dimanche, février 21, 2016

Être de droite a-t-il encore un sens ?

Être de droite a-t-il encore un sens ?

J'ai toujours été très prudent concernant ce mythe de la droitisation des Français car une droitisation qui se traduit par toujours plus de politiques de gauche, c'est tout de même suspect.

Le noeud, ce sont les alliances avec le Front National. Tant que la droite refuse ces alliances, elle se soumet de fait au magistère moral de la gauche, elle se place en position subordonnée, soumise. Elle accepte implicitement que le mot « droite » n'est pas très propre. D'où l'importance soulignée par Crapez de l'expression « de la droite et du centre », qui est un signal d'abdication devant la gauche.

Autrement dit, tant que la droite refuse les alliances avec le FN, elle se condamne à être une fausse droite. Mais, ne nous leurrons pas, je pense que c'est le désir profond de ses leaders qui ne désirent rien tant que de plaire aux mondains parisiens et ils se trouvent qu'ils sont de gauche.

Donc les Français ont le choix entre la gauche, qui est de gauche, et la droite, qui est de gauche aussi. Autant pour la droitisation.

Je souligne en bleu

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Le coeur des débats s'est-il droitisé ? Vous semblez le réfuter dans votre livre Eloge de la pensée de droite…

Oui, c'est vrai. Je consacre un chapitre à réfuter l'idée que le centre de gravité des débats se serait droitisé. Le terme de droitisation est issu du langage du Politburo sous Staline, destiné à stigmatiser le déviationnisme de Boukharine. Il sous-entend, au fond, une glissade vers l'extrême-droite. Il s'agit d'une escroquerie intellectuelle pour six raisons: elle ne correspond pas aux tendances observables dans la vie politique française, elle est inférée par des sondeurs à partir de questions biaisées, elle est certifiée sans qu'il soit jamais question de la gauchisation son contraire, elle traduit en fait l'épuisement du processus de gauchisation structurelle qui nourrit chez les élites une impression subjective de droitisation conjoncturelle, c'est une arme idéologique destinée à relancer le moteur de la gauchisation en culpabilisant l'adversaire, c'est enfin une stratégie qui déplace subrepticement les pions sur l'échiquier afin de dissimuler une droitisation circonstancielle du parti socialiste.

Les tendances observables dans la vie politique française indiquent depuis quarante ans un processus continu de gauchisation. Primo, il n'existe plus de personnalités aussi à droite que Poniatowski ou Pasqua. Secundo, ce sont des personnalités comme Chirac ou Juppé qui ont effectué des glissades de gauchisation (le premier était surnommé «facho-Chirac» et le second prônait le «retour au pays» des immigrés). Tertio, en dépit des accusations et procès d'intention, la question des alliances électorales avec le Front national n'a jamais été aussi peu à l'ordre du jour (même pour des personnalités considérées comme droitières, tels Xavier Bertrand et Christian Estrosi). Quarto, si la droite n'a pas bougé, le FN suit un processus de «dés-extrême-droitisation» depuis deux décennies.

Il s'agit de faire croire à une dérive vers la droite afin de mieux la contrecarrer, tout comme l'idée de montée du FN est chargée de mobiliser en sa défaveur pour le faire baisser. Et beaucoup relaient cette idée de droitisation, se faisant ainsi les «idiots utiles» de ceux qui l'utilisent pour empêcher tout correctif vers la droite.

Existe-t-il un complexe de l'homme de droite qui trancherait avec une éventuelle fierté de l'homme de gauche ?

Oui, puisque la personne de gauche se déclare plus facilement à son entourage, ou aux sondeurs, tandis que la personne de droite use volontiers de divers périphrases. Pour échapper à la stigmatisation, on prétexte souvent, à droite, que l'on n'est «pas de gauche», ou «ni de droite, ni de gauche», ou «au centre», ou «à l'écart» du clivage gauche droite.

Au sein des professions intellectuelles, la gauche s'assume comme telle, alors que la personne de droite, de peur de se retrouver isolée sinon « blacklistée », affiche souvent un souci d'ouverture afin de donner des gages. En second lieu, au sein des professions intellectuelles, la gauche s'assume comme telle, alors que la personne de droite, de peur de se retrouver isolée sinon «blacklistée», affiche souvent un souci d'ouverture afin de donner des gages. Concrètement, un éditeur peut se permettre d'avoir un catalogue d'auteurs exclusivement de gauche, mais la réciproque n'est plus possible. Autre exemple, un politologue de gauche -qui propage les idées jumelles de droitisation, de mort de la gauche et de silence des intellectuels-, va être interviewé dans des médias de droite, alors qu'il ne viendrait pas à l'idée d'un média de gauche d'interviewer un politologue de droite.

Cette question des professions intellectuelles est importante puisque celles-ci contribuent à «faire l'opinion» et qu'elles penchent nettement à gauche. Dans ces milieux, l'expression «marqué à droite» n'a pas son équivalent pour la gauche. Il est, en effet, considéré comme légitime d'être très à gauche et l'expression «extrême-gauche» est prohibée, on doit dire la «gauche de la gauche». À l'inverse, les intellectuels sont prompts à «extrême-droitiser» tout ce qui déborde «à droite du centre-droit», selon la formule de l'un d'eux.
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samedi, février 20, 2016

Mgr Pascal Roland alerte sur « l’idéologie véhiculée par l’islam »

Mgr Pascal Roland alerte sur « l’idéologie véhiculée par l’islam »

On peut conclure qu'il y a au moins deux évêques en France, Mgr Roland et Mgr Ravel, l'évêque aux armées, qui ne sont pas des débiles profonds ni des pleutres pétochards dès qu'on parle d'islam. Et si ça se trouve, il y en a d'autres.

Il n'y a pas de quoi se faire pipi dessus de joie, mais, par rapport aux déclarations affligeantes de certains évêques, cela rassure.

On remarque qu'il y aussi une bonne dose de cons parmi les curés, mais comment être surpris ?

Bien sûr, l'article se termine par le mensonge habituel : « Oui, Daech résulte bien d’une interprétation des textes sources, mais elle est contestée par la majorité des musulmans ».

En réalité, rien ne prouve la dernière partie de la phrase, ni même qu'elle ait un sens : les musulmans qui désapprouvent l'EIIL aujourd'hui quand ils sont en minorité dans un pays pourraient bien l'approuver demain s'ils étaient en majorité dans ce même pays. De plus, rien ne prouve que les musulmans hostiles à l'EIIL soient réellement majoritaires parmi leurs coreligionnaires, même aujourd'hui. Les sondages et études sur la question sont beaucoup plus inquiétants. Et puis, que signifie désapprouver ? Désapprouver le but et les méthodes ou seulement les méthodes ?

La prétendue majorité de musulmans hostiles à l'EIIL est une pétition de principe pour se rassurer à peu de frais, pour ne pas avoir le courage de regarder l'adversité en face. Tout le monde n'est pas comme Churchill, qui aimait « voir luire les yeux brillants du danger ».

En revanche, la première partie de la phrase, « Oui, Daech résulte bien d’une interprétation des textes sources » est intéressante. Voilà donc un curé chargé des relations avec les musulmans qui ne nous dit pas que l'EIIL n'est pas le vrai islam. Sa formulation est beaucoup plus prudente et c'est un progrès.

Une de mes relations qui passe beaucoup de temps sur internet (et qui se reconnaîtra sûrement) m'a un jour envoyé le magazine de l'EIIL version française à titre de curiosité (vu ses convictions, je ne doute pas qu'elle cherchait à connaître l'ennemi). J'ai été surpris de sa qualité. Qualité éditoriale : il se rapproche plus du Point ou de l'Express que d'une feuille de choux, la langue est très correcte, visiblement ce n'est pas écrit pas des z'yva de banlieue. Qualité intellectuelle aussi : un des sujets était justement de se moquer des gens qui prétendent que « DAECH n'est pas le vrai islam ». Or, l'argumentation était logique, charpentée, ça ne partait pas dans tous les sens. Pour vous dire le fond de ma pensée, c'est ce que j'ai lu de plus clair jusqu'à maintenant sur la question de savoir si l'EIIL est le vrai islam ou non. Le camp d'en face ne peut pas se contenter d'ânonner « DAECH n'est pas le vrai islam », il va falloir qu'il argumente Mais cela ne nous concerne pas vraiment, c'est le problème des musulmans, pas le nôtre.

Le nôtre est de savoir ce que nous sommes et ce que nous voulons. Je reste persuadé qu'il y a dans le christianisme tout ce qu'il faut pour adopter par rapport à l'islam l'attitude appropriée, c'est-à-dire combative.

Décès de Umberto Eco



On remarquera que le méchant s'appelle Jorge !




Immigration : les dangers d'une loi irresponsable votée en catimini

Comment Hollande prépare les Français à une arrivée massive de migrants

Immigration : les dangers d'une loi irresponsable votée en catimini

Encore une fois (c'est une habitude), on vote en catimini, dans le silence complice de la presse, une loi qui va directement à l'encontre de la fermeté que l'on affiche dans les rodomontades de l'avant-scène.

On notera la défaillance du Front National, qui ne surprendra que ceux qui n'ont pas compris ce qu'est devenu ce parti : un faire-valoir du Système, sans intention réelle de le contester.

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Dans le climat actuel, alors que la crise des migrants bat son plein en Europe, cette réforme aura forcément pour effet d'affaiblir l'Etat dans la maîtrise de l'immigration. Avec cette loi, le gouvernement donne des gages à la frange la plus idéologique du parti socialiste. L'affichage de la fermeté, à travers la constitutionnalisation de la déchéance de la nationalité, totalement inutile, cache mal une fuite en avant dans le renoncement plus général. Mais tous les partis sont concernés. La nouvelle loi a été voté dans un climat d'indifférence et de légereté qui donne le vertige. Seul un député des Républicains était présent à l'Assemblée lors du vote final, expédié en moins d'un heure. Aucun des deux députés Front national n'assistait à cette séance (ni à la précédente). Il est intéressant de voir ce parti qui a prospéré sur la provocation anti-immigrée, se montrer totalement absent dans un débat aussi stratégique. Bref, une fois encore, face à un intérêt essentiel pour l'avenir du pays, en pleine crise migatoire, la classe politique dans son ensemble, comme d'ailleurs le monde médiatique, sont surpris en pleine dérobade, en pleine dissimulation. Irresponsables et coupables.
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Pendant les gesticulations sécuritaires, la trahison des dirigeants et l'invasion migratoire continuent.

vendredi, février 19, 2016

No Brexit

Il n’y aura pas de Brexit (sortie de la Grande-Bretagne de l'UE). Deux hypothèses :

1) Les Britanniques votent en majorité pour rester dans l’UE (c’est le plus probable, vu la pression que toute la classe jacassante leur met). La question est réglée pour vingt ans. D’un coup, les oligarques bruxellois seront très démocrates. La moindre contestation d’un oukase technocratique sur la courbure des bananes sera considérée comme une horreur fascisante.

