lundi, novembre 24, 2008

Pour en finir avec le PS

Les histoires d'un parti politique minable à l'agonie m'ennuiraient profondément, si, pour notre malheur, ça n'était pas un des deux partis politiques français qui devraient avoir vocation à gouverner.

Cet article de Telos est très bien :

Qui a gagné le congrès de Reims ?


Le passage le plus important est :

Comme organisation, il [le PS] a échoué à produire un leader incontesté, ce qui est sa tâche principale. Il lui faudra dans l’avenir revoir l’ensemble de ses processus internes de désignation. Car, le Parti socialiste, aujourd’hui, « ça ne marche pas ». Incapable de gérer efficacement la question du leadership, il apparaît inutile. Et l’on voit que la démocratisation des processus de sélection n’est pas une réponse suffisante à la crise [à mes yeux, c'est une réponse qui ne souffre pas seulement d'insuffisances, c'est une mauvaise réponse, une voie sans issue].



C'est tout à fait dans la tonalité de mes messages précédents : la mission d'un parti politique dans une démocratie à régime présidentiel, c'est de trouver et de promouvoir un «présidentiable» (1). Si il n'y arrive pas, il ne sert à rien, et peu importe la méthode.

Certains socialistes tentent de se défendre en arguant de la vie démocratique de leur parti qui serait exemplaire. On s'en fout, ce n'est pas le problème.

Le pays n'attend pas du PS qu'il soit un exemple de démocratie, le pays attend du PS qu'il se débrouille pour pousser sur le devant de la scène un opposant à Sarkozy qui tienne la route, et, manifestement, il n'y arrive pas.

Le PS est en situation de blocage. Il a une solution très simple pour s'en sortir (si on ne perd pas de vue que son unique but doit être de dégager un leader) : invalider l'élection, nommer un secrétaire de transition (Hollande, par exemple), puis recommencer dans un an.

Pourquoi la situation devrait être débloquée dans un an ? Très simple là encore : ne nous leurrons pas, le vote n'était pas «Martine ou Ségolène» mais «Pour ou contre Ségolène». En un an, soit Ségolène Royal s'impose, soit elle disparait.

Enfin, JF Revel ne se savait pas, bien qu'académicien, éternel, et pourtant, ne trouvez vous pas que son descriptif du congrès de Rennes s'applique à merveille au congrès de Reims ? C'était : «une bagarre d'ivrognes dans un bordel mexicain».


(1) : le fait qu'un parti politique doit être une écurie à présidentiables est imposé par la logique de la constitution. Si ça déplait aux socialistes, qu'il change la constitution. En attendant, c'est ainsi.

5 commentaires:

fboizard a dit…

Un commentaire que j'ai posté en réponse à un article du journal Le Monde :

C'est une erreur de faire voter les militants pour autre chose que d'entériner un choix déjà fait par une autre méthode. La démocratie a sa place à l'élection générale, pas à l'intérieur d'un parti. En régime présidentiel, la fonction principale, quasi-unique, d'un parti est la désignation et le soutien exclusif et unanime d'un présidentiable. La démocratie n'est pas la meilleure méthode pour créer l'unanimité, au contraire, la démocratie cristallise la division.

Tonton Jack a dit…

Toute chose égale par ailleurs, votre remarque me fait penser à un article relatif à l'election du pape.
Il disait la même chose : l'élection pouvait paraître démocratique - guidée par l'Esprit Saint -, mais d'un point de vue sociologique, les candidats avaient fait l'objet d'une procédure de sélection au travers des différentes étapes de l'institution catholique - Benoît XVI et JP II témoignent bien de la capacité de l'Eglise Catholique a opéré un premier tri, quoi qu'on pense du résultat final -.
Régler tous les processus de sélection par le vote revient à nier l'existence d'autres moyens de sélection qui, sans être eux non plus la panacée, offrent des avantages.
Il ne viendrait à personne de désigner un médecin par voie démocratique, sans au moins un minimum de compétence.

Merci pour ces éclairages, Franck.

Cordialement

Paul a dit…

Un aspect important à mon sens : la question du financement des campagnes électorales qui impose un certain système de partis politiques. Pour espérer un score à la présidentielle, Royal (ou tout autre présidentiable) doit s'emparer du "trésor de guerre" du PS.
L'élection de Barack Obama (qui a fait le choix d'utiliser le financement privé, ce qui est quasiment impossible en France) devrait nous faire réfléchir sur la question.

Nicozoc a dit…

Un parti ne pourrait-il pas se contenter d'être une écurie à élus locaux ?
Ca parait plutôt fructueux.

fboizard a dit…

«Un parti ne pourrait-il pas se contenter d'être une écurie à élus locaux ?
Ca parait plutôt fructueux.»

C'est bien la stratégie choisie par le PS : refuser le pouvoir national pour ne pas risquer de perdre ses fiefs.