samedi, décembre 06, 2008

La folie injectrice (8) : l'agonie la plus chère du monde

En échange des 40 Mds $ nécessaires au sauvetage de Ford, Chrysler et GM, le Congrès s'apprête à exiger que ces firmes soient gérées suivant des critères politiques (voitures vertes et préservations des avantages acquis de l'UAW).

Nous, Français, qui avons l'expérience de ces choses avec la RNUR (la Régie Nationale des Usines Renault, pour les plus jeunes), savons que c'est la condamnation à mort de Detroit : une boite peut se relever de mauvaises décisions économiques.

Par contre, elle ne se relève jamais d'être dirigée par la politique, car la politique et la rentabilité sont comme l'eau et l'huile, elles ne se mélangent pas.

Or, quand tout est dit, pour qu'une société soit pérenne, il faut qu'elle soit rentable. Donc, la politique est le bourreau d'une société privée.

Si les Big Three n'obtiennent pas d'aide du Congrès, elles meurent.Si les Big Three obtiennent une aide du Congrès, elles meurent aussi, mais c'est plus cher, plus long et plus douloureux.

La suite des événements ?

L'aide du Congrès arrive, les coûts ne sont pas réduits, les voitures vertes ne se vendent pas, les Big Three demandent encore plus d'aides, le Congrès ne pouvant se dédire de la catastrophe qu'il a lui-même provoqué accorde ces aides supplémentaires tout en passant des lois (taxes, normes) pour obliger d'une manière ou d'une autre les consommateurs américains à acheter GM, Ford et Chrysler. Mais comme on ne peut pas obliger les consommateurs étrangers, ces voitures ne s'exporteront pas, donc les trois grands seront toujours au bord de la faillite.

Ca va durer des années, couter des centaines de milliards de dollars (certains disent 2 ou 3), pour rien, pour un résultat connu d'avance. GM, c'est L'Air Lib des Américains (en matière de catastrophes provoquées par l'interventionnisme étatique, nous pouvons leur donner des leçons, nous ne sommes pas à court d'exemples).

Ca s'arrêtera quand suffisamment de législatures (et de milliards de dollars) auront passé et que les parlementaires ne se sentiront plus engagés par la décision de sauvetage initiale.

Le contribuable US n'a pas fini de payer pour des voitures dont il ne veut pas.

1 commentaire:

Ludovic Windsor a dit…

Francois,
Il y a une grande difference entre les nationalisations a la Francaise et ce qui se passe aux US et GB aujourd'hui: les bailouts consistent en prets ou entree au capital mais avec des actions sans droit de vote.
Ce qui est fou: l'Etat nationalise des banques, des constructeurs automobile afin d'eviter de payer le cout social engendre par des millions de chomeurs.
Ce faisant, il donne de l'argent sans reclammer de contreparties.
Pour une fois les Neerlandais ont fait preuve de bonne gouvernance...