dimanche, juin 10, 2007

Réchauffisme : les paradoxes de l'effet de serre

Du à Guy Sorman

Dans la controverse dont on ne sait si elle est idéologique ou scientifique autour de l’émission de CO2, laissons parler quelques statistiques. L’économie la plus polluante au monde, c’est la Russie, si l’on compare la quantité de CO2 émise avec la production nationale. Pour produire 1 000 $, la Russie émet 5 millions de m3 de CO2.

La Chine vient en second avec 3,1 millions. Tous les pays développés, des Etats-Unis à la France, se situent entre 0,3 et 0,7. La Russie et la Chine sont donc les deux pays qui gaspillent le plus d’énergie pour une production médiocre.
Pour la Chine, on savait. Le cas de la Russie est plus surprenant : la reprise économique russe, incontestable, opère toujours selon le modèle soviétique, en gaspillant le pétrole et le gaz, surabondants, sans innover dans les procédés industriels.

Une autre lecture des statistiques place évidemment les Etats-Unis au sommet de l’émission totale de CO2 (5,9 milliards de tonnes de CO2), suivis par la Chine, avec 4,7 et la Russie avec 1,6. La France est à 0,4. Mais la Chine, quatre fois plus peuplée que les Etats-Unis, produit quatre fois moins ; pareil pour la Russie, ce qui confirme l’inefficacité énergétique de ces deux puissances de modèle soviétique.

En clair, le capitalisme est plus parcimonieux en énergie en raison de l’économie de marché qui incite par les prix à sauvegarder l’énergie, de la démocratie et des ONG qui font également pression dans ce sens. Donc, pour réduire les gaz à effet de serre, la démocratie et l’économie de marché s’avéreraient plus efficaces que des quotas d’émission de CO2.

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