mardi, mai 15, 2007

Supprimons le statut de la fonction publique

Notre nouveau président de la République a promis de combattre les injustices.

Passons les fonctionnaires sous contrat de droit privé. Voilà d'un coup un bon paquet d'injustices supprimées (sécurité de l'emploi, retraites, salaires, avancement, facilités diverses ...).

Cela s'est fait dans la plupart des pays d'Europe.

J'entendais ce matin un journaliste suédois se dire scandalisé par le statut de la fonction publique en France. Et d'expliquer que parler de justice sociale est hypocrite quand une partie de la population a plus de droits que les autres.

Il n'a pas prononcé le mot "immoral", mais je l'écris car c'était clair dans son propos. Il estimait sans ambiguïté que cette bizarrerie française qu'est le statut de la fonction publique n'était pas à notre honneur.

C'est tout juste s'il ne nous a pas accusé d'avoir un seuil de tolérance aux injustices très très haut ; en prenant justement l'exemple du statut de la fonction publique. N'étant pas étranger, je peux me permettre d'être plus affirmatif : nous avons un seuil de tolérance aux injustices, pourvu qu'elles viennent de l'Etat, beaucoup trop haut. Certains en accusent Louis XIV, je ne sais.

Malheureusement, la suppression du statut de la fonction publique n'étant pas dans le programme du fasciste Sarkozy, ce n'est pas la peine d'y compter.

16 commentaires:

Anonyme a dit…

Silence de notre ami F.Delpla.

Anonyme a dit…

Silence de notre ami F.Delpla

Mouais... il est possible qu'il ne passe pas ses journées devant son ordinateur, sur ce blog, à cliquer sur Rafraîchir.

Certains en accusent Louis XIV, je ne sais

J'ai un vieux souvenir fumeux de notre bon ami de Tocqueville, qui lie effectivement l'apparition sous Louis XIV de ce qui ne s'appelait probablement pas encore des fonctionnaires de l'Etat, ayant des superpouvoirs (plus que des super-droits, en fait).

Faudrait vérifier.

fboizard a dit…

"Silence de notre ami F.Delpla." Ho là, malheureux ! Ignorez vous que le preux chevalier ne s'étonne pas du sommeil du dragon mais profite du répit ?

La lecture de Tocqueville est toujours saine, comme peuvent l'être dans un autre genre les lectures de Montaigne, Stendhal ou Cioran.

Pourquoi les Français ont-ils peur ?

Anonyme a dit…

Le vlà !

J'ai déjà dit sur ce blog tout le bien que je pensais de ce statut et Franck n'en tient pas compte, c'est son droit le plus strict !

Ce qu'il y a ici de nouveau, c'est l'appel à la rescousse d'une voix étrangère dont rien ne garantit la compétence sur notre société. Ce brave Suédois sait-il seulement que le statut s'acquiert par des concours très sélectifs et laissant peu de place au favoritisme ?

Je ne parle même pas des deux précédents historiques de l'entre-deux-guerres qui ont rendu irrésistible l'adoption de ce statut dès que la pression populaire a été assez forte : le renvoi de nombreux fonctionnaires pour le simple fait d'avoir fait grève, en 1919 puis le 30 novembre 1938.

fboizard a dit…

"une voix étrangère dont rien ne garantit la compétence sur notre société. "

Cette "voix étrangère" était dans mon actualité. Il se trouve que Magnus Falkenhed (orthographe non garantie) vit de puis plusieurs années en France et a écrit un livre comparant la Suède et la France.

Mais vous avez raison, il n'y a pas besoin de voix étrangère pour réaliser que le statut de la fonction publique est injuste.

"le renvoi de nombreux fonctionnaires pour le simple fait d'avoir fait grève" Voilà, il faut toujours que vous poussiez tout à l'excès pour disqualifier des propositions qui sont en réalité raisonnables : je n'ai pas dit qu'il fallait des fonctionnaires des parias dépourvus de droits. Que je sache, le droit de grève est protégé en France.

