vendredi, septembre 21, 2007

Entendu à BFM

«Les déclarations de M. Sarkozy sur la BCE sont grotesques. Certes, on peut avoir des doutes sur la compétence de M. Trichet, en son temps, il n'avait pas su lire le bilan du Crédit Lyonnais, mais il est entouré. Par exemple, son adjoint M. Papadémos, connaît mieux l'économie que MM. Sarkozy et Guaino réunis.»


Pour mémoire, M. Guaino est ce conseiller présidentiel qui avait cru bon d'écrire que les déficits publics ne sont pas graves puisque les Français, eux, épargnent. Ce qui révèle, au mieux, un esprit confus ; au pire, une mentalité de voleur en col blanc.

Je rappelle également que les conditions d'une croissance durable sont connues (1) et que des taux d'intérêt bas n'en sont pas une.

Comme sur d'autres sujets (on parle d'une interdiction de la culture d'OGMs en France, on n'est plus à une folie près), le gouvernement étale son incompétence.

Cela pourrait n'être que passager, l'arrivée au pouvoir est encore fraiche. Hélas, je crois que le mal est plus profond : des ministres médiocres (2) et une campagne présidentielle tout aussi médiocre, qui a occulté les débats de fond, font que le gouvernement est sans doctrine, sans idées mures et a une très faible capacité à en générer (3).

Les ministres ne sont pas des flèches et le président ne s'arrête guère pour penser, alors, évidemment, le gouvernement se comporte comme un poulet sans tête.

(1) prélèvements autour de 30 %, effectifs de fonctionnaires autour de 15 % de la pop active, marché du travail fluide, fortes recherche et universités.

(2) la prédiction de JM Aphatie comme quoi la brillante C. Lagarde se transformerait en cornichon au contact des autres cornichons est pleinement vérifiée. Sa déclaration «En France, il faut arrêter de penser et travailler plus.» est parfaitement idiote. «Il faut arrêter de discuter et penser plus.» aurait été plus juste.

(3) Sans faire de triomphalisme, je vous signale que, pendant la campagne électorale, je vous avais dit que l'absence de «think tanks» des candidats (Non, «Désirs d'avenir» n'en était pas un ! :-) pour mûrir les idées, et, d'une manière générale, l'absence de travail intellectuel approfondi me semblaient des faiblesses gravissimes.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Tout le monde oublie la recherche, comme support de croissance
Connaissant assez bien le monde de la recherche fondamentale universitaire pour en être acteur... je vous encourage à lire (voir même publier ?) l'article suivant:
http://recherche-en-danger.apinc.org/
spip.php?article1601
Il date un peu mais certains passages sont savoureux, par ailleurs il présente bien comment travaille ce gouvernement, dans l'urgence et sans réfléchir aux conséquences à long terme et aux vraies raisons (peu populaires) du déclin patent de notre système universitaire.
Ils ont clairement bradé cette loi à minima et qui devait pourtant être une des plus importantes du quinquennat.

Proton a dit…

(1) prélèvements autour de 30 %, effectifs de fonctionnaires autour de 15 % de la pop active, marché du travail fluide, fortes recherche et universités.

C'est mon rêve que vous décrivez là !
Petit problème : mêmes les candidats qui auraient (conditionnel) compris ça savent pertinemment qu'ils n'ont aucune chance d'être élu avec ce type de programme.

fboizard a dit…

J'ajoute cet article de Contribuables Associés :

http://www.contribuables.org/2007/09/26/budget-2008-un-pas-de-plus-vers-la-faillite/