2) Les Britanniques votent en majorité, forcément petite, pour sortir de l’UE. Leur décision sera contournée par la classe mondialiste, comme le fut le referendum français de 2005 ou le referendum suisse de 2010 (renvoi des criminels étrangers).

Pour que la Grande-Bretagne sorte vraiment de l’UE, il faudrait un 60 % qui n’arrivera pas.





jeudi, février 18, 2016

L'antipape François

La messe surréaliste du pape François à la frontière entre le Mexique et les États-Unis

Le pape François confirme chaque jour les craintes de ceux qui ont connu Jose Bergoglio. Décidément, nous vivons une sombre époque.

Poutine est-il un nouvel Hitler ?

Un commentaire m’a aiguillé vers ce site où l’on n’hésite pas à comparer Poutine à un nouvel Hitler et la Turquie à une nouvelle Pologne.

Je suis perturbé par cette analyse. Poutine est retors et impérialiste. Mais des centaines de conquérants avant lui ont répondu à cette définition. Ce qui caractérise Hitler est un fanatisme idéologique dont je ne trouve pas trace chez Poutine. Je vois en Poutine un expansionniste comme un autre, ce qui veut dire que ses objectifs sont assez limités : anciennes provinces russes, accès aux mers chaudes, influence en Europe.

Ou est-ce simplement pour dire que Poutine est un danger pour la paix du monde ? Mais alors, les dirigeants américains sont bien plus dangereux.

Bref, je ne vois pas bien ce qui justifie qu’on traite Poutine de nouveau Hitler. Après tout, plus d’un opposant a traité De Gaulle de fasciste.

J'en tire qu'il faut traiter comme un dirigeant normal : lui faire comprendre les limites que l'on pose et s'allier avec lui si besoin.

Ai-je raté quelque chose ?

mercredi, février 17, 2016

En Syrie, l'heure de vérité

En Syrie, l'heure de vérité

Cela me fend le coeur. Si la France était resté aussi fidèle que la Russie à sa tradition politique en Orient, elle serait aujourd'hui un des pivots diplomatiques de cette région au lieu d'être reléguée sur la touche.

On peut aller vers l'orient compliqué avec des idées simples. Encore faut-il que ce soit les bonnes.

Merci Sarkozy et Hollande, les deux abrutis, ignares, incultes, petits magouilleurs sans vision, qui sont responsables et coupables de cette déchéance de rationalité.




Le patronat le plus anti-libéral d'Europe baise les babouches de l'Etat

Le patronat au piège des allègements de cotisations

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Le patronat français ne se guérit définitivement pas de sa maladie congénitale : demander aux pouvoirs publics de petits arrangements, des passe-droits, pour améliorer sa condition, au lieu de jouer le jeu de la concurrence ouverte.
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Ceux qui accusent le gouvernement d'être libéral (« libéral »  est une insulte dans leur bouche) sous prétexte qu'il fait des cadeaux aux patrons n'ont rien compris, ou ne veulent rien comprendre. Les patrons français ne sont pas libéraux. Hollande et son gouvernement non plus. Les patrons français, tels qu'ils s'expriment pas leurs représentants, ont une mentalité de mendiants roumains.

Je suis curieux de savoir quelle proportion du chiffre d'affaires de la société de M. Gattaz dépend de l'Etat.

Certains ne comprennent pas. Qu'ils réfléchissent donc à cette intéressante notion : le capitalisme de connivence. Ou, peut-être plus précis mais moins évident, le socialisme de marché.




Loi sur le travail, et si on commençait par l'Etat ?

Comme d'habitude, on demande au privé de s'adapter et l'Etat est toujours aussi parasite.

mardi, février 16, 2016

Piquemal et les piquent bien : pas de couilles, pas d’embrouilles

Je ne suis pas sûr que le général Piquemal ait eu raison de manifester comme il l’a fait.

En revanche, l’empressement de certains généraux à lui savonner la planche dans les medias et cette manière perfide de rappeler ses états de service pas très opérationnels (quel rapport avec la choucroute ?) font naître un sourire narquois chez le pékin désabusé que je suis. Devant cette noble attitude, notre interprétation hésite entre « Pas de couilles, pas d’embrouilles » et « Courage ! Fuyons ! ».

Cela me rappelle une blague : « Quels sont les premiers mots de russe qu’on apprend dans l’armée française ? " Ne tirez pas, on se rend " ».

Comme l’ont fait remarquer en chœur Gérard Longuet et Eric Zemmour au général Desportes, on peut être en désaccord avec Piquemal sans lui contester le droit de s’exprimer. De plus, lui demander de rester neutre à un moment où le gouvernement ne garantit pas la neutralité de l’espace politique (usage partisan de l’état d’urgence), c’est prendre parti pour le gouvernement. Les généraux qui ont tiré sur l’ambulance Piquemal ont joué dans la main du pouvoir avec une naïveté d’enfants de chœur (si ce n'est pas de l'obséquiosité courtisane).

Courir après les djihadistes dans le désert n’exige pas le même genre de courage que de s’opposer au gouvernement. On peut avoir l’un sans avoir l’autre. La république a toujours fait preuve de dextérité dans la promotion de généraux sans danger politique, quitte à ce qu’ils manquent de caractère ou de vision. C’est un problème français : le régime, mal assuré de sa légitimité depuis les origines (on ne guillotine pas un roi impunément), craint toujours les militaires. Il s’est loupé avec Bonaparte, mais il a bien réussi à éviter Boulanger. Faisons une comparaison. Croyez vous que la reine Elizabeth craigne un putsch militaire ?

A force de sélection, de formation, de re-sélection, de re-formation, on obtient des généraux terrifiés par la moindre implication politique. Ils y sont aussi à l’aise que des bonnes sœurs dans un bordel mexicain. On ne verra jamais un général français faire une carrière politique classique à la Eisenhower (1).

Et c'est bien dommage : l'armée est une des rares institutions, avec l'Académie, à tenir debout. Les académiciens sont trop vieux, mais on pourrait espérer des militaires un peu plus de ressources. Hélas, cela ne paraît pas être le cas : « Parfois, les militaires, s'exagérant l'impuissance relative de l'intelligence, négligent de s'en servir. ».



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(1) : la carrière de De Gaulle ne fut pas classique, plus proche du coup d’Etat. Surtout, il a toujours eu la tête plus politique que militaire et il n’a du son grade de général à titre temporaire  qu'à la faveur de circonstances exceptionnelles. Bref, De Gaulle est l'exception qui confirme la règle.

De Gaulle, lui, a su très bien distinguer la différence essentielle, qui semble dépasser l'entendement de nos modernes généraux, entre légalité et légitimité.

Le pouvoir en France est frappée d'illégitimité depuis le 8 février 2008 (certains disent depuis la mort de Louis XVI), date de la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne, directement contraire au vote du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen et les traitres ne peuvent se prévaloir d'aucun changement de circonstances. Tout gouvernement qui se prétend démocratique et prend des décisions sans ambigüités contraires à un vote populaire est illégitime. Tout gouvernement qui ne revient pas sur ces décisions partage cette illégitimité. Donc, tous les gouvernements français depuis le 8 février 2008 sont illégitimes.

Pêle-mêle : petites et grandes querelles

Réforme de l'orthographe : c'est un religieux qui vous le dit, n'obéissez pas !

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Le plus sidérant est l'esprit d'obéissance qui nous saisit. Nous obtempérons avec frénésie, pour ne sembler ni en retard ni afortiori réactionnaires. Les magazines rivalisent avec les documents officiels pour s'adapter les premiers. C'est donc un religieux, qui a fait voeu d'obéissance (voeu honni de notre culture laïcarde), qui vous le dit: nous obéissons trop. Nous obéissons quoi qu'il arrive, honteux de penser, de compromissions en micro-reniements, jusqu'à la bassesse. Un religieux obéit à son supérieur si celui-ci se conforme lui-même à la règle et celle-ci à la vérité divine. L'obéissance n'est pas à elle-même sa fin dernière. Au contraire, l'Histoire a montré combien l'attraction des lieux de pouvoir sécrétait un esprit de servilité.
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Serge Aurier au PSG, Emmanuelle Cosse au gouvernement : le triomphe de l'immoralité

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Pourquoi les joueurs de football ont-ils été placés sur un pareil piédestal ? Auprès des adolescents contemporains les vignettes Panini jouent le rôle des images pieuses glissées dans les missels des enfants et des adolescents d'il y a quelques décennies. La réponse fuse: ces vedettes sportives font figure non de saints laïques, certes, mais de saints de l'intégration, de saints du vivre-ensemble et de la consommation. Bref, ces joueurs de football sont à la fois des saints républicains et publicitaires, des porte-étendards de l'idéologie officielle, cette étrange religion civique qui refuse toute interrogation sur l'identité nationale, et des hommes-sandwichs au service du culte des marques, de la consommation illimitée et du bling-bling aussi vulgaire que tapageur. Ils sont, à leur insu, les fers le de lance du grand mouvement de corruption des valeurs et de destruction de la culture qui caractérise l'Europe de la modernité tardive. D'autres époques avaient Cervantès et Goya, Chateaubriand et Proust, la nôtre a Messi et Ronaldo, Benzema et Aurier.
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Quand François rencontre Cyrille

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La vision de Huntington a prévalu tout au long de la guerre froide où le monde orthodoxe s’identifiait au communisme, qui s’attachait pourtant à détruire christianisme. Dans ce contexte, pour faire bref, Wall Street ménageait Rome, même si les catholiques pouvaient se sentir au sein du bloc occidental comme des cousins de province. Depuis la chute du rideau de fer, la tournure de plus en plus libertaire du libéralisme anglo-saxon , au travers de la question du mariage homosexuel notamment, ne peut qu’aiguiser son hostilité au catholicisme que rien ne l’oblige plus à ménager.

Les intéressés le savent : l’hostilité à l’orthodoxie existe en Europe occidentale mais elle est circonscrite au milieux sous forte influence anglo-saxonne, toujours prêts à durcir les divergences théologiques entre Rome et Moscou ou à en trouver de nouvelles (on allègue par exemple l’imprégnation gnostique des grands théologies russes, comme Soloviev ou Berdiaev) . Il n’est pas exclu non plus que les Américains ou des milieux hostiles au christianisme tout court aient pénétré, dès 1990, l’église orthodoxe pour en durcir les positions anti-romaines.

Il n’est pas non plus certain qu’une grande puissance comme la Russie, en plein retour sur la scène mondiale, accepte de placer son Église sous la tutelle d’une puissance étrangère, même si le Vatican, comme le disait Staline compte bien peu de divisions. Pourtant l’Empire byzantin au faîte de sa puissance, de 395 à 1054, avec de brèves parenthèses de crise (un empereur byzantin envoya un pape aux mines de sel !), avait accepté la prééminence de Rome, il est vrai très affaiblie politiquement.