Bien entendu, je vous vois venir avec le service minimum : il ne s'agit pas d'interdire la grève, mais comme le nom l'indique de garantir un service minimum (qui est aussi, du point de vue des grévistes, un service maximum).

Anonyme a dit…

***vit de puis plusieurs années en France et a écrit un livre comparant la Suède et la France.***

peu démonstratif; moi c'est plusieurs décennies, des livres à la pelle et j'en ignore, des choses ! Dites-moi plutôt si votre plaideur semble savoir qu'il y a des concours équitables et comment, le sachant, il peut encore crier à l'inégalité.

Sur les révocations de l'entre-deux-guerre pour fait de grève, vous m'avez mal lu : je les invoque comme explication historique, non comme justification éternelle.

L'Etat français, vous savez, votre grand ami, a eu le plus grand mal à considérer ses employés comme des citoyens. Il a fallu lui faire avaler la chose de force, et l'obliger à la consigner dans un statut, au plus haut de la puissance des syndicats dans le public comme dans le privé, face à des couches dirigeantes discréditées par la collaboration (1946). Si après tout ce temps il (l'Etat français) commence à comprendre, on va peut-être pouvoir assouplir les choses et en venir aux mêmes garanties pour tous les salariés. Mais là, c'est le patronat privé qui risque de faire la gueule !

Anonyme a dit…

Encore une bonne nouvelle de Sarko:
"première mesure": lire à tous les lycéens de France la dernière lettre de Mocquet, sous prétexte qu'elle est émouvante et qu'il n'avait que 17 ans...

La vérité: donner comme modèle aux jeunes francais un assassin aux ordres de Staline.

Et ainsi la droite prolonge le mythe de la "résistance communiste"...

g.

Anonyme a dit…

Le fait qu'il y ait un concours n'enlève rien à l'inéquité du statut de la fonction publique, je ne comprends pas bien votre argument, il ne manquerait plus qu'en plus d'avoir des avantages indus, les fonctionnaires doivent leur place au favoritisme.

g : vous semblez ignorer qu'il y a eu des communistes patriotes et courageux. Cela ne réhabilite pas le communisme pour autant. Faites la part des choses, d'autant plus que dans la lettre en question, il n'y pas un mot politique.

FB (la vilaine machine informatique m'empêche de signer sur mon blog)

Anonyme a dit…

Sur le statut de la fonction oublique, je vous conseille vivement la lecture du très révoltant mais ô combien documenté Aux frais de la princesse - Enquête sur les privilégiés de la République d'Yvan Stefanovitch.

Où l'on apprend par exemple qu'un chauffeur du Sénat touche 6 000 € après 5 années d'ancienneté...
Je vous laisse imaginer le pauvre sort de nos 15 000 hauts fonctionnaires.

fboizard a dit…

Merci du conseil, j'ai commandé le livre. Mais je me méfie : c'est le genre à vous dégouter de payer des impôts. Et comme payer les impôts est obligatoire, c'est même tout ce que je leur reproche, je ne suis pas sûr que ça mène loin de se dégouter d'une obligation.

Anonyme a dit…

"Si après tout ce temps il (l'Etat français) commence à comprendre, on va peut-être pouvoir assouplir les choses et en venir aux mêmes garanties pour tous les salariés. Mais là, c'est le patronat privé qui risque de faire la gueule !"

A vous lire, doit-on comprendre que vous envisagez que le privé doive s'aligner sur le public ? Soit j'ai mal compris, (mais alors pourquoi les patrons du privé ont-ils alors à "faire la gueule" ,)soit vous êtes complètement à côté de la plaque, genre programme commun à l'ancienne.

Anonyme a dit…

quelques amalgames douteux, quelques non-réponses fâcheuses dans ce qui précède.

L'accès à un "privilège" par concours ouvert à tous n'empêche-t-il pas radicalement cet avantage d'être un privilège ? C'était en tout cas l'avis des constituants français de 1789.

Que reproche-t-on au statut ? la sécurité de l'emploi ? la régularité des promotions ? Autant de choses soustraites à l'arbitraire patronal, mais qui n'empêchent pas l'Etat-patron de décider de l'implantation des postes et d'une accélération sensible des promotions. On peut discuter de leur rythme sans casser le statut.

