lundi, mars 18, 2013

L'opium des demi-intellectuels

En titrant son livre sur la folie gauchiste des intellectuels, L'opium des intellectuels, Raymond Aron faisait évidemment allusion à «la religion, opium du peuple» (1).

Un collègue normalien, maintenant retraité, m'expliquait son effarement de jeunesse devant les absurdes (et criminelles) théories maoïstes soutenues par ses condisciples de la rue d'Ulm dans les années 70.

Mais c'est l'étonnement devant les erreurs quasi-systématiques des intellectuels qui m'étonne.

Qu'est-ce qu'un intellectuel ? C'est quelqu'un qui est entré à l'école à six ans et n'a pas réussi à en sortir (du moins, dans sa tête). Pas étonnant que ces gens-là se trompent. On devrait plutôt se réjouir comme d'un miracle chaque fois qu'ils disent des choses presque sensées.

Sans être anti-intellectuel, je ne communie pas dans la révérence moderne aux intellectuels.

Le sommet de bêtise est évidemment atteint dès qu'ils abordent la politique et l'économie.

Ce sont, suivant le mot d'Alfred Sauvy, les sciences du sordide. Nous sommes aux antipodes du cerveau bien rangé du premier de la classe, et vous voudriez qu'il y comprenne quelque chose ? Allons, un peu de réalisme.

Revenons à notre sujet : l'homme est religieux et l'est de manière d'autant plus violente et pernicieuse qu'il vit dans l'illusion de s'être détaché de toute religion.

Aujourd'hui, les pseudo-religions sont le socialisme et l'écologisme. Elles ont leurs rites, leur vocabulaire, leurs tabous, leurs sacrilèges et leurs diables. Inutile de vous en faire l'inventaire, nous le vivons chaque jour et, pour les mécréants dans mon genre, c'est un sujet perpétuel d'ébaudissement (et de crainte d'être victime d'un procès en sorcellerie).

Ce sont des religions particulièrement adaptées aux demi-intellectuels qui pourrissent notre monde : simplistes, sentimentales, réclamant des pénitences à la portée du moindre pédaleur de Vélib sous la pluie froide d'hiver.

Mais ces religions séculières ont deux caractéristiques qui me mettent hors de moi :

> elles sont prétentieuses. Discuter avec un con qui tente de vous démontrer l'absconse théorie réchauffiste (qu'un quart d'heure de méditation suffit à démonter de fond en comble) donne une idée assez précise de l'enfer.

> elles sont coercitives. Les prosélytes des religions séculières me rappellent ces sales mioches qui veulent absolument forcer leurs petits camarades à jouer à leur jeu préféré. Généralement, cela se termine par une mandale bien méritée.

C'est pourquoi je pense qu'il est préférable d'avoir affaire à un vrai croyant, d'une vraie religion, bien établie depuis des siècles, c'est plus clair et plus franc. Au moins, lui, il ne se ment pas. Evidemment, si le vrai croyant est barbu et porte une ceinture d'explosifs (mais pour ne pas être franc, ça n'est pas franc !), cette dilection se discute.

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(1) : «Cherchant à expliquer l'attitude des intellectuels, impitoyables aux défaillances des démocraties, indulgents aux plus grands crimes, pourvu qu'ils soient commis au nom des bonnes doctrines, je rencontrai d'abord les mots sacrés : gauche, Révolution, prolétariat».

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