Nul ne peut dire ce que seront les suites de la rencontre de la Havane. Cela n’enlève rien à son importance spirituelle et géopolitique.
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dimanche, février 14, 2016

Mise en boite du libéralisme suisse

Trouvé ici :



@ jllm | 13 février 2016 à 19:21
Mais quel secteurs sont susceptibles d'embaucher en France quand les coûts de production restent si bas à l'étranger ?

Tous. A condition de baisser radicalement la dépense publique, et donc les impôts et les cotisations "sociales".
C'est marrant comme en France, lorsqu'on évoque les coûts de production, on ne voit que les salaires qui puissent être baissés... et non le coût de l'Etat, qui est pourtant bien supérieur !
Comment fait donc la Suisse pour embaucher dans tous les secteurs, y compris industriels, alors qu'elle a des salaires qui ne sont pas loin d'être les plus élevés du monde ? La réponse est simple : son Etat coûte presque deux fois moins que le nôtre.
Pour ranger différentes bricoles à la maison, j'achète des petites boîtes en plastique fort bien conçues, jolies et remarquablement solides. Elles coûtent une bouchée de pain, et je les trouve en hypermarché. Il ne s'agit pas d'un produit de distributeur ; c'est une marque suisse qui les fabrique. Pas en Chine : en Suisse.
Expliquez-moi donc ce qu'il y a de plus banal, de plus "à faible valeur ajoutée" qu'une boîte en plastique transparent. La "sagesse populaire" (socialiste) voudrait qu'on ne puisse faire fabriquer de tels objets que par des enfants réduits en esclavage, nourris d'épluchures et enchaînés à leurs machines dans je ne sais quel pays de miséreux.
Eh bien non. Il sont fabriqués dans l'un des pays du monde qui paye ses ouvriers le plus cher. Comment est-ce possible ? Parce que la Suisse est un pays "ultra-libéral".

Les innocentes

Excellent film sur des religieuses polonaises violées par l'armée soviétique.

Crise de l’élevage : 5 scandaleux mensonges officiels

Crise de l’élevage : 5 scandaleux mensonges officiels

La grande distribution n'apparaît pas dans cette liste de causes, tout simplement parce qu'elle n'est pas une cause essentielle des problèmes de l'élevage. Je suis une fois de plus estomaqué par la capacité du Système à détourner l'attention vers des boucs-émissaires.

Ne t’aide pas et l’Etat t’aidera (E. Verhaeghe)

Eric Verhaeghe est un énarque (personne n’est parfait), ancien représentant du MEDEF dans les négociations sociales. Je le trouve parfois un peu socialiste, mais il a quand même un côté libéral très affirmé.

Sa thèse est simple : la Sécu (santé+retraites) est une invention de la technostructure, par réaction nobiliaire, pour anesthésier les classes sociales que devrait révolter le blocage de l’ascenseur social.

Développons :

1) La Sécu est une création de Vichy et non de la Libération. C’est important, parce que dès qu’on met en cause la Sécu, il y a toujours un Mélenchon pour faire un chantage aux « acquis du Conseil National de la Résistance ». L’implication est claire : le point Godwin. Etre contre la Sécu, c’est au minimum être un nostalgique de Vichy, plus probablement un nazi qui pousse les enfants juifs dans les fours.

Les bases de la Sécu ont été jetées en 1940 par René Belin, syndicaliste de la CGT-U, l'ancêtre de FO, ministre du travail du premier gouvernement Laval/Pétain.

J'en profite pour rappeler qu'il y avait plus de socialistes, en proportion et dans l'absolu, à Vichy qu'à Londres. C'est une évidence pour les familiers de la période mais je suppose que tous mes lecteurs ne le sont pas et que certains se laissent prendre aux sornettes contemporaines « résistance à gauche et collaboration à droite» dont l'utilité politique pour la gauche saute aux yeux. Je suis toujours surpris de la passivité de la droite face à ce mensonge partisan éhonté. La réalité est un peu plus compliquée.

Cela me fait d'ailleurs penser que vient d'être publié un livre sur les FTP, les maquis communistes,  dans lequel l'auteur a l'idée toute simple de faire le bilan de ce que fut leur action et ça décape : la conclusion est que les FTP ont tué beaucoup moins d'Allemands et ont eu beaucoup moins de morts dans leurs rangs qu'ils l'ont prétendu mais qu'en revanche ils s'en donné à coeur joie pendant l'épuration.

Rappelons que la seule femme chef de réseau, Marie-Madeleine Fourcade (bien plus importante que Lucie Aubrac qui n'avait qu'un rôle subalterne et fut montée en épingle à partir des années 90 parce qu'elle était du camp du Bien c'est-à-dire la gauche) venait de l'extrême-droite. Sur ces questions, lire Un paradoxe français, de Simon Epstein (qu'on ne peut guère accuser d'être un nostalgique de Vichy !) dont le sous-titre explicite est Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance.

George Orwell explique finement qu'il y a chez les pacifistes une fascination latente pour la violence extrême. Nous ne sommes donc pas surpris de les trouver grenouillant à Vichy. Nous savons aussi, pour la subir tous les jours, qu'il y a chez les antiracistes une obsession de la race qui, hélas, ne reste pas latente.

Il ne faut jamais oublier que c'est la chambre des députés du Front Populaire qui a voté à 87 % pour les pleins pouvoirs à Pétain le 11 juillet 1940 (certes dans des conditions illégales, mais les manœuvres de Laval expliquant aux députés que s'ils votaient bien, ils conserveraient leur retraites et leur droit d'affranchissement gratuit, montrent l'élévation des pensées et des motivations (1)).

Il est dommage que Simon Epstein n'ait pas continué son livre à la Libération. On se serait sans doute aperçu que l'épuration a surtout touché les lampistes mais que les bien connectés, les bons bourgeois de toujours, sont passés à travers les gouttes, mis à part quelques cas symboliques pour amuser la galerie.

Revenons à la Sécu.

2) Avant la Sécu, la France n’était pas un désert social. Les Français ne mouraient pas de vieillesse ou de maladie sur les trottoirs. Il y avait des assurances sociales par branches, des caisses professionnelles et des fonds de secours. Il y avait même des retraites, horresco referens, par capitalisation.

La Sécu n’était pas du tout le passage de l’ombre à la lumière. Pour beaucoup, la Sécu était une régression. Par exemple, dans la plupart des mutuelles, il n’y avait pas de plafonds de retraite et de remboursement des frais médicaux, contrairement à la Sécu. La meilleure preuve que la Sécu fut vécu comme une régression par certains est que, dès sa création, des gens se sont battu pour y échapper. Cela a donné les régimes spéciaux et les complémentaires.

3) Le système de santé français se retrouve entre la 7ème et la 10ème place dans la plupart des classements (OCDE et compagnie). C’est honorable mais c’est à mettre en perspective avec le fait que notre système est structurellement déficitaire. Les systèmes en tête du classement, comme le suisse, sont eux financièrement sains. Nous sommes donc loin du « système que le monde entier nous envie ». D’ailleurs, le fait que personne ne copie ce système génial devrait éveiller quelques doutes sur son excellence.

4) Les défenseurs les plus bruyants de la Sécu n’y sont pas affiliés et bénéficient de régimes spéciaux.

Cela devrait éveiller la suspicion, même des abrutis. Verhaeghe explique très bien que la Sécu joue contre les classes sociales les plus fragiles en les enfermant dans leur condition. La Sécu est le moyen qu’a trouvé la haute noblesse administrative pour faire se tenir tranquilles les classes qu’on appelait jadis dangereuses, aux frais des classes moyennes.

5) La grande caractéristique de notre Sécu, ce qui la rend unique au monde, ce n'est pas du tout ses prestations ou son coût, c’est la déresponsabilisation des assurés.

Dans aucun autre système, il n’y a une telle déconnection entre le comportement des assurés et leurs remboursements. Vous pouvez aller voir le médecin dix fois pour rien ou l’appeler juste quand vous êtes à l’article de la mort, vous serez remboursé pareil. Vous pouvez être tous les jours soûl comme un mineur chinois le jour de la paye (être breton, quoi) ou abstinent, vous serez soigné pareil et sans coût supplémentaire.

La déresponsabilisation et l’infantilisation des citoyens sur des sujets aussi intimes que la santé et la retraite conduisent à un affaiblissement de la démocratie. Quand vous pouvez choisir l’assureur de votre maison et de votre voiture mais pas de votre santé et de votre retraite, êtes-vous encore un citoyen adulte, libre et responsable ? Les Français ont perdu le goût de la responsabilité, du risque, de la liberté, de l’effort collectif et de l’aventure et c’est en grande partie la faute de la Sécu.

Cet affaiblissement de la démocratie est plus ou moins consciemment le but recherché. Depuis la création du groupe X-crise dans les années 30 (les polytechniciens font un concours avec les énarques pour savoir qui fera le plus de mal à la France, à force de cathédrales intellectuelles abstraites, cette ingénierie sociale qui mène aux grandes catastrophes et que Hayek nommait, en français dans le texte, « l’esprit de Polytechnique » ) s’est développé un courant de réflexion, qu’on a appelé par la suite « technocratique », soutenant que la démocratie était un moyen inadaptée pour gérer une société moderne et qu’il fallait laisser cette noble tâche à des techniciens prétendument apolitiques (bien sûr, cette prétention à l’apolitisme est elle-même une position politique).

Ce courant est toujours vivace (dernier exemple : Emmanuel Macron). C’est ce qu’Alain Minc désigne comme « le cercle de la raison » : il y a une seule bonne politique (il faut être pour « l’Europe », l'euro, l’immigration, les « réformes » et « l’ouverture »). Etre contre n’est pas une opposition politique comme il est normal en démocratie, c’est une preuve de bêtise, voire de méchanceté.

S’il n’y a plus qu’une seule politique possible (dont la Sécu fait partie) et que les gens de la haute la connaissent, pourquoi organiser des élections, si ce n’est pour amuser les crétins du bas peuple ? La plèbe a d'ailleurs compris qu’on se foutait de sa gueule : seuls 35 à 40 % des Français adultes votent pour des partis dits de gouvernement. Et le referendum de 2005 sera probablement le seul du XXIème siècle en France : c'est trop dangereux de demander son avis à cet abruti de peuple, il a la fâcheuse habitude de ne pas voter comme on lui dit.

Avec Alain le-meilleur-d'entre-nous Juppé, on est en train de nous jouer la énième version de cette sinistre comédie : l'intello prétendument supérieur, qui lui a tout compris, et qui va nous sortir de la merde à coups de « mesures » et de « réformes » prétendument techniques et les seules possibles. Tout cela n'est que de la prétention, de la vanité, de la poudre aux yeux pour les gogos. En politique, les mesures seulement techniques et apolitiques, qui feraient consensus mou, ça n'existe pas. La politique est par essence conflictuel. Et quand on essaie de dissimuler les conflits sous le tapis plutôt que les assumer, il y a un loup.