En rapprocher les salariés du privé ? mais c'est la tarte à la crème des finalistes de l'élection présidentielle sous le nom de "sécurisation des parcours professionnels" et l'heureux (le mot est faible) élu est au pied du mur.

Mais le rapprochement aura ses limites, du moins tant qu'il y aura un Etat d'une part, des entreprises privées de l'autre. Le patron ne pourra pas être contraint de recruter par concours et nul ne pourra l'empêcher de favoriser ses amis politiques. Pour l'Etat, j'espère que vous en êtes d'accord, c'est ce qu'il faut absolument éviter. Du moins au niveau des principes. C'est-à-dire des statuts.

fboizard a dit…

Un privilège n'a pas à être héréditaire ou octroyé par favoritisme pour être un privilège.

Définition de "privilège " d'après le Littré : avantage accordé à un seul ou à plusieurs et dont on jouit à l'exclusion des autres, contre le droit commun.

Le statut de la fonction publique me paraît sur bien des points importants(sécurité de l'emploi, retraites avantages sociaux) correspondre exactement à cette définition.

Allez donc interroger un employé du privé, vous verrez que lui n'a aucun doute sur le fait qu'être fonctionnaire est un privilège.

Quelquefois, j'ai l'impression que nous ne vivons pas sur la même planète (c'est une impression très fréquente chez les gens du privé qui discutent avec des profs).

Anonyme a dit…

"Que reproche-t-on au statut ? la sécurité de l'emploi ? la régularité des promotions ? Autant de choses soustraites à l'arbitraire patronal".

Si vous voulez réellement que notre pays sorte de sa torpeur, oublions 1789 et Mai 68; les congés payés et les 35 heures sont probablement une bonne chose pour les "travailleurs", mais quand on y ajoute la retraite à 55 ans pour les roulants (50 ans sur dossier médical !!), il ne faut pas feindre de s'étonner que ce pays n'est plus compétitif; Jacques Attali donnait hier des chiffres qui nous ramènent à ce que nous sommes devenus, un petit pays !
En Europe nous sommes : 25ème sur 27 en ce qui concerne le taux de chômage, 17ème sur 27 quant à notre endettement, ( + de 60% du PIB en dette), en outre le différentiel de croissance entre la France et la moyenne des autres pays Européens est de 0.7...) Fermez le ban et vive le modèle social Franco - Franchouillard ! Rappelons quelques évidences, à savoir que seuls les emplois marchands rapportent, alors que les emplois publics coûtent à la collectivité, concours ou pas concours ! Les chiffres cités devraient être affichés dans les écoles,( à la CGT c'est trop tard).
Quant à l'arbitraire patronal, s'il consiste à promouvoir le travail, le mérite et l'huile de coude, alors vive cet arbitraire là! Pour finir, la sécurité de l'emploi pour être antinomique de ce qui a fait ses preuves partout ailleurs, y compris chez les socio-démocrates (la flexibilité), elle a du plomb dans l'aile ; NS a annoncé la couleur et 53% de Français ont compris l'urgence de réformes profondes et non du cauthère sur jambe de bois auquel aspirent une fois encore les syndicats-australopithèques.

Anonyme a dit…

Le "systeme " fonction publique a un talon d'achille majeur ...
-Aucune solution pour se défaire des incompétents ...
-aucune motivation des gens se distinguant par leur efficacité

Réussir un concours ne veut pas forcément dire que l'on est compétent dans le quotidien d'un poste !

Par ailleurs certains avantages sociaux octroyé aux fonctionnaires le sont, on oublie de dire qu'il font aussi une croix sur les niveau de rémunération du privé (si tant est que le fossé ne se soit pas comblé depuis la mise en place des 35h et l'euro ...)

Anonyme a dit…

J'ai entendu cette émission, sur BFM je crois.
Si ces inégalités iniques de statut entre privé et publique pouvaient être remises à leur place : dans le grand fourre-tout des injustices historiques...
Je m'étonne que F. Delpla vitupère la "voix étrangère", Le Pen n'aurait pas osé...