lundi, novembre 10, 2008

Décès de Michael Crichton

Michael Crichton est décédé du cancer la semaine dernière.

Ce défenseur d'une science fidèle à son éthique de vérité et de rigueur me manquera.

Il n'avait eu de cesse de combattre pour préserver l'honnêteté intellectuelle qui est le coeur même de l'idéal scientifique.

Comme il était également pédagogue, il avait su faire passer ses idées. Par exemple, son discours Les extra-terrestres sont la cause du réchauffement climatique est un bijou.

Je vous renvoie à la compilation (en Anglais) que j'avais faite de ses discours et conférences.

Je pense être fidèle à Crichton en vous transmettent cet article désespérant mais très honnête de Richard Lindzen Science du climat : est-elle apte de nos jours à répondre aux questions ? Chacune de ces 33 pages est intéressante, cependant, je résume pour les fainéants : la réponse à la question sujet de l'article est clairement négative.

Sous la pression de contraintes extra-scientifiques, à savoir financières, médiatiques et politiques, la communauté de la climatologie s'éloigne des ingrates méthodes scientifiques pour adopter des usages et des comportements plus valorisants vis-à-vis du monde extra-scientifique, comme les jolis modèles numériques avec plein de couleurs, sans valeur scientifique.

Selon Lindzen, non seulement la climatologie ne progresse pas, mais elle régresse en s'orientant résolument dans des impasses méthodologiques (on notera que c'est également le diagnostic de Claude Allègre).

8 commentaires:

Matthieu a dit…

Sinon ça aurait aussi été bien de signaler qu'il était l'auteur de romans d'une rare qualité et scénariste. Tout n'est pas politique dans la vie monsieur Boizard, Michael Crichton était avant tout un écrivain et vous ne l'avez même pas mentionné, pour un article sur son décès c'est une faute grave.
Je lui rendrait hommage à ma façon, non pas en le pleurant mais en relisant ses oeuvres.

François Duran a dit…

Bonjour Matthieu,

Sauf erreur de ma part, le billet de M. Boizard ne se voulait pas une nécrologie en bonne et due forme… Le fait qu’il omette de mentionner ce que chacun sait, à savoir que Michael Crichton a été un auteur (et un scénariste) talentueux ne saurait donc constituer une « faute lourde ». Au contraire, ces faits bien connus ont déjà été mentionnés de manière répétitive par les différents médias qui ont rendu compte de son décès. Donc, loin de commettre une « faute », Franck Boizard s’épargne, et épargne à ses lecteurs, des redondances pénibles.

A l’inverse, les mêmes médias bavards se sont montrés d’une discrétion de violette sur les opinions de Michael Crichton, opinions qui étaient importantes pour lui au point qu’il passe du temps à les exposer dans des livres et publications diverses. Problème : lesdites opinions sont moins « politiquement corrects » que, disons, la série « Urgences »… Qui donc, à votre avis, commet de fait une « faute lourde » ? Le blogueur qui s’exprime dans un espace où il s’attache à présenter au public des points de vue qu’on ne trouve pas forcément ailleurs, ou le journaliste « généraliste » qui passe sciemment (je dis « sciemment » car nul n’ignorait les idées de Crichton sur, notamment, le réchauffement climatique) sous silence des informations sur un disparu célèbre sous prétexte qu’elles ne cadrent pas avec, disons, la pensée climatique unique ?

Cordialement.

PS : Puisque vous allez, en guise d’hommage, relire ses œuvres, je me permets humblement de vous conseiller « État d’urgence ». C’est très instructif, distrayant et assez glaçant…

Matthieu a dit…

Cet avis se défend, mais je reste sur le mien qui est qu'un homme de lettre doit aussi être reconnu pour ce qu'il a fait, que celà ait été dit ou pas. Je m'en tient donc à mon terme de "faute grave" et je n'en démordrait pas.

Canut a dit…

Sauf erreur de ma part, le billet de M. Boizard ne se voulait pas une nécrologie en bonne et due forme… Le fait qu’il omette de mentionner ce que chacun sait, à savoir que Michael Crichton a été un auteur (et un scénariste) talentueux ne saurait donc constituer une « faute lourde ».

La "faute lourde" (je n'aurais pas choisi cette expression car l'omission que je vais évoquer est délibérée) est de laisser croire au lecteur lambda de ce blog que Crichton était un climatologue accompli alors qu'il n'y connaissait strictement rien. Pas plus que Franck Boizard ou moi-même d'ailleurs. Donc, dans ce cas, n'en déplaise à notre hôte, l'attitude sage est de s'en remettre à l'opinion de la communauté scientifique. Le réchauffement climatique et son origine partiellement anthropique est la position officielle de toutes les Académies des sciences, sauf erreur de ma part qui sera vite relevée.

fboizard a dit…

«l'opinion de la communauté scientifique»

Tout l'objet des discours de Crichton était justement de dire que la science n'est affaire ni d'opinion, ni de communauté mais de démonstration.

