mardi, septembre 01, 2009

AF447 : «les sondes Pitot, un élément, pas la cause»

Le BEA déclare que la défaillance des sondes Pitot est «un élément, pas la cause» de l'accident d'AF 447.

Pour qui à quelques notions d'accidentologie aérienne, cette déclaration est étrange : il y a longtemps que la notion de cause d'accident, au sens employé ici de cause unique ou quasi-unique, est dépassée.

On parle désormais de facteurs contributifs, en évitant de hiérarchiser (ce qui n'empêche pas de hiérarchiser les recommandations), puisqu'un seul de ces facteurs auraient manqué l'accident n'aurait pas eu lieu.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

«Un élément, pas la cause.»

Typique du langage de politicien moderne, qui, très délibérément, ne veut rien dire.

On a beau retourner cette phrase dans tous les sens, elle ne correspond à aucune langue humaine connue.

En revanche, elle fait hurler grave le bullshit detector, également appelé, en Hexagonie inférieure, foutage-de-gueulomètre.

fboizard a dit…

Vous savez, l'accidentologie, c'est une question de méthode et de rigueur.

Il se trouve que la phrase cité est, comme vous le signalez, dépourvue de tout contenu informatif : les Pitots sont ils oui ou non un élément contributif de l'accident ? A l'évidence, oui. Voilà l'information.

Après, classer les éléments contributifs par importance est purement subjectif et dépourvu de tout intérêt pratique, puisque tous les éléments contributifs doivent être tous traités.

Plusieurs classement objectifs des éléments contributifs d'un accident sont possibles :

> chronologique : sans intérêt

> par niveau organisationnel impliqué, nettement plus riche

> par probabilité d'occurrence

> par le rapport coûts des modifs/risques

etc ...

Que le BEA essaie de nous bourrer le mou avec du subjectif plutôt que d'alimenter notre connaissance de faits en dit long sur son désarroi. Ca peut éventuellement convaincre le public, qui est crédule.

Les professionnels, eux, ont compris ; mais leur logique et différente, peu importent les coupables, si l'on prend les bonnes mesures correctrices.

C'est une étape sur une longue route dont la logique est bien connue : les contrôlés captent les organismes de contrôle. Le crédit du BEA est désormais très bas, des rumeurs circulent d'un changement de direction.