vendredi, octobre 16, 2009

De dangereux criminels ces baby-sitters (ou l'Etat moderne en pleine action)

Dalrymple raconte cette histoire édifiante dans le City Journal.

Deux fliquettes anglaises travaillant en équipes décalées s'échangent des services de baby-sitting : quand l'une travaille, l'autre garde les enfants.

Vous n'y trouvez rien à redire ? Vous êtes même assez bête pour vous féliciter de cette entraide ? On voit bien que vous n'êtes pas mûr pour être bureaucrate.

Voici ce que l'administration leur a reproché :

> le nombre d'heures de baby-sitting qu'elles font dépassent un seuil qui oblige à avoir un diplôme, qu'elles n'ont pas bien entendu.

> cet échange de service en nature est soumis à l'impôt.

Cerise sur le gâteau : elles ont été dénoncées par des voisins. Un Etat vil suscite des comportements vils.

Quelqu'un peut il me jurer que ce genre de choses ne pourrait pas se produire en France ?

8 commentaires:

Pierre Robes-Roule a dit…

En Angleterre ? Dans le pays de Smith et Stuart Mill ? D'accord dans le pays de Hobbes

fboizard a dit…

L'idée d'Etat-providence est d'origine anglaise, issue du fameux rapport Beveridge, publié au plus noir de la guerre, pour motiver les Anglais en leur faisant miroiter les lendemains qui chantent.

L'Etat-providence est une des nombreuses séquelles de la seconde guerre mondiale.

L'idée de Jacques Ellul qu'Hitler a politiquement gagné la guerre ne fut pas écrit à la légère.

La route de la servitude d'Hayek s'opposait, en vain, à cette tendance.

Anthony a dit…

Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec vous Franck. Ou du moins j'y mettrais un énorme bémol.
Ce genre de choses arrivent en Angleterre, mais l'Angleterre est un pays qui a développé tout un système de "watch your neighbours" dans les années 80, au point que des systèmes de vidéo-surveillances communs dans des immeubles ou des résidences peuvent être utilisés non pas par la police (ce qui serait parfaitement logique et légitime), ni même par une société de sécurité privée (ce qui serait un peu moins légitime, mais tout aussi logique, voir même plus), mais bel et bien par les habitants de la résidence eux-mêmes, qui peuvent ainsi se fliquer les uns les autres, avec tous les abus orwelliens qui peuvent en découler.

En clair, ce genre de choses ne peuvent arriver qu'après un processus consistant à pousser les gens à se fliquer les uns les autres, alors même que ceux qui le font sont justement ceux qui n'en ont pas besoin (si les habitants des banlieues françaises se fliquaient un peu plus eux mêmes, ce ne serait pas plus mal), et donc qu'ils se mettent à dénoncer des choses inutiles. Or, en France, on n'est pas du tout sur ce processus, même s'il n'est pas dit qu'on ne soit pas en train de s'engager sur cette pente. (Ben oui, réduction des moyens et des effectifs de la police alors qu'il y a une augmentation de la criminalité, il va bien falloir que ça coince quelque part à un moment ou à un autre.)
En clair, la police de la pensée du XXIème siècle n'est plus étatique, elle est sociale. Même si en France, ça prend une autre forme (SOS Racisme, MRAP...).

Par contre, vous avez raison sur un point, qui est que la bureaucratie française serait tout à fait capable de tenir des raisonnements de ce genre (si je ne m'abuse, elle l'a déjà faite, non pas certes sur ce sujet précis, mais sur d'autres aussi stupides). Mais dieu merci, on n'en est pas encore à voir des voisins dénoncer des choses aussi triviales.

Au fait, une question me turlupine : et les anglais, ils réagissent comment à cette affaire ? Ils n'ont pas de syndicat dans la police ?

fboizard a dit…

Je ne comprends pas en quoi vous êtes en contradiction avec moi : la police sociale de cette façon, c'est de la police étatique intériorisée.

Criticus a dit…

Encore la justification hypocrite du manque de qualification pour un motif bassement fiscal : ce qui dérange l'État, c'est surtout qu'une part de l'économie puisse échapper à sa prédation. Mais cela passe beaucoup mieux avec des prétextes techniques.

Bentoussaint a dit…

bof, il y a peu de chances que ca arrive. L'Etat est déjà tellement avancé en France dans la nurserie que ca ne viendrait sans doute même pas à l'idée de nos braves fliquettes françaises de prendre ce genre d'initiatives. L'Etat est là pour leur assurer tout ce qu'il faut et en prime, elles ne sont même plus obligées d'éduquer leurs enfants, l'école va bientôt s'en charger...

allez, allez, Je provoque,... ;)

Anthony a dit…

Ce que je voulais dire, c'est que ça ne peut pas (encore) arriver en France parce que les gens ne sont pas habitués à dénoncer leurs voisins à la police si ceux-ci fument un pétard de temps en temps. Comme quoi, le gauchisme n'a pas que des mauvais effets.

Théo2toulouse a dit…

Les services de la redevance TV croulent sous les lettres de dénonciations et je connais quelqu'un qui a bossé aux impôts et qui a fait faire des contrôles fiscaux à toutes les personnes qui venaient lui demander des faveurs.