mercredi, septembre 02, 2009

Le paradoxe de l'éloge de la «diversité»

> d'un coté, on nous dit : «La "diversité" (entendue bien évidemment au sens ethnique que lui donne la novlangue) est un enrichissement.» (1) Admettons.

> de l'autre, on nous dit «La discrimination ethnique à l'embauche est intolérable et doit être traquée et sanctionnée.» (2) Admettons.

On peut admettre ses deux affirmations, bien faibles, séparément, mais, mises ensemble, elles sont contradictoires : si la «diversité» (3) est un enrichissement, ceux qui pratiquent la discrimination ethnique ratent une source d'enrichissement et, dans le monde cruel, qui est le nôtre sont voués à stagner ou à disparaître. La discrimination ethnique porterait donc sa propre sanction et, de toute façon, serait, par faillite des pratiquants, condamnée à la disparition.

Bien sûr, ça ne se passe pas comme cela parce qu'il est tout simplement faux que la «diversité» soit toujours un enrichissement, ce que savent ceux qui discriminent à l'embauche (plus sur des critères culturels qu'ethniques (4), d'ailleurs)


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(1) : c'est une pétition de principe totalement infondée. Les rares études sur le sujet montrent que la diversité peut être suivant les cas un appauvrissement ou un enrichissement.

(2) : affirmation qu'il faudrait étayer, pourquoi un employeur devrait-il rendre compte à quiconque de ses critères d'embauche ? C'est lui qui travaillera avec l'embauché et le payera, en quoi un tiers est-il légitime à le contraindre à embaucher quelqu'un qu'il ne désire pas ?

(3) : je tiens aux guillemets. La novlangue a le chic pour réduire la signification des mots dans un sens qui l'arrange. La diversité ne se réduit pas un problème de couleur de peau. On peut avoir un personnel entièrement blanc et très divers.

(3) : je suis persuadé qu'un arabe s'appelant Laurent Glaoui a moins de problème d'embauche qu'un arabe s'appelant Mohammed Glaoui, tout simplement parce que le prénom témoigne d'une meilleure intégration (problématique que j'ai déjà évoquée).

9 commentaires:

Criticus a dit…

Le plus absurde, c'est cette (vaine) volonté d'objectiver le recrutement. Si un employeur recrute, à CVs égaux, un Blanc plutôt qu'un Noir, les "anti"racistes en conclueront à son racisme (ce qu'ils ne feront pas dans le cas inverse...). Comme si la personne se définissait par son seul CV et qu'il n'y avait pas d'autres critères qui entraient en compte, comme la lettre de motivation, l'entretien, etc., dont l'appréciation est par définition subjective. C'est là que la Halde intervient : si l'employeur préfère un Blanc à un Noir, c'est qu'il est raciste (ce qu'encore une fois, elle se gardera bien de conclure dans le cas inverse). On voit bien avec un tel processus que l'"anti"racisme qui porte l'éloge de la « diversité » est par essence une idéologie à visée totalitaire.

Théo2toulouse a dit…

Ca prouve surtout que les prétendus anti-racistes sont en fait racistes. Ils s'en tiennent uniquement aux caractéristiques physiques et non aux autres critères que peut retenir un employeur pour recruter son personnel.

J'aimerais bien savoir si on pratique le testing et les poursuites qui sont sensées aller avec dans les boîtes afro-antillaises ou maghrébines qui refusent des blancs à l'entrée. Mais je me doute que la réponse est non : le racisme anti-blanc, c'est un fantasme hein !

Criticus a dit…

Ce que je veux dire, c'est qu'il s'agit d'une forme d'inquisition : on ne juge plus les actes, mais les pensées supposées. En inversant la charge de la preuve : c'est à l'employeur de prouver qu'il n'a pas pu avoir de pensées « racistes »...

Epicier vénéneux a dit…

Dans la même catégorie : le CV anonyme, sensé garantir l'égalité parfaite des candidats !

Les RH en ont plein leurs poubelles.

Xorph a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Xorph a dit…

Tim Harford, dans son tout dernier "The Logic of Life", a publié un chapitre fort intéressant sur le racisme, au point de vue économique auquel vous faites justement allusion.

Il distingue deux "racismes" à l'embauche : le racisme "irrationnel" et le racisme "rationnel".

Le premier, selon lui, c'est le racisme auquel tout le monde fait référence, mélange d'imaginaire et de réel, qu'il nomme "irrationnel" non pas pour apporter un jugement de valeur, mais dans le cadre éconmique, selon le raisonnement que vous citez justement (on se prive ainsi a priori de salariés de qualité, etc).

Le racisme "rationnel" au contraire, est selon lui le plus courant et est trop souvent à tort confondu avec le premier (c'est tout le problème de nos anti-racistes, de leurs "testing, etc). C'est l'adoption par les employeurs du raisonnement suivant : Si j'accepte de lire le CV d'un "divers", je sais ou je crois (le raisonnement est valable même si c'est à tort) que la probabilité que ce soit une perte de temps (CV bidonné, etc) est plus grande que si je m'intéresse à un non-divers. Si je fais une mauvaise embauche, ça me coûtera cher. J'ai donc intérêt à minimiser les risques en embauchant dans une catégorie moins susceptible de me causer une déception.
Et ce raisonnement, qu'il soit à tort ou à raison, mène à réduire les chances des divers tout à fait sérieux de se faire embaucher. Et réduit pour eux le gain réel de faire des études (des études citées par Harford aux Etats-Unis montrent par exemple que le fait d'avoir fait des études augmente considérablement les chances de trouver un emploi pour un Blanc, mais très peu pour un noir, justement à cause de cet effet!). Rationnellement, les "divers" sont donc moins incités à pousser les études, et "confirment" l'hypothèse de départ des employeurs, même si elle était fausse au début.

Maxime Zjelinski a dit…

Je ne saurais trop vous conseiller de lire cet excellent article ;-) http://criticusleblog.blogspot.com/2009/05/la-societe-diverse-et-ses-ennemis-par.html

ADALBERT a dit…

Je m'étais fait une réflexion semblable à propos du salaire des femmes.
Si les femmes avaient la même productivité que les hommes, mais que pour des raisons mystérieuses les entreprises pouvaient les payer moins que les hommes, les entreprises n'embaucheraient plus que des femmes.

Nico a dit…

Concernant le salaire des femmes qui est moindre, c'est bien normal : elles font des enfants et les chance qu'elles soient absente de leur poste tout au long de leur grossesse entraîne une désorganisation certaine de l'employeur ce qui est compensé par le salaire moindre....