6) Les Français se plaignent d’un excès d’individualisme sans comprendre que la Sécu en est la source. Pourquoi m’occuper de mon voisin ou de mes parents puisque je paye une cotisation pour que l’Etat le fasse à ma place ? Ce n’est pas une vue de l’esprit, ce sont des propos que j’ai entendus. Les comportements des Français parlent d'eux-mêmes.

7) Ce système bancal est impossible à réformer parce que ceux qui y trouvent leur intérêt sont au pouvoir.

Des dizaines de milliers (pas un ou deux par ci par là, des milliers) de syndicalistes vivent dans les dorures de la république sous prétexte de gestion paritaire de la Sécu. C’est tout de même mieux que de distribuer des tracts dans le petit matin frisquet à l’entrée de l’usine. Ils n’ont pas intérêt à ce que cela change.

Auttre exemple. La CSG comporte une part de financement des retraites. Contrairement aux cotisations, la CSG n'ouvre aucun droit à la retraite à ceux qui la payent. Il y a donc des gens qui payent pour le système de retraite et n'ont aucun droit ni prestation à mettre en face. Qui paye ? Les classes moyennes et moyennes supérieures. Qui en bénéficie ? Mécaniquement, les régimes les plus déficitaires, comme par hasard les régimes spéciaux et de la fonction publique.

Aucune raison technique ou économique ne justifie le régime de retraite de fonctionnaires et les régimes spéciaux. La seule raison est politique : les bénéficiaires ont une position de force dont ils usent et ils abusent pour tyranniser ceux qui sont en position de faiblesse, la classe moyenne du privé. On remarquera que les hauts fonctionnaires et les syndicalistes qui décident du régime général n'y sont pas affiliés. Le salarié du public dit au salarié du privé : « C'est moi qui décide et tu vas raquer pour moi, charogne ». On est donc forcé de payer beaucoup trop cher une protection imparfaite pour le bénéfice de quelques uns. La seule différence avec la mafia, c'est que la violence de la Sécu est légale. Mais il n'y a guère de doute que si les mafieux avaient le pouvoir de faire des lois, ils rendraient leur violence légale.

La Sécu est un système de racket de la classe moyenne en faveur de la fonction publique et des bons à rien. Tout le reste est littérature, brouillard de mots, bruit avec la bouche.

Les débats sur la Sécu sont biaisés. Ceux qui les mènent mentent sur leur but.

Si le but des débats était d’avoir le meilleur système d’assurances sociales possible, avec de bons résultats sanitaires, des retraites confortables, et financièrement sain, la réponse serait simple, il suffirait de regarder à l’étranger (comment font les Allemands, qui sont plus vieux, aussi bien soignés et dont le sytème est positif ce que le nôtre est négatif ?) ou dans notre passé : des assurances privées largement mutualisées. On ajouterait, comme le propose Verhaeghe, un chèque-santé payé égal pour tous payé par les impôts comme d’autres proposent un chèque-éducation.

Mais le but de ceux qui causent dans le poste n’est pas du tout celui-ci : il est de préserver un système qui leur permet un contrôle social de la population et de perpétuer leur pouvoir. Il n’est pas anecdotique que la Sécu soit née à une époque où l’on pensait que la démocratie était une idée dépassée. D'ailleurs, ceux qui défendent bruyamment la Sécu ont une culture plus proche du Goulag que de l'habeas corpus.

Au-delà des considérations techniques (résultats, coûts), la catastrophe de la Sécu est donc morale.

Je partage l’opinion de Verhaeghe et ce depuis une date précise : la canicule de 2003. Le cri, puéril et pourtant unanime, « Il fait chaud, que fait l’Etat ? » m’avait laissé sur le cul, avec l’envie de répondre « Hé, dis, coco, c’est quand même à toi de t’occuper de tes vieux et de tes voisins ! ». J’en avais conclu, comme Verhaeghe, qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond dans la tête des Français et l’idée m’était venue d’un lien avec la Sécu.

Le fond de l’affaire, c’est la religion de l’Etat. La révolution française a combattu l’Eglise et a voulu instaurer une religion de l’Etat (Robespierre et le culte de l’être suprême). La république s’est peu à peu substituée à l’Eglise dans les écoles et les hôpitaux (Verhaeghe en profite pour remarquer qu'aucune raison ne justifie que le personnel des hôpitaux publics ait le statut de fonctionnaires).

Cela n’est pas neutre car l’Eglise apportait avec elle une vision du monde. Aux angoisses de toujours sur la maladie, la vieillesse et la mort, l’Eglise avait des réponses et l’une de celles-ci était « Aide toi et le ciel t’aidera ». L’Etat-providence a remplacé tout cela et a dit « Ne t'aide pas et l’Etat t’aidera ».

Dans aucun autre pays au monde, la religion de l'Etat n'est aussi prégnante, aussi ancrée dans la culture et les moeurs. C'est ce qui explique que, dans aucun autre pays au monde, il y ait un système copié sur la Sécu. Le Sécu, avec toutes ses iniquités, serait insupportable s'il n'y avait pas dans la tête d'une majorité de Français l'idée que ce qui vient de l'Etat est par essence bon (même s'il peut y avoir du mauvais par accident) et ce qui vient du privé est par essence mauvais (même s'il peut y avoir du bon par accident).

Seulement, l'avenir est sombre pour la Sécu. L'information gratuite ou quasi-gratuite fait que l'avenir économique est aux petites entités agiles capables d'exploiter rapidement cette information abondante (Suisse, Singapour, chauffeurs de VTC, auto-entrepreneurs divers et variés etc.). Ce nouveau paradigme, comme on dit pompeusement, condamne à mort un brontosaure bureaucratique comme la Sécu.

Renflouer la Sécu est aussi vain que d'essayer de sauver du naufrage le Titanic après sa collision avec l'iceberg. En plus, on ne peut pas dire que les ministres de la santé aient la plastique avantageuse de Kate Winslet (désolé, Marisol).

Bien sûr, on va faire ça à la française : on va ajouter des lois aux lois, des décrets aux décrets, des règlements aux règlements, on va construire de usines à gaz de classe mondiale (tant que nous ne nous serons pas décidés à fusiller les énarques dans les fossés de Vincennes), telles la brillante réussite du RSI, par un gouvernement dit de droite s'iou plaît. On va donc verrouiller le système, souquer les écoutilles, fermer les sabords, attacher la classe moyenne au radiateur, pour empêcher la fuite des prisonniers (les moutontribuables) et les racketter comme avant.

Puis, le système s'écroulera quand même et nous ferons dans la panique et dans le drame, probablement dans le sang, ce que nous aurions pu faire en douceur si nous avions été collectivement intelligents et prévoyants.

Nous nous préparons un destin à la grecque. Ils manquent d'Etat, nous en avons trop, mais le résultat sera le même : une paralysie de la politique qui nous fait subir les événements plutôt que de les anticiper.

On vit bien en France (si l'on oublie un quart de la population). Jusqu'à quand ?

Préface  du livre de Verhaeghe


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(1) : selon Simon Epstein : « Le groupe qui domine le Sénat est en effet le Parti radical, et celui-ci fait intégralement partie de la coalition du Front populaire [...] Le Sénat ajoute donc de très nombreux radicaux [...] aux députés élus en 1936. [...] La réalité est, on le sait, moins exaltante : 36 parlementaires de la SFIO votent contre Pétain, mais 90 parlementaires de la même SFIO votent pour le même Pétain, [...]. Dans leur grande majorité (90 contre 36), les socialistes ont voté, comme les autres, comme l'ensemble des antifascistes du Front populaire, comme les partis du centre et de droite, la fin de la République. »

Concernant l'attitude des parlementaires issus du Front populaire :

Léon Blum a eu ce commentaire : « Tel camarade qui, à mon entrée dans la salle, s'était précipité vers moi la main tendue, m'évitait visiblement au bout d'une heure. [...] De moment en moment, je me voyais plus seul, je me sentais plus suspect. Il ne surnageait plus que quelques débris intacts à la surface de la cuve dissolvante. [...] Le sentiment cruel de ma solitude ne m'avait pas trompé ; j'avais bien eu raison de me juger désormais comme un étranger, comme un suspect au sein de mon propre parti. »

Vincent Auriol a eu ce commentaire :

« Voici Léon Blum. Quelques rares et fidèles amis autour de lui. Où sont les 175 parlementaires socialistes ? Quelques-uns sans doute n'ont pu venir... mais les autres ? [...] Sur 150 députés et 17 sénateurs socialistes nous ne sommes que trente-six fidèles à la glorieuse et pure mémoire de Vaillant, de Guesde, de Jaurès. »

vendredi, février 12, 2016

Tout en haut du monde

Excellent film d’animation français, avec un graphisme original et plaisant.

Seul regret : pourquoi faut-il absolument que le héros soit une héroïne ? Ce conformisme vis-à-vis du préjugé féministe de l’époque est regrettable.




mercredi, février 10, 2016

Etat d'urgence : la route de la servitude

La situation est simple à définir.

Le gouvernement utilise le prétexte de la sécurité comme moyen de réduire la liberté.

Il le fait de telle façon qu'un débat clair ne puisse pas être posé sur ces questions et l'opposition est trop complice pour contrecarrer cette manoeuvre (preuve supplémentaire que l'UMPS est une réalité).

L'arsenal juridique est déjà bien pourvu, il suffit de l'appliquer sans faiblir.

L'état d'urgence n'est pas nécessaire, la modification de la constitution est absurde et contre-productive.

En revanche, on nous aurait dit quelque chose comme : « On constate que les liens entre délinquance et terrorisme sont de plus en plus étroits, les passages de l'un à l'autre sont courants. Nous allons donc construire 40 000 places de prison pour lutter contre la délinquance, et, indirectement, contre le terrorisme », tout le monde aurait compris et approuvé.

Sur tous les sujets touchant au terrorisme, intégration, immigration, relations avec les pétromonarchies, écoles, police etc. un tel discours de vérité était possible et n'a pas été tenu.

On nous a amusés avec une question subalterne (déchéance de nationalité) et le résultat est là : notre sécurité n'a pas progressé d'un pouce puisqu'aucun des sujets de fond n'a fait l'objet de décisions appropriées, en revanche notre liberté a sacrement diminué (par exemple, l'état d'urgence a servi à interdire une manifestation écologiste dont on chercherait en vain le lien avec le terrorisme islamique).

Il faut dire la cruelle vérité telle qu'elle est. Nos politiciens et les terroristes islamistes sont d'accord sur un point : réduire la liberté des Français. Oui, ils sont des alliés objectifs. Chaque attentat est l'occasion de renforcer les pouvoirs des politiciens et chaque privation de liberté est un dopant pour le recrutement des islamistes.

Nos gouvernants ne vont probablement pas jusqu'à espérer un attentat mais je suis certain qu'ils sont persuadés que, s'il s'en produit un, ils sauront l'utiliser à leur profit et qu'ils s'y sont préparés.

