lundi, novembre 16, 2009

Identité française, refus post-moderne de l'engagement et effet générationnel

Alain Finkielkraut dit souvent que le post-moderne refuse d'être engagé par quoi que ce soit et par qui que ce soit, même par lui-même.

C'est pourquoi on assiste par exemple au triomphe du PACS sur le mariage : le mariage, pour peu contraignant qu'il soit devenu, l'est encore trop pour un moderne.

Evidemment, on déteste sa patrie, qu'on n'a pas choisi dans la plupart des cas, pour cet engagement forcé qu'elle oblige, de moins en moins, à assumer. Finkielkraut a une expression à propos du rejet, par certains, de notre passé : l'émeute contre les morts.

Ceux qui ont choisi d'immigrer en France refusent également d'assumer et plus personne n'a le courage de les y forcer.

Bref, on comprend que les post-modernes soient dénationalisés. Eux qui fuient tout engagement ne peuvent que renier la patrie et ce lien charnel qu'elle représente.

Cependant, je crois deviner une scission générationnelle. Le monde sans contraintes, sans responsabilités et sans engagement appartient déjà en partie au passé proche, celui des soixante-huitards.

Ce week-end, discutant du multiculturalisme, je me suis entendu répondre par une cinquantenaire qu'il était interdit d'interdire (sauf la burqa au nom du féminisme) sur un mode irréel -comme si il n'y avait pas d'émeutes dans les banlieues, comme si il n'y avait pas de filles flambées- que j'ai trouvé très daté, suranné.

Bien sûr, il y a des jeunes élevés dans ce moule qui ont les même genre d'idées, ils sont probablement la grande majorité. Cependant, il y a une différence : ils ont connu des épreuves, des «galères», qui ont épargné leurs parents. Ils ne peuvent pas jouer les innocents : la vie est difficile et les autres hostiles.Si ils persistent à l'ignorer, c'est volontairement.

Et il y a aussi ces jeunes qui ont viré leur cuti. ils ont compris qu'on leur bourrait le mou, que la vie était violente ; les hommes aussi, et qu'ils n'ont aucune envie de vivre ensemble, d'origines différentes, surtout quand on les y force.

Bref, contrairement à leurs parents, les jeunes d'aujourd'hui ont plus de mal à nier les réalités quand ils regardent le monde. C'est peut-être pour cela que bon nombre évitent de regarder le monde et se réfugient dans le virtuel.

En tous les cas, le réel se fait de plus en plus violent, il devient de plus en plus difficile à nier. En dehors des beaux quartiers, les visions oniriques, telles que «l'immigration est une chance pour la France», paraissent de plus en plus ridicules.

Face à la violence, les fidélités, les solidarités (au vrai sens du terme, pas leurs versions socialistes) et les engagements hérités du passé reprennent leur importance.

Bien sûr, le comportement sexuel de singes bonobos qui affecte une partie de l'humanité post-moderne rend difficile la constitution de familles stables, qui sont pourtant la source de tout lien social durable.

Cependant, je crois que, nécessité faisant loi, qu'un étouffoir sera mis sur le règne du caprice puéril dans tous les domaines, le contrôle social recommencera à s'intéresser à des choses plus sérieuses que d'empêcher un entraineur de football d'employer le mot «tarlouse» et qu'une bonne partie de la jeunesse fera la promotion de ce retour à plus d'esprit de groupe, avec ses avantages et ses inconvénients.



Addendum du 17/11 : le sentiment d'insécurité augmente chez les femmes et les moins de 25 ans.

Bien sûr, on sait que le «sentiment d'insécurité» est le terme politiquement correct pour «violences réelles perpétrées par les petits chéris des sociologues et des sent-bons» (ce ne sont pas les violents qui sont des salauds, ce sont ces salopards d'innocents, racistes, xénophobes et «crispés», qui ressentent une fantasmatique insécurité là où il n'y a que la légitime expression d'une «douleur sociale» que maman-Etat doit consoler à coups de subventions et autres actions de prévention tout en passant sa main maternelle dans la chevelure des pauvres petits vandales sans défense).

Bien évidemment, ce qui m'intéresse, en relation avec l'objet de ce message, c'est que les moins de 25 ans aient une perception spécifique.

2 commentaires:

Criticus a dit…

Faisant encore partie des jeunes (les vrais, pas les singes qu'on a vus à l'œuvre ce week-end), je suis moins optimiste sur cette génération.

Ceux que j'ai fréquentés et fréquente encore sont certes issus de la moyenne bourgeoisie, et donc pas forcément représentatifs, mais ils seront ou sont déjà professeurs ou journalistes, et donc influents...

Erick a dit…

Pour reparler trés brièvement d' identité nationale et d' assimilation, les connards à Marseille qui foutent le feu pour un match de foot en beuglant qu' ils sont fiers d' être algériens, c' est la faute du monstrueux Sarkozy ?
J' attends les commentaires de Noah et de Ndaye qui vont sans doute venir lors de leur prochaine visite en France pour relever les compteurs.