perdons pas le combat idéologique mais que c’est bien l’économie qui a raison de nous. Cette tradition de la lenteur, de la construction rituelle, de la communauté des arènes va mourir sous les coups d’épée du marché : il y a de quoi pleurer. Pour autant le statut de « ville de tradition taurine » subsiste, on l’exhibera aux prochaines Journées du Patrimoine, avant d’en oublier le sens.
La corrida n’a jamais fait l’unanimité mais, pour la première fois, il n’est plus question de la critiquer : on entend bel et bien la supprimer. Au côté de Brigitte Bardot et d’Alain Delon, parmi les anti-corridas, j’ai lu le nom de Jean-Paul Belmondo. Le souvenir de ses passes fulgurantes dans les rues de Tigreville où, son manteau en guise de muleta, il combattait les voitures de passage a brusquement resurgi. J’ai repensé à Blondin et à Haedens, et je me suis souvenu que, dans Grognard et Hussards, Bernard Frank avait déjà placé cet art du côté des écrivains réprouvés. Après avoir tenté une métaphore tauromachique, il écrivait : « N’étant ni Montherlant ni Leiris, je ne suis pas très sûr de mes termes ; du reste, les taureaux, les toreros et les livres qui en parlent m’ennuient ».
Si la corrida vous ennuie, faites donc comme lui : ne lisez pas les livres qui en parlent. Et, s’il vous plaît, éloignez-vous des arènes qui tiennent encore debout.
*Photo : Rufino Lasaosa
Article imprimé depuis Causeur: http://www.causeur.fr
URL de l'article: http://www.causeur.fr/la-corrida-disparaitra-mais-ne-se-rend-pas,19296
URL dans cet article:
[1] Nouvelles de Francehttp://www.causeur.fr http://www.ndf.fr/identite/20-09-2012/reponse-dun-tartuffe-anti-corrida-a-franz-olivier-giesbert

samedi, septembre 22, 2012

A propos de la corrida

Le conseil constitutionnel ne sanctionne pas la corrida.

Je ne suis pas un aficionado, mais l'argument de la cruauté, utilisé par les opposants, me fait bien rire dans une société qui rembourse sans sourciller 200 000 avortements par an, ou, si vous préférez un parallèle plus léger, qui tolère que l'abattage rituel soit en pleine expansion.

A moins d'être végétarien, l'homme tue pour se nourrir. Et il finit lui-même par mourir.

Que la mise à mort rituelle de quelques taureaux vienne rappeler le pathétique de la condition humaine, naturelle et sauvage, me paraît sain. En tout cas, plus sain que se voiler la face sur la nature humaine.

Il y a autour de l'interdiction de la corrida la même hystérie qu'autour du mariage homosexuel, de l'interdiction de la chasse ou de l'euthanasie parce qu'il s'agit du même mécanisme de défense.

Des gens qui ne supportent pas de regarder l'homme en face (un couple homosexuel ne peut pas avoir d'enfant, l'homme tue, la vieillesse est un naufrage) exigent de la société qu'elle les aide à fuir leur condition et, autant qu'elle le peut, fasse advenir un homme nouveau.

Notre société n'a jamais été si déshumanisée, mais on voudrait accélérer le mouvement, couper encore plus les racines et les traditions de manière à ce que nous ne soyons plus, définitivement, que des producteurs-consommateurs numérotés, étiquetés, aseptisés et collés devant la télé. Nous fuyant nous-mêmes dans le divertissement.

C'est cette quête vaine de la fuite de soi-même qui nourrit l'hystérie des anti-corrida : ils ne supportent pas la mort de quelques taureaux parce qu'elle est publique et leur rappelle qu'eux-mêmes vont mourir. En revanche, la mort de quelques millions de bovins par an pour l'industrie alimentaire ne les dérange pas puisque, étant cachée, elle ne vient pas leur rappeler leur propre mort.

Sachant que la quête de l'homme nouveau finit au goulag ou dans des cités-dortoirs ressemblant à des élevages de poulets en batterie, vous me permettrez de préférer l'homme ancien, cruel (mais qui est capable de ritualiser ses cruautés), qui souffre et qui meurt.

Et si, pour rappeler cet homme ancien, la mise à mort de quelques taureaux est nécessaire, ces braves bêtes ne seront pas mortes pour rien.




Et pour nos amis des bêtes, un taureau gracié (c'est exceptionnel, quand il s'est montré particulièrement brave. Une fois soigné, il passera le reste de sa vie à brouter et à baiser comme un fou) :

mercredi, juillet 28, 2010

A propos de l'interdiction des corridas en Catalogne

Je ne suis pas amateur de corridas, mais je ne peux que m'attrister qu'un pas de plus soit fait dans le sens de la disparition d'une tradition, d'un particularisme. Ainsi, le mouvement tendant à faire des hommes des êtres déracinés et interchangeables a encore fait une petite conquête.

La chasse, la pêche et la corrida, rappelant, à leur façon, la nature organique et tragique de la vie, ramenaient l'homme à une certaine sagesse et avaient leur utilité. C'est pourquoi la bien-pensance Bisounours tient tellement à les éradiquer.

Cette humanité déracinée, sans rituels, sans traditions, sans passé, atomisée, aseptisée, seulement unie par la pulsion consumériste et par les communions sentimentales éphémères (Diana, Michael, ...) et, au final, déshumanisée qu'on nous vante et qu'on nous prépare chaque jour m'effraie.

Les arguments des opposants à la corrida me semblent un peu trop sentimentaux (1). En effet, je comprends qu'on puisse arguer de la cruauté de cette pratique. Mais les taureaux de combat vont disparaître si on interdit les corridas (2). C'est étrange de la part de gens qui vénèrent par ailleurs la bio-diversité.

De plus, c'est quand même un peu prendre Hemingway et Picasso pour des minables sanguinaires.

C'est pourquoi je considère comme décision déplorable l'interdiction. La situation antérieure me convient parfaitement : je ne m'intéresse pas à la corrida, mais je ne vois nulle raison de l'interdire.

La société s'ensauvage à grande vitesse et les abrutis à rollers se préoccupent des taureaux. Vous avez dit : démocratie, pouvoir aux abrutis ?

Ah, si seulement la raison pouvait encore triompher de l'effusion larmoyante tant prisée des medias et des imbéciles ...

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(1) : vous avez compris, suite à ce message, que sentimental, au sens actuel, est à mes yeux un synonyme de dangereux crétin.

(2) : ce ne sont pas des gentilles bêbêtes. Il y a quelques années une abrutie militante anglaise de la «cause animale» (au réalité, une cause d'auto-congratulation) avait décidée de pénétrer dans un enclos malgré les interdictions pour prouver qu'on calomniait Ces pauvres animaux. Elle est morte en moins de cinq minutes. Heureusement, il arrive encore que la connerie soit létale.