Deux articles :

Le gouvernement par la peur : comment Manuel Valls est devenu expert en manipulation de lʼopinion par lʼagitation de menaces terroristes

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De l'avis des spécialistes, ces nouvelles armes juridiques ne sont pas vraiment utiles pour lutter contre le terrorisme. Personne n'a même dit que les attentats étaient imputables à des lacunes de notre législation. Ce que demandent les policiers concernés est d'abord un meilleur contrôle aux frontières. Certes, à l'occasion de la COP 21, avec l'autorisation de Bruxelles, des contrôles ont été instaurés aux frontières - qui perdurent aujourd'hui. Mais les moyens manquent pour les faire sérieusement. Pour être vraiment efficace, il faudrait sans doute envisager une suspension du traité de Schengen, suspension que Valls n'a pas mise à l'ordre du jour.

Surtout, comment ne pas voir que ces nouveaux moyens répressifs sont utilisés ici et là pour contrôler des prétendues menaces d'extrême droite ou encore pour combattre les ultra-écologistes qui risquaient de manifester durant la COP 21. Il y a là un vrai détournement de procédure qui ne saurait que nous inquiéter pour l'avenir de nos libertés. Qui ne se sent aujourd'hui pas mal à l'aise pour parler au téléphone ou envoyer des courriels ? Comment faire confiance à quelqu'un comme Valls pour ne pas abuser de ces lois d'exception quand on se souvient de la manière odieuse dont le même Valls rafla et ficha des centaines de manifestants de la Manif' pour tous parfaitement pacifiques.

La France est-elle encore pour longtemps une société libre ?
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Déchéance de nationalité : la grande comédie indigne

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A travers cette opération, le pouvoir politique, au sens large, porte atteinte à deux principes sacrés. D'une part, la Constitution, qui est la loi suprême, la règle du jeu supérieure de la communauté nationale, garante de son unité, de sa cohésion, de la démocratie. En la modifiant sans la moindre utilité, les autorités politiques du pays, majorité comme opposition en font un simple enjeu politicien et contribuent à la banaliser et à la fragiliser. D'autre part, il joue avec la sécurité des Français.

Les manoeuvres en cours sont censées être la réponse essentielle au massacre du 13 novembre 2015. Or, elles se présentent comme un écran de fumée sans la moindre perspective d'effet concret dans la luttre contre le terrorisme. Pendant ce temps, où en est le contrôle des frontières et des visas ? Le suivi des 8000 djihadistes français ? La protection des sites menacés?  La surveillance des banlieues sensibles ? La lutte contre Daesh au Moyen-Orient et en Libye ? La maîtrise du flux migratoire sur l'Europe? La révision en cours n'a plus qu'une seule dimension: politicienne. Pour le chef de l'État et le Premier Ministre, l'objectif est de ne pas perdre la face, quitte à neutraliser le projet initial.


[…]

Le chiffon rouge que le pouvoir socialiste agite en ce moment n'est pas anodin: celui de la déchéance de la nationalité, de la nationalité, au coeur du pacte national. En en faisant ainsi un simple objet de manoeuvres intéressées, la classe politique dans sa majorité se rallie les yeux fermées, autant gauche que droite, à des méthodes qu'elle qualifie volontiers d'extrémiste ou de «populiste». Dans un climat de déchéance démocratique, la débâcle politique se poursuit, tous les repères volent en éclats. Que peut-t-il sortir de ce champ de ruine ?
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L'’Etat discrédité, l’autorité perdue et le chaos qui vient

Pour les méchants libéraux conservateurs comme moi, il y a longtemps que l’Etat français est discrédité et que les politiciens ont perdu toute autorité. La cause en est simple : trop de trahisons. Un écart trop grand entre l’idéal et la pratique.

Que les politiciens ne soient pas tous honnêtes, c’est la vie. Qu’ils soient tous pourris, c’est trop. Que l’Etat ait quelques défaillances, on le comprend, que l’Etat accumule les défaillances, c’est trop. Que l’Etat ne soit pas toujours impartial, on vit avec. Qu’il soit systématiquement partisan, c’est trop. Que nos dirigeants ne remplissent pas tous leurs devoirs, on le tolère. Qu’ils les trahissent tous, c’est trop.


Si ce discrédit de l’Etat et ce mépris des dirigeants restaient confinés à quelques râleurs, cela serait sans conséquence. Mais il est clair qu’il gagne dans la population.

C’est doublement dramatique :

1) Je vous cite souvent Henri IV : « Il n’y a pire perte que la perte de l’Etat ». Bien sûr, il parlait de l’Etat régalien, pas de l’Etat obèse emmerdant le monde à coups de lois et de normes, engraissant des millions de feignasses et de bons à rien et gérant, avec quel talent, Areva, la SNCF et EDF.

Or, la perte de l’Etat, nous nous y dirigeons tout droit. Si l’Etat, à force d’être partisan en faveur de minorités, perd son autorité sur la majorité, il disparaît. La police devient une milice politique et le fisc est organisation de racket.

2) Ce premier problème classique est aggravé par un phénomène moderne : la « communication », c’est-à-dire un ensemble de techniques de manipulation des foules qui empêche que les questions dérangeantes pour le Système puissent être posées en termes clairs. Il s’en suit une paralysie catastrophique de la décision collective. Cet effet est, certes, recherché par certains ; il n’en demeure pas moins que ses conséquences sont dramatiques.

Dans cet entretien important que je vous cite souvent, car très juste et qui éclaire bien les enjeux, Chantal Delsol explique :

Je ne pense pas que la population française ait pris la mesure des causes [de ses malheurs]. Elle ressent que "ça va mal" et que "ça ne pourra pas durer", mais elle ne sait pas bien ce qui cloche. Elle sait qu’il faudrait des réformes mais en même temps elle défend qu’on les fasse, car chaque fois cela touche des privilèges (pays monarchique, encore une fois ne l’oublions pas). C’est compliqué… Mais il n’y a pas vraiment de prise de conscience, je ne crois pas. Juste une angoisse diffuse, ce qui sans doute est pire.



Ferrari GTC4 Lusso

Enfin une petite amélioration esthétique d’une Ferrari contemporaine. Malgré les commentaires extatiques des fans (et des journalistes terrorisés –Maranello pratique couramment le chantage vis-à-vis des medias automobiles : « Si vous dites du mal, pas d’essai » ) à chaque fois que sort un nouveau modèle, les dernières Ferrari étaient toutes plus laides les unes que les autres. Le mot « élégance » semblait avoir disparu du vocabulaire ferrariste.

La FF était horrible (j’en ai encore croisé une récemment, rien de positif à dire sur son esthétique). La nouvelle GTC4 Lusso représente un effort, un peu faiblard certes, vers plus d’élégance. Déjà, la F12 Tour de France était clairement un progrès esthétique par rapport au modèle de base.

Je ne doute pas que Ferrari ait quelques clients fidèles, des connaisseurs et pas des m’as-tu-vu, dont les critiques soient écoutées, même si la cupidité pousse à faire dans l’emphase, le « too much », accessible aux béotiens ou aux bédouins.

Nous sommes encore très loin de l’élégance racée d'une 330 GTC ou d’une 456 mais ça s’améliore. La GTC4 n'est plus hideuse, elle est juste moche.



















mardi, février 09, 2016

C'est la chuuttteu finaaaale (probablement pas) (à chanter sur l'air de l'Internationale)

Les indices boursiers se cassent la gueule et les actions des banques sont jalouses de la cote de popularité de François Hollande.

Cela doit bien faire six ou sept ans (les lecteurs voulant mettre à l'épreuve ce blog pourront essayer de vérifier) que je prédis que l'économie de bulles mise en place par Alan Greenspan et son orchestre et poursuivie depuis par ses successeurs explosera vers 2017-2020.

Par explosion, j'entends quelque chose de précis : la banqueroute d'un Etat occidental, suivi de la dissolution de l'Euro.

L'économiste Jean-Pierre Petit, hostile à l'économie de bulles et à l'Euro, ne croit pas à une telle explosion. Il pense que le Système saura se protéger en acculant les peuples à la misère pour se perpétuer.

Je suis tenté de reculer ma prévision. Effectivement, les capacités de résistance du Système sont impressionnantes : les Espagnols, les Grecs, les Portugais et même une large part des Français et des Italiens sont une situation dramatique et pourtant ça tient. Charles Gave prédit depuis des années la fin de l'Euro et ça n'arrive jamais.

Pourtant, par bravade, je maintiens ma prévision.

Bruno Bertez s'exprime dans un insupportable sabir, il mériterait un bon coup de pied au cul pour apprendre à parler français, néanmoins je suis d'accord avec son analyse :


LE CRÉDIT ENTRE EN RÉVULSION, À RELIRE, LES KLEPTOS SE SONT ENCORE TROMPÉS

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Nous avançons une explication synthétique: les banques ont joué le rôle central dans le dispositif de reflation mis en place, elles ont été à la fois les «chouchous» et en même temps les victimes. On les a gavées, on les a appâtées, séduites par l’argent gratuit. On les a incitées à participer à la fabrication de l’effet de richesse artificiel, elles ont fait levier à tour de bras, elles se sont mises, toutes, du même coté du bateau et maintenant que la mécanique est brisée, c’est la ruée vers l’autre bord, la ruée vers la sortie. Le sauve qui peut dans des univers illiquides. Pour parler simplement comme la Sagesse des Nations, on est toujours puni par ou l’on pèche! Tout le reste n’est que baratin circonstanciel à pouvoir explicatif limité, le fond seul est important: les banques paient le prix du rôle qu’elles ont accepté de jouer, ce prix, c’est la destruction de leur «business model», la destruction du banking traditionnel et la mise de tout sur les marchés, c’est à dire la mise de tout le crédit et de la machine à produire le crédit sous la coupe irresponsable des animal spirits. On ne connait plus la valeur de rien or une banque ne peut tenir dans l’incertitude généralisée, dans un monde de fragilité des valeurs. Le mal des banques est endémique à la Great Expérience de notre ami John Law. On ne fait pas de la banque sur du sable, il faut des fondations, il faut quelques certitudes, il faut quelques invariants.

On touche d’un coté, on colmate, on écope et c’est ailleurs que le bateau prend l’eau, c’est la rançon du constructivisme, du socialisme des Banques Centrales, de leur dirigisme, il n’y a plus aucune répartition statistique, tout est corrélé. Nous l’avons dit et redit: tout a le même sous-jacent. Et ce sous-jacent, plus encore que la liquidité et les valeurs, c’est: la confiance dans les compétences des Banquiers Centraux et dans l’efficacité de leurs théories. La liquidité et les valeurs ne sont pas des données, ce sont des résultantes de la confiance, de la foi. Les fers de lance de la reflation ont été le secteur bancaire, les hedge funds, les ETF, le Private Equity, l’ingénierie financière, bref on a tout misé sur les effets de dominos positifs en chaîne et les dominos ont commencé de chuter.
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Je vais être encore en plus synthétique : la vérité rend libre et l'économie mondiale est depuis vingt ans bâtie sur le mensonge. Mensonge sur la valeur des choses, mensonge sur la relation entre les choses, mensonge transformé en lois, en pratiques, en comportements, en idées, en statistiques.




lundi, février 08, 2016

Charles Gave : des réformes faciles à faire, et qui ne coûteraient rien

Des réformes faciles à faire, et qui ne coûteraient rien

Bien sûr, ces réformes efficaces et de bon sens n'ont aucune chance d'être adoptées. Ce billet est juste pour le plaisir intellectuel.

