samedi, décembre 22, 2012

L'irrésistible attrait du bouc-émissaire

Comme Maxime Tandonnet, je suis très inquiet des tensions qui montent en politique française.

En effet, il n'y a pas plus con, en politique et dans le monde occidental, que le peuple français. Plus qu'aucun autre, il vérifie la plaisanterie churchilienne : «La démocratie permet de trouver la bonne solution ... après avoir essayé toutes les autres».

La sortie de crise est évidente à mes yeux, mais ce n'est pas du tout la politique que nous adopterons.

Nous commencerons par courir après tous les faux prétextes, les mauvaises solutions, les visions débiles, les politiques stupides, les explications tordues et fausses, les pauvres boucs-émissaires. La violence sera déchainée et instrumentée par des escrocs à la Marat. Le sang coulera peut-être. Puis nous en viendrons probablement - ce n'est pas certain- aux vrais problèmes, quand le peuple et ses faux guides auront épuisé leur immense réservoir de stupidité, ce qui prendra un certain temps et de grandes souffrances.

La raison de cet état de mongolisme politique incurable est bien connue, elle date de 1789. En France, on pense la politique idéologiquement : des systèmes de partis, d'idées et de mots s'affrontent et peu importent les réalités.

Pire : les réalités sont une gêne et il est malséant d'en faire état dans le débat politique français. De la même façon, le bon sens est considéré comme tout juste acceptable pour les rustres et ne saurait concerner les grands penseurs politiques (et, en France, tout le monde se croit grand penseur politique).

Il ne faut pas perdre de vue que, pendant que la France se battra avec énergie pour atteindre un record de stupidité politique, des rapports écrits ces trois dernières décennies, parfaitement clairs, analysant notre économie et prescrivant des remèdes, dormiront dans les armoires des ministères. Que des exemples étrangers réussis nous épargnent le devoir d'être originaux.Il suffit de copier ce qui a déjà fonctionné ailleurs.

Mais non, nous voulons absolument faire le désespoir de nos amis et la joie de nos ennemis.

Bien sûr, nous pouvons rêver que les Français, au lieu de se quereller sur des mots et des mythes, soient orientés par une poignée de politiciens vers l'affrontement des dures réalités. Mais il suffit d'avoir jeté un oeil à la classe jacassante actuelle pour savoir que cet espoir est vain. L'homme politique français intelligent et courageux n'existe pas : il a été éliminé depuis longtemps par le système.

Alors, reste le recours : l'homme (ou la femme) providentiel, celui ou celle qu'on espérait mais qu'on n'attendait plus. Mais ca ne fait pas lourd, comme espoir ...

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