De plus, laisser croire qu'il y aurait sur la réchauffisme unanimité des scientifiques est un mensonge. Le pdf de Richard Lindzen est fort instructif à ce sujet.

Il se trouve justement que les réchauffistes n'ont rien démontré du tout.

En l'état actuel des choses et de ce que j'ai lu, l'hypothèse la plus probable est que les changements climatiques sont gouvernés par les cycles solaires et que l'influence des activités humaines est négligeable.

http://www.pensee-unique.fr/

C'est pour moi un signe de la faiblesse et de l'imperfection de l'esprit humain que des scientifiques, c'est-à-dire des gens en théorie soumis à l'éthique intellectuelle la plus rigoureuse qui soit, s'engagent dans d'errements comme le réchauffisme.

Par exemple, non seulement la fameuse «crosse de hockey» censée démontrer que nous vivions un réchauffement sans précédent s'est avérée une malhonnêteté, mais elle a été dans un premier temps acceptée par beaucoup, alors même que n'importe quel médiéviste (ou amateur s'intéressant au Moyen-Age) sait que cette période était significativement plus chaude qu'aujourd'hui dans nos contrées (il suffit de lire l'histoire des climats de Le Roy Ladurie), ce qui permettait de soupçonner dès le départ que la «crosse de hockey» était fantaisiste.

Parait-il que les Dieux rendent fous ceux qu'ils veulent perdre. Voudraient-ils perdre les scientifiques au yeux des populations ?

Car ça sent le sapin pour le réchauffisme : les premières prévisions étaient pour 2010-2020, or plus on s'approche de cette période, plus il est probable que les prévisions catastrophiques ne seront pas réalisées : aucun indicateur, ni niveau des mers, ni température, ni fréquence des cataclysmes, n'indique une accélération du réchauffement, ça serait même le contraire.

Les réchauffistes essaient bien de mettre en place un tir de barrage en disant que leurs prévisions ne sont pas erronées mais simplement mal calées dans le temps.

Si comme je le pense, les réchauffistes ne font pas une simple erreur de calage de modèles, mais une erreur méthodologique fondamentale et que nous n'allons pas vers un réchauffement mais un refroidissement, comment les populations réagiront-elles après qu'on leur ait tant crié au loup carbonique ?

Quelle sera la crédibilité de la science après trois hivers rigoureux et deux étés pourris ?

Bien sûr, on nous montrera alors comme des héros les sceptiques qui ont résisté dans leur village gaulois, mais trop tard : c'est aujourd'hui qu'il faudrait les entendre, et non les occulter.

Pour avoir commis le péché suprême consistant à polluer la démarche scientifique de considérations extra-scientifiques, politiques pour tout dire, les scientifiques risquent d'être inaudibles, même quand ils seront avisés, pendant des années.

Canut a dit…

Le problème du "réchauffement" est plutôt pour moi la façon dont vous envisagez le débat en utilisant systématiquement le terme de "réchauffisme". Vous idéologisez un débat scientifique en ayant immédiatement choisi non pas l'incertitude, le doute fécond mais la thèse de l'absence d'effet anthropique. Vous avez donc adopté l'attitude que vous stigmatisez chez vos adversaires en disant seulement l'inverse. Je crois pour ma part que le doute doit engendrer l'observation d'un principe de précaution. Si l'humanité a les moyens techniques de réduire les gaz à effet de serre, alors faisons-le ! La seule réticence provient comme toujours de groupes dont la seule logique est le profit et qui ne veulent pas en perdre ne serait-ce qu'une miette.
En la matière, Crichton aurait mieux fait de s'inspirer de son scénario de Jurassik-park.

fboizard a dit…

Vu les méthodes des réchauffistes pour faire taire les opposants, vous êtes gonflé de m'accuser de politiser le débat.

De toute façon, comme je vous l'indique dans mon commentaire précédent, ce débat sera probablement tranché dans quelques années, et les premières indications (mais le match n'est pas fini) penchent en faveur des sceptiques.

Théo2toulouse a dit…

Peut-être que s'ils n'étaient pas payés par l'Etat, les réchauffistes ne tiendraient pas ces discours mensongers.

Il y a une chose qui m'étonne mais peut-être que mon information est incomplète, personne ne parle de ce fabuleux régulateur climatique que sont les volcans. En 1991, l'éruption du Pinatubo (comme celle du Krakatoa en 1883) a fait baisser la température de la terre d'un demi-degré ce qui est énorme.

PS : connaître le livre de Leroy-Ladurie est une preuve d'intelligence.