Pourquoi arrêter le général Piquemal ?

L'arrestation, à l'évidence partisane, de police politique sous couvert d'état d'urgence, du général Piquemal fait les gorges chaudes d'internet.

Pourquoi arrêter le général Piquemal ?

♘ Beaucoup croient au coup de semonce à destination des militaires d'active, prétextant que le gouvernement aurait peur d'un coup d'Etat. C'est possible mais j'y crois peu.

Je sais bien que nos politiciens sont des incultes crasses, mais tout de même : depuis Bonaparte, tous les coups d'Etat militaires ont échoué. Boulanger est un bon exemple (Napoléon le neveu n'était pas militaire).

Comme disait Maurras, la république gouverne mal mais se défend bien. Les foufous et les orignaux, ceux qui sont susceptibles de péter un plomb (car organiser un coup d'Etat n'est pas raisonnable) sont soigneusement écartés. La république a appris à sélectionner des officiers généraux bien escouillés et carriéristes. Joffre était un troisième choix, on doit à cet incompétent des centaines de milliers de morts mais ceux qu'ils l'ont nommé avaient raison sur un point : il n'a jamais représenté un danger pour le régime. Dépourvu de qualités, ce médiocre était trop dépendant de ses maîtres.

Je ne pense pas que le tour de main soit perdu. Alors, rien à craindre ou à espérer des officiers supérieurs d'active.

Eventuellement, cela pourrait bouger au niveau capitaine (révolution des oeillets au Portugal) ou commandant. Mais ce sont des niveaux moins puissants donc moins dangereux. Et puis, l'appareil de surveillance est tentaculaire.

De plus, pour qu'un pouvoir issu d'un coup d'Etat ait quelques chances de durer, il faut que la fiction d'un appel muet mais réel venu du peuple opprimé soit vraisemblable (les deux Napoléon, De Gaulle, Pinochet). Or, il n'y a pas de militaires assez célèbres pour que cette fiction ait la moindre chance.

Donc pas de putsch ni même de « poupoutche ».

♘ En revanche, en titrant « graine de putschiste », Libération vend la mèche. L'Aberration et l'imMonde en font des tonnes et des tonnes. Il ne s'agit pas de la réalité du putsch mais de ré-activer son fantasme. Ces derniers temps, le débat public s'orientait dangereusement sur l'islamisme et sur les migrants. Le « peuple de gauche » (sauf quelques bobos) avait une fâcheuse tendance à ne pas être en total désaccord avec le « peuple de droite » sur ces questions.

Il était donc temps de le reprendre en main, de le ramener à son bercail sinistre, à sa bergerie, en lui faisant jouer pour la cent millième fois le sketch de la résistance avec 50 (ce coup-ci, ce n'est pas 70) ans de retard. Il adore ça. Agiter le spectre du fascisme, ça marche à tous les coups. « Arrêtez de déconner et revenez aux "vrais" clivages. Nous les bons résistants contre eux les méchants fascistes ». Et si on fait monter le FN en même temps qu'on re-mobilise un électorat de gauche bien découragé, c'est tout bénéf.

Bref, l'arrestation du général Piquemal n'est pas tant un message en direction de la droite, même extrême, mais en direction de la gauche.

Bien entendu, qu'ils se soient trouvé dans la France de 2016 un préfet, des policiers et des gendarmes, des juges pour se prêter à cette honteuse mascarade de manipulation politicarde de l'opinion n'étonne plus personne.

Les politiciens et les hauts fonctionnaires sont vraiment la lie de notre société.


La démission déraille

On sait depuis les attentats que la responsabilité n'existe plus en France. Quand un dirigeant dit "J'assume", il parle par antiphrase. Il prononce ces mots pour refuser farouchement d'assumer et pour se cramponner à la place, qui est vraiment trop bonne, tant qu'il peut.

Non seulement il apparaît que la SNCF est responsable de l'accident de Brétigny mais qu'elle a détruit des preuves.

Guillaume Pépy, son PDG, va-t-il "assumer", c'est-à-dire, en novlangue, beaucoup pleurer en public,  faire des tonnes de guimauve sentimentale mais ne surtout pas démissionner ? Bien sûr.

Etre énarque, de gauche, incompétent et pédé est dans la haute fonction publique française une quadruple protection qui le rend plus invulnérable que Superman. Il pourrait déclencher une guerre atomique qu'il ne serait pas viré. Et puis, si un haut fonctionnaire était capable de scrupules et de partir de lui-même, ça se saurait.

Mais les Français sont trop cons : ils persistent à faire confiance à la SNCF.

Dans les années 80, on mettait les accidents du rail anglais sur le dos de "la mère Thatcher".

Là rien. Pas un zartiste conscientisé, pas un "chanteur engagé" au QI de palourde mazoutée, pour nous faire une beuglante "Pépy tu dérailles" et accuser le socialo-communisme. Étrange, non ?

dimanche, février 07, 2016

Calais : la capitulation de l'État, la révolte et la haine

Pour une fois, je ne vais pas mettre un article du Figaro en lien mais le citer intégralement. Bien sûr, c'est moi qui souligne.

Depuis des années, je suis convaincu que l'Etat dit français est devenu le pire ennemi de la France, que les Français laissés à eux-mêmes se réorganiseraient plus efficacement que sous la tyrannie de cet Etat-ganelon. H16 est sur la même longueur d'onde :

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Il devient de plus en plus difficile de distinguer l’actuelle administration française d’une force d’occupation intérieure au pays [Charles Gave préfère parler d'Etat colon, mais l'idée est la même]. Et à mesure que le temps passe, les habitudes (surtout les mauvaises) s’installent et le nombre d’affaires iniques dont cette administration se rend coupable, directement ou indirectement, augmente inexorablement. 
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Cette idée d'Etat colon source  (matérielle) de nos maux progresse, mais avec quelle lenteur.


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Calais: la capitulation de l'État, la révolte et la haine

Par Alexis Théas

Mis à jour le 07/02/2016 à 15h49 | Publié le 07/02/2016 à 15h18

FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Alexis Theas, le déchaînement médiatique qu'a suscité le micro-rassemblement «anti-migrants» samedi est un écran de fumée destiné à masquer une situation apocalyptique et la démission de l'Etat. Alexis Theas est universitaire.

Pendant que le président de la République apparaissait sur France 2 à la mi-temps de France-Italie pour commenter le match de rugby de samedi, le naufrage de Calais se poursuivait. Une manifestation d'une centaine de personnes, présentée comme «anti-migrants», s'y réunissait. Ce mouvement répondant à un appel du groupe allemand Pegida, «contre l'islamisation de l'Europe», il a été attribué par les médias à l'ultra-droite, voire les néonazis. La manifestation ayant été interdite par le ministre de l'Intérieur, la répression policière a été sévère: 20 interpellations, soit un cinquième des manifestants, 10 placements en garde à vue... Fait marquant: un général de corps d'armée à la retraite, ancien commandant de la Légion étrangère, Christian Piquemal, dont le parcours ne révèle rien d'un factieux ni d'un extrémiste, s'est trouvé parmi les personnes arrêtées. Les commentaires médiatiques se focalisent sur la condamnation virulente du rassemblement qualifié de raciste. Mais que recèle vraiment cette indignation ?

La situation de Calais a pris une dimension apocalyptique. Plusieurs milliers de migrants en situation irrégulière ont installé un gigantesque bidonville, surnommé la Jungle, devenue une zone de non droit. Des personnes en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique, dont des enfants, y survivent dans des conditions sanitaires épouvantables, indignes de la France contemporaine, sous la férule des passeurs mafieux et des activistes d'extrême gauche. La violence et le chantage y règnent en maîtres. La police y est prise pour cible et de violents affrontements s'y déroulent périodiquement. Toute une région est gravement sinistrée. Les commerces dont le chiffre d'affaires s'est effondré doivent fermer, les habitants du voisinage vivent dans la terreur. Un véritable chaos se répand sur toute une partie de la région dont l'image est dévastée. Une tragédie fruit de l'impuissance européenne

Le drame n'a rien de nouveau, même s'il s'est considérablement aggravé en quatre ans. Il remonte à la fin des années 1990, lié au fonctionnement de l'espace Schengen : la France a ouvert ses frontières européennes et s'est engagée à protéger par tous les moyens celles de la Grande-Bretagne, transformant, le Calaisis en cul-de-sac, réceptacle des migrants qui ont traversé une partie de la planète dans le but de se rendre Outre-Manche. Cette tragédie est le fruit de l'impuissance européenne à contrôler la frontière extérieure commune, d'ailleurs totalement démantelée depuis la grande ouverture de septembre 2015. La manifestation de samedi résulte en outre de la faillite de l'Etat dans sa mission d'autorité et de protecteur des populations [vous connaissez mon analyse : le peuple français souffre de savoir qu'il n'est pas défendu par ses dirgeants]. La faiblesse, comme toujours, est le plus court chemin qui conduit à la haine et la violence. La responsabilité de M. François Hollande est engagée. L'article 5 de la Constitution de 1958 fait du chef de l'Etat le «garant de l'intégrité du territoire». Le président de la République, qui ne s'est jamais rendu sur place, est responsable de l'abandon à des groupes mafieux d'une parcelle du territoire national. Calais fait autant partie de la France que le huitième arrondissement de Paris, faut-il le lui rappeler?

Le monde politico-médiatique s'est déchaîné contre le général Piquemal accusé d'extrémisme. Et si le geste solitaire de ce Soldat n'était rien d'autre qu'un mouvement de désespoir et de colère contre la grande dérobade politicienne dont la Jungle de Calais est devenue le sinistre symbole ?

La vigueur des réactions politiques et médiatiques à un micro-rassemblement de cent personnes, le déchaînement médiatique autour des incidents, se présentent ainsi comme un écran de fumée destiné à masquer le désastre humanitaire et national dans toute son ampleur. La vigueur de la répression policière contraste avec le laxisme généralisé qui a abouti à la formation d'un bidonville abandonné à la mafia et aux groupuscules d'extrême gauche. Il faut y voir une gesticulation destinée à compenser une capitulation quotidienne, face à l'immigration illégale, face aux passeurs mafieux, à l'image d'un mode de gouvernement fondé sur les leurres et les manipulations. Le psychodrame de samedi renvoie au débat en cours sur la déchéance de la nationalité, et ses coups de menton destinés à recouvrir la désintégration en cours de la société française, sa plongée dans le désordre et la violence, de Calais à Marseille, en passant par Paris. Il est plus facile de réformer la Constitution dans les Palais feutrés de la République en donnant des leçons de morale républicaine, que de venir au secours de compatriotes aux prises avec l'horreur mafieuse. Le pouvoir évite ainsi de braver par des actes réels l'angélisme et le sans-frontiérisme, qui demeurent les piliers idéologiques du parti socialiste.
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Le monde politico-médiatique s'est déchaîné contre le général Piquemal accusé d'extrémisme. Et si le geste solitaire de ce Soldat n'était rien d'autre qu'un mouvement de désespoir et de colère contre la grande dérobade politicienne, la démission de l'autorité face au chaos français et européen, dont la Jungle de Calais est devenue le sinistre symbole?



