mardi, octobre 30, 2012

L'ère du vide (en politique aussi)


Dans cette émission, Eric Zemmour fait remarquer que la campagne électorale François Hollande était vide (l'antisarkozysme primaire viscéral qui faisait le tout de cette campagne peut à juste titre être considéré comme le niveau zéro de la politique). Cet abruti de Nicolas Domenach se récrie, contre l'évidence. Au contraire, il devrait assumer : "Voyez comme on a bien baisé la droite. Avec une campagne vide, aucune prise pour le débat."

Ce n'Ètait pas une première : la campagne électorale de Barack Obama en 2008 était tout aussi vide.

Bien loin d'être un inconvénient, ce vide est une arme quasi-imparable quand on s'adresse à une certaine population, à certains types d'électeurs. En effet, les imbéciles, les cons, les naïfs, les gogos et ceux qui ne s'intéressent que de loin à la politique (ce qui fait une très large majorité) peuvent alors projeter sur le candidat vierge tout ce qu'ils veulent. Comme disait Talleyrand : "C'est un grand avantage de n'avoir rien fait mais il ne faut pas en abuser."

Il est assez stupéfiant de lire la liste des épithètes flatteurs qu'une presse partisane a pu attrribuer sans être contredite à ces deux hommes qui n'avaient jamais rien fait de significatif. Leur insignifiance était leur meilleur atout.

Or, on ne peut décemment baser l'exercice du pouvoir sur le vide. Surtout quand l'Etat occupe la place (très excessive) qu'il occupe. Mais comme ces gens ne sont pas décents, ils essaient à tout prix de maintenir la virginité qui les a faits rois. On comprend alors que l'arsenal des techniques destinées à dévier leurs responsabilités sur d'autres n'est pas circonstanciel mais consubstantiel à leurs personnes et leur "politique" : François Hollande n'a pas de politique pour la france, il a juste une politique pour la réélection de François Hollande.

Il est difficile de les accuser de trahison : on hurle "yes we can" ou "le changement c'est maintenant" pour se donner une contenance, pour créer l'illusion d'un mouvement, mais ils ont bien été élus comme candidats de l'immobilisme, ceux qui promettaient de ne bousculer personne (à part de la population bouc-émissaire des "riches") et de ne demander à personne d'efforts et de sacrifices.

Les Èlecteurs qui disent déçus d'Obama ou de Hollande ont bien tort : ils ont exactement ce pour quoi ils ont voté. Mais c'est le vice de cette politique du vide que de tromper les électeurs naïfs sur le contenu de leur vote, ils croient voter pour une chose qu'ils ont eux-mêmes projetée, et finissent par s'apercevoir qu'il n'y avait que du vide et qu'ils ont voté pour du vide.

"Mais un peu tard et jurant qu'on ne l'y reprendrait plus". Mais si, on les y reprendra très bien : c'est ce qu'il y a de bien en politique avec les cons, c'est qu'ils ne sont pas fatigants : pas la peine de s'épuiser à inventer, on leur fait dix fois le même coup et ils tombent dix fois dans le panneau.

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