Misère sentimentale et sexuelle du monde moderne

Thérèse Hargot : « La libération sexuelle a asservit les femmes »

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Si la norme a changé, notre rapport à la norme lui est le même: nous restons dans un rapport de devoir. Nous sommes simplement passés du devoir de procréer à celui de jouir. Du «il ne faut pas avoir de relations sexuelles avant le mariage» à «il faut avoir des relations sexuelles le plus tôt possible». Autrefois, la norme était donnée par une institution, principalement religieuse, aujourd'hui, elle est donnée par l'industrie pornographique. La pornographie est le nouveau vecteur des normes en matière de vie sexuelle.

[…]

La promesse « mon corps m'appartient » s'est transformé en « mon corps est disponible » : disponible pour la pulsion sexuelle masculine qui n'est en rien entravée. La contraception, l'avortement, la «maitrise» de la procréation, ne pèsent que sur la femme. La libération sexuelle n'a modifié que le corps de la femme, pas celui de l'homme. Soit disant pour la libérer. Le féminisme égalitariste, qui traque les machos, veut imposer un respect désincarné des femmes dans l'espace public. Mais c'est dans l'intimité et notamment l'intimité sexuelle que vont se rejouer les rapports de violence. Dans la sphère publique, on affiche un respect des femmes, dans le privé, on regarde des films porno où les femmes sont traitées comme des objets. En instaurant la guerre des sexes, où les femmes se sont mis en concurrence directe avec les hommes, le féminisme a déstabilisé les hommes, qui rejouent la domination dans l'intimité sexuelle. Le succès de la pornographie, qui représente souvent des actes violents à l'égard des femmes, du revenge-porn, et de Cinquante nuances de Grey, roman sadomasochiste, sont là pour en témoigner.

[…]

Il ne faut pas apprendre aux adolescents à s'épanouir sexuellement. Il faut apprendre aux jeunes à devenir des hommes et des femmes, les aider à épanouir leur personnalité. La sexualité est secondaire par rapport à la personnalité. Plutôt de parler de capotes, de contraception et d'avortement aux enfants, il faut les aider à se construire, à développer une estime de soi. Il faut créer des hommes et des femmes qui puissent être capables d'être en relation les uns avec les autres. Il ne faut pas des cours d'éducation sexuelle, mais des cours de philosophie !
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La misère sentimentale et sexuelle (les deux aspects sont liés) me désespère, particulièrement chez les jeunes (il y a peut-être le même problème chez les vieux, mais je m'en fous).

Les témoignages et l'expérience que j'en ai n'incitent pas à l'optimisme.

Il y a bien des facteurs. L'école a plus que sa part : les jeunes sont submergés de cours sur la tuyauterie touche-pipi, en revanche, ils ignorent tout de la culture amoureuse. Je m'étais amusé (amusement qui a vite tourné au désespoir) à soumettre à des lycéens des couples célèbres (Roméo et Juliette, Héloïse et Abélard, Tristan et Iseult, Perceval et Blanchefleur etc ...). J'ai eu droit au regard vide du bovin en présence d'une horloge atomique. Et, avant l'école, il y avait les fabliaux, les contes, les histoires populaires, les récits de veillée. Aujourd'hui, nous serions bien en peine de trouver un équivalent.

Il ne faut pas se voiler la face. La frustration sexuelle dans une société inondée de pornographie est un moteur de l'islamisme. Quant à la dénatalité, inutile non plus d'épiloguer.

Il y avait déjà ce billet : La mère célibataire, étalon de la morale contemporaine

Je pourrais un faire un billet très long sur le sujet, parce qu'il y va de l'avenir de notre société : des relations hommes-femmes cabossées, moins d'enfants, mort de notre société. Mais je suis de plus en plus convaincu que notre société est vouée à la mort à court terme et que l'avenir est aux sanctuaires où se regrouperont les hommes de même culture et de même religion, obéissants aux mêmes principes.

Alors pourquoi épiloguer sur une société déjà morte ? Ca me fait de la peine pour ceux qui sont broyés par ce naufrage mais qu'y puis-je, à part faire ce que je fais ici, écrire qu'il y a une autre vie, une autre philosophie, d'autres principes et d'autres valeurs ?



samedi, février 06, 2016

SNCF : la tiers-mondisation de la France

Natacha Polony : SNCF, les larmes pour cacher le déshonneur

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Mais que dire de cette impression lancinante jusqu'au malaise de voir la France glisser peu à peu vers l'affligeant statut de pays du tiers-monde ? Caricature ! crieront les uns. Déclinisme ! renchériront les autres. Et pourtant, n'est-ce pas le sentiment de tous les usagers des lignes secondaires, de ces TER et trains Corail qui roulent sur des voies dont on apprend qu'elles sont si peu entretenues que des éclisses peuvent être déclarées manquantes ou fissurées sans que cela implique la moindre réparation ? Des lignes à la merci du plus petit aléa climatique, des lignes sur lesquelles on peut annuler un train sans aucun préavis parce que le mécanicien est souffrant et qu'il n'y a personne pour le remplacer. Ce qui s'appelait autrefois la continuité du service public a des allures de vieille utopie vaguement ringarde.
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« Voilà bien ce qui a disparu depuis que le génial communicant à la tête de la SNCF a choisi de gérer son entreprise comme une multinationale en quête de performance, en privilégiant la vitrine clinquante du TGV ».

Phrase absurde. Une multinationale en quête de performance ne ferait justement pas les investissements idiots de la SNCF. Comme d'habitude, Mme Polony mélange tout, de rares bonnes idées sur fond d'une analyse fausse.

Au fond, elle ne comprend rien. Elle sent certaines choses, mais elle n'a pas la bonne grille de lecture qui lui permettrait d'ordonner le tout en idées cohérentes et justes. Au lieu d'opposer le bon étatisme et le méchant libéralisme, elle rassemblerait le méchant étatisme et le méchant libéralisme dans la notion de stato-libéralisme de connivence (1) son monde s'éclairerait.

En revanche, elle a raison sur un point : la disparition du sentiment de l'honneur est une catastrophe morale, qui, bien que silencieuse, a des conséquences collectives désastreuses.

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(1) : stato-libéralisme de connivence : on est libre de faire ce qu'on veut, notamment le sexe, tant qu'on n'essaie pas de sortir de la prison. Pendant ce temps, les gardiens sont les vrais maitres du monde qui s'entendent entre eux.

Obsession vychiste et débilité

À l'Assemblée, Cécile Duflot évoque Vichy pour contester la déchéance

Il y a un tas de « bonnes » raisons de ne pas oublier Vichy (en réalité, très mauvaises), mais l'instrumentalisation, la réduction de notre histoire et, plus que tout, la méconnaissance sont le signe que nos politiciens sont des abrutis.

Ce qui frappe dans les politiciens de 2016, c'est une inculture crasse, une absence de savoir , notamment historique, stupéfiante. Ils massacrent le français pour dire des choses creuses et sans intérêt. Ce sont des cons. La politique, c'est désormais la carrière des incapables à grande gueule et sans scrupules.

D'Ormesson : inaptocratie : système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle.


Allez, pour faire plaisir :




C'est officiel : islam en occident, tout va plus que bien, plus ça serait trop

Une journaliste belge maltraitée en direct lors du carnaval de Cologne

Carnaval de Cologne: 22 agressions sexuelles le premier jour

Bien sûr, parmi les agresseurs, il n'y pas que des CPF, pardon, des CPA, il y a aussi des Teutons pure souche. Mais là n'est pas le problème : les Allemands sont chez eux alors que les autres non, ça fait une sacré de putain de différence.

Commentaire sur le nouveau découpage régional




N'est-ce pas d'ailleurs Dioclétien qui procéda à un découpage administratif arbitraire totalement idiot pour casser les identités et "mieux" gérer l'Empire romain? Tiens, c'est aussi cet empereur qui marque le passage au Bas-Empire "totalitaire" (Fabry).

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Il y a chez nos politiciens, pas seulement de gauche, une claire volonté de détruire la France par petits bouts, une habitude par ci, une tradition par là, pour qu'à la fin, il n'y ait plus qu'à constater qu'il n'en reste plus rien qu'un nom, qu'elle est devenue un terrain vague sur-administré et qu'ainsi elle s'intègre naturellement, qui à l' « Europe » ; qui à l'oumma islamo-communiste (qui d'ailleurs convergent).



vendredi, février 05, 2016

Barreau, Zemmour, Hitchens : le courage de franchir la porte ouverte de la prison

Jean-Claude Barreau: « Nous n'avons aucune politique d'immigration »

Il a tort, nous avons une politique d'immigration : le Grand Remplacement.

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Si la seule issue de l'immigration passe par l'assimilation, si, comme le dit Paul Collier, « il faut une nation pour assimiler », alors la construction abstraite de l'Europe rend l'assimilation impossible, car elle transforme le continent en un vaste terrain vague. Alors, l'immigré ne va plus en Allemagne, en Italie ou en Angleterre, mais en Europe, c'est-à-dire nulle part ! Le but caché de l'UE est de détruire les nations. En général, ce but est dissimulé derrière les belles notions d'ouverture, d'universalisme et de progrès. Mais, parfois, on peut l'identifier. J'ai acheté pour mes petits-enfants un opuscule sur les nouvelles régions inventées par François Hollande. Dans ce livret, intitulé La France des régions expliquée aux jeunes (Éditions Nouvelle République), on trouve cet aveu qu'un rédacteur naïf ou distrait a laissé passer: «L'UE, c'est transporter sur notre continent le système fédéral des États-Unis , transformer les régions de tous les pays en États. Puis les réunir pour former un seul grand pays, l'Europe.» La mort de la France est ici clairement inscrite dans le projet européen actuel. Compte tenu de l'importance de l'État central dans son histoire, la France est certainement le pays du continent le plus menacé par l'Union. Si les Français s'aperçoivent que l'État n'est plus à Paris mais à Bruxelles, pourquoi resteraient-ils ensemble ?
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Hollande, Ponce Pilate de l'état de droit

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Mais, en attendant, il a donné une victoire idéologique au lobby féministe, sans se salir les mains. A elles de poursuivre le travail. Elles le font d'enthousiasme en proposant une nouvelle « avancée » législative avec cette « légitime défense différée » qui donnerait à toute femme un « droit de tuer » son mari, qu'elle accuserait de violence passée. Hollande avait agi de même avec le mariage pour tous. Il accordait le mariage aux couples de même sexe, en sachant très bien que l'adoption et la PMA suivraient. Mais il affirmait le contraire.

Pour cette opération tactique, il peut compter sur les habituels « idiots utiles»  à droite, mais aussi à gauche, qui soignent leur profil médiatique au nom de la « libération des femmes ». Cette alliance des cyniques et des hystériques, des manipulateurs et des professionnels de la compassion, a encore montré sa redoutable efficacité.
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Why I won't be Voting on Referendum Day

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Anyway, how many active adults, now participating in the political process, can remember what it was like being in an independent country, whose Parliament was sovereign, whose embassies flew its own flag and nobody else’s, whose head of state wasn’t a citizen of someone else’s country, which chose its own economic policy, had its own fishing grounds, decided how to subsidise its own farms, issued its own passports, controlled its own borders, made its own alliances and trade agreements, did not abandon its traditions and its particular special ways of doing things to conform with some great overarching plan ? It's a decreasing number.

Most people in this country don’t really care about independence itself, and don’t think about it. And the numbers who have (correctly) linked the EU with mass immigration and our loss of control over our borders, though considerable, peaked with UKIP in 2015 and aren’t enough to swing a vote. ‘Euroscepticism’ is a worthless and futile political position involving complaining about the EU in public and at election times, and knuckling under to it in private when the voters aren’t looking. It is very like the institutionalised longterm prisoner’s daydream of freedom, which when he is actually offered his liberty he doesn’t really want. They don’t really want it they’ve made no serious plan for it, they aren’t prepared for any major sacrifices to get it. It’s just a thing they say, to indulge themselves and assert a sort of machismo.
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Hitchens compare, assez justement à mon avis, les peuples européens à ce prisonnier qui, après avoir pendant des années rêvé d'évasion, trouve un jour la porte de la prison ouverte et renonce à sortir, préférant finalement le confort de la servitude à l'inconfort de la liberté, considérant que la liberté, c'est mieux en rêve.

La prison, c'est l'UERSS. La porte ouverte, c'est tout simplement qu'il suffirait, pour qu'un peuple européen en soit libéré, qu'il vote à 51 % pour un parti dont la sortie de l'UE et de l'Euro est le programme, ce qui ne s'est jamais produit. Je sais, il y a certes le problème des institutions et du choix qu'on propose aux électeurs, mais il y a du vrai dans l'analyse d'Hitchens.

Je crois que nous sortirons de l'Euro et que l'UE éclatera.

Mais il y a une bonne manière et une mauvaise manière d'en arriver là.

La bonne manière, c'est une décision libre, responsable, réfléchie et démocratique ; bref le fruit d'une élection avec un programme clair ou d'un referendum avec une question précise.

La mauvaise manière, c'est le chien crevé au fil de l'eau, subir les événement, toujours avoir un temps de retard. Trop peu, trop tard.  On en revient à Chantal Delsol : «Autrement dit, si vous ne menez pas votre destin, c’est votre destin qui vous mènera par le nez. Il en va de même pour un pays. A force de mettre au pouvoir des gouvernements attentiste et pusillanimes, il se produira je ne sais quelle catastrophe qui viendra pour ainsi dire tout résoudre. »

Or, nous sommes fermement décidés à ne pas décider, c'est-à-dire à ne pas choisir et à subir notre destin plutôt que de le maitriser. Et à se le prendre dans la gueule façon « Meuh non, les Allemands ne passeront pas par les Ardennes » (1).


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(1) : vous rigolez, mais je connais un connard (juste pour l'allitération) qui m'a déjà inspiré ce billet,  qui est tout à fait dans ce trip. A l'entendre, il n'y a jamais de vrai problème, il n'y a jamais de vrai conflit. Si on croit à un conflit, à un problème, c'est une erreur d'analyse. Il s'adapte sans cesse aux démentis de plus en plus brutaux de la réalité. Il est passé en quelques années de « Meuh non, un pays ne peut pas faire faillite » à « Meuh non, l'Euro n'éclatera pas » (après Tsipras) et de « l'islam n'est pas un problème en France » à « Meuh non, les musulmans dans l'armée française ne sont pas un problème » (après le Bataclan). Le domaine de ce qui ne pose pas problème se réduit peu peu, mais il s'arracherait la langue plutôt que d'avouer qu'il peut y avoir des problèmes dans la vie plus graves que d'arriver en retard à un diner en ville. Il n'est pas bête mais il est creux, vide. Tout ce qui l'obligerait à admettre que la vie n'est pas toute superficielle, qu'il peut y avoir de vrais problèmes avec des causes profondes, est une agression contre ce qu'il est. Mais, au demeurant, il n'est pas désagréable, il suffit juste de ne pas avoir à traiter de question de vie ou de mort avec lui, d'ailleurs pour lui les questions de vie ou de mort n'existent pas.










Le mystère Fabius éclaire-t-il la baudruche Juppé ?

Le passage de Laurent Fabius au ministère des affaires étrangères, qui serait sur le point de s’achever, a été un désastre. Inutile de faire un bilan détaillé, ceux qui suivent l’actualité le savent.

On s’attendait plutôt à l’inverse : ancien premier ministre, considéré par beaucoup comme « brillant », la fameuse « brillance », qualité de cireur de pompes, Laurent Fabius laissait l’espoir d’un bon ministère régalien.

Difficile de faire la part des responsabilités : François Hollande, les crétins du Quai d’Orsay, les conceptions erronées ou l’absence de conceptions de Laurent Fabius lui-même. Toujours est-il que le résultat est là. Dans des situations complexes, notre « brillant » ministre a surtout brillé par ses capacités à faire des déclarations stupides, à prendre des positions idiotes et à manger son chapeau après le démenti cinglant de la réalité.

Or, Laurent Fabius rappelle très fort un candidat à la présidentielle : même physique crâne d’œuf, ancien premier ministre, ministre des affaires étrangères désastreux (intervention en Libye), même « brillance » qui épate les gogos bourgeois, les duhamelistes (1), même absence d’idées personnelles. Est-ce la peine que je vous cite son nom ?


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(1) : Cyril Bennassar : «En politique, j’ai pris l’habitude de me méfier de ceux qui rassurent l’opinion pour m’intéresser à ceux qui l’inquiètent. Souvent dans l’histoire de France, les visionnaires excentriques ont concentré les méfiances et les moqueries pendant que les gestionnaires à courte vue ramassaient les suffrages. On se souvient qu’en juin 1940, Pétain était plus acclamé que de Gaulle, qu’en 2002, Jacques Chirac mit le pays dans sa poche face à Jean-Marie Le Pen et, comme on n’apprend jamais rien, il se pourrait qu’en 2017, les mêmes trouilles et les mêmes paresses nous condamnent à perdre cinq longues années avec Alain Juppé. La tentation du centre est le recours des Français qui ne comprennent rien et qui ont peur de tout, de ceux qui préfèrent s’endormir avec Alain Duhamel plutôt que réfléchir avec Alain Finkielkraut. »

Serge Fedederbusch : « Aux Etats-Unis comme en France, la fragmentation de la vie politique va bon train, proportionnelle au fait que ce sont désormais les banquiers centraux qui détiennent la réalité du pouvoir. Bientôt, les candidats, comme Juppé en France ou Sanders en Amérique, vont faire de leur âge et de leur inaptitude à être réélu un argument de campagne, étrange forme d’aveu de la nocivité potentielle de l’exercice des responsabilités. La démocratie représentative ne parvient pas à muer en démocratie directe, donc elle s’étiole. »

mardi, février 02, 2016

Les ponctionnaires, les bourreaucrates et les entrepreneurs

Du dépôt de bilan à la rue : la descente aux enfers d'une jeune chef d'entreprise française

Il faut être fou, ou très inconscient, pour devenir entrepreneur en France. C'est suicidaire. Mieux vaut être fonctionnaire ou salarié. Ca ne vole pas haut, on n'est pas libre, mais c'est la France de 2016 : le pays de la médiocrité et de la bureaucratie.

Chaque Français connaît mille exemples.

Mais raisonnons macroscopiquement.

La France est à 56 % du PIB en dépenses publiques.

On estime, que l'URSS était à 70 % (hé oui, il y avait un peu de propriété privée) et Cuba vient de se fixer l'objectif de descendre à 50 %, c'est-à-dire en dessous du niveau actuel de la France.

Autrement dit, la France se situe en gros entre Cuba et l'URSS. Comment voulez vous que notre économie soit autre chose qu'un désastre ? Certes, il faut du temps pour liquider furtivement, sans goulag, des siècles de prospérité, mais ne vous inquiétez pas, nos technocrates y travaillent depuis quarante ans et ils sont en voie de réussir.

Au-delà des effets économiques, le communisme larvé en France a les mêmes conséquences délétères que le communisme affiché eut en Russie et en Chine (effets qui traumatisaient Simon Leys, amoureux de la Chine) : nomenklatura, apparatchiks, cynisme, arrivisme, égoïsme, culte matérialiste de l'argent, effondrement moral et culturel de la population (l'absence de vraie réaction de la population française aux attentats de 2015 est navrante. Des agneaux à l'abattoir).

Comprenez que nous, amoureux de la France, soyons traumatisés par le communisme dans le quel nous baignons.

lundi, février 01, 2016

Après mûre réflexion ...

Après mûre réflexion, j'ai décidé que, si j'étais parlementaire, je voterais contre la réforme de la constitution proposée par Français Hollande (j'ai donc changé d'avis, seuls les imbéciles ...) :

1) C'est inutile : la loi permet déjà la déchéance de nationalité. Comme dans beaucoup de domaines, il n'y a pas besoin de nouvelles lois, juste d'appliquer sans faillir celles qui existent.

2) C'est sacrilège : on ne devrait toucher la constitution que les mains tremblantes, et non au gré des petites magouilles politiciennes.

3) C'est un leurre : pendant qu'on s'écharpe sur ce point de détail, on oublie tout le reste.

4) C'est un mensonge : la constitutionnalisation est censée être un symbole de fermeté. Mais si l'on veut afficher une vraie fermeté, on peut rompre les négociations d'adhésion à l'UERSS avec la Turquie, allié objectif de l'EIIL, ou on peut abroger le statut fiscal préférentiel du Qatar, autre allié objectif de l'EIIL, ou on peut interdire les prêches dans les mosquées dans une langue étrangère et le financement de ces mosquées par l'étranger. Ce ne sont pas les possibilités d'afficher de vrais signes de fermeté qui manquent, mais on choisit une fausse fermeté, qui ne dérange personne, même pas les terroristes islamiques, à part quelques gauchistes, bruyants mais sans poids électoral.

Moi parlementaire, je voterais contre cette réforme et j'en proposerais une autre : la révision des conditions d'acquisition de la nationalité française, autrement dit, l'abrogation complète du droit su sol. La fait d'être né en France ne pèserait plus rien du tout dans la nationalité française. Péseraient l'origine des parents et des grands-parents ou, à défaut, l'intégration : maitrise de la langue, de l'histoire, de a culture et le mode de vie.